samedi 26 février 2011
Épisode #91: "Feeling the Future"
L'Épisode #91: "Feeling the Future" du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit y discutent de l'article de Daryl J. Bem "Feeling the Future: Experimental Evidence for Anomalous Retroactive Influences on Cognition and Affect".
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mercredi 23 février 2011
Enquêter sur les fantômes est-il une perte de temps?
Hayley Stevens, sur son blog "The rather friendly skeptic", discutait récemment du fait que malheureusement pour beaucoup de sceptiques enquêter sur les hantises est perçu comme une perte de temps. Dans l'épisode #90 du balado, Denis Caroti évoquait pour sa part le fait qu'un des objectifs de Richard Monvoisin, à travers sa thèse de doctorat et plus récemment en créant CorteX, est d'étendre l'extension de la zététique à d'autres domaines que le paranormal, comme par exemple la politique.
Il est indéniable qu'il existe une tension dans le mouvement sceptique contemporain, entre ceux qui veulent limiter les champs d'investigations et ceux qui veulent les étendre.
Tout comme Daniel Loxton (qui s'est exprimé régulièrement sur le sujet), je fais partie de ceux qui défendent la position qu'il est préférable de se concentrer sur le scepticisme 101, c'est-à-dire les prétentions paranormales au sens large. Le balado "Scepticisme scientifique" reflète d'ailleurs largement cette conviction personnelle, et mes auditeurs savent que l'on y discute beaucoup d'ufologie, de parapsychologie et de cryptozoologie. A l'inverse, je suis souvent déçu de constater que les balados sceptiques anglo-saxons consacrent énormément de temps à la promotion de la science et finalement peu de temps aux sujets "classiques" du scepticisme. Cela explique aussi pourquoi je suis particulièrement fan de ceux qui vont à l'encontre de cette tendance, comme "Monster Talk", consacré à la cryptozoologie, ou encore "The Ghost Field Guide" (dont l'hôte est justement la Hayley Stevens que je mentionnais au début de ce billet).
Les racines du mouvement sceptique contemporain résident dans la démystification de la superstition. Bien entendu que les autres sujets sont importants, et que les centres d'intérêts des uns et des autres varient. Malgré tout, je pense que le scepticisme "classique" est fondamental.
Premièrement, tout le monde s'intéresse au paranormal au sens large - et particulièrement les adolescents. Du coup, démystifier les observations d'ovnis, les cas de hantises, les rencontres avec un Big Foot ou le monstre du Loch Ness est un prétexte qui permet d'initier les gens à la pensée critique. Se centrer sur le scepticisme 101 a donc un objectif pédagogique. Ensuite, être sceptique signifie enquêter, investiguer. Rejeter les cas de maisons hantées sans aucune étude empirique, juste parce que l'idée même de fantôme "est ridicule", va tout simplement à l'encontre de la philosophie au coeur même du scepticisme rationnel. Et puis les auditeurs du balado savent qu'expliquer une observation d'ovni ou une maison hantée, c'est très facile si on adopte une approche cynique - et non pas réellement sceptique - en étant calé dans son fauteuil derrière son ordinateur, mais apporter une réelle explication prosaïque, empiriquement fondée, demande des compétences et du travail. Si vous ne me croyez pas, lisez donc les enquêtes documentées dans le dernier livre de Benjamin Radford, "Scientific Paranormal Investigation"!
En conclusion, je dirais que vouloir étendre l'extension de la zététique, comme semble vouloir le faire Richard Monvoisin, n'est pas forcément une aussi bonne idée qu'il n'y parait au premier abord. Pour ma part, je pense que le mouvement sceptique contemporain doit se concentrer, voir même à l'heure actuelle se recentrer, sur le scepticisme "classique", c'est-à-dire l'examen scientifique des phénomènes prétendument paranormaux, en ce y compris les ovnis et les cryptides. Je suis donc tout à fait d'accord avec Hayley Stevens pour dire qu'il est quelque peu agaçant de constater que pour beaucoup de sceptiques enquêter sur des hantises est une perte de temps. Au contraire, aller sur le terrain enquêter à propos d'une vision de fantômes ou d'un poltergeist, c'est très exactement ce pour quoi le mouvement sceptique contemporain existe en premier lieu!
Il est indéniable qu'il existe une tension dans le mouvement sceptique contemporain, entre ceux qui veulent limiter les champs d'investigations et ceux qui veulent les étendre.
