J'étais hier soir à la conférence de l'illusionniste Jean Champenois consacrée au spiritisme. L'évènement se déroulait dans un nouveau lieu pour les "Bruxelles, Sceptiques dans un Pub": "La fleur en papier doré", un café surréaliste auquel Magritte avait l'habitude de se rendre avec des amis.
Je suis très heureux d'avoir enfin eu l'occasion de rencontrer Nicolas Gauvrit, le co-hôte du balado "Scepticisme scientifique" (que je ne connaissais jusqu'alors que de manière purement virtuelle), qui avait fait le déplacement pour l'occasion depuis Paris.
Après la présentation de Jean Champenois, pleines d'anecdotes et de quelques tours dont il a le secret (lévitation de table, etc.), nous sommes resté à discuter tard dans la nuit de science, d'athéisme, de philosophie et... de bières belges.
La prochaine conférence "Bruxelles, Sceptiques dans un Pub" est prévue pour le samedi 24 septembre 2011 (à 14h à la "La fleur en papier doré"). Il s'agira d'une présentation de Marc Hallet consacrée au cas Adamski.
dimanche 31 juillet 2011
vendredi 29 juillet 2011
Épisode #115: La photo de Petit-Rechain (et le physicien qui y croyait)
L'Épisode #115: La photo de Petit-Rechain (et le physicien qui y croyait) du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart y discute de la photo de Petit-Rechain.
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Baladodiffusion,
Ovni/Ufologie
mercredi 27 juillet 2011
La S(C)OBEPS tente de sauver la face
Je me demandais hier (ici) comment les membres de la S(C)OBEPS allaient réagir face à la révélation que la photo de Petit-Rechain était une contrefaçon, ce qui est en contradiction totale avec leurs propos ces 20 dernières années sur le sujet. La dissonance cognitive prédit qu'ils rationaliseront l'information, et qu'ultimement celle-ci renforcera leur conviction que la vague belge est belle et bien d'origine extraterrestre, plutôt que le contraire.
Sans surprise donc, la S(C)OBEPS est depuis hier soir en pleine opération de damage control, aussi bien dans les médias que sur le web. Je ne m'attendais bien évidemment pas réellement à ce qu'ils affirment quelque chose du genre "nous nous sommes trompés ces 20 dernières années, mea culpa", et c'est bien entendu ce que nous observons: la S(C)OBEPS tente vaillamment de sauver la face.
Sa ligne de défense principale est la suivante: même si la photo de Petit-Rechain est une contrefaçon, cela n'a absolument aucune conséquence, aucune implication, sur le reste de la vague belge. C'est bien entendu une position totalement intenable rationnellement. En effet, pour rappel, la vague belge a compté plus d'un millier de témoins. Or les ufologues n'ont récupéré de toute cela que quelques rares photos, qui se sont révélées être après inspection des photos d'avions - sauf pour celle de Petit-Rechain. Maintenant que celle de Petit-Rechain a été démystifiée par son auteur, cela veut dire qu'absolument aucun témoin n'a pris de photo d'un ovni de la vague belge, alors que (toujours pour rappel) on nous parle d'immenses plateformes lumineuses (parfois décrites aussi grande qu'un terrain de football!) se déplaçant lentement dans le ciel de la Belgique. Les sceptiques trouvaient déjà cela une moisson bien maigre lorsqu'il n'y avait que la photo de Petit-Rechain, mais maintenant qu'il n'y a de fait plus aucune photo dans la course...
L'article "Le faux OVNI "ne remet pas les autres en cause"" nous dit précisément que:
Cette même rationalisation a d'ailleurs été aussi proposée il y a peu (début d'après-midi) par le physicien émérite Auguste Meessen sur une radio belge, qui évite bien d'expliquer aux auditeurs que toute la théorie de la propulsion des ovnis qu'il a construite sur base de la photo de Petit-Rechain s'est écroulée hier tel un colosse au pied d'argiles.
Le même article nous explique que:
Michel Bougard, un autre membre éminent de la S(C)OBEPS, avait écrit il y a quelques années un article à propos de la prétendue désinformation sceptique sur la vague belge intitulé: "Va-t-on vraiment vers un révisionnisme ufologique?". Comme nous pouvons le constater aujourd'hui, en situation de dissonance cognitive, c'est la S(C)OBEPS qui déforme la manière dont le débat entre tenants et sceptiques s'est déroulé, afin de tenter de sauver du naufrage le peu de crédibilité qui lui reste.
Nulle doute que nous ne sommes qu'au début des tentatives de rationalisations des tenants de l'inexplicabilité de la vague belge. Nous en reparlerons certainement prochainement sur ce blog, au fur et à mesure des développements.
Sans surprise donc, la S(C)OBEPS est depuis hier soir en pleine opération de damage control, aussi bien dans les médias que sur le web. Je ne m'attendais bien évidemment pas réellement à ce qu'ils affirment quelque chose du genre "nous nous sommes trompés ces 20 dernières années, mea culpa", et c'est bien entendu ce que nous observons: la S(C)OBEPS tente vaillamment de sauver la face.
Sa ligne de défense principale est la suivante: même si la photo de Petit-Rechain est une contrefaçon, cela n'a absolument aucune conséquence, aucune implication, sur le reste de la vague belge. C'est bien entendu une position totalement intenable rationnellement. En effet, pour rappel, la vague belge a compté plus d'un millier de témoins. Or les ufologues n'ont récupéré de toute cela que quelques rares photos, qui se sont révélées être après inspection des photos d'avions - sauf pour celle de Petit-Rechain. Maintenant que celle de Petit-Rechain a été démystifiée par son auteur, cela veut dire qu'absolument aucun témoin n'a pris de photo d'un ovni de la vague belge, alors que (toujours pour rappel) on nous parle d'immenses plateformes lumineuses (parfois décrites aussi grande qu'un terrain de football!) se déplaçant lentement dans le ciel de la Belgique. Les sceptiques trouvaient déjà cela une moisson bien maigre lorsqu'il n'y avait que la photo de Petit-Rechain, mais maintenant qu'il n'y a de fait plus aucune photo dans la course...
L'article "Le faux OVNI "ne remet pas les autres en cause"" nous dit précisément que:
Patrick Ferryn, président du Comité Belge d'Etude des Phénomènes Spatiaux (COBEPS), considère que le faux cliché de l'OVNI de Petit-Rechain (Verviers), pris en avril 1990, ne remet nullement en question la vague belge des objets volants non identifiés aperçus dans le ciel belge à partir de novembre 1989 et ce durant plusieurs mois.Comme je viens de l'expliquer, c'est tout simplement une position rationnellement intenable. Évidemment que la démystification de la photo de Petit-Rechain remet en question la vague belge. Évidemment que la démystification du seul élément concret qui restait pour défendre la soit-disant inexplicabilité de la vague doit jeter (ou uniquement confirmer pour les sceptiques) le soupçon sur l'ensemble des témoignages de cette période et suggérer que nous étions bien devant un phénomène psychosocial. Évidemment que la démystification d'une photo que la S(C)OBEPS a défendu bec et ongles (souvent en insultant les sceptiques qui osaient suggérer qu'elle puisse être une contrefaçon) doit jeter le discrédit sur tout le travail de cette organisation pro-hypothèse extraterrestre.
Cette même rationalisation a d'ailleurs été aussi proposée il y a peu (début d'après-midi) par le physicien émérite Auguste Meessen sur une radio belge, qui évite bien d'expliquer aux auditeurs que toute la théorie de la propulsion des ovnis qu'il a construite sur base de la photo de Petit-Rechain s'est écroulée hier tel un colosse au pied d'argiles.
