mardi 28 juin 2011

"Tales of the Lovecraft Mythos"

"Tales of the Lovecraft Mythos" est une anthologie de nouvelles éditée par Robert M. Price. Il s'agit de récits écrits par des contemporains d'Howard Phillips Lovecraft - des auteurs de la période des Pulps - qui, inspirés par lui, incluent des éléments du Mythe voir tentent d'imiter son style d'histoires. Par rétroaction, certaines créations de ces auteurs (des noms d'ouvrages, d'entités, etc.) ont été incorporées dans son oeuvre par l'écrivain de Providence. Robert M. Price voit dans cet ensemble de textes une première ébauche de la transformation du mythe de Lovecraft en mythe de Cthulhu.

Il y a évidemment des histoires que je préfère parmi la vingtaine de récits proposés. Etant un fan depuis bien longtemps de Conan le Barbare, j'ai particulièrement aimé "The Thing on the Roof" et "The Fire of Asshurbanipal" de Robert E. Howard. "The House of the Worm" de Mearle Prout et "Spawn of the Green Abyss" de C. Hall Thompson m'ont laissé d'excellents souvenirs. On retrouve aussi dans ce volume "Ithaqua" d'August Derleth, la nouvelle qui introduisit dans le mythe le Wind-Walker ou Wendigo.

Enfin, mention spéciale pour "To Arkham and the Stars" de Fritz Leiber qui imagine que l'Université d'Arkham aurait dans les années 1960 une section entièrement dédiée à l'étude du Mythe, dont les membres seraient les survivants des diverses histoires de Lovecraft. On y retrouve Albert Wilmarth (le narrateur de "Celui qui chuchotait dans les ténèbres") comme doyen, William Dyer ("Les montagnes hallucinées") y étudie toujours les Choses Très Anciennes, etc.

De manière quelque peu surprenante, dans l'introduction de cette anthropologie Robert M. Price prend la défense de l'interprétation du mythe proposée par August Derleth - qui a pourtant été fort critiquée par divers érudits (Dirk W. Mosig, S. T. Joshi, etc.). Il proposa en effet qu'il y aurait deux groupes d'entités cosmiques qui s'affrontent, l'un bon et l'autre mauvais (dans une optique qui fleure bon la religion chrétienne), et que certaines seraient de nature élémentaire. Dans ce contexte Cthulhu devient alors l'élémental aquatique.

Au final, j'ai beaucoup aimé ce volume même si évidemment certaines nouvelles sont plus passionnantes que d'autres. Je le conseille particulièrement à celles et ceux qui sont intéressés par la genèse du Mythe.

dimanche 26 juin 2011

Épisode #110: Crossover avec le GRPA

L'Épisode #110: Crossover avec le GRPA du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Le “Groupe de Recherche sur le Paranormal Alsacien” (GRPA) interviewe Jean-Michel Abrassart pour le premier épisode de leur webradio.

vendredi 24 juin 2011

Épisode #109: Le “précautionnisme”

L'Épisode #109: Le “précautionnisme” du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une conférence du sociologue Gérald Bronner, donnée à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de l’AFIS le 28 mai 2011.

lundi 20 juin 2011

Une pluie d'OVNI

Nous sommes gâtés en ce début de vacances estivales puisqu'un nouvel opus des "dossiers de SCEPTIC OVNI" (série réalisée par les membres du forum du même nom) vient de sortir chez Books on Demand. Cet ouvrage est cette fois-ci de l'astronome amateur Thibaut Alexandre et s'intitule "Des OVNI comme s'il en pleuvait!". De quoi lire sur la plage sans bronzer idiot! Voici le texte de la quatrième de couverture:
Si une myriade d'ovnis semble s'être abattue sur ces trois départements du Nord-Est de la France, il n'en a pas été de même pour le reste du pays. Pourquoi ? Cette région serait-elle plus propice à l'observation de phénomènes mystérieux, voire inexpliqués ? Thibaut Alexandre, un passionné d'astronomie, et plusieurs membres du forum Sceptic-Ovni ont tenté de comprendre ces témoignages insolites ainsi que quelques observations ardennaises antérieures. Loin du sensationnalisme journalistique, ce dossier tente d'apporter des réponses, vérifiées et vérifiables, aux questions que se sont certainement posées les témoins ou les lecteurs du journal L'Union. En refermant ce livre, vous aurez probablement un autre regard sur le ciel et sur les arcanes de l'information liée aux phénomènes ovnis.

