mercredi 30 mars 2011

Notes de lectures - 47: "The Fallacy of Personal Validation"


(Mais que lisent donc les sceptiques?)

Note: 5/5.


Le site web "All-about-psychology.com" a récemment rendu disponible sur Kindle tout une série d'ouvrages classiques de la psychologie (voir ici). Une de ces publications est "The Fallacy of Personal Validation: A Classroom Demonstration of Gullibility" (1949) de Bertram R. Forer. Il s'agit bien évidemment d'un article, relativement court, et non pas d'un livre. Celui-ci a fait date dans l'étude scientifique du paranormal, tout particulièrement de l'astrologie et des pseudovoyants (dans le cadre plus général de la lecture froide). On doit aussi à cette publication l'Effet Forer ou Effet Barnum. Il s'agit donc d'un incontournable pour les sceptiques.

L'existence de l'Effet Forer a non seulement de l'importance dans le cadre de l'étude du paranormal, mais aussi de manière plus large en psychothérapie. En effet, un psychologue pourrait être amené à croire que les tests de personnalités qu'il utilise sont valides uniquement sur base d'un retour positif de la part de ses patients. Or, cette recherche de Bertram R. Forer démontre que la validation subjective est largement insuffisante en la matière.
 

Pour rappel, et pour ceux qui veulent aller plus loin sur le sujet, Nicolas Gauvrit avait discuté de l'Effet Forer dans l'épisode #88 du balado.

dimanche 27 mars 2011

Démarrage de "Bruxelles sceptiques dans un pub"

Je voudrais vous inviter à la première soirée de "Brussels Skeptics in the pub" (pour plus de facilité j'utiliserai régulièrement à l'avenir sur ce blog l'abréviation "Brussels SitP"). Celle-ci se déroulera le vendredi 22 avril 2011, de 20h à 22h dans la salle du premier étage de "L'Horloge du Sud". L'entrée sera libre.

Le thème de la soirée sera "L'ufologie, un folklore moderne?". Elle se composera d'une conférence de votre serviteur, suivie d'une séance de questions/réponses.

L'adresse est:

"L'Horloge du Sud"
Rue du Trône, 141
1050 Bruxelles

Ce "café restaurant brasserie culturelle Afro" se trouve à l'entrée de Matonge. Il n'est pas facile de se garer à proximité, et nous vous conseillons donc d'utiliser les transports en commun pour vous y rendre. "L'Horloge du Sud" se trouve en effet très près de la gare Bruxelles-Luxembourg, et à distance de marche du métro Porte de Namur. L'endroit est tout aussi aisément accessible par bus.

Si vous désirez être tenu au courant des activités futures de "Bruxelles SitP", rejoignez la page des fans sur Facebook ici. Au plaisir de vous y voir.

samedi 26 mars 2011

Épisode #96: Contre l'approche irréductionniste du phénomène ovni

L'Épisode #96: Contre l'approche irréductionniste du phénomène ovni du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart y discute de l'approche irréductionniste du phénomène ovni, approche dont se réclame le sociologue Pierre Lagrange.

jeudi 24 mars 2011

Notes de lectures - 46: "Deception & Self-Deception"

(Mais que lisent donc les sceptiques?)


Note: 4/5.

"Deception & Self-Deception: Investigating Psychics" est un ouvrage du psychologue et sceptique Richard Wiseman qui compile un certain nombre de ses articles scientifiques dans le domaine de la parapsychologie. Pour cette raison, cet ouvrage (qui date de 1997) est plus technique que le récent "Paranormality: Why We See What Isn't There" (qui lui s'adresse principalement au grand public).