Le même article nous explique que:
Patrick Ferryn avait lui-même tenté de démontrer, sans y parvenir, que cette photo était un trucage. M. Ferryn explique que le cliché, sur un fond sombre, qui lui avait été soumis, ne faisait référence à aucune dimension, aucun éloignement, aucun avant ou arrière-plan et qu'il était très difficile d'établir quoi que ce soit.C'est fort amusant de voir comment le président de la S(C)OBEPS tente de réécrire l'histoire, en reprenant à son compte les arguments des sceptiques (Mar Hallet, Pierre Magain & Marc Rémy, Wim Van Utrecht, Roger Paquay, etc.), dont aucun n'est membre de son organisation, alors que celle-ci n'a à l'inverse pas arrêté de combattre ce qu'ils considéraient être de la désinformation. A noter particulièrement que lors du colloque de la S(C)OBEPS de mai dernier (2011), la photo de Petit-Rechain avait encore été présentée par Auguste Meessen durant son intervention sans le moindre soupçon de doute émis à propos de son authenticité.
Michel Bougard, un autre membre éminent de la S(C)OBEPS, avait écrit il y a quelques années un article à propos de la prétendue désinformation sceptique sur la vague belge intitulé: "Va-t-on vraiment vers un révisionnisme ufologique?". Comme nous pouvons le constater aujourd'hui, en situation de dissonance cognitive, c'est la S(C)OBEPS qui déforme la manière dont le débat entre tenants et sceptiques s'est déroulé, afin de tenter de sauver du naufrage le peu de crédibilité qui lui reste.
Nulle doute que nous ne sommes qu'au début des tentatives de rationalisations des tenants de l'inexplicabilité de la vague belge. Nous en reparlerons certainement prochainement sur ce blog, au fur et à mesure des développements.
Breaking News: La photo de Petit-Rechain serait un faux!
Après les détections radars (dont Auguste Meessen concéda finalement qu'elles s'expliquaient de manière prosaïque, voir son article "Étude approfondie des mystérieux enregistrements radar des F-16"), c'est une autre pièce majeure de la soi-disant inexplicabilité de la vague belge d'ovnis qui s'est écroulée aujourd'hui: la photo de Petit-Rechain. En effet, l'auteur a avoué à la chaîne de TV belge RTL qu'il s'agissait d'une contrefaçon: "Le mystère du célèbre OVNI des années 90 élucidé : "Une supercherie"".
En réalité, les sceptiques supputent depuis longtemps qu'il s'agit d'un faux. En effet, Pierre Magain & Marc Rémy écrivaient déjà en 1993, dans leur article "Les OVNI: Un sujet de recherche?" (p. 314):
Celui-ci nous expliqua - à l'inverse de Pierre Magain & Marc Rémy - qu'il était parfaitement impossible que la photo de Petit-Rechain soit une contrefaçon, à cause de son analyse des bougés. Il écrivait par exemple dans son article "Analyse et implications physiques de deux photos de la vague belge":
De plus, si on enlève les détections radars et la photo de Petit-Rechain, il ne reste vraiment plus grand chose pour défendre la soi-disant inexplicabilité de la vague belge. Il n'y a finalement que de très nombreux témoignages, sans aucune preuve tangible pour suggérer la présence réelle d'engins extraterrestres dans l'atmosphère belge en 1989-1992. Or, le témoignage humain est extrêmement peu fiable. La vague belge apparaît finalement de plus en plus explicable dans le cadre du modèle sociopsychologique du phénomène ovni, en tant qu'illusion de masse.
En guise de conclusion, j'ajouterais simplement que je suis curieux de voir comment Auguste Meessen va faire face à la dissonance cognitive que représente cette révélation par rapport à la méthodologie qu'il a défendue toutes ces années, ses spéculations sur le mode de propulsion des ovnis et de façon plus général son mépris en ufologie de tout ce qui n'est pas tôle et boulons.
En réalité, les sceptiques supputent depuis longtemps qu'il s'agit d'un faux. En effet, Pierre Magain & Marc Rémy écrivaient déjà en 1993, dans leur article "Les OVNI: Un sujet de recherche?" (p. 314):
En conclusion, vu la facilité de produire la "photo de Petit-Rechain" par trucage, vu les invraisemblances dans les témoignages et, surtout, les contradictions entre ceux-ci et la photographie elle-même, nous ne pouvons qu'émettre les plus nettes réserves quant à l'authenticité de ce document qui constitue pourtant une des pièces majeures de la "vague belge".Malheureusement, si quelques rares sceptiques comme moi ont écouté ce que Pierre Magain & Marc Rémy (et d'autres) avaient à dire sur ce sujet, le grand public n'était exposé pour sa part qu'au seul discours de la défunte SOBEPS, et particulièrement à celui d'Auguste Meessen, un tenant de l'hypothèse extraterrestre pour expliquer le phénomène ovni.
Celui-ci nous expliqua - à l'inverse de Pierre Magain & Marc Rémy - qu'il était parfaitement impossible que la photo de Petit-Rechain soit une contrefaçon, à cause de son analyse des bougés. Il écrivait par exemple dans son article "Analyse et implications physiques de deux photos de la vague belge":
La photo de Petit-Rechain est extraordinaire, non seulement parce qu'elle montre la structure d'un OVNI typique de la vague belge, mais aussi et même surtout parce qu'elle nous a permis de mettre en évidence que les grands "phares" ont certaines fonctions. Nous avons prouvé par un ensemble d'arguments convergents que la différence entre ce qui a été observé visuellement et ce qui a été enregistré photographiquement s'explique par une émission de radiation ultraviolette. Il est logique qu'elle résulte d'une ionisation de l'air. D'autres particularités de cette photo nous ont permis de déceler une des fonctions des grands "phares" situés près des coins des plates-formes de la vague belge. En tenant compte de lois physiques connues, il est permis de penser qu'ils constituent un système de guidage auxiliaire, un peu comme les fusées ont la capacité d'émettre des jets auxiliaires en plus des jets puissants qui sortent des tuyères principales. Les OVNI sont cependant plus rationnels, parce qu'ils ne doivent pas emporter la matière qui sert à leur propulsion.Auguste Meessen rejetait par ailleurs l'explication par la contrefaçon de la manière suivante (toujours dans le même article), avec son habituelle attitude condescendante vis-à-vis des sceptiques:
Wim van Utrecht, ainsi que P. Magain et M. Remy n'ont pas expliqué ce qui apparaît sur la photo, mais affirmé ou du moins suggéré avec insistance qu'il devait s'agir d'un faux. Cela revient à dire que les témoins auraient menti, mais les "sceptiques" n'ont pas trouvé nécessaire d'examiner les documents eux-mêmes, puisque ce sont en réalité des "croyants".Il est aujourd'hui possible de véritablement mettre ces spéculations d'Auguste Meessen en perspective, suite à la confession de la personne ayant pris la photo de Petit-Rechain.
De plus, si on enlève les détections radars et la photo de Petit-Rechain, il ne reste vraiment plus grand chose pour défendre la soi-disant inexplicabilité de la vague belge. Il n'y a finalement que de très nombreux témoignages, sans aucune preuve tangible pour suggérer la présence réelle d'engins extraterrestres dans l'atmosphère belge en 1989-1992. Or, le témoignage humain est extrêmement peu fiable. La vague belge apparaît finalement de plus en plus explicable dans le cadre du modèle sociopsychologique du phénomène ovni, en tant qu'illusion de masse.
En guise de conclusion, j'ajouterais simplement que je suis curieux de voir comment Auguste Meessen va faire face à la dissonance cognitive que représente cette révélation par rapport à la méthodologie qu'il a défendue toutes ces années, ses spéculations sur le mode de propulsion des ovnis et de façon plus général son mépris en ufologie de tout ce qui n'est pas tôle et boulons.
mardi 26 juillet 2011
2. Par-delà les montagnes hallucinées – Premier & deuxième chapitres
Dans lequel les investigateurs font l'inventaire des fournitures de l'expédition Starkweather-Moore, avant d'enquêter sur la mort du capitaine J. B. Douglas.