samedi 18 juin 2011

Quatre types d'explications pour les enlèvements allégués par les extraterrestres

Dans un article datant de 2001, "Four Types of Explanations of CE IV UFO Reports" (publié dans la revue allemande de parapsychologie Zeitschrift für Anomalistik), Gerald L. Eberlein discute de quatre types d'explications invoquées dans la littérature pour expliquer le phénomène des enlèvements allégués par les extraterrestres: l'hypothèse naïve-réaliste (ou hypothèse extraterrestre), l'hypothèse psychoréductionniste (ou hypothèse sociopsychologique), l'hypothèse constructiviste psychosociale et enfin l'hypothèse d'une "conscience universelle".

Gerald L. Eberlein est extrêmement critique de ce qu'il surnomme l'hypothèse naïve-réaliste (soulignons que même la terminologie qu'il emploie, "naïve", révèle sa position sur le sujet). Il propose dans cet article quelques contre-arguments à son encontre et discute de certains cas (particulièrement de l'affaire Betty et Barney Hill), soulignant les problèmes qui se posent lorsqu'on aborde ces récits de manière littérale.

L'hypothèse constructiviste psychosociale (différente de l'hypothèse psychoréductionniste) prend ses racines dans la psychanalyse de Carl Gustav Jung et particulièrement son ouvrage "Un mythe moderne. Des "Signes du ciel"". Elle utilise les concepts jungiens d'archétypes, de synchronicité, etc. Je pense que Gerald L. Eberlein présente cette approche de manière trop peu critique. Je ne vais pas revenir ici sur les problèmes de fond posés par la psychanalyse (voir par exemple le billet de David Rossoni: "Freud : plus étroitement apparenté à L. Ron Hubbard qu’à Darwin"). La psychologie soi-disant "des profondeurs" jungienne cumule à le fois les problèmes de la psychanalyse en général avec d'autres plus spécifiques, liés à l'intérêt de son créateur pour la parapsychologie de son temps - principalement les travaux de Joseph Banks Rhine. Même dans le champ de la parapsychologie, le concept de synchronicité semble à l'heure actuelle problématique, puisqu'il fait référence à une relation a-causale entre deux évènements, alors que la plupart des parapsychologues contemporains définissent les perceptions extrasensorielles comme un transfert anormal d'informations. Or, la notion de "transfert anormal d'informations" est par définition incompatible avec une relation a-causale. Je pense qu'il y a donc amplement de quoi être très critique de l'hypothèse constructiviste psychosociale et de ce qu'elle peut prétendument apporter à notre compréhension des enlèvements allégués par les extraterrestres.

Enfin, l'hypothèse d'une "conscience universelle" est de nature métaphysique. Elle se base sur les écrits des mystiques et invoque une sorte de monde des idées platonicien. Gerald L. Eberlein n'en dit pas grand chose si ce n'est qu'elle n'est pas testable, et donc de nature non-scientifique.

Si on élimine l'hypothèse naïve-réaliste comme n'étant pas capable de rendre compte des données à notre disposition, l'hypothèse d'une "conscience universelle" comme n'étant pas testable et donc tout simplement non-scientifique, il ne reste en liste que l'hypothèse psychoréductionniste et l'hypothèse constructiviste psychosociale. A la suite d'ouvrages tel que "Les illusions de la psychanalyse" ou encore "Le livre noir de la psychanalyse", je suis extrêmement critique de la psychanalyse et je peux donc aussi rayer de ma liste l'hypothèse constructiviste psychosociale. Il reste donc l'hypothèse psychoréductionniste.

