lundi 29 août 2011

Les applications pour chasseurs de fantômes ("Ghost radar" & co.)

Les groupes de chasseurs de fantômes se sont démultipliés suite à la popularité de l'émission de TV "Ghost Hunters". Une des caractéristiques de ces groupes est qu'ils utilisent la technologie de manière inadéquate, par exemple des détecteurs EMF. Dans son ouvrage "Scientific Paranormal Investigation", Benjamin Radford consacre un chapitre entier, intitulé How Not to Investigate the Paranormal, à critiquer les méthodes des chasseurs de fantômes et à expliquer pourquoi elles ne sont pas valides - et franchement pseudo-scientifiques. Néanmoins, ces équipes sont technophiles, et représentent par conséquent un marché non négligeable pour les vendeurs d'équipements en tout genre.

J'ai découvert récemment, via l'excellent blog d'Hayley Stevens "Hayley is a Ghost" (en anglais), l'existence d'applications pour téléphones intelligents qui prétendent pouvoir détecter les fantômes. J'ai donc téléchargé "Ghost Radar Classic" (qui a l'avantage d'être gratuite), qui m'a très rapidement confirmé la présence d'entités dans ma maison. Apparemment, il y en a une juste derrière moi alors que je vous écris ces lignes. Oh-oh, d'après l'application elle vient de me dire "sink" (lavabo en français). Il faudra que je fasse gaffe la prochaine fois que je vais dans la salle de bain!

Une version payante, "Ghost Radar" (0.79 euros), nous explique que:
Ghost Radar® is a portable application designed to detect paranormal activity for the iPhone, iPod touch, iPads. Ghost Radar® attempts to detect paranormal activity by using various sensors on the device on which it is running. Like traditional paranormal detecting equipment Ghost Radar® employs sensors that measure electromagnetic fields, vibrations, and sounds. However, traditional paranormal equipment can be easily fooled when simple mundane bursts of normal electromagnetic fields, vibrations and sounds occur. Ghost Radar® sets itself apart by analyzing the readings from sensors giving indications only when interesting patterns in the readings have been made. Ghost Radar® also includes a voice to let you know when interesting words have been detected. Please note we offer no guarantees of accuracy or any warranties, therefore, since results from this application cannot be verified scientifically the app should be used for entertainment purposes.
Je pense que c'est le dernier paragraphe qui est le plus important (celui qui commence par "Please note...") dans cette explication. A l'inverse, l'application "Spectre Detector" a l'honnêteté de nous dire d'emblée:
This app is intended for entertainment purposes only and does not provide true paranormal detection functionality.
A noter qu'il existe aussi "Zombie Radar Detector HD" (indispensable en cas d'apocalypse Z) et "Werewolf Locator" (pour les nuits de pleine lune).

Vous allez me dire: clairement, personne ne peut croire dans l'efficacité réelle de ces applications! Et bien, vous vous trompez: il est en effet possible de trouver sur YouTube différentes vidéos de chasseurs de fantômes en train d'en utiliser l'une ou l'autre (par exemple ici) durant un "lockdown" (c'est-à-dire lorsqu'une équipe de chasseurs de fantômes passe la nuit dans un endroit supposé être hanté). Comme quoi...

jeudi 25 août 2011

Épisode #119: Retour sur l’anomalie Petit-Rechain

L'Épisode #119: Retour sur l’anomalie Petit-Rechain du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Pierre Magain.

mardi 23 août 2011

"Fantômes et apparitions" (coll. Les aventuriers de l'étrange)

Le livre "Fantômes et apparitions"se compose de deux parties: tout d'abord des témoignages récoltés par Louis Benhedi dans le cadre de l'émission radio Les aventuriers de l'étrange et ensuite une partie de vulgarisation scientifique rédigée par Pierre Macias (que j'ai interviewé dans l'épisode #50 du balado Scepticisme scientifique). Autant dire que la première partie ne présente absolument aucun intérêt: il s'agit d'anecdotes non enquêtées et parfaitement invérifiables. J'ai donc sauté directement à la page 85 (sur 179).