L'épisode 2. Par-delà les montagnes hallucinées – Premier & deuxième chapitres du balado "Par-delà les montagnes hallucinées" est en ligne.
L'épisode 2. Par-delà les montagnes hallucinées – Premier & deuxième chapitres du balado "Par-delà les montagnes hallucinées" est en ligne.
vendredi 22 juillet 2011
Notes de lectures - 55: "The Invasion from Mars"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 4/5.
L'équipe du psychologue Hadley Cantril fut rapidement mobilisée pour étudier la panique générée par l'émission radio "La Guerre des Mondes" d'Orson Welles. Le livre "The Invasion From Mars: A Study In The Psychology Of Panic"
(1940) est le compte-rendu de cette étude. Etudier l'illusion de masse (angl. mass delusion) qui a été engendrée par l'émission radio "La Guerre des Mondes" est particulièrement intéressant lorsqu'on s'intéresse à la dynamique des vagues d'ovnis.
Les assistants d'Hadley Cantril interviewèrent 135 personnes qui avaient rapportés avoir paniqué durant la radiodiffusion. Parallèlement à ces études de cas qui forment le corps de sa recherche, le psychologue mobilise de nombreuses données empiriques: plusieurs sondages (Gallup et autres), des articles de presse, etc. Il s'interroge particulièrement sur les différents facteurs qui ont fait qu'un individu a réussi (ou non) à identifier le documenteur d'Orson Welles pour ce qu'il était. Prendre le programme en cours de route (après l'annonce du début explicitant clairement qu'il s'agissait d'une pièce de théâtre audio) fut bien évidemment extrêmement important, tout comme reconnaître la voix d'Orson Welles en tant que narrateur ou tout simplement la trame du récit du roman « La Guerre des Mondes » d'H. G. Wells. Certains auditeurs ont par exemple aussi eu la démarche critique de vérifier si d'autres chaînes radios parlaient de l'évènement on on regardé dans le journal le titre du programme annoncé.
Hadley Cantril argumente particulièrement dans "The Invasion From Mars" contre l'idée répandue dans les médias à l'époque que seule les personnes ayant un degré de scolarité faible ont paniqué. Si les gens ayant suivi des études universitaires avaient plus de chance de faire preuve d'esprit critique, il démontre (via ses études de cas) que certains ont malgré tout pris peur. Pour le dire autrement, si niveau d'éducation et esprit critique sont corrélés, ce ne sont pas pour autant deux concepts identiques. Des croyances religieuses, par exemple chrétienne fondamentaliste, ont aussi affecté les sujets de manière à faciliter l'acceptation du documentaire comme faisant état d'évènements réels. Hadley Cantril écrit (p. 149) :
De plus, certaines personnes rapportèrent voir les flammes de la bataille, d'autres ont senti l'odeur des gaz martiens ou encore leurs rayons de chaleurs. Un témoin raconte par exemple (p. 94):
que cette illusion de masse n'est qu'un mythe qu'il faut déconstruire. Je dois avouer que je n'ai pas encore lu son ouvrage. Cependant, étant donné que Pierre Lagrange développe une rhétorique anti-rationnalistes à travers ses ouvrages (voir sur ce sujet l'Épisode #96 du balado Scepticisme scientifique), je suspecte qu'il souffre d'un biais idéologique qui le motive à minimiser la panique liée à cette émission radio. Mon projet est donc de me documenter amplement à propos de cette panique avant d'aborder le sien, afin de pouvoir ensuite l'analyser de manière critique. J'ai un certain nombre d'autres livres à lire sur ma liste, y compris ceux d'un autre sociologue, Robert E. Bartholomew, qui visiblement n'arrive pas aux même conclusions que Pierre Lagrange (voir par exemple ici). Nous en reparlerons bien entendu sur ce blog. Cependant, déjà à ce stade-ci, vu la qualité de la recherche menée par l'équipe d'Hadley Cantril, la seule manière de pouvoir honnêtement argumenter que cette illusion de masse n'est qu'un mythe rationaliste serait de prouver par A + B que le psychologue a falsifié ses données. J'avoue que je suis plutôt sceptique. A travers les témoignages recueillis peu après les faits, les sondages analysés ou les coupures de presse collectées, il ne fait absolument aucun doute qu'il s'est bel et bien produit une panique lors de la diffusion du documenteur d'Orson Welles.
Note: 4/5.
L'équipe du psychologue Hadley Cantril fut rapidement mobilisée pour étudier la panique générée par l'émission radio "La Guerre des Mondes" d'Orson Welles. Le livre "The Invasion From Mars: A Study In The Psychology Of Panic"
Les assistants d'Hadley Cantril interviewèrent 135 personnes qui avaient rapportés avoir paniqué durant la radiodiffusion. Parallèlement à ces études de cas qui forment le corps de sa recherche, le psychologue mobilise de nombreuses données empiriques: plusieurs sondages (Gallup et autres), des articles de presse, etc. Il s'interroge particulièrement sur les différents facteurs qui ont fait qu'un individu a réussi (ou non) à identifier le documenteur d'Orson Welles pour ce qu'il était. Prendre le programme en cours de route (après l'annonce du début explicitant clairement qu'il s'agissait d'une pièce de théâtre audio) fut bien évidemment extrêmement important, tout comme reconnaître la voix d'Orson Welles en tant que narrateur ou tout simplement la trame du récit du roman « La Guerre des Mondes » d'H. G. Wells. Certains auditeurs ont par exemple aussi eu la démarche critique de vérifier si d'autres chaînes radios parlaient de l'évènement on on regardé dans le journal le titre du programme annoncé.
Hadley Cantril argumente particulièrement dans "The Invasion From Mars" contre l'idée répandue dans les médias à l'époque que seule les personnes ayant un degré de scolarité faible ont paniqué. Si les gens ayant suivi des études universitaires avaient plus de chance de faire preuve d'esprit critique, il démontre (via ses études de cas) que certains ont malgré tout pris peur. Pour le dire autrement, si niveau d'éducation et esprit critique sont corrélés, ce ne sont pas pour autant deux concepts identiques. Des croyances religieuses, par exemple chrétienne fondamentaliste, ont aussi affecté les sujets de manière à faciliter l'acceptation du documentaire comme faisant état d'évènements réels. Hadley Cantril écrit (p. 149) :
Critical ability alone is not a sure preventive of panic. It may be overpowered either by an individual's own susceptible personality or by emotions generated in him by an unusual listening situation. If critical ability is to be consistently exercised, it must be possessed by a person who is invulnerable in a crisis situation and who is impervious to extraneous circumstances.Soulignons qu'il était finalement très facile de déterminer que cette émission radio n'était qu'une oeuvre de fiction. Malgré cela, de très nombreuses personnes ont paniqué. Il s'agit d'un point important. En effet, s'il est tentant pour certain, comme Pierre Lagrange, de minimiser l'ampleur de cette illusion de masse, c'est oublier un peu vite à quel point celle-ci fut importante étant donné la facilité avec laquelle les gens pouvaient vérifier qu'il s'agissait bien d'un documenteur.
De plus, certaines personnes rapportèrent voir les flammes de la bataille, d'autres ont senti l'odeur des gaz martiens ou encore leurs rayons de chaleurs. Un témoin raconte par exemple (p. 94):
I stuck my head out of the window and thought I could smell the gas. And it felt as though it was getting hot, like fire was coming.Hadley Cantril raconte aussi le cas de monsieur Lewis, qui se trouvait au moment de la diffusion de l'émission radio chez un ami (p. 173) :
They both got in the car to warn his familly and the neighbors. On the ride he smelled the gas the announcer had been talking about and also saw red in the sky.Comme je le mentionnais plus haut, le sociologue français Pierre Lagrange argumente dans "La guerre des mondes a-t-elle eu lieu ?"