Référence:

Eberlein, G. L. (2001). Four Types of Explanations of CE IV UFO Reports. Zeitschrift für Anomalistik, 1, 39-49. 

vendredi 17 juin 2011

Épisode #108: Chasseurs de fantômes

L'Épisode #108: Chasseurs de fantômes du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Gregory Lesieur.

jeudi 16 juin 2011

Dossier "table tournante" dans Québec Science

Le numéro de juin-juillet 2011 de "Québec Science" magazine contient un dossier consacré aux tables tournantes, suite au succès de l'émission "Enquêtes Paranormales" sur la chaîne TVA. Celui-ci a été rédigé par Dany Plouffe (physicien), Pierre Hamon (mentaliste), Joël Blanc (journaliste scientifique) et votre serviteur. Pour rappel, j'ai interviewé en janvier 2011 Dany Plouffe pour l'Épisode #87 du balado "Scepticisme scientifique", intitulé "Enquête sur «Rencontres paranormales»".  L'ensemble donne quelques notions zététiques pour aborder de manière plus critique certaines émissions TV consacrées au paranormal, malheureusement de plus en plus populaires suite au succès de "Ghost Hunters" au USA.

lundi 13 juin 2011

Notes de lectures - 52: "Mémoire sur la découverte du magnétisme animal"

(Mais que lisent donc les sceptiques?)


Note: 1/5.

"Mémoire sur la découverte du magnétisme animal" est une plaquette publiée par Franz Anton Mesmer en 1779. Son intérêt est principalement historique. L'ouvrage est plus autobiographique que scientifique: son auteur y raconte à la fois certaines de ses thérapies (qui ont bien entendu d'après lui toutes obtenues des résultats extraordinaires) et la controverse avec les scientifiques de l'époque (qui étaient bien entendu tous des adversaires de la vérité).

Il faut nécessairement se remettre dans le contexte de l'époque. Mesmer ne réalise pas d'études randomisées en double aveugle pour tester l'efficacité de son traitement puisque cette méthodologie n'a tout simplement pas encore été inventée. Il fait aussi référence à l'astrologie, ce qui était certainement beaucoup plus acceptable scientifiquement en son temps qu'aujourd'hui. Néanmoins, il y a des éléments du discours qui font naître chez le lecteur sceptique des impressions familières, tant elles sont typiques des tenants actuels des médecines prétendument alternatives.

Tout d'abord Mesmer ne rapporte que des succès et aucun échec à son traitement. Non seulement cela, mais en plus il prétend que le magnétisme animal peut guérir absolument tout. Il écrit (p. 51, proposition 23):
On reconnaîtra par les faits, d'après les règles pratiques que j'établirai, que ce principe peut guérir immédiatement les maladies des nerfs, et médiatement les autres.
Nous avons donc un scientifique qui affirme non seulement avoir découvert un traitement révolutionnaire, auquel nul autre n'a jamais pensé, et qui peut guérir absolument tout. Il prétend de plus n'avoir absolument aucun doute quant à la véracité de sa théorie. Enfin, l'ensemble de la plaquette dénote un sentiment de conspiration: les contradicteurs sont de mauvaises fois, aucune de leurs critiques n'est fondée, etc. Mesmer se perçoit comme un génie incompris qui a fait une découverte révolutionnaire que la science de son temps n'arrive pas à accepter à cause de sa vision bornée des choses. Aujourd'hui, les sceptiques utilisent l'expression de "syndrome de Galilée" pour désigner ce genre de scientifiques.

