samedi 30 avril 2011
Épisode #101: (SitP Bruxelles) "L'ufologie, un folklore moderne?"
L'Épisode #101: (SitP Bruxelles) "L'ufologie, un folklore moderne?" du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit de la conférence donnée par Jean-Michel Abrassart le vendredi 22 avril 2011 à "Sceptiques dans un pub, Bruxelles".
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jeudi 28 avril 2011
Notes de lectures - 50: "Au fondement des sociétés humaines"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 3/5.
"Au fondement des sociétés humaines : Ce que nous apprend l'anthropologie"
est un ouvrage de Maurice Godelier. Il se veut une présentation - et éventuellement une introduction - à l'oeuvre de l'anthropologue français. Ce livre est riche et présente aussi bien des réflexions épistémologiques (dans l'introduction sous le titre "A quoi sert l'anthropologie?") que sur ce qui fonde une société (chapitre 2: "Nulle société n'a jamais été fondée sur la famille ou la parenté"), la naissance (chapitre 3: "Il faut toujours plus qu'un homme et une femme pour faire un enfant") ou encore la sexualité (chapitre 4: "La sexualité humaine est fondamentalement a-sociale"). L'ensemble est illustré par de nombreux exemples, tirés soit du terrain de Maurice Godelier lui-même (les Baruyas de Nouvelle-Guinée) ou de la littérature.
L'ouvrage est agréable à lire et permet de découvrir certains enjeux et débats de l'anthropologie contemporaine. L'anthropologue français défend la possibilité même du projet anthropologique, à l'encontre d'un relativisme cognitif qui consisterait à dire que les divers univers sociaux et mentaux seraient totalement inaccessibles à d'autres que ceux qui les ont produits et vécus. Il écrit (p. 35-36):
L'ouvrage est agréable à lire et permet de découvrir certains enjeux et débats de l'anthropologie contemporaine. L'anthropologue français défend la possibilité même du projet anthropologique, à l'encontre d'un relativisme cognitif qui consisterait à dire que les divers univers sociaux et mentaux seraient totalement inaccessibles à d'autres que ceux qui les ont produits et vécus. Il écrit (p. 35-36):
Déconstruire les discours et les résultats des sciences sociales, oui. Leur dénier tout caractère scientifique, non. Affirmer l'existence de noyaux de connaissance rationnelle, produits par des recherches conscientes de leurs démarches et de leurs limites, oui. Déconstruire l'anthropologie et les autres sciences sociales pour les reconstruire à un niveau de rigueur et d'efficacité analytique plus grand qu'auparavant, oui. (...) Déconstruire les sciences sociales pour les dissoudre dans des discours narcissiques, se délectant dans le refus de théoriser, dans l'ironie, l'incohérence et l'inachèvement volontairement recherché, au prétexte que théoriser reviendrait à prétendre posséder une autorité qui n'existe pas et l'imposer aux autres à l'aide de quelques procédés rhétoriques, ce n'est pas convenable quand on a choisi d'exercer des métiers de connaissance.
Je recommande ce livre aux sceptiques qui s'intéressent à l'anthropologie et qui rechercheraient une porte d'entrée dans les enjeux et débats actuels de cet discipline.
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Notes de lectures
mardi 26 avril 2011
Quand simplifier amène à trop simplier: Retour sur Trans-en-Provence
J'ai reçu de la part de certains ufosceptiques francophones des retours négatifs concernant l'épisode de "365 Days of Astronomy" que j'ai récemment réalisé: "April 21st: The Trans-en-Provence UFO Case". Certaines remarques sont dues à des formulations maladroites de ma part, liées au fait que c'était le premier épisode que je tentais de réaliser en anglais et de moins de 10 minutes. Cette durée fort courte m'a conduit à aller trop vite sur certaines choses, et à ne pas discuter d'aspects qu'il aurait pourtant fallu que j'évoque. Voici quelques points qui ont été soulevés dans la discussion sur le forum "Sceptic OVNI":
. On m'a fait remarquer qu'il aurait été préférable que je signale aussi qu'il était un scientifique de l'INRA et un expert en toxicologie végétale. Je pense qu'en effet j'ai été un peu vite en besogne en le qualifiant simplement de "fringe researcher", et que j'aurais dû élaborer un peu plus sur qui il était.
Au final, je me donnerais comme note: "peut mieux faire". Cela montre aussi que tout le monde n'est pas un Brian "Skeptoid" Dunning ou un Eric Maillot lorsqu'il s'agit de présenter des études de cas - ce dont je n'ai jamais douté. Bah, je retiendrai la leçon et on fera mieux la prochaine fois!
- Pourquoi polluer un balado consacré à l'astronomie avec de l'ufologie?