Les deux premiers articles ("Toward a Psychology of Deception" et "Modeling the Stratagems of Psychic Fraud") sont des réflexions théoriques sur la psychologie de la tromperie et particulièrement lorsqu'on est face à des pseudovoyants (c'est-à-dire des médiums qui utilisent des trucages d'illusionnistes afin de générer des phénomènes en apparence paranormaux). "The Feilding report: A Reconsideration" réévalue - comme son titre l'indique - "The Feilding Report", un rapport qui documente des séances avec la médium Eusapia Palladino tenues à Naples en 1908 par une équipe de scientifiques. Ceux-ci conclurent que d'authentiques phénomènes paranormaux s'étaient produits. Ce rapport est généralement tenu en haute estime dans les milieux parapsychologiques, et est considéré comme prouvant que d'authentiques phénomènes paranormaux peuvent être générés par les médiums. Richard Wiseman critique dans cet article les contrôles mis en place par l'équipe et présente sous forme d'hypothèse une manière dont les manifestations pourraient avoir été produites de manière prosaïque. Cet article a généré une intense controverse dans la littérature parapsychologique. Par exemple, Robert McLuhan critique sévèrement les conclusions de Richard Wiseman dans son ouvrage "Randi's Prize: What Sceptics Say about the Paranormal, Why They Are Wrong and Why It Matters" (voir ma note de lecture 43 pour plus d'informations sur ce livre). Les cinq articles suivants détaillent des tests de médiums indiens, supposés être capable de générer des effets de macro-psychokinèse (matérialisations d'objets, etc.). Enfin, la fin de l'ouvrage ("The Effect of Belief in the Paranormal and Prior Set Upon the Observation of a "Psychic" Demonstration" et "Manifestations: An Experimental Investigation Into Séance Room Phenomena") détaille des expériences réalisées pour tester la fiabilité des témoignages des participants à des séances spirites.

"Deception & Self-Deception" a l'avantage de regrouper en un seul endroit - pour les sceptiques intéressés par le paranormal - un ensemble d'articles importants publiés par Richard Wiseman dans le cadre de la parapsychologie. Il ne s'adresse cependant qu'à des personnes déjà familiarisées avec le sujet, et qui sont prêtes à lire de manière détaillée les protocoles expérimentaux utilisés ainsi que les résultats.

mardi 22 mars 2011

Quel est votre épisode préféré (jusqu'à présent)?

Bonjour à tous,

Je vais réaliser un "best-of" du balado pour l'épisode #100 (pour dans un mois). Vous êtes tous cordialement invité à me communiquer (dans les commentaires de ce billet, sur la page Facebook du balado ou encore par courriel) quel est votre épisode préféré, ou votre moment préféré, et pourquoi. Je ferai ensuite une sélection des moments les plus populaires.

Merci d'avance.

Sceptiquement vôtre,

lundi 21 mars 2011

"Pourquoi est-ce que les japonais n'expriment pas leurs émotions?"

Suite à la catastrophe qui s'est abattue sur le Japon le 11 mars dernier, j'ai été quelque peu sidéré par la manière dont les médias occidentaux ont couvert l'évènement, tout particulièrement les commentaires concernant la culture et la psychologie nippone. Il semblerait que bon nombre de journalistes souffre d'une cécité anthropologique. J'ai par exemple été personnellement contacté la semaine dernière par un quotidien belge qui me demandait de commenter sur la question: "pourquoi est-ce que les japonais n'expriment pas leurs émotions?" Je n'ai pas répondu positivement à cette demande, trouvant sa formulation à la fois extrêmement naïve et quelque peu raciste. Je vais cependant en discuter ici, afin de la mettre en perspective. Je vais tenter de démontrer que le problème se situe dans la manière dont la question est formulée.