J'ai aimé me plonger brièvement dans la controverse de l'époque. Néanmoins, j'ai été quelque peu troublé par la postface de l'ouvrage, qui n'est malheureusement (et bizarrement) pas signée. On peut déjà lire en troisième de couverture:
La médecine officielle a longtemps considéré le Mémoire comme les élucubrations d'un charlatan. On pourra maintenant mesurer qu'il constitue une étape importante dans l'histoire de la science.   
L'utilisation du vocable "médecine officielle" (par opposition à quoi? La médecine non officielle?) est très parlant. Il est incontestable que Mesmer a joué un rôle dans l'histoire de la psychologie, en tant que précurseur, amenant ultérieurement à la découverte de l'hypnose. Je ne pense cependant pas que cela fasse de lui une "étape importante dans l'histoire de la science": j'utiliserais cette expression plutôt pour Newton, Darwin ou Einstein. Pas pour Franz Anton Mesmer.

L'enjeu derrière cette remarque, qui peut paraître anodine, est que certains essaient à la suite de Bertrand Méheust de présenter Mesmer non pas comme un précurseur de l'hypnothérapie, mais de la parapsychologie. Cette idée est confirmée lorsque dans la postface on peut lire (p. 69):
Méheust, dans son livre sur la voyance, considère le "magnétisme animal" comme le "pouvoir qu'auraient certains êtres humains d'émettre une énergie impalpable et de la diriger vers des malades, au moyen de passes ou du regard, à des fins thérapeutiques ou expérimentales". 
Le livre (non référencé - apparemment le lecteur est supposé pouvoir deviner duquel il s'agit) de Bertrand Méheust est "100 mots pour comprendre la voyance". Il faudra un jour que je vous en dise plus à son sujet. Brièvement, dans cet ouvrage non seulement son auteur limite le mouvement sceptique à la zététique, mais en plus il limite la zététique à l'ouvrage "Devenez sorciers, devenez savants" de Georges Charpak & Henri Broch. Dans le genre argument d'épouvantails, c'est très fort. Inutile de préciser que limiter le discours sceptique sur la voyance à un seul ouvrage récent en français frise la malhonnêteté intellectuelle. Mais passons... Nous sommes dans cette postface bien plus du côté de la voyance, de la médiumnité, de l'imposition des mains ou encore de la radiesthésie que de l'hypnose. Est-ce que l'auteur anonyme de la postface de cette ouvrage considère qu'une telle énergie, inconnue de la physique, existe réellement? Nous n'en saurons pas plus, puisqu'il se contente de citer Bertrand Méheust - visiblement considéré comme une référence solide en la matière.

"Mémoire sur la découverte du magnétisme animal" est un ouvrage intéressant d'un point de vue historique. Le lecteur devra néanmoins prendre avec pincette la postface du commentateur inconnu. Ce livre aurait mérité une introduction de la part d'un historien des sciences n'ayant pas de penchant vers la métapsychique.

 

vendredi 10 juin 2011

Épisode #107: C’est à propos de vous!

L'Épisode #107: C’est à propos de vous! du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart y discute du premier chapitre de l’ouvrage de Robert M. Price: "The Reason Driven Life: What Am I Here on Earth For?", intitulé "C’est à propos de vous!".

mercredi 8 juin 2011

Les ovnis sont-ils un bon sujet pour la recherche?

J'ai récemment eu l'occasion de lire l'article scientifique "Les OVNI: Un sujet de recherche?" de Pierre Magain et Marc Remy, publié en 1993 dans la revue "Physicalia Magazine". Il s'agit d'un article qui discute plus spécifiquement de la vague belge d'ovnis, et des affirmations faites à l'époque par la SOBEPS (aujourd'hui COBEPS) à son sujet.