L'équipe à l'origine de "365 Days of Astronomy" avait fait un appel à contributions en urgence sur Twitter. Je leur ai posé la question de savoir s'ils seraient intéressés par un épisode ufosceptique, ce à quoi ils ont répondu de manière positive. Il y a déjà eu par le passé deux épisodes ufologiques: "October 11th, 2010: Why I Don’t Believe in UFOs: My Burning Questions" de C. Augusto Valdés et "August 4th, 2009: Aliens in Roswell" de Brian "Skeptoid" Dunning. Je n'adhère pas à cette critique, car je pense que des auditeurs intéressés par l'astronomie sont un bon public à qui présenter l'approche ufosceptique du phénomène ovni. Ma conviction est qu'il est au contraire important de diffuser des informations critiques sur ces sujets en-dehors de la sphère purement ufologique et/ou sceptique.
- "He (Michel Bounias) finds some anomalies in the sample and says that those anomalies have been caused by the UFO landing, and by the MHD propelling the UFO."
En voulant simplifier le cas, j'ai été amené à trop simplifier. En effet, si effectivement Michel Bounias trouve des anomalies, c'est Jean-Jacques Velsaco qui en tire les conclusions les plus extravagantes. Pour limiter la durée de l'épisode à moins de 10 minutes, je ne voulais pas discuter du rôle de Jean-Jacques Velasco lorsqu'il était directeur du service ovni du CNES et du type de propos qu'il tenait dans les médias. Mal m'en a pris. Si aujourd'hui l'épisode était à refaire, je distinguerais bien les conclusions de Michel Bounias de celles de Jean-Jacques Velasco. Je cite (Velasco, J.-J., Montigiani, N. (2004). L'OVNIS: L'évidence. Carnot, p. 83-84):
En quoi ce cas est-il très important? Trans-en-Provence a été l'aboutissement de plusieurs facteurs manquants qui ont permis de réaliser une enquête de haute qualité. Les procédures d'intervention ont été validées. On a recueilli des faits testimoniaux associés à des effets sur l'environnement. La relation témoin-trace a été avérée. On a montré la réalité physique d'un objet artificiel posé sur le sol, marqué par une empreinte mécanique atypique, avec des effets biochimiques sur la végétation (plants de luzerne altérés par des rayonnements électromagnétiques au micro-ondes). Au final, on a prouvé la nature inexpliquée et inconnue de l'objet volant. On a établi qu'il était lenticulaire (traces). Pesant (traces). De nature métallique (fer, zinc). Silencieux (voisins proches non alertés). Reste une constante, évoquée par de nombreux cas: l'action des micro-ondes. Peut-être liées au mode de propulsion.
- "We think that what happens was that Renato Nicolaï wanted to make a joke – simply because he’s an immigrant, he doesn’t speak French properly, so he has a low social status."
La formulation est particulièrement maladroite (particulièrement le "simply because"). Il ne faut cependant pas oublier qu'il s'agit de langage parlé, et pas d'un article rédigé avec soin. Ce que je voulais dire est que nous pensons qu'à cause de son statut social, Renato Nicolaï voulait a. se valoriser en se transformant en "témoin d'ovni" et ainsi épater sa femme et b. se démontrer à lui-même qu'il était capable de tromper les gens plus cultivés dans son entourage par une blague, qui malheureusement tourne mal. Bien entendu, on ne sait jamais vraiment expliquer pourquoi quelqu'un fait une farce de ce type. Le fait qu'il est un immigrant et qu'il ne parle pas bien le français rend aussi ultérieurement la situation plus difficile lors de la visite des gendarmes.
- "Michel Bounias, who was a fringe researcher in ufology and other similar subjects"
Au final, je me donnerais comme note: "peut mieux faire". Cela montre aussi que tout le monde n'est pas un Brian "Skeptoid" Dunning ou un Eric Maillot lorsqu'il s'agit de présenter des études de cas - ce dont je n'ai jamais douté. Bah, je retiendrai la leçon et on fera mieux la prochaine fois!
samedi 23 avril 2011
SitP Bruxelles: "L'ufologie, un folklore moderne?"
La soirée de démarrage de "Sceptiques dans un pub, Bruxelles" s'est déroulée hier soir (le vendredi 22 avril 2011), avec au programme une conférence de votre serviteur sur le thème de "L'ufologie, un folklore moderne?". Une dizaine de personnes se sont retrouvées pour l'occasion au café africain "L'horloge du Sud".
Je n'ai jamais eu l'occasion de participer à un Skeptics in the Pub en Grande-Bretagne ou à un Drinking skeptically aux USA et je n'ai donc pas de point de comparaison. Je peux néanmoins dire que j'ai passé un excellent moment. Il fut particulièrement agréable de partager un verre tous ensemble après la conférence et le moment de questions/réponses, et de discuter à bâton rompu autour de thèmes liés au scepticisme rationnel.
On espère bien évidemment que le groupe "Sceptiques dans un pub, Bruxelles" s'étoffera au fil des rencontres. La prochaine date est fixée pour le samedi 30 juillet 2011, et sera un conférence de l'illusionniste Jean Champenois intitulée: "Le paranormal, illusion ou réalité...".