Pierre Macias est un tenant de l'existence d'authentiques phénomènes paranormaux. Ancien membre de l'Institut Métapsychique International (la quatrième de couverture nous apprend en effet qu'"il a été membre" de l'IMI), il tient actuellement le site PsiLand. Il présente dans sa partie une introduction à la question des fantômes en parapsychologie qui part du principe que le psi existe - et qui donne l'impression générale qu'il n'y a absolument aucun doute à ce sujet, ni même aucun débat scientifique sur la question. Le point de vue sceptique n'y est pratiquement pas représenté, et l'ensemble échoue à présenter aux lecteurs l'état réel du débat.

Pour être précis, du côté sceptique, on a droit à une mention d'une recherche de Richard Wiseman en note de bas de page, à un paragraphe sur les illusions d'optique et un autre sur les pareilolies, à une discussion de la perception basée sur les travaux de Manuel Jimenez (dans le cadre du phénomène ovni), à une brève présentation des travaux de Michael Persinger et enfin à une critique des photos d'orbes. On nous explique cependant régulièrement que le point de vue sceptique ne peut pas rendre compte de l'ensemble des observations de fantômes. Par exemple, à propos de l'hypothèse que certains lieux sont susceptibles de contenir plus de particularités pouvant être interprétées comme paranormales que d'autres lieux, Pierre Macias précise (p. 119):
Mais cette hypothèse, susceptible d'expliquer des ressentis, ne donne pas de réponse lorsque des phénomènes PSI (tels que pour l'aventure de Mmes Jourdain et Moberly) semblent devoir être pris en considération.
Il y a des choses qu'un livre sur les fantômes (même ayant une visée de vulgarisation scientifique) devrait absolument contenir, et qu'on ne trouve pas dans "Fantômes et apparitions". Tout d'abord, d'un point de vue éducatif, il était extrêmement important de présenter au minimum un cas d'observation de fantôme démystifié. Ce n'est pas ce qui manque dans la littérature sceptique. Ensuite, il me semble que parler de la paralysie du sommeil (ainsi que des hallucinations hypnagogiques et hypnopompiques) était franchement indispensable. J'aurais personnellement aussi discuté dans la foulée du manque de fiabilité du témoignage humain, de la malléabilité de la mémoire (et du syndrome des faux souvenirs) et du fait que certaines personnes ont des traits de personnalité (comme l'engagement à l'imaginaire, la suggestibilité ou encore la schizotypie) qui les prédispose à voir des choses qui n'existent pas. Malheureusement, on ne trouvera rien de tout cela dans "Fantômes et apparitions".

Une bonne partie de la discussion semble faire de la publicité pour l'Institut Métapsychique International, tout particulièrement les tests de médiums à effets physiques qu'ils ont réalisé au début du 20e siècle. J'avoue que j'ai trouvé quelque peu bizarre de trouver dans un ouvrage consacré aux fantômes une aussi longue discussion de choses qui relèvent bien plutôt du débat autour de la médiumnité. Il aurait mieux valu inclure tout ce matériel dans un livre discutant spécifiquement des médiums. Même là, j'aurais aimé trouver des remarques dénotant un peu d'esprit critique, mais ce ne fut pas le cas. Par exemple on peut lire à propos des ectoplasmes page 140:
De fait cette analyse donne peu d'éléments sur la constitution même de l'ectoplasme, si ce n'est qu'il a réellement transité par l'organisme du médium.
OK, très bien. Mais alors pourquoi ne pas expliquer ensuite aux lecteurs qu'une des manières dont les médiums pouvaient simuler l'apparition d'ectoplasmes était en ingurgitant des substances avant la séance, puis de les régurgiter une fois dans le cabinet médiumnique? Par conséquent, il est extrêmement important de contrôler ce que le médium absorbe avant la séance, voir même d'autres orifices corporels le cas échéant juste avant celle-ci. A vrai dire, toute cette discussion des médiums à effets physiques n'aborde pratiquement pas la question des trucages d'illusionniste - et le fait que bon nombre ont été surpris en flagrant délit de leurs utilisations. Là encore, présenter un cas de médium démystifié et/ou présenter une expérience de parapsychologie qui, avec des contrôles adéquats, empêcha un médium de réaliser des effets physiques (le livre de Richard Wiseman "Deception & Self-Deception" en contient plusieurs excellents exemples) me semblait quelque chose d'indispensable