Les auteurs sont résolument sceptiques. La publication est relativement courte, mais elle dit de manière concise beaucoup de choses importantes. Ils y discutent des divers types d'éléments mis en avant par la S(C)OBEPS en faveurs du caractère soi-disant inexplicable de la vague: les échos radars allégués, les documents photographiques et les témoignages. Ils soulignent que les éléments tangibles sont rares et que l'ensemble repose au final sur les témoignages. Il y a de plus de bonnes raisons de suspecter que la photo de Petit-Rechain soit une contrefaçon. Une fois que les échos radars et la photo de Petit-Rechain ont été écartés, il ne reste pas grand chose de cette vague, qui a pourtant compté des milliers de témoins! Pierre Magain et Marc Remy discutent ensuite du manque de fiabilité du témoignage humain et suggèrent enfin que certaines observations pourraient avoir été générées par des AWACS.

Ce qui m'a particulièrement frappé en lisant cet article est la difficulté qu'avaient les sceptiques par le passé à diffuser l'information: cela fait une bonne décennie que je m'intéresse de très prêt à la question de la vague belge d'ovnis, et il m'a fallut tout ce temps pour mettre la main sur une copie papier de cet article. Je pense que pour la même raison peu de gens ont malheureusement lu les publications de Marc Hallet sur le sujet, particulièrement sa plaquette de 1992 "La Vague OVNI Belge ou le triomphe de la désinformation". Il faut dire que beaucoup trop longtemps les journalistes n'ont donné la parole qu'à la S(C)OBEPS, ne faisant pas eux-mêmes le travail critique pourtant (oh combien!) nécessaire. Aujourd'hui les choses changent enfin, et l'information sceptique est de plus en plus disponible grâce à internet. Il est à l'heure actuelle possible de faire entendre les voix contrariantes - pas toujours dans les médias de masse, mais au moins dans la blogosphère et la baladosphère.

Pierre Magain et Marc Remy écrivent à propos des tenants de l'hypothèse extraterrestre pour expliquer le phénomène ovni:
De plus, notre expérience personnelle nous a montré que toute discussion ouverte avec les partisans de l'ufologie, qu'ils soient scientifiques ou non, débouche aisément sur un discours qui rappelle fortement celui de certaines sectes, par la répétition de formules toutes faites, le recours à des analogies trompeuses ou à des généralités vides de sens et dont le caractère trompeur n'en est que plus difficile à démontrer.
J'avoue que c'est aussi mon impression au sortir du colloque "VAGUE D’OVNI SUR LA BELGIQUE : 20 ANS D'ENQUETE" (14 mai 2011). La COBEPS ressasse les mêmes arguments éculés que la défunte SOBEPS (la prétendue cohérence interne des témoignages, etc.) et on dirait honnêtement que les tenants n'ont rien appris. Par exemple, durant son intervention, Michel Bougard non seulement continuait à défendre l'idée (fausse) que les témoignages humains sont globalement fiables, mais en plus qu'il était nécessaire de faire plus de recherches sur le sujet afin de le démontrer scientifiquement. Je pense qu'il a pourtant lu certains de mes écrits où j'explique en long et en large qu'il y a déjà eu de nombreuses recherches sur le sujet (voir par exemple les travaux d'Elizabeth Loftus) et que la conclusion en est limpide: le témoignage humain n'est absolument pas fiable. J'étais quelque peu sidéré qu'en 2011 quelqu'un ayant une formation scientifique et s'intéressant de prêt à la question des ovnis soit encore aussi ignorant sur cette question. Clairement, les membres de la S(C)OBEPS continuent à camper de manière dogmatique sur leur position.

Mon impression est qu'ils sont devenus des apologistes du caractère inexplicable de la vague. Les sceptiques ont cherché à expliquer la vague en faisant des hypothèses au cours des années et en regardant si elles tenaient la route. Par contre, le noyau dur de la S(C)OBEPS (Meessen, Brenig, Bougard, etc) a comme démarche, au contraire, de rechercher des arguments pour défendre le fait qu'il n'est pas possible d'expliquer celle-ci. Ils se contentent ensuite de ne rien affirmer, mais de laisser planer l'idée que l'hypothèse extraterrestre est la solution prétendument logique à "l'anomalie belge". D'un point de vue scientifique, je fais partie des gens qui pensent qu'il faut chercher à expliquer les choses, plutôt qu'à entretenir les mystères. Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la S(C)OBEPS. Il faudra aussi que quelqu'un essaye de leur faire comprendre (mais ce n'est pas gagné) qu'une observation d'ovni n'est pas d'origine extraterrestre jusqu'à preuve du contraire, mais qu'à l'inverse une observation d'ovni est d'origine prosaïque jusqu'à preuve du contraire.