Je n'ai jamais eu l'occasion de participer à un Skeptics in the Pub en Grande-Bretagne ou à un Drinking skeptically aux USA et je n'ai donc pas de point de comparaison. Je peux néanmoins dire que j'ai passé un excellent moment. Il fut particulièrement agréable de partager un verre tous ensemble après la conférence et le moment de questions/réponses, et de discuter à bâton rompu autour de thèmes liés au scepticisme rationnel.
On espère bien évidemment que le groupe "Sceptiques dans un pub, Bruxelles" s'étoffera au fil des rencontres. La prochaine date est fixée pour le samedi 30 juillet 2011, et sera un conférence de l'illusionniste Jean Champenois intitulée: "Le paranormal, illusion ou réalité...".
vendredi 22 avril 2011
Épisode #100: Le best of des 100 premiers épisodes
L'Épisode #100: Le best of des 100 premiers épisodes du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une compilation d’extraits tirés des 100 premiers épisodes.
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jeudi 21 avril 2011
"365 Days of Astronomy": Le cas de Trans-en-Provence
J'ai contribué au balado anglophone "365 Days of Astronomy", une excellente émission quotidienne consacrée à l'astronomie et réalisée collectivement, un épisode sur le cas de Trans-en-Provence. Vous pouvez aller l'écouter là (en anglais) ou, si vous préférez, y lire la transcription de l'épisode: "April 21st: The Trans-en-Provence UFO Case".
lundi 18 avril 2011
Notes de lectures - 49: "Les extraterrestres: Une nouvelle croyance religieuse?"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 3/5.
Jean-Bruno Renard est un sociologue spécialisé dans l'étude des rumeurs et des légendes urbaines. "Les extraterrestres: Une nouvelle croyance religieuse?"
est un petit ouvrage (seulement 127 pages) consacré au phénomène ovni, qu'il a rédigé au début de sa carrière (en 1988).
Malgré sa faible épaisseur, ce livre a joué un rôle important dans mon parcours intellectuel. Lorsque j'ai commencé à m'intéresser sérieusement au phénomène ovni, je suis tout d'abord tombé sur la littérature pro-hypothèse extraterrestre (HET) de la défunte Société belge d'études des phénomènes spatiaux (SOBEPS). Découvrant le sujet, et ne connaissant pas encore le mouvement sceptique (j'avais tout juste lu un livre ou l'autre d'Henri Broch consacré à la zététique), je sentais confusément que la rhétorique utilisée par les collaborateurs de cette asbl était fort problématique. Je recherchais donc des contradicteurs, pour entendre un autre son de cloches et voir quels seraient leurs arguments. Le premier ouvrage véritablement sceptique que j'ai lu sur le phénomène ovni fut "Les extraterrestres" de Jean-Bruno Renard. J'ai découvert avec ce sociologue qu'il y avait une toute autre manière d'approcher le sujet que la grille de lecture pro-HET. Il y aborde en effet le phénomène ovni en montrant qu'il s'agit d'une forme contemporaine de la religiosité.
Un point fort de l'ouvrage est qu'il ne sombre pas dans le relativisme cognitif d'un Pierre Lagrange. Il illustre donc le fait qu'il est tout à fait possible de faire une étude sociologique du phénomène ovni sans adhérer à des positions épistémologiques postmodernes. Le seul véritable défaut de ce livre est qu'il est malheureusement bien trop court. J'aurais aimé avoir beaucoup plus! Il est fort dommage que Jean-Bruno Renard semble par la suite s'être quelque peu désintéressé du phénomène ovni, pour se concentrer sur les rumeurs et légendes urbaines. Néanmoins, je conseille vivement "Les extraterrestres" à tous les ufosceptiques débutants (et moins débutants), particulièrement à ceux qui cherchent à étudier le phénomène ovni dans le cadre des sciences de l'homme.
Note: 3/5.
Jean-Bruno Renard est un sociologue spécialisé dans l'étude des rumeurs et des légendes urbaines. "Les extraterrestres: Une nouvelle croyance religieuse?"
Malgré sa faible épaisseur, ce livre a joué un rôle important dans mon parcours intellectuel. Lorsque j'ai commencé à m'intéresser sérieusement au phénomène ovni, je suis tout d'abord tombé sur la littérature pro-hypothèse extraterrestre (HET) de la défunte Société belge d'études des phénomènes spatiaux (SOBEPS). Découvrant le sujet, et ne connaissant pas encore le mouvement sceptique (j'avais tout juste lu un livre ou l'autre d'Henri Broch consacré à la zététique), je sentais confusément que la rhétorique utilisée par les collaborateurs de cette asbl était fort problématique. Je recherchais donc des contradicteurs, pour entendre un autre son de cloches et voir quels seraient leurs arguments. Le premier ouvrage véritablement sceptique que j'ai lu sur le phénomène ovni fut "Les extraterrestres" de Jean-Bruno Renard. J'ai découvert avec ce sociologue qu'il y avait une toute autre manière d'approcher le sujet que la grille de lecture pro-HET. Il y aborde en effet le phénomène ovni en montrant qu'il s'agit d'une forme contemporaine de la religiosité.