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jeudi 21 juillet 2011
Épisode #114: Les complotistes du 11 septembre 2001
L'Épisode #114: Les complotistes du 11 septembre 2001 du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Nicolas Gauvrit y discute, comme le titre l'indique, des complotistes du 11 septembre 2001.
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mardi 19 juillet 2011
Féminisme ou égalité des sexes?
J'écrivais récemment dans mon billet "Féminisme et être ou ne pas être un "fan boy"", consacré à l'Elevatorgate:
Ce qui m'amène plus particulièrement à écrire aujourd'hui ce billet est la publication d'un excellent article hier (le dimanche 17 juillet 2011) sur le site du "Guardian", intitulé "The Rape of Men" (de Will Storr) à propos de la violence sexuelle en Ouganda. Attention, l'article est relativement difficile à lire: âmes sensibles s'abstenir!
Il existe bien entendu de nombreuses formes de pensées féministes, qui divergent sur bien des points. Je vais ici me référer au féminisme le plus commun, le plus banal, celui qui s'exprime sur le net comme par exemple dans les commentaires sur la page Facebook du mouvement "Ni Putes Ni Soumises", voir aussi malheureusement chez certaines Skepchicks dans le cadre de l'Elevatorgate. Ce féminisme a comme caractéristique, il me semble tout du moins, de considérer que les hommes sont systématiquement en position de force et les femmes systématiquement en position de faiblesse. Du coup, il suffirait de faire la promotion du rôle de la femme dans la société pour arriver à un équilibre. Si on faisait disparaître d'un coup de baguette magique la position de faiblesse de la femme, cela placera automatiquement les deux sexes au même niveau - en posant qu'une telle chose soit possible.
Cette conception me semble extrêmement naïve. En effet, la prémisse est incorrecte: l'homme n'est pas systématiquement en position de force et la femme n'est pas systématiquement en position de faiblesse. Les choses sont à l'heure actuelle bien plus complexes que cela. Particulièrement aujourd'hui, après tous les progrès réalisés par les féministes au cours du 20e siècle. Lorsqu'on cherche uniquement à promouvoir le rôle de la femme dans la société, il semble en réalité se produire un effet de pendule qui fait que la progression féministe se fait alors au détriment des hommes. Mentionnons par exemple ici qu'en cas de divorce la garde des enfants est généralement donnée à la mère plutôt qu'au père (parce qu'une mère est sensée être naturellement plus apte à élever des enfants, je suppose), qui doit alors se battre pour son droit de visites, ou encore le fait que si on décide d'instaurer arbitrairement une parité sexuelle dans une entreprise (avoir 50% d'hommes et 50% de femmes), on rejette nécessairement à un moment donné du processus de sélection la candidature d'hommes objectivement plus compétents pour donner la place à une femme - là où défendre l'égalité des sexes consiste au contraire à dire que seule la compétence doit jouer, et pas le sexe du candidat pour un poste.
Dans cette conception féministe naïve, l'homme est très souvent perçu comme violent et violeur. La femme est alors l'éternelle victime, subissant la violence et étant violée. Tout d'abord, cette vision des choses échoue à réaliser que la femme peut elle aussi être violente. De plus, le viol des hommes, cela existe. Les sexologues savent fort bien qu'il est techniquement possible pour une femme de violer un homme: une situation de stress intense - par exemple sous l'effet de la menace de violences physiques - peut générer une érection. Le film "Harcèlement" (1994) basait son scénario sur ce type de situations.
Ensuite, le viol d'hommes par des hommes, cela existe aussi. J'en revient à l'article que je citais plus haut, "The Rape of Men", qui décrit des hommes en Ouganda se faire violer par des milices de manière répétée sur de longues durées:
Tout cela pour dire: je pense qu'il faut combattre le viol et la pédophilie, et ce quelque soit le sexe de la victime. Du coup, je ne peux pas me reconnaître dans le mouvement féministe qui, dans sa forme la plus banale en tout cas, présente encore et toujours uniquement la femme en victime et l'homme en violeur.
En guise de conclusion, je me permet de citer une dernière fois l'article du "Guardian":
En tout honnêteté, je ne suis pas un fan du féminisme. Je pense pour ma part qu'il faut défendre l'égalité des sexes et non pas le féminisme - qui bien trop souvent avance la cause des femmes au détriment des hommes.Irène Delse commentait ces propos sur son blog de la manière suivante: "Mais si, cher monsieur, vous êtes féministe…". J'aimerais du coup évoquer ici rapidement un des points qui me pose problème avec le mouvement féminisme, afin d'illustrer mon propos précédent: celui du viol des hommes.
Ce qui m'amène plus particulièrement à écrire aujourd'hui ce billet est la publication d'un excellent article hier (le dimanche 17 juillet 2011) sur le site du "Guardian", intitulé "The Rape of Men" (de Will Storr) à propos de la violence sexuelle en Ouganda. Attention, l'article est relativement difficile à lire: âmes sensibles s'abstenir!
Il existe bien entendu de nombreuses formes de pensées féministes, qui divergent sur bien des points. Je vais ici me référer au féminisme le plus commun, le plus banal, celui qui s'exprime sur le net comme par exemple dans les commentaires sur la page Facebook du mouvement "Ni Putes Ni Soumises", voir aussi malheureusement chez certaines Skepchicks dans le cadre de l'Elevatorgate. Ce féminisme a comme caractéristique, il me semble tout du moins, de considérer que les hommes sont systématiquement en position de force et les femmes systématiquement en position de faiblesse. Du coup, il suffirait de faire la promotion du rôle de la femme dans la société pour arriver à un équilibre. Si on faisait disparaître d'un coup de baguette magique la position de faiblesse de la femme, cela placera automatiquement les deux sexes au même niveau - en posant qu'une telle chose soit possible.
Cette conception me semble extrêmement naïve. En effet, la prémisse est incorrecte: l'homme n'est pas systématiquement en position de force et la femme n'est pas systématiquement en position de faiblesse. Les choses sont à l'heure actuelle bien plus complexes que cela. Particulièrement aujourd'hui, après tous les progrès réalisés par les féministes au cours du 20e siècle. Lorsqu'on cherche uniquement à promouvoir le rôle de la femme dans la société, il semble en réalité se produire un effet de pendule qui fait que la progression féministe se fait alors au détriment des hommes. Mentionnons par exemple ici qu'en cas de divorce la garde des enfants est généralement donnée à la mère plutôt qu'au père (parce qu'une mère est sensée être naturellement plus apte à élever des enfants, je suppose), qui doit alors se battre pour son droit de visites, ou encore le fait que si on décide d'instaurer arbitrairement une parité sexuelle dans une entreprise (avoir 50% d'hommes et 50% de femmes), on rejette nécessairement à un moment donné du processus de sélection la candidature d'hommes objectivement plus compétents pour donner la place à une femme - là où défendre l'égalité des sexes consiste au contraire à dire que seule la compétence doit jouer, et pas le sexe du candidat pour un poste.
Dans cette conception féministe naïve, l'homme est très souvent perçu comme violent et violeur. La femme est alors l'éternelle victime, subissant la violence et étant violée. Tout d'abord, cette vision des choses échoue à réaliser que la femme peut elle aussi être violente. De plus, le viol des hommes, cela existe. Les sexologues savent fort bien qu'il est techniquement possible pour une femme de violer un homme: une situation de stress intense - par exemple sous l'effet de la menace de violences physiques - peut générer une érection. Le film "Harcèlement" (1994) basait son scénario sur ce type de situations.