Il y a tout d'abord le lieu approprié de l'expression des émotions. Les japonais sont des gens extrêmement pudiques. Ils auront donc moins tendance - cela ne signifie pas qu'ils ne le feront jamais! - à exprimer des émotions telles que la tristesse ou la souffrance en-dehors d'un cercle familial restreint. Il y a ensuite la manière dont ils expriment leurs émotions. Par exemple, les japonais sont célèbres pour ne pas dire "Je t'aime" (jap.: 愛してる). La formule classique est: あなたのことが好きです (littéralement: "A propos de toi, il y a quelque chose que j'aime."), qui est une manière indirecte de faire une déclaration d'amour à quelqu'un. La jeune génération se contentera dans l'intimité d'un 好きです, ce qui se traduit généralement en anglais par "I like you" (ce qui se rapproche de "Je t'apprécie" en français) ou bien encore ils choisiront de dire アイ・ラブ・ユー, ce qui est simplement "I love you" avec une prononciation japonisée. Cet exemple montre que bien entendu les japonais éprouvent le sentiment amoureux, et qu'ils l'expriment. Ils auront juste tendance à l'exprimer de manière plus subtile, moins directe. Néanmoins, dans tout ces cas de figure l'interlocuteur, habitué à interpréter ces nuances, comprendra très bien le message qui lui est transmis! Si quelqu'un dit à un(e) japonais(e) "A propos de toi, il y a quelque chose que j'aime", il ou elle saura que la personne en face de lui est en train de lui signifier: "Je suis follement amoureux(se) de toi". Cela est sous-entendu par la phrase et par son contexte d'énonciation. Il n'est donc pas nécessaire que cela soit explicitement formulé. L'interlocuteur inférera le reste. L'affection dans un couple s'exprime aussi par les actes de la vie quotidienne. L'épouse en préparant le repas, le mari en complimentant la qualité de celui-ci. Une femme japonaise me disait un jour: je sais que mon mari me dit "Je t'aime" lorsqu'il me dit "Le repas du soir était délicieux".

A l'inverse, nous francophone exprimons moins nos émotions dans d'autres contextes. On sait que les américains disent "I love you" à leurs parents tout le temps. Quand est-ce la dernière fois que vous avez dit à votre maman ou votre papa au téléphone "Je t'aime"? Si cela fait un bon moment, ce qui je pense est la norme dans la culture francophone, est-ce que vous avez pour autant l'impression que vous n'exprimez pas vos émotions? Ou pire, que vous n'aimez pas vos parents? Non, bien entendu. Votre affection pour vos parents s'exprime autrement qu'en disant régulièrement au téléphone "Je t'aime, maman. Je t'aime, papa.". De même, les africains du Congo, par exemple, ont tendance à rire plus fort et plus souvent pour manifester leur bonne humeur. Le monde francophone est donc loin d'être le pinacle de l'expression émotionnelle la plus extravertie. Il y a enfin des émotions qui s'expriment plus dans la culture japonaise que dans la culture francophone, comme par exemple la nostalgie. 懐かしい est quelque chose que vous entendrez très régulièrement au Pays du Soleil Levant, et qui signifie "Je me sens nostalgique". Quand est-ce que vous avez dit pour la dernière fois à quelqu'un que vous ressentiez ce sentiment?

A la question "Pourquoi est-ce que les japonais n'expriment pas leurs émotions?", la seule réponse correcte est: bien entendu que les japonais expriment leurs émotions, juste pas comme nous!

samedi 19 mars 2011

Épisode #95: Crossover avec Podcast Science

L'Épisode #95: Crossover avec Podcast Science: numéro spécial, croisé, entre Mathieu/Alan pour "Podcast Science" et Jean-Michel Abrassart pour "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison".

jeudi 17 mars 2011

"Scepticisme en ufologie" sur radio IDFM

Je serai sur la radio IDFM le 12 avril prochain à partir de minuit pour y discuter d'ufoscepticisme, avec les compères du forum "Sceptic OVNI" Thibaut Alexandre et Jean-Marc Donnadieu.


mercredi 16 mars 2011

Épisode #94: Ben Radford - "Tracking the Chupacabra"

Attention: épisode en anglais!