Un point fort de l'ouvrage est qu'il ne sombre pas dans le relativisme cognitif d'un Pierre Lagrange. Il illustre donc le fait qu'il est tout à fait possible de faire une étude sociologique du phénomène ovni sans adhérer à des positions épistémologiques postmodernes. Le seul véritable défaut de ce livre est qu'il est malheureusement bien trop court. J'aurais aimé avoir beaucoup plus! Il est fort dommage que Jean-Bruno Renard semble par la suite s'être quelque peu désintéressé du phénomène ovni, pour se concentrer sur les rumeurs et légendes urbaines. Néanmoins, je conseille vivement "Les extraterrestres" à tous les ufosceptiques débutants (et moins débutants), particulièrement à ceux qui cherchent à étudier le phénomène ovni dans le cadre des sciences de l'homme.
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samedi 16 avril 2011
Épisode #99: Le scepticisme en philosophie
L'Épisode #99: Le scepticisme en philosophie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview (réalisée par Nicolas Gauvrit) du philosophe Jean-François Goubet, auteur de "Fichte et la philosophie transcendantale. Etude sur la naissance de la Doctrine de la Science"
.
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lundi 11 avril 2011
L'auguste professeur contre-attaque
Un rapide billet juste pour vous signaler qu'Auguste Meessen, professeur émérite de physique à l'Université Catholique de Louvain (UCL) et fervent défenseur de l'hypothèse extraterrestre (HET) pour expliquer le phénomène ovni, a écrit un nouvel article (en anglais) dans lequel il discute de critiques émises par deux ufosceptiques à propos de la validité de ses travaux concernant la vague belge de 1989-1992: d'un côté Roger Paquay (voir: "Etude statistique de la Vague Belge d'OVNI") et de l'autre votre serviteur (voir mon article en anglais: "The Beginning of the Belgian UFO wave", dans SUNLite, vol. 2, num. 6, p. 21-23).
Pour rappel, Auguste Meessen prétendait déjà dans un chapitre de l'ouvrage collectif "Vague d'OVNI sur la Belgique"
avoir prouvé que celle-ci ne pouvait s'expliquer que par des visiteurs extraterrestres de notre planète. Ce nouvel article, qui vaut la peine d'être lu pour mieux appréhender comment les tenants d'hypothèses extraordinaires pour expliquer le phénomène ovni réfléchissent, est disponible sur son site web en format .pdf, sous le titre: "The Belgian Wave and the photos of Ramillies". Pour plus d'informations sceptiques concernant la vague belge, vous pouvez écouter l'interview de Jacques Scornaux dans l'épisode #67: "La vague belge d’ovnis" du balado.
Je ne résiste cependant pas à reproduire ici le résumé de l'article d'Auguste Meessen:
Pour rappel, Auguste Meessen prétendait déjà dans un chapitre de l'ouvrage collectif "Vague d'OVNI sur la Belgique"
Je ne résiste cependant pas à reproduire ici le résumé de l'article d'Auguste Meessen:
Abstract. We restore the truth, since two UFO-skeptics distorted basic data concerning the beginning of the Belgian wave in 1989 and the observations made at Ramillies, in 1990. We also provide more detailed information about these observations and the associated photos. Their analysis confirms that the visually observed lights left no trace, while other lights were documented. We explain these facts by means of the Herschel effect, with intervention of infrared and ultraviolet light. Results of complementary photographic tests are also reported."We restore the truth", écrit l'auguste professeur: méfiez-vous des gens qui croient avoir un accès direct à la vérité (avec un grand "V"?) et être les seuls à même de la "restaurer". Sans surprise (puisqu'il est convaincu depuis sa jeunesse que le phénomène ovni est d'origine extraterrestre), il conclut à nouveau dans cet article que le modèle sociopsychologique pour expliquer le phénomène ovni n'est pas, selon lui, capable de rendre compte du début de la vague.
dimanche 10 avril 2011
Notes de lectures - 48: "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 4/5.
"Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
est un ouvrage de Normand Baillargeon (avec d'excellentes illustrations de Charb) consacré à la pensée critique, qui s'adresse plutôt aux sceptiques débutants. Il s'agit en effet d'une sorte de manuel, qui peut être potentiellement utilisé - il me semble - pour un cours de sixième secondaire (rhéto) ou de première année du supérieur. Massimo Pigliucci avait, par exemple, mentionné dans un épisode du balado "Rationally Speaking" qu'il utilisait la traduction en anglais de ce livre comme support de son cours universitaire consacré à la pensée critique.