Ensuite, le viol d'hommes par des hommes, cela existe aussi. J'en revient à l'article que je citais plus haut, "The Rape of Men", qui décrit des hommes en Ouganda se faire violer par des milices de manière répétée sur de longues durées:
"Each of the male prisoners was raped 11 times that night and every night that followed."Or, les féministes, elles nous parlent presque toujours du viol des femmes et pratiquement jamais de celui des hommes. La fin de l'article est très révélateur sur l'Effet Pendule dont je parlais plus haut:
"I know for a fact that the people behind the report insisted the definition of rape be restricted to women," he says, adding that one of the RLP's donors, Dutch Oxfam, refused to provide any more funding unless he'd promise that 70% of his client base was female. He also recalls a man whose case was "particularly bad" and was referred to the UN's refugee agency, the UNHCR. "They told him: 'We have a programme for vulnerable women, but not men.'"Cette problématique ressort aussi de l'Elevatorgate, lorsque les féministes attaquent Richard Dawkins pour son manque d'empathie vis-à-vis de la situation vécue dans l'ascenseur par Rebecca Watson, mais oublient que le biologiste britannique avait raconté il y a quelques années qu'il avait été lui-même la victime d'un pédophile (voir son article "Religion's Real Child Abuse").
Tout cela pour dire: je pense qu'il faut combattre le viol et la pédophilie, et ce quelque soit le sexe de la victime. Du coup, je ne peux pas me reconnaître dans le mouvement féministe qui, dans sa forme la plus banale en tout cas, présente encore et toujours uniquement la femme en victime et l'homme en violeur.
En guise de conclusion, je me permet de citer une dernière fois l'article du "Guardian":
"Part of the activism around women's rights is: 'Let's prove that women are as good as men.' But the other side is you should look at the fact that men can be weak and vulnerable."
dimanche 17 juillet 2011
Notes de lectures - 54: "Les ovnis font leur show"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 2/5.
Relativement en retard dans ma pile de livres à lire, j'ai enfin terminé "Les Ovnis Font Leur Show"
de Patrice Seray (que pour rappel j'ai interviewé pour le balado Scepticisme scientifique dans l'Épisode #16 et l'Épisode #24). Il s'agit d'une plaquette (116 pages) dans la série "Les dossiers de SCEPTIC OVNI" (réalisée par l'équipe du forum du même nom), disponible chez l'éditeur Books on Demand. A noter que l'on trouve maintenant depuis peu dans la même collection "Des OVNI comme s'il en pleuvait !"
de Thibaut Alexandre, que je n'ai malheureusement pas encore lu (mais ça viendra!).
Pour le dire en très peu de mots, il s'agit d'un catalogue de cas français récents qui s'expliquent par des méprises avec la patrouille de France (ou la PAF pour les intimes). L'ouvrage contient aussi un cas de méprise avec des oiseaux ("Un cas exceptionnel à La Seyne/Mer", p. 49-55).
On ne le dira jamais assez, mais là où les tenants des hypothèses extraordinaires (extraterrestres, paranormales, etc.) publient des ouvrages consacrés à compiler des cas inexpliqués (ou bien trop souvent soi-disant inexpliqués lorsque les auteurs ignorent purement et simplement les explications proposées par d'autres), les sceptiques préfèrent eux diffuser des informations sur ceux pour lesquels ils ont réussi à trouver une explication prosaïque. On trouve là - d'un point de vue purement sociologique - une différence fondamentale dans l'approche développée par les deux groupes. D'un côté l'accent est mis sur le très faible pourcentage de cas résiduels, de l'autre sur la toute grande majorité des cas qui s'expliquent.
Dans sa conclusion, Patrice Seray écrit:
se veut aussi une réponse aux tenants du mimétisme (comme par exemple Joël Mesnard, rédacteur-en-chef de "Lumières Dans La Nuit"), c'est-à-dire l'hypothèse irréfutable (donc non scientifique) que les ovnis se dissimuleraient parfois derrière l'apparence de stimuli prosaïques. Vous voyez un avion? Et bien non, contrairement aux apparences, en fait c'est un vaisseaux spatial extraterrestre qui a pris l'apparence d'un avion. Hidden in plain sight! On se croirait franchement dans les Transformers...
Le point fort de l'ouvrage est qu'il est richement illustré, et souvent en couleur. Cette plaquette ne s'adresse cependant pas à tout le monde. Contrairement à "Roswell : Rencontre du Premier Mythe"
de Gilles Fernandez qui pourrait potentiellement intéresser tout un chacun, "Les Ovnis Font Leur Show" est clairement destiné à un public averti. Au niveau des points faibles, je dirais que l'ensemble est malheureusement quelque peu confus, et que j'étais parfois perdu lors de la transition entre chaque étude de cas. J'aurais aussi apprécié une discussion plus approfondie, voir même une revue de la littérature, sur la notion de mimétisme. D'où est-ce qu'elle vient? Où trouve-t-elle son origine? Qui en sont les principaux promoteurs, mis-à-part Joël Mesnard? Enfin, en ce qui concerne le "Sac à dos" (p. 9-12) (qui semble s'inspirer du kit de détection de la foutaise de Carl Sagan), qui devrait se retrouver dans tous les volumes des "Dossiers de SCEPTIC OVNI", je pense qu'il serait intéressant de le développer, de l'écrire de manière plus rigoureuse et d'y ajouter une bibliographie indicative d'ouvrages à conseiller aux sceptiques francophones débutants (comme par exemple l'excellent "Petit cours d'autodéfense intellectuelle" de Normand Baillargeon).
Au final, ce livre ne s'adresse pas à tout le monde, ni même à tous les sceptiques, mais véritablement aux personnes qui s'intéressent de très prêt au phénomène ovni. D'où ma note de 2/5. Cela n'en fait pas pour autant un livre inutile: je pense au contraire qu'il est important de documenter autant se faire que peux les différentes sources de méprises qui génèrent le phénomène ovni. "Les Ovnis Font Leur Show" remplit très bien ce rôle en ce qui concerne les méprises avec la patrouille de France. Son objectif (limité) est donc atteint.
Note: 2/5.
Relativement en retard dans ma pile de livres à lire, j'ai enfin terminé "Les Ovnis Font Leur Show"
Pour le dire en très peu de mots, il s'agit d'un catalogue de cas français récents qui s'expliquent par des méprises avec la patrouille de France (ou la PAF pour les intimes). L'ouvrage contient aussi un cas de méprise avec des oiseaux ("Un cas exceptionnel à La Seyne/Mer", p. 49-55).
On ne le dira jamais assez, mais là où les tenants des hypothèses extraordinaires (extraterrestres, paranormales, etc.) publient des ouvrages consacrés à compiler des cas inexpliqués (ou bien trop souvent soi-disant inexpliqués lorsque les auteurs ignorent purement et simplement les explications proposées par d'autres), les sceptiques préfèrent eux diffuser des informations sur ceux pour lesquels ils ont réussi à trouver une explication prosaïque. On trouve là - d'un point de vue purement sociologique - une différence fondamentale dans l'approche développée par les deux groupes. D'un côté l'accent est mis sur le très faible pourcentage de cas résiduels, de l'autre sur la toute grande majorité des cas qui s'expliquent.
Dans sa conclusion, Patrice Seray écrit:
Ce petit dossier démontre que des méprises avec la PAF sont finalement presque banales. Rien d'illogique dans cette récurrence, et nous pouvons même parier que des méprises auront lieu les prochaines années. De par sa diffusion restreinte, il n'aura pratiquement aucun effet sur ces futures méprises. Son but est beaucoup plus simple, illustrer que ce type d'erreur existe, et qu'il est facile de le démontrer pour peu que nous recherchions dans la bonne direction."Les Ovnis Font Leur Show"
Le point fort de l'ouvrage est qu'il est richement illustré, et souvent en couleur. Cette plaquette ne s'adresse cependant pas à tout le monde. Contrairement à "Roswell : Rencontre du Premier Mythe"
Au final, ce livre ne s'adresse pas à tout le monde, ni même à tous les sceptiques, mais véritablement aux personnes qui s'intéressent de très prêt au phénomène ovni. D'où ma note de 2/5. Cela n'en fait pas pour autant un livre inutile: je pense au contraire qu'il est important de documenter autant se faire que peux les différentes sources de méprises qui génèrent le phénomène ovni. "Les Ovnis Font Leur Show" remplit très bien ce rôle en ce qui concerne les méprises avec la patrouille de France. Son objectif (limité) est donc atteint.