L'Épisode #94: Ben Radford - "Tracking the Chupacabra" du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Ben Radford nous lit le premier chapitre de son ouvrage: "Tracking the Chupacabra: The Vampire Beast in Fact, Fiction, and Folklore".

dimanche 13 mars 2011

"Les montagnes hallucinées"

"Les montagnes hallucinées" est un roman de Howard Phillips Lovecraft dont je viens de terminer la lecture: j'envisage en effet prochainement d'être le gardien (c'est-à-dire le meneur de jeu) pour la campagne de "Call of Cthulhu""Par-Delà les montagnes hallucinées". Je vous en reparlerai certainement prochainement sur ce blog. Mais avant de discuter de la campagne, j'aimerais ici vous dire quelques mots à propos du récit qui est à son origine.

Ce roman nous raconte une expédition en antarctique, dont ses membres y découvrent les ruines d'une cité extraterrestre, bâtie par les "Elder things".

"Les montagnes hallucinées", qui a pourtant été écrit par HP Lovecraft en 1931 (donc 16 ans avant l'observation originelle du phénomène ovni, celle de Kenneth Arnold), présente clairement les grandes lignes de la théorie des Anciens Astronautes (ou néo-évhémérisme pour ceux qui préfèrent la terminologie proposée par le sociologue Jean-Bruno Renard). Les "Elder things" auraient en effet été à l'origine de la vie sur la Terre, et le souvenir de leur présence aurait fécondé les mythes ultérieurs. Ce livre est un parfait exemple que l'ufologie ne fait jamais que recycler sous forme hypothétique les idées des écrivains de ce genre littéraire! On sait par ailleurs que HP Lovecraft fut une source d'inspirations importante pour "Le matin des magiciens" de Louis Pauwels et Jacques Bergier, dont l'influence culturelle se fait toujours sentir du côté non seulement de l'ufologie, mais aussi du mouvement fortéen, du Nouvel Age et du néo-occultisme.

Le spécialiste de HP Lovecraft S.T. Joshi souligne dans ses écrits que "Les montagnes hallucinées" est un ouvrage extrêmement important dans l'oeuvre de l'écrivain parce qu'il démystifie totalement les entités précédemment présentées. En effet, les différents "dieux", y compris Cthulhu, sont ici définis comme étant en réalité des extraterrestres et non des créatures surnaturelles.

 "Les montagnes hallucinées" est un incontournable parmi les romans et nouvelles de HP Lovecraft. Sa lecture est passionnante de bout en bout et je vous le recommande chaudement.

samedi 12 mars 2011

Épisode #93: Adamski

L'Épisode #93: Adamski du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Marc Hallet, auteur de l'ouvrage "Le Cas Adamski".

mercredi 9 mars 2011

On a reçu le "winner package"

Nous avons reçu le "winner package" de l'European Podcast Award 2010 (catégorie France/Personnalité). Voici une vidéo de Nicolas Gauvrit en train d'ouvrir le paquet:



Encore un tout grand merci à tous les auditeurs qui ont pris le temps de voter pour nous!

mardi 8 mars 2011

Mettons cartes sur table!

Nos amis québecois viennent de lancer l'opération "Cartes sur table - Pour miser sur l'esprit critique", en réaction à l'émission "Rencontres paranormales" de TVA (voir l'épisode 87 du balado pour plus d'informations sur le sujet). Une initiative à suivre, et à soutenir!

dimanche 6 mars 2011

Contre l'approche irréductionniste du phénomène ovni

Le sociologue Pierre Lagrange a récemment démarré un blog intitulé "Pulp sciences: Carnet de recherche visuel, par Pierre Lagrange" consacré entre autres à la sociologie du phénomène ovni. Je n'ai jamais été un fan de son approche "irréductionniste" (pour en savoir plus à ce sujet, voir l'article "REPRENDRE À ZÉRO: POUR UNE SOCIOLOGIE IRRÉDUCTIONNISTE DES OVNI" qu'il avait publié en 2000 dans "Inforespace", la publication de la défunte organisation ufologique Belge SOBEPS).