La publication de Pierre Magain et Marc Remy est un bon article scientifique à propos de la vague belge d'ovnis, qu'il faut avoir lu lorsqu'on s'intéresse sérieusement au débat autour de l'explicabilité ou de l'inexplicabilité de celle-ci.


Référence:

 - Magain, P. & Remy, M. (1993). Les OVNI: Un sujet de recherche? Physicalia Magazine, n°15, p. 311-318.

mardi 7 juin 2011

SitP Bruxelles: "Le paranormal, illusion ou réalité..."

La prochaine conférence des "Sceptiques dans un pub, Bruxelles" se déroulera le samedi 30 juillet à 20h à "La fleur en papier doré" (attention: le lieu est différent de la dernière fois!). Elle sera donnée par l'illusionniste Jean Champenois qui, en tant qu'ancien médium spirite, vous dira ce qu'il pense de ces phénomènes. Il a déjà été interviewé plusieurs fois sur le balado "Scepticisme scientifique" (voir les épisodes #13 et #37). La conférence contiendra des démonstrations d'expériences étonnantes. Comme d'habitude, l'entrée sera libre.

dimanche 5 juin 2011

La peur de la solitude (pour l'Appel de Cthulhu)

"Monophobia – Cthulhu Adventures for Lone Investigators" est un supplément (téléchargeable gratuitement en .pdf sur le site d'"Unbound Publishing") pour le jeu de rôles "L'Appel de Cthulhu" écrit par Mark Chiddicks et Marcus Bone. Sa spécificité est qu'il s'agit d'aventures en solo ("for Lone Investigators" nous dit le sous-titre), c'est-à-dire pour un gardien et un seul joueur. Il contient trois scénarios: "Vengeance From Beyond", "Of Grave Concern" et "Robinson Gruesome".

J'avoue que j'étais quelque peu dubitatif par rapport à l'idée de parties pour un seul joueur, mais j'ai maintenant changé d'avis à ce sujet. La raison en est que les scénarios proposés sont des histoires qui par nature demandent à avoir un seul protagoniste. Dans "Vengeance From Beyond", le héros sombre peu à peu dans la folie. Dans "Of Grave Concern", l'esprit du personnage principal est transféré dans celui d'un cadavre. Quant à "Robinson Gruesome", comme son titre l'indique il s'agit d'une histoire de survie sur une île déserte (?) après un naufrage. Chacun de ces scénarios auraient une tonalité très différente s'il y avait tout un groupe de personnages joueurs impliqué. Jouer au jeu de rôles sur table avec un seul joueur a donc du sens, puisque cela permet de raconter des histoires qui autrement ne seraient pas possibles. De plus, il faut bien avouer qu'il est souvent plus facile d'un point de vue logistique de n'inviter qu'un seul copain, plutôt que quatre ou cinq. Les scénarios de "Monophobia" se révèlent donc d'excellents interludes entre des soirées avec plus de participants. Une chose à laquelle le meneur de jeu devra cependant faire attention est le rythme: jouer une partie en solo va plus vite puisque tous les temps de conversation entre joueurs en sont absents.

Je recommande chaudement le supplément "Monophobia", d'autant plus que celui-ci est gratuit.

vendredi 3 juin 2011

Épisode #106: Le merveilleux

L'Épisode #106: Le merveilleux du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Nicolas Gauvrit y discute de l'ouvrage de Jean-Bruno Renard: "Le merveilleux : Sociologie de l'extraordinaire".