J'ai été franchement déçu par ce livre, car je m'attendais tout simplement à mieux de la part de Pierre Macias. Il illustre la difficulté de faire de la bonne vulgarisation. Que l'on soit sceptique ou tenant de l'existence d'authentiques phénomènes paranormaux, je pense qu'il est essentiel de donner des outils à ses lecteurs afin qu'il puisse aborder la littérature avec un regard critique. A trop vouloir simplifier, on en finit parfois par désinformer son public.



vendredi 19 août 2011

Épisode #118: JPP

L'Épisode #118: JPP du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Nicolas Gauvrit y discute des idées de Jean-Pierre Petit.

Notes de lectures - 56: "Ethnologue, mais pas trop"

(Mais que lisent donc les sceptiques?)


Note: 1/5.


"Ethnologue, mais pas trop" est un ouvrage de Jean-Didier Urbain ayant pour objet de défendre la socio-anthropologie de proximité, de l'immédiat, de l'Ici et Maintenant. Il s'agit aussi dès lors de dénoncer le fantasme ethnologique d'un certain exotisme, c'est-à-dire de l'obligation épistémologique de voyager physiquement dans une culture exogène afin de pouvoir pratiquer légitimement cette discipline. L'auteur défend au contraire l'importance du renversement du regard, et par là la possibilité de l'étude de l'endotique. Avec cette démarche, le chercheur peut étudier aussi bien ce qui se déroule dans les stations de métro que les pratiques qu'à son voisin sur son balcon.

Le projet défendu par l'ouvrage (la socio-anthropologie de proximité) me semble être une démarche intéressante. J'ai par contre trouvé que la discussion proposée par Jean-Didier Urbain était quelque peu superficielle. J'aurais aimé avoir des analyses plus poussées, tout particulièrement de certains exemples clés. Quelle est par exemple la différence (s'il y en a une?) entre la démarche de Jeanne Favret-Saada lorsqu'elle étudie la sorcellerie dans le bocage normand et celle d'un chercheur qui se penche sur la vie des parkings d'autoroutes?

L'auteur se complet malheureusement dans un ton pratiquement poétique, glosant entre autres sur la distinction entre voyageur et touriste, là où une analyse rigoureuse de la méthodologie et de l'épistémologie de l'étude de l'Ici et Maintenant me semble pourtant indispensable.

jeudi 18 août 2011

3. Par-delà les montagnes hallucinées – Deuxième & troisième chapitres

Dans lequel les investigateurs sauvent un peintre du nom de Nicholas Roerich d'un enlèvement.

L'épisode 3. Par-delà les montagnes hallucinées – Deuxième & troisième chapitres du balado "Par-delà les montagnes hallucinées" est en ligne.

Et pour en savoir plus à propos de Nicholas Roerich, voir le "Nicholas Roerich Museum".

dimanche 14 août 2011

Photo de Petit-Rechain: Les rationalisations continuent de plus belle!

Quelques semaines après la confession de Patrick M., les tenants de l'hypothèse extraterrestre (HET) pour expliquer le phénomène ovni continuent à s'agiter pour tenter de sauvegarder la vague belge - et surtout leur croyance dans son origine extraterrestre.