L'approche sceptique (ou si vous préférez rationaliste ou zététique) est "réductionniste" dans le sens où elle tente de "réduire" les observations d'ovnis à du connu. Pour ma part, je préfère dire plus simplement que l'approche sceptique consiste à expliquer les observations d'ovnis. Une approche irréductionniste, telle que celle prônée par Lagrange à travers toute son oeuvre, consiste donc à ne pas tenter pour la sociologie de réduire les observations d'ovnis à du prosaïque, mais au contraire à laisser la porte grande ouverte aux explications extraordinaires. Après la publication de son article "REPRENDRE À ZÉRO", l'ufosceptique Claude Maugé avait publié une réponse dans la même revue intitulée "Science et sociologie des sciences ou parti-pris ?" ("Inforespace" n°103, décembre 2001) dans lequel il argumentait que derrière une façade d'observation participante en réalité Pierre Lagrange défendait l'ufologie pro-hypothèse extraterrestre.

J'ai profité de la création de son blog pour lui poser la question: pensez-vous, oui ou non, qu'il y ait de l'extraterrestre et/ou du paranormal à l'origine de certaines observations d'ovnis? Si au départ sa réaction fut uniquement de ne pas répondre à mes commentaires, il finit par écrire (je cite un commentaire publié ici):
Quand à mes convictions personnelles sur les ovnis, je suis régulièrement pris à parti par les différents acteurs du débat ufologique qui sont persuadés que je pense ceci ou cela (ils en savent visiblement plus que moi) mais ma réponse demeure inchangée: je l’ai souvent dit, je n’ai pas de conviction personnelle.
Nous avons donc ici un intellectuel détenteur d'un doctorat consacré à la sociologie du phénomène ovni, qui lit la littérature ufologique depuis un bon paquet d'années (son premier ouvrage "La rumeur de Roswell" date de 1996), et qui cependant nous dit qu'il n'a absolument aucune conviction personnelle concernant la légitimité (ou l'absence de) de l'hypothèse extraterrestre pour expliquer le phénomène ovni. Il ne penche même pas un peu dans une direction. Il n'a pas non plus d'opinion provisoire ou d'"educated guess" comme on dit en anglais. Non, lorsqu'on lui pose la question de savoir ce qu'il pense du modèle sociopsychologique par comparaison avec les hypothèses extraordinaires, il semblerait que son cerveau soit absolument vide de tout contenu.

A l'heure d'aujourd'hui, être contre ce qu'il surnomme le "Grand Partage" semble être pour Pierre Lagrange bien plus important que le débat ufologique. Ce grand partage, c'est celui qui existe selon lui entre sciences et pseudosciences, entre rationnel et irrationnel. Il faut, toujours selon ce sociologue, abandonner ces distinctions. Pourquoi? Parce qu'il s'agit de la base de sa méthode "irréductionniste". On se refuse de trancher entre approche sceptique du phénomène ovni et hypothèse extraterrestre, tout comme on se refuserait de trancher entre astronomie et astrologie, médecine basée sur la science et médecines prétendument alternatives, théorie de l'évolution et créationnisme, thérapies cognitivo-comportementales et psychanalyse, etc. Rappelons brièvement ici que les épistémologues discutent abondamment dans la littérature philosophique de comment distinguer sciences de quasi-sciences, pseudo-sciences et non-sciences (voir par exemple l'excellent ouvrage "Nonsense on Stilts" de Massimo Pigliucci sur le sujet). S'il n'est pas aisé de réaliser cette distinction, la conclusion qu'il faudrait purement et simplement la rejeter est fallacieuse: il ne faut en effet pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Mais au-delà du fait que ce rejet est la base de sa démarche sociologique, il nous explique pourquoi une telle attitude vis-à-vis du "Grand Partage" est selon lui importante. Je cite la fin du billet "Réalité, construction “sociale”: quelques précisions":
La révolution formidable introduite selon moi par ces études tient dans cette façon tout à fait originale de recomposer le social, de le transformer en collectif, de ne plus faire de distinction entre ce qui est humain, ce qui est non humain, ce qui est technique, et scientifique. La science ne décrit pas la réalité extérieure, le cosmos lointain, la nature extérieure à notre société, elle produit des êtres qui vont venir recomposer et redéfinir la société, le collectif.
Et dire que tout ce temps, je pensais que l'objectif de Pierre Lagrange était de mieux comprendre le phénomène ovni! Non, non, loin de là, son objectif, via l'étude sociologique "irréductionniste" du phénomène ovni est de "recomposer le social", de "transformer le social en collectif", de "ne plus faire la distinction entre ce qui est humain et non humain", de "ne plus faire la distinction entre technique et scientifique"...