Tout comme Daniel Loxton (qui s'est exprimé régulièrement sur le sujet), je fais partie de ceux qui défendent la position qu'il est préférable de se concentrer sur le scepticisme 101, c'est-à-dire les prétentions paranormales au sens large. Le balado "Scepticisme scientifique" reflète d'ailleurs largement cette conviction personnelle, et mes auditeurs savent que l'on y discute beaucoup d'ufologie, de parapsychologie et de cryptozoologie. A l'inverse, je suis souvent déçu de constater que les balados sceptiques anglo-saxons consacrent énormément de temps à la promotion de la science et finalement peu de temps aux sujets "classiques" du scepticisme. Cela explique aussi pourquoi je suis particulièrement fan de ceux qui vont à l'encontre de cette tendance, comme "Monster Talk", consacré à la cryptozoologie, ou encore "The Ghost Field Guide" (dont l'hôte est justement la Hayley Stevens que je mentionnais au début de ce billet).
Les racines du mouvement sceptique contemporain résident dans la démystification de la superstition. Bien entendu que les autres sujets sont importants, et que les centres d'intérêts des uns et des autres varient. Malgré tout, je pense que le scepticisme "classique" est fondamental.
Premièrement, tout le monde s'intéresse au paranormal au sens large - et particulièrement les adolescents. Du coup, démystifier les observations d'ovnis, les cas de hantises, les rencontres avec un Big Foot ou le monstre du Loch Ness est un prétexte qui permet d'initier les gens à la pensée critique. Se centrer sur le scepticisme 101 a donc un objectif pédagogique. Ensuite, être sceptique signifie enquêter, investiguer. Rejeter les cas de maisons hantées sans aucune étude empirique, juste parce que l'idée même de fantôme "est ridicule", va tout simplement à l'encontre de la philosophie au coeur même du scepticisme rationnel. Et puis les auditeurs du balado savent qu'expliquer une observation d'ovni ou une maison hantée, c'est très facile si on adopte une approche cynique - et non pas réellement sceptique - en étant calé dans son fauteuil derrière son ordinateur, mais apporter une réelle explication prosaïque, empiriquement fondée, demande des compétences et du travail. Si vous ne me croyez pas, lisez donc les enquêtes documentées dans le dernier livre de Benjamin Radford, "Scientific Paranormal Investigation"!
En conclusion, je dirais que vouloir étendre l'extension de la zététique, comme semble vouloir le faire Richard Monvoisin, n'est pas forcément une aussi bonne idée qu'il n'y parait au premier abord. Pour ma part, je pense que le mouvement sceptique contemporain doit se concentrer, voir même à l'heure actuelle se recentrer, sur le scepticisme "classique", c'est-à-dire l'examen scientifique des phénomènes prétendument paranormaux, en ce y compris les ovnis et les cryptides. Je suis donc tout à fait d'accord avec Hayley Stevens pour dire qu'il est quelque peu agaçant de constater que pour beaucoup de sceptiques enquêter sur des hantises est une perte de temps. Au contraire, aller sur le terrain enquêter à propos d'une vision de fantômes ou d'un poltergeist, c'est très exactement ce pour quoi le mouvement sceptique contemporain existe en premier lieu!
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dimanche 20 février 2011
Agressivité ou respect?
Je voudrais revenir sur la question de la politesse, ou du "ton à adopter", comme nous en discutions récemment avec Denis Caroti dans l'épisode #90 du balado. C'est une question qui rejoint de plus en partie le débat entre confrontasionnistes (la plupart des Nouveaux Athées) et accomodationnistes (des gens comme Chris Mooney, Massimo Pigliucci, Eugenie Scott, etc.) du côté de l'humanisme séculier. En effet, les confrontasionnistes vont généralement adopter un ton plus agressif, plus "rentre dedans", à l'encontre des religions et des religieux que les accomodationnistes. PZ Myers, du blog Pharyngula, en est un bon exemple. Du côté du scepticisme rationnel, la question est aussi de savoir s'il faut "respecter" les tenants. La position en faveur de la politesse est celle par exemple présentée par Phil Plait dans sa conférence "Ne soyez pas un connard". A l'inverse, James Randi, a toujours eu une attitude plutôt disrespectueuse, créant par exemple le mot "woo-woo" pour désigner toute la foutaise qui nous entoure.
Alors, agressivité ou respect?
Ma réponse à cette question est qu'il s'agit d'une fausse dichotomie.