Dans le genre, je l'ai trouvé excellent parce qu'il est relativement exhaustif: il aborde aussi bien la logique en philosophie, que les statistiques, que les raisonnements fallacieux, que la critique des médias, etc. Il s'agit donc d'une excellente introduction à la zététique, définie comme étant une didactique de l’esprit critique (et non pas la discipline qui prétendument étudie scientifiquement le paranormal). L'ouvrage perd logiquement quelque peu de son intérêt si vous êtes un sceptique chevronné, parce que tout cela est du connu. Pour le dire autrement, j'aurais voulu avoir accès à "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
(ou un autre ouvrage similaire) quand j'étais adolescent, au moment où j'ai découvert le scepticisme et la zététique: cela m'aurait fait gagner beaucoup de temps!
Une critique que je ferais est l'utilisation d'exemples en provenance de la politique. Normand Baillargeon est un militant libertaire (à ne pas confondre avec le libertarianisme d'un Michael Shermer ou de Penn & Teller) et le titre même de ce livre, "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
, provient d'une citation de Noam Chomsky. J'en ai déjà parlé précédemment sur ce blog (voir mon billet "Sur la relation entre le mouvement sceptique contemporain et la politique"), mais je suis en ce qui me concerne réticent de mêler scepticisme scientifique et politique - tout particulièrement dans un manuel d'introduction! Il est bien évidemment possible d'appliquer la pensée critique au champ politique, comme à tous les autres champs de la réflexion, mais le problème se situe dans le fait que dans ce domaine interviennent non seulement des jugements de fait mais aussi des jugements de valeur. On observe donc logiquement des divergences politiques importantes au sein de la communauté sceptique, qui divisent bien plus qu'elles n'unissent. Mon opinion est que la zététique doit se concentrer principalement sur la démystification du paranormal et la critique des pseudo-sciences, ce qui est parfois surnommé dans la littérature le scepticisme scientifique "classique" - celui qui était pratiqué par les individus à l'origine du mouvement. Il y a franchement bien assez d'exemples non politiques pour illustrer un ouvrage de ce type! Pour rappel, l'idée au fondement de la zététique d'Henri Broch était d'utiliser la démystification du paranormal pour enseigner la pensée critique, qui une fois qu'elle est acquise peut être appliquée par le sujet devenu autonome à bien d'autres domaines - y compris la religion et la politique.
Malgré ce petit bémol, "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
reste un excellent apport à la littérature sceptique, par un francophone du Québec qui plus est! Je n'hésiterais pas à l'utiliser si jamais il m'arrive de devoir donner dans le futur un cours d'introduction à la pensée critique. Ce livre est à conseiller à tous les zététiciens débutants, et à laisser négligemment traîner à proximité des gens qui manquent d'esprit critique dans l'espoir qu'ils le parcours quelque peu.
Note: 4/5.
"Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
Dans le genre, je l'ai trouvé excellent parce qu'il est relativement exhaustif: il aborde aussi bien la logique en philosophie, que les statistiques, que les raisonnements fallacieux, que la critique des médias, etc. Il s'agit donc d'une excellente introduction à la zététique, définie comme étant une didactique de l’esprit critique (et non pas la discipline qui prétendument étudie scientifiquement le paranormal). L'ouvrage perd logiquement quelque peu de son intérêt si vous êtes un sceptique chevronné, parce que tout cela est du connu. Pour le dire autrement, j'aurais voulu avoir accès à "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
Une critique que je ferais est l'utilisation d'exemples en provenance de la politique. Normand Baillargeon est un militant libertaire (à ne pas confondre avec le libertarianisme d'un Michael Shermer ou de Penn & Teller) et le titre même de ce livre, "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
Malgré ce petit bémol, "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"
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samedi 9 avril 2011
Épisode #98: Crossover avec Podcast Science II - Le Retour!
L'Épisode #98: Crossover avec Podcast Science II - Le Retour!: Numéro spécial, croisé, entre Mathieu/Alan pour Podcast Science et Nicolas Gauvrit pour "Scepticisme scientifique – le balado de la science et de la raison".
vendredi 8 avril 2011
La bande-dessinée des montagnes hallucinées
Toujours en pleine préparation de ma campagne de jeu de rôles "Par-delà les montagnes hallucinées" (pour "Call of Cthulhu"), après avoir terminé le roman d'Howard Phillips Lovecraft "Les montagnes hallucinées", j'ai récemment parcouru la bande-dessinée du même titre. L'adaptation est du dessinateur I. N. J. Culbard (pour plus d'informations sur lui, voir son blog "Strange Planet Stories").
On sait qu'une des forces d'HP Lovecraft est de laisser les choses à l'imagination de son lecteur, que l'horreur provient bien plus de ce que l'on devine que de ce que l'on voit réellement. Néanmoins, le style graphique d'I. N. J. Culbard - qui s'inspire de la ligne claire d'Hergé - convient fort bien à ce récit et lui aussi suggère finalement bien plus qu'il ne montre. La blancheur de l'antarctique évoque d'ailleurs quelque peu l'album "Tintin au Tibet"
. Je conseille donc cette bande-dessinée aux fans de l'écrivain de providence, en attendant une éventuelle - malheureusement très incertaine - adaptation cinématographique de Guillermo del Toro.