Je vous expliquais déjà dans mon billet "La S(C)OBEPS tente de sauver la face" que la première ligne de défense (du point de vue de la dissonance cognitive) était de prétendre que le fait que la photo de Petit-Rechain soit une contrefaçon n'avait absolument aucune implication pour le reste de la vague belge. Je vous ai aussi expliqué dans la foulée pourquoi il s'agissait d'un argument franchement ridicule (voir le billet ci-dessus ou encore l'épisode #115 du balado): la photo était dès le départ un des très rares éléments tangibles pour défendre l'étrangeté de la vague. C'est pour cette raison que la SOBEPS l'avait autant mise en avant - y compris en couverture de l'ouvrage "Vague d'OVNI sur la Belgique : Un dossier exceptionnel". Cependant voilà: Au fur et à mesure du temps, les autres éléments tangibles (comme par exemple les fameux enregistrements radar des F-16) ont été démystifiés. Mais il restait toujours la photo de Petit-Rechain, à laquelle les tenants de la soit-disant inexplicabilité de la vague belge s'accrochaient telle une bouée de sauvetage. Ce n'est pas pour rien qu'Auguste Meessen passa 20 ans à l'étudier dans le moindre détail!

A ce stade-ci, après la confession de Patrick M., il ne reste vraiment plus que les témoignages pour tenter d'argumenter en faveurs de l'étrangeté de cette vague belge, et on sait ce que valent ceux-ci d'un point de vue scientifique: pas grand chose! En effet, les recherches en psychologie ont largement démontré que le témoignage humain n'est absolument pas fiable. Du coup, la vague belge ressemble de plus en plus à une contagion psychosociale, et de moins en moins à une invasion extraterrestre de notre planète. Mais bien entendu, dans le petit monde des Vrais Croyants dans l'HET, c'est quelque chose de parfaitement inconcevable. Et donc la stratégie consiste à crier sur tous les toits le contraire, en espérant que faire beaucoup de bruits remplace l'intelligence des arguments.

Après Patrick Ferryn et Auguste Meessen (voir ici), c'est maintenant la stratégie de l'association "Centre d'Etude et de recherches sur les Phénomènes Inexpliqués" (CERPI), qui a aussi levé définitivement l'anonymat de l'auteur de la photo. Patrick M. a en effet malheureusement eu la très mauvaise idée d'accepter de se faire interviewer par cette organisation, qui lui fait directement dire que:
On l'a bien compris désormais, Patrick Maréchal confirme maintenant complètement que son canular ne remet absolument pas la Vague Belge en question, il n'en a pas du tout été l'origine, les dates ne correspondent d'ailleurs en rien puisque cette vague a commencé en 1989, le 29 novembre, et que le canular date d'avril 1990.
On retrouve encore les propos de Patrick M. sur Le Post (ici), sous le titre:
L'OVNI du petit rechain : "Ma photo ne remettra jamais en question la vague Belge"
Il faut dire que Patrick M. s'est fait attaquer de toute part par les tenants sur le Net ces dernières semaines, en passant par les insultes, les menaces de procès voir parfois même les menaces d'agressions physiques dans les cas les plus extrêmes (sur certains forums ufologiques que je ne nommerai pas). Il n'est donc pas étonnant qu'il tente maintenant d'adoucir les moeurs par ce type de propos. On peut le comprendre, même si c'est regrettable. Quoi qu'il en soit, il faut pointer que même s'il est l'auteur de la photo de Petit-Rechain, cela ne fait pas subitement de lui un spécialiste de la vague belge dans son ensemble, ni des modèles (des plus rationnels aux plus irrationnels) qu'il est possible de mobiliser pour l'expliquer.

