L'Épisode #146: Le conseil philosophique du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart y discute de l'ouvrage de Lou Marinoff: "Plato, Not Prozac! Applying Eternal Wisdom to Everyday Problems.
Vers l'interdiction du voile à l'école ?
Il y a 11 minutes
4 commentaires:
Épisode très intéressant.
Je rejoins ton avis concernant les rapports entre la philosophie et les sciences.
Toutefois, en tant qu'étudiant en philosophie, je serais peut-être plus pessimiste quand à la posture prise par la "corporation" dans sa majorité... La faculté où je suis est majoritairement peuplée d'augustes métaphysisciens qui continuent de voir un horizon indépassable dans les visions d'Aristote ou de Platon et d'avoir la nausée quand on leur parle de Démocrite ou d’Épicure, des personnages pourtant beaucoup plus "proches" des découvertes de la sciences d'aujourd'hui.
Il règne encore une rivalité entre une philosophie majoritaire qui voudrait que l'humain soit une enclave dans la nature et une philosophie minoritaire qui remet l'humain à sa juste place dans le cosmos. C'est quelque chose de très impressionnant.
Voui, tout à fait intéressant, cet épisode*. Une bonne mise en perspective et de ce que pourrait être une philosophie moderne.
Question du béotien : Si j'ai bien compris, tu serais proche de la philosophie analytique; Russell, Bunge, Bouvresse ?
*Mais il y en à plein d'autres, moins philosophique, mais tout aussi intéressant.
Bonjour Jorj X. McKie,
Je suis très éclectique dans mes intérêts philosophiques, mais j'aime effectivement la philosophie analytique.
Au sinon, même si j'essaie d'avoir une culture philosophique la plus large possible, je m'intéresse particulièrement à la philosophie japonaise. J'ai fait mon mémoire de fin d'études sur Nishida Kitaro, le fondateur de l'école de Kyoto. Une des raisons pour lesquelles j'étudie le japonais est pour pouvoir lire de la philosophie nippone dans le texte (je n'y suis pas encore, mais ça viendra). Je n'adhère pas spécialement à la philosophie de l'école de Kyoto, mais je suis juste fasciné par l'altérité qu'elle représente pour la pensée occidentale. Et de manière générale, je suis intéressé par l'âme japonaise (日本の心).
Sceptiquement vôtre,
Jean-Michel, bien avant Lou Marinoff, le philosophe français Marc Sautet, par ailleurs fondateur des populaires cafés-philo, avait créé un cabinet privé de conseil philosophique, analogue à ce que propose aujourd’hui son confrère nord-américain.
loic27000: "La faculté où je suis est majoritairement peuplée d'augustes métaphysiciens qui continuent de voir un horizon indépassable dans les visions d'Aristote ou de Platon et d'avoir la nausée quand on leur parle de Démocrite ou d’Épicure, des personnages pourtant beaucoup plus "proches" des découvertes de la science d'aujourd'hui."
Les deux grands lignages de la philosophie occidentale (lignage idéaliste/dualiste/spiritualiste et lignage matérialiste/rationaliste critique, pour faire très court) n’ont jamais bénéficié de la même considération de la part des acteurs de la culture légitime, mais il est quand même pour le moins regrettable que ce traitement différentiel se perpétue dans les universités encore au début du XXIe siècle (comme l’est la mainmise persistante de la psychanalyse dans les départements de psychologie).
Certains représentants du courant matérialiste/rationaliste critique n’étaient jusqu’à récemment même pas tenus pour des philosophes (à titre d’exemple, je possède une sorte de dictionnaire des philosophes, publié il y a une dizaine d’années, où il n’existe simplement pas d’entrée "Montaigne" et où l'épicurisme est expédié en peu de lignes).
Pour le sociologue Raymond Boudon, le relativisme est devenu depuis la fin du XXe siècle la philosophie dominante en Occident. Je ne sais pas ce qu’en pense Jean-Michel, mais dans cette perspective le scepticisme scientifique ou zététique pourrait être considéré comme une sorte d’école de pensée sur le modèle antique, une école philosophique de la période post-chrétienne du monde occidental (le post-modernisme serait dans cette vision une école rivale, parmi d’autres).
Avec l'effondrement de la pratique religieuse chrétienne en Europe (plus particulièrement catholique en France), on se retrouve de nos jours sur ce plan à nouveau un peu dans la même situation que la civilisation romaine des premiers siècles de notre ère, avant que le christianisme ne soit imposé comme religion officielle. Coexistaient alors diverses écoles philosophiques (les stoïciens, les épicuriens, les cyniques, les sceptiques..., chacune correspondant alors avant tout à une certaine option existentielle et à une certaine vision du monde) ainsi qu'une foule de sectes (avec le nombre de pratiquants actuels qu'elle compte, l'Eglise catholique est redevenue en France une grosse secte).
D’un point de vue philosophique, les penseurs-phares des sceptiques contemporains me paraissent être logiquement Démocrite (chef de file des matérialistes atomistes), Epicure, Lucrèce (les épicuriens, en plus d’être matérialistes, sont les plus anti-religieux des philosophes antiques), les cyniques (un peu sur la même longueur d'ondes que les précédents), Montaigne, les libertins érudits du XVIIe siècle, Spinoza, Hume et les philosophes des Lumières en général, Russell et d’autres représentants de la philosophie analytique (Bouveresse actuellement en France par exemple).
Dans le même ordre d'idées, les principaux "ennemis philosophiques" naturels seraient Pythagore, Platon et les néo-platoniciens, Augustin et les Pères de l'Eglise, Thomas d'Aquin et la plupart des scolastiques, les anti-philosophes des Lumières, Hegel et l'idéalisme allemand, Bergson, Heidegger...
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