On sait qu'une des forces d'HP Lovecraft est de laisser les choses à l'imagination de son lecteur, que l'horreur provient bien plus de ce que l'on devine que de ce que l'on voit réellement. Néanmoins, le style graphique d'I. N. J. Culbard - qui s'inspire de la ligne claire d'Hergé - convient fort bien à ce récit et lui aussi suggère finalement bien plus qu'il ne montre. La blancheur de l'antarctique évoque d'ailleurs quelque peu l'album "Tintin au Tibet"
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jeudi 7 avril 2011
Monseigneur Léonard vs. Jean Bricmont: Compte rendu du débat "Concilier science et foi"
Hier, le mardi 5 avril 2011, se tenait dans les locaux de l'Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) un débat opposant le physicien athée (et sceptique) Jean Bricmont à Monseigneur Léonard sur le thème "Concilier science et foi".
J'avais déjà eu l'occasion d'écouter par le passé sur l'un ou l'autre balado made-in-US des débats en anglais opposants des apologistes chrétiens à des contre-apologistes athées. Ce fut cependant la première fois qu'il m'était donné d'assister à un tel débat en tant que spectateur dans la salle. Mon impression est que ce style de joutes oratoires est plus courant aux USA que dans nos contrées.
La soirée commença par Monseigneur Léonard se faisant entarté (voir ici pour plus d'informations et ici pour une vidéo Youtube du moment fatidique) à cause de ses propos sur les homosexuels ou le fait qu'il est "pour la vie" (traduisez derrière la rhétorique qu'il est en réalité bien évidemment contre l'avortement). Le ton était donné!
Il est clair que lors de ce type de débats, les intervenants ne vont pas changer de position, ni même les personnes qui viennent en étant déjà favorable à l'une ou l'autre position - comme c'était mon cas. Les orateurs s'adressent donc principalement à ceux qui se trouvent à la frontière, qui sont indécis.
En ce qui me concerne, j'ai fait le déplacement principalement parce que j'étais curieux de voir comment Jean Bricmont allait argumenter. J'ai trouvé qu'il a fait globalement du bon boulot lorsqu'il s'agit de présenter l'athéisme, ainsi que le scepticisme scientifique - terme qu'il a utilisé plusieurs fois durant la soirée. A l'inverse, j'ai trouvé (peut-être sans surprise?) Monseigneur Léonard fort peu convaincant. Un des problèmes est que les deux débatteurs ne se rencontraient pas réellement. En effet, Jean Bricmont tenta d'amener la discussion sur les affirmations faites par l'église (sur l'existence de l'âme, la survie après la mort au paradis, etc.), ce qu'a systématiquement esquivé Monseigneur Léonard qui préféra parler lui de spiritualité chrétienne.
L'argument principal de l'archevêque est que la réalité est voilée, et que la science ne peut pas tout connaître. Ce faisant, il suggérait me semble-t-il l'argument d'ignorance: ce que nous ne savons pas expliquer apporte du poids à l'hypothèse que Dieu existe. Néanmoins, quand Jean Bricmont lui a fait remarquer que (je cite) "tous les trous dans la science ne prouvent pas une transcendance", il a subitement battu en retraite en disant que ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Bref, la rhétorique de Monseigneur Léonard consistait à suggérer sans rien affirmer, ce qui au final rendait son discours très creux. A un autre moment, il utilisa le vocabulaire classique des tenants du Dessein Intelligent, affirmant que certains scientifiques (les membres du Discovery Institute?) considèrent que la théorie de l'évolution a du mal à expliquer les macro-évolutions ("macro-évolution" étant un concept typiquement néo-créationniste), mais une fois encore un peu plus tard il battait en retraite devant les remarques du physicien en nous expliquant qu'il n'affirmait pas qu'il était nécessaire d'avoir Dieu en tant qu'architecte de l'univers.
Du côté de Jean Bricmont, j'ai apprécié quand il a expliqué que la théorie de l'évolution posait un gros problème à la doctrine chrétienne - particulièrement sur la question de l'apparition de l'âme - et aussi le moment où il a corrigé Monseigneur Léonard, qui invoquait Albert Einstein, pour expliquer au public que le célèbre physicien avait écrit clairement contre les religions.
Par rapport à la conférence de Michel Onfray de la semaine précédente (voir mon billet "Petit compte rendu d'une conférence de Michel Onfray sur la laïcité"), j'ai aimé le fait que Jean Bricmont explique que la religion et la science sont en conflit, non pas tant au niveau des théories que de la démarche. Le physicien se place logiquement bien plus sur le plan de la science, et ce malgré une solide culture philosophique. Néanmoins, je dois avouer qu'en tant qu'orateur Michel Onfray se révèle plus charismatique, et peut-être aussi plus accessible pour le public non universitaire, que Jean Bricmont.