Tout ceci étant dit: désolé Patrick M., mais tu ne devrais pas écouter tout ce que les Vrais Croyants te racontent. En réalité, le fait que ta photo soit une contrefaçon devrait clairement remettre en question la vague belge. Si cela ne se produit pas chez les tenants, c'est que nous sommes tout simplement dans une situation de dissonance cognitive où les gens tentent de préserver leur croyance au lieu d'examiner les éléments factuels de manière rationnelle. Tu ne devrais pas croire tout ce qu'on te raconte sur des forums de Vrais Croyants, particulièrement ceux où on t'a aussi abreuvé d'insultes et de menaces...

Ensuite, le problème de fond est que personne n'a jamais prétendu que la photo de Petit-Rechain était à l'origine de la vague belge. Nous sommes donc en plein argument d'épouvantail. Les membres du CERPI, ignorant visiblement tout de la littérature sceptique, argumentent contre des rationalistes qui n'existent que dans leur imagination. Ils ne comprennent tout simplement pas l'approche sceptique de la vague belge. Du coup, leur tentative de contre-argumenter tombe tout simplement à côté de la plaque.

Par exemple, dans mon article The Beginning of the Belgian UFO wave (voir SUNLite, vol. 2, num. 6, p. 21-23), je discute bel et bien de la nuit du 29 novembre 1990, puisqu'il s'agit effectivement du début de la vague belge. Je n'y parle absolument pas de la photo de Petit-Rechain, puisque celle-ci n'est bien entendu pas liée au début de la contagion psychosociale. Mais pourquoi répondre aux arguments des rationalistes, quand on préfère brasser du vent?

Du côté des autres rationalisations des tenants face à la dissonance cognitive actuelle, certains ont commencé à présenter la photo d'Henrardi, que très peu de gens trouvaient intéressante ou convaincante auparavant, comme un substitut à la photo de Petit-Rechain. Cela tombe aussi dans la catégorie de la "régression à l'infini dans la casuistique afin de préserver sa croyance", dont j'ai déjà discuté par le passé sur le balado Scepticisme scientifique: dès qu'un cas a été expliqué (et ce même si c'est un cas qui était présenté auparavant comme extrêmement solide par les tenants), la première chose que font les ufologues pro-HET est de rechercher d'autres cas dans la casuistique et de s'exclamer: "Ouf, vous avez expliqué A, mais vous n'avez pas encore expliqué B". Bien évidemment, si un jour B viendrait à être expliqué (comme cela arrive très souvent), après cela ils se rabattraient sur le cas C, puis D, puis E et ainsi de suite. Ad nauseam. La régression à l'infini dans la casuistique est d'un point de vue cognitif un moyen extrêmement puissant pour éviter à avoir à se remettre en question. De cette manière, l'ufologue n'a pas besoin d'envisager - ne serait-ce qu'un instant! - le fait que peut-être le phénomène ovni n'est pas d'origine extraterrestre, n'est tout simplement pas aussi inexplicable qu'il le croit.

En résumé, lorsque vous lisez tout ces gens qui se débattent bruyamment sur le net pour préserver à tout prix la soit-disant inexplicabilité de la vague belge de toute possibilité de réfutation empirique, gardez votre esprit critique!

vendredi 12 août 2011

"Delta Green: Denied to the Enemy"

"Delta Green: Denied to the Enemy" est un roman de Dennis Detwiller basé non seulement sur l'oeuvre d'Howard Phillips Lovecraft, sur le jeu de rôles "L'Appel de Cthulhu" mais plus particulièrement sur le cadre spécifique "Delta Green".

En effet, si l'action des romans d'Howard Phillips Lovecraft se déroule principalement dans la première seconde moitié du 20e siècle, "L'Appel de Cthulhu" propose d'autres périodes aux joueurs: principalement (mais non exclusivement) “Cthulhu By Gaslight” (pour les années 1890), les années 1920-1930 et enfin Cthulhu Now"Delta Green" est un cadre spécifique pour ce dernier (1990 et plus). Il s'agit donc d'actualiser le mythe.