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vendredi 15 juillet 2011
Épisode #113: L’église raëlienne
L'Épisode #113: L’église raëlienne du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview d'Eric Remacle, un membre de l'église raëlienne.
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mardi 12 juillet 2011
De l'art de copier-coller les communiqués de presse
On sait que l'été est propice aux ovnis dans la presse. Après tout, l'actualité est plus calme, tout le monde est à la plage, alors parlons soucoupes volantes et petits hommes verts. Même le numéro de juillet (2011) de "Ciel & Espace" propose un article de quelques pages sur les ovnis, plutôt bien foutu d'ailleurs, mais ce n'est pas le sujet de ce billet.
Donc ce matin je me réveille et je découvre dans les médias virtuels belges qu'un ovni a été observé non loin de chez moi, à Wavre (Brabant Wallon, Belgique). Un communiqué de presse a été envoyé à l'agence Belga, qui a été relayé sur les blogs de diverses publications: LeVif, LeSoir, Sudpresse et RTL-Info. A chaque fois, le journaliste s'est contenté (dur, dur le métier de journaliste!) d'un copier-coller du communiqué de presse - dont je suppute qu'il émane de la S(C)OBEPS.
Cependant, bizarrement, il y a une ligne qui diffère. Sur "LeVif", "Lesoir" et Sudpresse, le lecteur peut lire:
Il y a quelques mois, déjà, Patrick Ferryn (l'actuel président de la S(C)OBEPS) avait diffusé un communiqué de presse dans lequel il expliquait que le nombre d'observations d'objets volants non identifiés est à nouveau en augmentation en Belgique depuis quatre ans, qu'il avait démenti par la suite sur le web (voir ici par exemple) expliquant qu'il avait bien expliqué à un journaliste lui ayant téléphoné que cette augmentation d'observations d'ovnis provenait de l'augmentation de la popularité des lanternes thailandaises.
"Trust no one.", comme dirait Fox Mulder. Particulièrement les journalistes.
Au sinon, j'avoue que je suis toujours épaté par la crédibilité dont jouit la S(C)OBEPS auprès des autorités belges. Par comparaison, si quelqu'un rapportait voir un fantôme, est-ce que la police prendrait la peine de contacter un groupe de "Ghost Hunters" local? Et si quelqu'un rapportait avoir vu un cryptide, un groupe de cryptozoologues local? J'en doute.
La S(C)OBEPS n'étant qu'un groupe d'ufologues comme il y en a tant d'autres de part le monde, et n'étant en rien un organisme officiel comme le GEIPAN du CNES, je me demande bien pourquoi les policiers ont agi de la sorte. Ont-il reçu des consignes allant dans ce sens? Est-ce une démarche spontanée de la police locale de Wavre? Pourquoi alors ne pas contacter plutôt le "Club Astro d'Ottignies-Louvain-la-Neuve" (Ottignies étant une ville voisine), voir même quelqu'un de l'Université Catholique de Louvain (située à Louvain-la-Neuvre, là encore juste à côté).
La vague belge de 1989-1992 s'est développée et a été entretenue à cause du fait que la S(C)OBEPS avait l'oreille des officiels et des médias. Si on veut éviter de retomber dans la situation d'il y a 20 ans, il serait plus que temps que les journalistes développent (enfin!) une attitude critique vis-à-vis de cette organisation ufologique, et que les policiers évitent de la légitimer en l'informant de la sorte comme si celle-ci était la référence en matière d'ovnis en Belgique.
Donc ce matin je me réveille et je découvre dans les médias virtuels belges qu'un ovni a été observé non loin de chez moi, à Wavre (Brabant Wallon, Belgique). Un communiqué de presse a été envoyé à l'agence Belga, qui a été relayé sur les blogs de diverses publications: LeVif, LeSoir, Sudpresse et RTL-Info. A chaque fois, le journaliste s'est contenté (dur, dur le métier de journaliste!) d'un copier-coller du communiqué de presse - dont je suppute qu'il émane de la S(C)OBEPS.
Cependant, bizarrement, il y a une ligne qui diffère. Sur "LeVif", "Lesoir" et Sudpresse, le lecteur peut lire:
Les policiers n'ont pas retrouvé de traces d'extraterrestres. Ils ont néanmoins avisé le Comité belge pour l'étude des phénomènes spatiaux (COBEPS).Par contre, sur le site d'RTL-Info, la phrase est étrangement plus longue:
Les policiers n'ont pas retrouvé de traces d'extraterrestres. Ils ont néanmoins avisé le Comité belge pour l'étude des phénomènes spatiaux (COBEPS) qui estime qu'il y a 99% de chance qu'il s'agisse des feux d'un avion de ligne.Hum... De deux choses l'une: soit le journaliste d'RTL-Info a fait la démarche de téléphoner à la COBEPS pour leur demander un avis, et a ajouté le "qui estime qu'il y a 99% de chance qu'il s'agisse des feux d'un avion de ligne" (dans ce cas de figure: bon travail monsieur le journaliste d'RTL-Info!) ou alors (et j'avoue que je penche plutôt vers cette deuxième option), les journalistes de LeVif, LeSoir et Sudpresse ont décidé d'effacer ce petit bout de phrase. On se retrouve avec un bel exemple de "mystery-mongering": histoire de rendre son article plus intéressant, on omet une information importante mais qui tend vers du prosaïque.
Il y a quelques mois, déjà, Patrick Ferryn (l'actuel président de la S(C)OBEPS) avait diffusé un communiqué de presse dans lequel il expliquait que le nombre d'observations d'objets volants non identifiés est à nouveau en augmentation en Belgique depuis quatre ans, qu'il avait démenti par la suite sur le web (voir ici par exemple) expliquant qu'il avait bien expliqué à un journaliste lui ayant téléphoné que cette augmentation d'observations d'ovnis provenait de l'augmentation de la popularité des lanternes thailandaises.
"Trust no one.", comme dirait Fox Mulder. Particulièrement les journalistes.
Au sinon, j'avoue que je suis toujours épaté par la crédibilité dont jouit la S(C)OBEPS auprès des autorités belges. Par comparaison, si quelqu'un rapportait voir un fantôme, est-ce que la police prendrait la peine de contacter un groupe de "Ghost Hunters" local? Et si quelqu'un rapportait avoir vu un cryptide, un groupe de cryptozoologues local? J'en doute.
La S(C)OBEPS n'étant qu'un groupe d'ufologues comme il y en a tant d'autres de part le monde, et n'étant en rien un organisme officiel comme le GEIPAN du CNES, je me demande bien pourquoi les policiers ont agi de la sorte. Ont-il reçu des consignes allant dans ce sens? Est-ce une démarche spontanée de la police locale de Wavre? Pourquoi alors ne pas contacter plutôt le "Club Astro d'Ottignies-Louvain-la-Neuve" (Ottignies étant une ville voisine), voir même quelqu'un de l'Université Catholique de Louvain (située à Louvain-la-Neuvre, là encore juste à côté).