Au final, je suis très content d'avoir assisté à ce débat: je trouve que Jean Bricmont a fait de l'excellent boulot, tandis que l'archevêque devrait revoir sa copie!
J'avais déjà eu l'occasion d'écouter par le passé sur l'un ou l'autre balado made-in-US des débats en anglais opposants des apologistes chrétiens à des contre-apologistes athées. Ce fut cependant la première fois qu'il m'était donné d'assister à un tel débat en tant que spectateur dans la salle. Mon impression est que ce style de joutes oratoires est plus courant aux USA que dans nos contrées.
La soirée commença par Monseigneur Léonard se faisant entarté (voir ici pour plus d'informations et ici pour une vidéo Youtube du moment fatidique) à cause de ses propos sur les homosexuels ou le fait qu'il est "pour la vie" (traduisez derrière la rhétorique qu'il est en réalité bien évidemment contre l'avortement). Le ton était donné!
Il est clair que lors de ce type de débats, les intervenants ne vont pas changer de position, ni même les personnes qui viennent en étant déjà favorable à l'une ou l'autre position - comme c'était mon cas. Les orateurs s'adressent donc principalement à ceux qui se trouvent à la frontière, qui sont indécis.
En ce qui me concerne, j'ai fait le déplacement principalement parce que j'étais curieux de voir comment Jean Bricmont allait argumenter. J'ai trouvé qu'il a fait globalement du bon boulot lorsqu'il s'agit de présenter l'athéisme, ainsi que le scepticisme scientifique - terme qu'il a utilisé plusieurs fois durant la soirée. A l'inverse, j'ai trouvé (peut-être sans surprise?) Monseigneur Léonard fort peu convaincant. Un des problèmes est que les deux débatteurs ne se rencontraient pas réellement. En effet, Jean Bricmont tenta d'amener la discussion sur les affirmations faites par l'église (sur l'existence de l'âme, la survie après la mort au paradis, etc.), ce qu'a systématiquement esquivé Monseigneur Léonard qui préféra parler lui de spiritualité chrétienne.
L'argument principal de l'archevêque est que la réalité est voilée, et que la science ne peut pas tout connaître. Ce faisant, il suggérait me semble-t-il l'argument d'ignorance: ce que nous ne savons pas expliquer apporte du poids à l'hypothèse que Dieu existe. Néanmoins, quand Jean Bricmont lui a fait remarquer que (je cite) "tous les trous dans la science ne prouvent pas une transcendance", il a subitement battu en retraite en disant que ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Bref, la rhétorique de Monseigneur Léonard consistait à suggérer sans rien affirmer, ce qui au final rendait son discours très creux. A un autre moment, il utilisa le vocabulaire classique des tenants du Dessein Intelligent, affirmant que certains scientifiques (les membres du Discovery Institute?) considèrent que la théorie de l'évolution a du mal à expliquer les macro-évolutions ("macro-évolution" étant un concept typiquement néo-créationniste), mais une fois encore un peu plus tard il battait en retraite devant les remarques du physicien en nous expliquant qu'il n'affirmait pas qu'il était nécessaire d'avoir Dieu en tant qu'architecte de l'univers.
Du côté de Jean Bricmont, j'ai apprécié quand il a expliqué que la théorie de l'évolution posait un gros problème à la doctrine chrétienne - particulièrement sur la question de l'apparition de l'âme - et aussi le moment où il a corrigé Monseigneur Léonard, qui invoquait Albert Einstein, pour expliquer au public que le célèbre physicien avait écrit clairement contre les religions.
Par rapport à la conférence de Michel Onfray de la semaine précédente (voir mon billet "Petit compte rendu d'une conférence de Michel Onfray sur la laïcité"), j'ai aimé le fait que Jean Bricmont explique que la religion et la science sont en conflit, non pas tant au niveau des théories que de la démarche. Le physicien se place logiquement bien plus sur le plan de la science, et ce malgré une solide culture philosophique. Néanmoins, je dois avouer qu'en tant qu'orateur Michel Onfray se révèle plus charismatique, et peut-être aussi plus accessible pour le public non universitaire, que Jean Bricmont.
Au final, je suis très content d'avoir assisté à ce débat: je trouve que Jean Bricmont a fait de l'excellent boulot, tandis que l'archevêque devrait revoir sa copie!
samedi 2 avril 2011
Épisode #97: Le creux de la vague
L'Épisode #97: Le creux de la vague du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Robert Alessandri, auteur de l'ouvrage « 5 novembre 1990: Le creux de la vague » (CERPA, 1994).
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Baladodiffusion,
Ovni/Ufologie
vendredi 1 avril 2011
Petit compte rendu d'une conférence de Michel Onfray sur la laïcité
J'ai eu l'occasion d'écouter hier, le 31 mars 2011, une conférence de Michel Onfray sous le titre "Dialectique de la laïcité", dans le cadre d'un festival de philosophie organisé par le Centre d’Action Laïque du Brabant wallon (CALBW). Le théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve (Belgique), où se déroulait l'évènement, était bondé. La conférence proprement dite a débutée après une introduction de Martin Legros (de "Philosophie Magazine").