Rien que ça!

Je pense personnellement que si on veut produire un changement sociétal, il est bien plus pertinent de faire de la philosophie politique, de devenir un militant ou encore de travailler pour une ONG que de faire de la sociologie du phénomène ovni, qu'elle fut "irréductionniste" ou non.

En ce qui me concerne, ce qui m'intéresse, c'est l'étude du phénomène ovni. Pour ceux qui ont pour objectif de "recomposer le social via la sociologie irréductionniste en rejetant le Grand Partage entre rationnel et irrationnel", vous savez qu'il existe maintenant pour vous le blog de Pierre Lagrange. Chacun son truc.

vendredi 4 mars 2011

Épisode #92: Béatrice

L'Épisode #92: Béatrice du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Béatrice, ex-membre d’une secte.

mardi 1 mars 2011

Définition du concept "paranormal"

James Alcock, dans Parapsychologie : science ou magie?, propose la définition suivante :
Un phénomène paranormal est un phénomène (1) qui est inexplicable dans les termes de la science actuelle, (2) qui est explicable uniquement par une révision majeure des principes de base de la science ou (3) qui n'est pas compatible avec la norme des perceptions, des croyances et des attentes à propos de la réalité.
Dans la "Paranormal Belief Scale"  (PBS) de Tobacyk & Milford, l'ensemble de la croyance au paranormal comprend:

a. les croyances religieuses traditionnelles;
b. les phénomènes psi (c'est-à-dire les perceptions extrasensorielles et la psychokinèse);
c. la sorcellerie;
d. les superstitions;
e. les formes de vies extraordinaires;
f. le spiritisme;
et enfin g. la prémonition.

Les extraterrestres du phénomène ovni se retrouvent dans cette échelle de Tobacyk & Milford dans la catégorie des formes de vies extraordinaires, en compagnie de cryptides comme le monstre du Loch Ness, le Big Foot ou encore le Chupacabra.

Cependant, plus récemment, dans "The psychology of paranormal belief", Harvey J. Irwin argumente qu'il serait plus judicieux d'utiliser la terminologie de "croyances non acceptées par la science" par rapport à croyance au paranormal. En effet, la grande majorité des gens n'attribuent pas le phénomène ovni à une cause surnaturelle. Le terme paranormal est un fourre-tout qui regroupe tout et n'importe quoi. Si catégoriser les extraterrestres de l'ufologie avec les monstres des lacs à du sens, il est beaucoup plus délicat de les mettre dans le même sac que les fantômes, les fées ou encore les anges. Il est en effet tout à fait envisageable dans l'état actuel de nos connaissances, si nous faisons fi du paradoxe de Fermi, que des extraterrestres visitent un jour notre planète. Cependant, le consensus scientifique actuel considère que le phénomène ovni, tel qu'il se présente actuellement, s'explique de manière prosaïque. Harvey J. Irwin propose dans la foulée que le terme de paranormal soit, dans la littérature scientifique en tout cas, uniquement utilisé pour la croyance dans des phénomènes jugés totalement impossibles par le consensus scientifique: par exemple la prémonition qui est une violation du principe de cause à effet.