La vague belge de 1989-1992 s'est développée et a été entretenue à cause du fait que la S(C)OBEPS avait l'oreille des officiels et des médias. Si on veut éviter de retomber dans la situation d'il y a 20 ans, il serait plus que temps que les journalistes développent (enfin!) une attitude critique vis-à-vis de cette organisation ufologique, et que les policiers évitent de la légitimer en l'informant de la sorte comme si celle-ci était la référence en matière d'ovnis en Belgique.
dimanche 10 juillet 2011
Une autre réponse à l'auguste professeur
Pour ceux que cela intéressent après l'Épisode #112 du balado, mon article "In defense of the psychosociological hypothesis – Another reply to Auguste Meessen" est maintenant disponible dans SUNlite, vol. 3, n°4, p. 9-12. Vous y trouverez aussi la traduction en anglais du billet de Nicolas Gauvrit "Un cas d'intimidation mathématique en ufologie", à la page 12 sous le titre "An example of mathematical intimidation in UFOlogy".
vendredi 8 juillet 2011
Épisode #112: Exemple d’intimidation mathématique en ufologie (Vague belge)
L'Épisode #112: Exemple d’intimidation mathématique en ufologie (Vague belge) du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit y discutent d’un cas d’intimidation mathématique en ufologie (voir aussi le billet "Un cas d’intimidation mathématique en ufologie" sur le blog "Psychologie, mathématiques et choses connexes")
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mercredi 6 juillet 2011
Féminisme et être ou ne pas être un "fan boy"
Deux sujets agitent le blogosphère sceptique depuis quelques temps: la question de la politesse (débat parfois surnommé de manière plus amusante: "Ne soyez pas un connard!") et l'implication des femmes dans le mouvement. En ce qui concerne la seconde question, elle est surtout mobilisée via le site web Skepchick, fondé par Rebecca Watson, lieu de ralliement de la gente féminine.
Une controverse fait rage cette semaine suite à une anecdote racontée par la même Rebecca Watson dans une vidéo Youtube (visible ici, l'anecdote en question se situe vers la fin). Pour faire court, lors d'une convention, très tard le soir, un homme dans un ascenseur lui aurait proposé d'aller boire un café dans sa chambre. Cette attitude cavalière a mis la Skepchick fort mal à l'aise et dans la vidéo en question elle suggère tout simplement aux garçons de s'abstenir de ce genre de comportements. Les choses n'auraient pas été plus loin si Richard Dawkins n'avait pas réagit en minimisant la chose. S'en est suivi un flopée de réactions critiquant le biologiste britannique. PZ Myers, Phil Plait et d'autres ont réagit très rapidement.
Je ne vais pas véritablement rentrer ici dans le débat. Vous trouverez une liste de liens ci-dessous, en anglais, pour ceux que veulent aller plus loin dans la réflexion. En tout honnêteté, je ne suis pas un fan du féminisme. Je pense pour ma part qu'il faut défendre l'égalité des sexes et non pas le féminisme - qui bien trop souvent avance la cause des femmes au détriment des hommes. Néanmoins, les diverses interventions féministes de la Skepchick (sur son blog ou dans le balado "The Skeptics' Guide to the Universe") m'ont toujours semblé raisonnable. Ici encore, mon opinion est que Rebecca Watson a raison et Richard Dawkins a eu tort de réagir comme il l'a fait.
Ce qui m'amène à écrire sur ce sujet est un autre billet, écrit lui le 10 juin dernier par un tenant de l'existence d'authentiques phénomènes paranormaux, Michael Prescott, et intitulé "Too uncool for school". Dans celui-ci, il argumente que si les sceptiques ne se rendent pas compte que les critiques de la parapsychologie ne sont pas valides, c'est parce qu'ils sont des "fan boys". Il écrit spécifiquement:
Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que Michael Prescott prend ensuite l'exemple du réchauffement climatique. Il écrit:
Le seul problème est qu'en réalité plusieurs stars du mouvement sceptique ont tenu au cours des années des propos climato-sceptiques: Michael Shermer (même s'il en est aujourd'hui revenu, voir son article "Confessions of a Former Environmental Skeptic"), Penn & Teller (voir l'émission TV "Bullshit!", season 1, épisode 13, "Environmental Hysteria") et plus récemment James Randi (voir mon billet "James Randi sur le réchauffement planétaire"). En France, sur le site de l'AFIS Jean Günther critique entre autres "Skeptical Inquirer" (la publication du Committee for Skeptical Inquiry) pour ne pas être suffisamment climato-sceptique à son goût (par exemple ici). Or Michael Shermer, Penn & Teller et James Randi ont été vivement critiqués par d'autres membres du mouvement sceptique. Par exemple, Massimo Pigliucci a consacré un chapitre de l'ouvrage "Nonsense on Stilts" à ce sujet. PZ Myers a de son côté le jour même vivement réagi au texte publié par James Randi sur SWIFT.
Je trouve particulièrement ironique que l'exemple donné par Michael Prescott pour illustrer le fait que les sceptiques seraient prétendument des "fan boys" soient tout simplement incorrect d'un point de vue factuel.
Et maintenant, à peine quelques semaines après la publication du billet "Too uncool for school", nous avons un autre parfait exemple. Richard Dawkins est quelqu'un de très respecté dans le mouvement sceptique, pour son athéisme et pour sa défense de la théorie de l'évolution contre les attaques créationnistes. Pourtant, à peine son commentaire à propos de l'anecdote de Rebecca Watson publié, une tempête de critiques s'est élevée dans la blogosphère. Où sont donc les soi-disant "fan boys" incapables de penser par eux-mêmes de Michael Prescott? Je me le demande vraiment...
Liens complémentaires:
- "Oh, no, not again…once more unto the breach" (PZ Myers);
- "Richard Dawkins and male privilege" (Phil Plait);
- "THE PRIVILEGE DELUSION" (Rebecca Watson).
Une controverse fait rage cette semaine suite à une anecdote racontée par la même Rebecca Watson dans une vidéo Youtube (visible ici, l'anecdote en question se situe vers la fin). Pour faire court, lors d'une convention, très tard le soir, un homme dans un ascenseur lui aurait proposé d'aller boire un café dans sa chambre. Cette attitude cavalière a mis la Skepchick fort mal à l'aise et dans la vidéo en question elle suggère tout simplement aux garçons de s'abstenir de ce genre de comportements. Les choses n'auraient pas été plus loin si Richard Dawkins n'avait pas réagit en minimisant la chose. S'en est suivi un flopée de réactions critiquant le biologiste britannique. PZ Myers, Phil Plait et d'autres ont réagit très rapidement.
Je ne vais pas véritablement rentrer ici dans le débat. Vous trouverez une liste de liens ci-dessous, en anglais, pour ceux que veulent aller plus loin dans la réflexion. En tout honnêteté, je ne suis pas un fan du féminisme. Je pense pour ma part qu'il faut défendre l'égalité des sexes et non pas le féminisme - qui bien trop souvent avance la cause des femmes au détriment des hommes. Néanmoins, les diverses interventions féministes de la Skepchick (sur son blog ou dans le balado "The Skeptics' Guide to the Universe") m'ont toujours semblé raisonnable. Ici encore, mon opinion est que Rebecca Watson a raison et Richard Dawkins a eu tort de réagir comme il l'a fait.
Ce qui m'amène à écrire sur ce sujet est un autre billet, écrit lui le 10 juin dernier par un tenant de l'existence d'authentiques phénomènes paranormaux, Michael Prescott, et intitulé "Too uncool for school". Dans celui-ci, il argumente que si les sceptiques ne se rendent pas compte que les critiques de la parapsychologie ne sont pas valides, c'est parce qu'ils sont des "fan boys". Il écrit spécifiquement:
In other words, I think in many cases skepticism appeals to people who are reluctant to think for themselves, and who ground their self-image in the borrowed authority of relatively high-status figures like Gardner, Carl Sagan, and James Randi. By simply latching on to the stated opinions of these people and parroting them, the skeptic can cultivate the illusion that he is one of them, or at least is in their orbit.Pour lui, les sceptiques sont avant-tout et surtout des fans de Martin Gardner, James Randi, Richard Wiseman, Susan Blackmore, Steven Novella, etc. Ils n'auraient à travers eux qu'une vision biaisée de ce qu'est réellement la parapsychologie. Or, s'ils réfléchissaient par eux-mêmes, ils se rendraient compte que les argument de ces stars du scepticisme ne tiennent pas la route.
Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que Michael Prescott prend ensuite l'exemple du réchauffement climatique. Il écrit:
For a long time I wondered why so many skeptics would uncritically accept dubious theories like anthropogenic global warming. Eventually I came to realize that they accept these theories, even when the evidence is equivocal at best, because the theories are promulgated by experts -- and that the real motivation behind much of skepticism is to be accepted as one of the "in" crowd.Idem, d'après lui les sceptiques ne critiquent pas la science du réchauffement climatique (voir à ce sujet mon billet sur le blog "Pris(m)e de tête": "Les sceptiques ne sont pas des climato-sceptiques") parce que ce sont des "fan boys", cette fois du consensus scientifique.
Le seul problème est qu'en réalité plusieurs stars du mouvement sceptique ont tenu au cours des années des propos climato-sceptiques: Michael Shermer (même s'il en est aujourd'hui revenu, voir son article "Confessions of a Former Environmental Skeptic"), Penn & Teller (voir l'émission TV "Bullshit!", season 1, épisode 13, "Environmental Hysteria") et plus récemment James Randi (voir mon billet "James Randi sur le réchauffement planétaire"). En France, sur le site de l'AFIS Jean Günther critique entre autres "Skeptical Inquirer" (la publication du Committee for Skeptical Inquiry) pour ne pas être suffisamment climato-sceptique à son goût (par exemple ici). Or Michael Shermer, Penn & Teller et James Randi ont été vivement critiqués par d'autres membres du mouvement sceptique. Par exemple, Massimo Pigliucci a consacré un chapitre de l'ouvrage "Nonsense on Stilts" à ce sujet. PZ Myers a de son côté le jour même vivement réagi au texte publié par James Randi sur SWIFT.
Je trouve particulièrement ironique que l'exemple donné par Michael Prescott pour illustrer le fait que les sceptiques seraient prétendument des "fan boys" soient tout simplement incorrect d'un point de vue factuel.
Et maintenant, à peine quelques semaines après la publication du billet "Too uncool for school", nous avons un autre parfait exemple. Richard Dawkins est quelqu'un de très respecté dans le mouvement sceptique, pour son athéisme et pour sa défense de la théorie de l'évolution contre les attaques créationnistes. Pourtant, à peine son commentaire à propos de l'anecdote de Rebecca Watson publié, une tempête de critiques s'est élevée dans la blogosphère. Où sont donc les soi-disant "fan boys" incapables de penser par eux-mêmes de Michael Prescott? Je me le demande vraiment...
Liens complémentaires:
- "Oh, no, not again…once more unto the breach" (PZ Myers);
- "Richard Dawkins and male privilege" (Phil Plait);
- "THE PRIVILEGE DELUSION" (Rebecca Watson).
mardi 5 juillet 2011
Notes de lectures - 53: "La rigueur du qualitatif"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 4/5.
"La rigueur du qualitatif : Les contraintes empiriques de l'interprétation socio-anthropologique"
est un ouvrage de Jean-Pierre Olivier de Sardan consacré à l'anthropologie. Si j'ai lu au cours des années un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) de livres relevant de ce domaine, je dois avouer qu'avant de parcourir "La rigueur du qualitatif" je n'avais pas une vision claire de la méthodologie de l'enquête de terrain, parfois aussi nommée observation participante. Dans ce volumineux essai (365 pages), l'auteur fait véritablement - il me semble en tout cas - le tour de la question, et ce de manière fort pédagogique.
Il discute entre autres dans la chapitre 2 de la production des données, dans le chapitre 3 de la distinction entre emic et etic, dans le chapitre 4 du "Je" méthodologique, etc.
La revue de la littérature réalisée par Jean-Pierre Olivier de Sardan est impressionnante. Je dirais que c'est la principale difficulté de ce livre pour une personne qui, comme moi, n'a pas spécifiquement une formation d'anthropologue: certaines des discussions de tel ou tel auteur, de tel ou tel ouvrage ou de telle ou telle controverse se révélait parfois quelque peu difficile par manque de culture anthropologique. Par contre, lorsque je connaissais la littérature à laquelle il faisait référence, j'ai trouvé ses analyses passionnantes. Il discute par exemple de manière fort intéressante (pages 182-185) de l'engagement ambiguë de Jeanne Favret-Saada dans le cadre de son étude des pratiques de sorcellerie dans le bocage normand (voir à ce sujet l'ouvrage "Les mots, la mort, les sorts"
).
Cet ouvrage s'adresse à celles et ceux qui veulent comprendre les tenants et aboutissants de la méthodologie de l'étude de terrain utilisée par les anthropologues. Dans ce contexte-là, je dirais même que "La rigueur du qualitatif" est probablement une référence indispensable. Il aide particulièrement à comprendre comment l'anthropologie "fait science".
Note: 4/5.
"La rigueur du qualitatif : Les contraintes empiriques de l'interprétation socio-anthropologique"
Il discute entre autres dans la chapitre 2 de la production des données, dans le chapitre 3 de la distinction entre emic et etic, dans le chapitre 4 du "Je" méthodologique, etc.
La revue de la littérature réalisée par Jean-Pierre Olivier de Sardan est impressionnante. Je dirais que c'est la principale difficulté de ce livre pour une personne qui, comme moi, n'a pas spécifiquement une formation d'anthropologue: certaines des discussions de tel ou tel auteur, de tel ou tel ouvrage ou de telle ou telle controverse se révélait parfois quelque peu difficile par manque de culture anthropologique. Par contre, lorsque je connaissais la littérature à laquelle il faisait référence, j'ai trouvé ses analyses passionnantes. Il discute par exemple de manière fort intéressante (pages 182-185) de l'engagement ambiguë de Jeanne Favret-Saada dans le cadre de son étude des pratiques de sorcellerie dans le bocage normand (voir à ce sujet l'ouvrage "Les mots, la mort, les sorts"
Cet ouvrage s'adresse à celles et ceux qui veulent comprendre les tenants et aboutissants de la méthodologie de l'étude de terrain utilisée par les anthropologues. Dans ce contexte-là, je dirais même que "La rigueur du qualitatif" est probablement une référence indispensable. Il aide particulièrement à comprendre comment l'anthropologie "fait science".
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dimanche 3 juillet 2011
"Today in Skeptic History" (Application)
La James Randi Educational Foundation a réalisé une application (gratuite, mais en anglais) pour téléphones intelligents (ou smartphones si vous êtes anglophile) intitulée "Today in Skeptic History". Grâce à celle-ci, vous recevrez chaque jour un (ou plusieurs) évènement(s) qui se sont déroulés à la même date et qui ont un intérêt pour les sceptiques. Il peut s'agir soit d'anniversaires liés au mouvement sceptique, soit à l'histoire du paranormal ou des pseudo-sciences.
Cette application est simple et efficace: elle vous propose chaque jour une mini-dose de scepticisme scientifique, en augmentant vos connaissances historiques sur de nombreux sujets. Elle repose sur une base de données compilées par Tim Farley (connu pour être le créateur du site web "What's the Harm?"). Elle constitue un excellent complément à l'application "Skeptic's Dictionary", qui elle fournit des informations beaucoup plus détaillées.
Cette application est simple et efficace: elle vous propose chaque jour une mini-dose de scepticisme scientifique, en augmentant vos connaissances historiques sur de nombreux sujets. Elle repose sur une base de données compilées par Tim Farley (connu pour être le créateur du site web "What's the Harm?"). Elle constitue un excellent complément à l'application "Skeptic's Dictionary", qui elle fournit des informations beaucoup plus détaillées.
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vendredi 1 juillet 2011
Épisode #111: Réseau Parental Europe
L'Épisode #111: Réseau Parental Europe du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Michel Gilbert.
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