Michel Onfray a défini, de manière quelque peu surprenante, la laïcité comme étant "l'autre nom de la philosophie". Pour lui laïcité, athéisme et une certaine forme de philosophie (celle qu'il présente dans sa "Contre-histoire de la philosophie"
) sont des concepts très proches, si pas ayant la même extension. Ce fut à mes yeux le seul point quelque peu décevant de sa présentation. J'aurais tendance personnellement à distinguer ces trois concepts, en disant que la laïcité est la défense de la séparation de l'église et de l'état (on peut donc être croyant et défendre la laïcité) et que l'histoire qu'il présente dans sa "Contre-histoire" n'est pas véritablement celle de l'athéisme et/ou de la laïcité, mais du doute rationnel. Michel Onfray lui-même explicita d'ailleurs durant sa conférence que bon nombre de philosophes que l'on présente généralement comme "athées" ne l'étaient en réalité pas selon une définition rigoureuse (mais bien plutôt déistes, panthéistes, etc.). Une bonne partie de la conférence fut une présentation rapide la thèse au coeur de sa "Contre-histoire", qui est que l'enseignement classique de la philosophie privilégie les philosophes idéalistes, qui volent dans les hautes sphères de la métaphysique, au détriment des matérialistes.
J'ai particulièrement aimé sa critique de l'islam, qui est venue vers la fin de sa présentation, et le fait qu'il appelle de la part des athées à une critique érudite de cette religion et aux débats d'idées avec ses défenseurs. "The Council for Secular Humanism", aux USA, tient un discours très similaire. Il faudrait en effet développer une contre-apologétique de l'islam, comme cela a été fait pour le christianisme, qui entre autres passe les textes sacrés des musulmans à travers le tamis de la critique radicale. Ibn Warraq, auteur de "Pourquoi je ne suis pas musulman"
, se situe par exemple dans cette démarche. Je suis sur ce point tout à fait d'accord avec Michel Onfray.
La conférence s'est terminée par quelques questions de la part du public, dont certaines quelque peu agressives. Il est vrai que Michel Onfray n'a pas la langue de bois, mais il critique toujours avec humour. Il a dédié cette conférence au psychologue Jacques van Rillaer, présent dans la salle, qui l'a soutenu dans la controverse autour de son livre "Le crépuscule d'une idole"
).
Ce qui m'a particulièrement frappé en écoutant hier Michel Onfray est que s'il est en quelque sorte notre Nouvel Athée francophone, contrairement à Richard Dawkins et Sam Harris il ne fonde pas ses réflexions sur la science mais sur la philosophie. J'avoue que j'aimerais qu'il parle un peu plus de sciences dans ses écrits et dans ses conférences (à noter cependant qu'il a consacré un livre à la bioéthique: "Féeries anatomiques : Généalogie du corps faustien"
), mais il faut bien concéder que son approche largement philosophique lui évite de s'engager sur la pente glissante du scientisme. Trouver une voie moyenne, qui fonde l'athéisme sur la science et la philosophie et le dialogue entre les deux, n'est décidément pas chose facile.
Michel Onfray a défini, de manière quelque peu surprenante, la laïcité comme étant "l'autre nom de la philosophie". Pour lui laïcité, athéisme et une certaine forme de philosophie (celle qu'il présente dans sa "Contre-histoire de la philosophie"
J'ai particulièrement aimé sa critique de l'islam, qui est venue vers la fin de sa présentation, et le fait qu'il appelle de la part des athées à une critique érudite de cette religion et aux débats d'idées avec ses défenseurs. "The Council for Secular Humanism", aux USA, tient un discours très similaire. Il faudrait en effet développer une contre-apologétique de l'islam, comme cela a été fait pour le christianisme, qui entre autres passe les textes sacrés des musulmans à travers le tamis de la critique radicale. Ibn Warraq, auteur de "Pourquoi je ne suis pas musulman"
La conférence s'est terminée par quelques questions de la part du public, dont certaines quelque peu agressives. Il est vrai que Michel Onfray n'a pas la langue de bois, mais il critique toujours avec humour. Il a dédié cette conférence au psychologue Jacques van Rillaer, présent dans la salle, qui l'a soutenu dans la controverse autour de son livre "Le crépuscule d'une idole"
Ce qui m'a particulièrement frappé en écoutant hier Michel Onfray est que s'il est en quelque sorte notre Nouvel Athée francophone, contrairement à Richard Dawkins et Sam Harris il ne fonde pas ses réflexions sur la science mais sur la philosophie. J'avoue que j'aimerais qu'il parle un peu plus de sciences dans ses écrits et dans ses conférences (à noter cependant qu'il a consacré un livre à la bioéthique: "Féeries anatomiques : Généalogie du corps faustien"
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