L'idée centrale est que certaines agences semi-gouvernementales (Delta Green pour les USA, PISCES pour la Grande-Bretagne, etc.) se sont constituées dans l'entre-deux-guerres pour lutter contre les choses qui rodent dans les ténèbres. Les joueurs y interprètent le plus souvent des agents de Delta Green envoyés quelque part pour tenter - le plus souvent vainement - de gérer une situation.

"Denied to the Enemy" remonte à la période de la Seconde Guerre Mondiale. L'organisation Delta Green existe déjà, puisqu'elle s'est constituée suite aux évènements d'Innsmouth (voir le roman d'HPL "Le cauchemar d'Innsmouth"). Elle est cependant confrontée à une nouvelle menace durant la période 1940-45. J'ai aimé ce roman, tout particulièrement le début qui présente comment les Nazis tentent de prévenir le débarquement en Normandie en faisant un pacte avec les Profonds - et non, ces derniers ne sont pas la menace principale de ce roman.

Tout l'intérêt de Delta Green est d'imaginer un monde où toutes les créatures de HPL existent, interagissent entres elles, et où tout ce que l'écrivain de Providence a écrit dans ses nouvelles et romans sont des évènements historiques. C'est aussi une difficulté, parce que lire "Denied to the Enemy" demande d'avoir une excellente connaissance du mythe de Cthulhu, dans ses différents aspects. J'avoue que j'ai eu moi-même un peu du mal à suivre l'action, et à certains moments à savoir qui était où et faisait quoi... Pour ceux qui connaissent spécifiquement "Delta Green", ce roman est quelque peu étonnant à cause du fait qu'il se situe durant la Seconde Guerre Mondiale, et non pas aujourd'hui. Or, à l'époque actuelle, cette agence est surtout préoccupée par le phénomène ovni et par ses occupants. Dans "Denied to the Enemy", il ne sera cependant question ni de soucoupes volantes, ni de Gris, etc.


Au final, je recommande ce roman à tout ceux qui sont véritablement passionnés par le mythe de Cthulhu et/ou qui jouent à "L'Appel de Cthulhu" version "Delta Green". Encore une fois, son principal point négatif est sa difficulté d'accès pour les non initiés.



Épisode #117: A bâtons rompus

L'Épisode #117: A bâtons rompus du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une discussion entre Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit.

vendredi 5 août 2011

Épisode #116: Elevatorgate (scepticisme et féminisme)

L'Épisode #116: Elevatorgate (scepticisme et féminisme) du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview d'Irène Delse.

mercredi 3 août 2011

Analyse de la photo de Petit-Rechain par Roger Paquay

Le physicien Roger Paquay avait publié dans SUNlite vol. 3, n°2 en mars-avril 2011 une analyse de la photo de Petit-Rechain, sous le titre (en anglais) "The Petit-Rechain photograph". Suite aux développements récents (voir ici pour en savoir plus), il m'a gracieusement autorisé aujourd'hui à diffuser via ce blog le même texte, mais en français cette fois. Pour lire le document, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant: "La photo de Petit-Rechain", un article de Roger Paquay.

La conclusion de son analyse était à l'époque:
La conclusion la plus probable est donc en faveur d’un faux bricolé pour illustrer une observation réelle d’un simple avion au loin dont la photo aurait pu être ratée ou pour coller à la description type « ovni triangulaire » véhiculée par les médias depuis quatre mois. Conclusion plus économique qu’un aéronef inconnu resté stationnaire dans le ciel tout en effectuant néanmoins une rotation asymétrique sur lui-même. Aéronef qui n’aurait été observé, à si basse altitude et malgré sa forte taille angulaire alléguée, par aucun témoin dans une population dense et très sensibilisée aux ovnis.

Seul le photographe pourrait nous expliquer ce qu’il y a réellement sur la photo. Il devrait pour cela sortir de son anonymat. Je doute qu’il accepte de le faire.