L'attitude à adopter va en effet dépendre de deux choses: a. du tempérament de l'athée/sceptique et - encore plus important! - b. de la situation.
a. Le tempérament
Ma personnalité fait que j'ai des affinités avec le camp des accomodasionnistes et que l'agressivité des confrontationnistes a tendance à me déranger. Je ne me vois pas écrire dans un style insultant, et je considère que la politesse est quelque chose d'extrêmement important. Néanmoins, le fait qu'il existe d'autres types d'athées/sceptiques, un réelle diversité au sein même de ces mouvements, me semble être une bonne chose. Je pense que c'est très bien qu'il y ait un PZ Myers sur le net. J'ai - et je paraphrase ici Chris Mooney - 99% d'ADN intellectuel en commun avec lui, et je pense que les gens plus "rentre dedans" ont un rôle à jouer pour secouer le cocotier. J'irais donc jusqu'à dire que je suis en réalité un fan de PZ Myers, et ce malgré son ton agressif, et ce parce que je pense que l'athéisme a aussi besoin d'individus comme lui. Si tout le monde était accomodationniste, ce serait franchement un gros problème! Même chose pour James Randi. Il est incontestable qu'il adopte un ton relativement méprisant à l'encontre des pseudo-sciences et des tenants. Mais tous les sceptiques se rendent bien compte que le mouvement sceptique contemporain serait très différent aujourd'hui (et pas dans un bon sens) s'il n'y avait pas eu un James "The Amas!ng" Randi.
b. Le contexte
Plus important encore que la question du tempérament de l'athée/sceptique est la situation. Le ton que vous adoptez doit dépendre d'à qui vous vous adressez, dans quel contexte et (très important!) de votre objectif par rapport à cette situation bien précise. Du coup, même si je me sens plutôt un accomodationniste dans l'âme, même si je pense que la politesse est extrêmement importante, même si j'adhère au "Ne soyez pas un connard" de Phil Plait, cela m'arrive d'adopter un ton agressif dans certaines de mes interactions - sur le net ou dans la vie de tous les jours. Tout d'abord, ne nous illusionnons pas: nous sommes tous humains ici, et donc cela nous arrive forcément de nous énerver, ou encore par exemple d'être fatigué de devoir expliquer pour la 10000e fois pourquoi tel ou tel argument pourri ne tient pas la route. Ensuite, il y a des situations où être plus agressif, être plus "rentre dedans", est tout simplement la réponse appropriée. Je suis désolé, mais par exemple quand un bébé de 9 mois, Gloria Thomas Sam, meurt dans de manière atroce (voir ici pour en savoir plus) parce que son père était un homéopathe et a refusé de traiter son eczéma de manière traditionnelle (c'est-à-dire via la médecine basée sur la science), être en colère EST la réponse appropriée.
Pour terminer, il y a la question plus générale du militantisme. Il est clair que les confrontationnistes ont par nature une attitude plus militante que les accomodationnistes. Même si ma personnalité est plutôt accomodationniste, être militant est quelque chose d'important à mes yeux, et ce que ce soit du côté de l'humanisme séculier ou du scepticisme rationnel. C'est pour cette raison que j'ai créé ce blog et le balado. Je pense que le mouvement sceptique contemporain doit tenter de faire bouger les choses, de changer le satu quo. Du coup, je considère par exemple que ne pas participer à la manifestation Ten23 au nom d'un prétendu "respect" vis-à-vis des gens qui croient en l'homéopathie est déplacé. C'est pour cette raison que j'ai écrit mon billet "Pourquoi nous devrions tous participer à Ten23": parce qu'il ne faut tout simplement pas confondre "respect" avec démagogie.
La prochaine fois que vous discuterez, ou débattrez, avec un tenant (que ce soit sur le net ou avec une connaissance, un proche), demandez-vous si une réponse agressive ou respectueuse est la plus appropriée - non pas en général, mais en fonction de votre personnalité, de la situation communicationnelle dans laquelle vous vous trouvez et de l'objectif que vous souhaitez accomplir pour celle-ci.
Note: ma source d'inspiration pour ce billet a été l'épisode "Episode 11 - Managing an Aggressive Tone - Both passive and aggressive interactions have value and purpose in our communication toolbox" du balado "Actually Speaking - Exploring the human side of skepticism".
Alors, agressivité ou respect?
Ma réponse à cette question est qu'il s'agit d'une fausse dichotomie.
L'attitude à adopter va en effet dépendre de deux choses: a. du tempérament de l'athée/sceptique et - encore plus important! - b. de la situation.
a. Le tempérament
Ma personnalité fait que j'ai des affinités avec le camp des accomodasionnistes et que l'agressivité des confrontationnistes a tendance à me déranger. Je ne me vois pas écrire dans un style insultant, et je considère que la politesse est quelque chose d'extrêmement important. Néanmoins, le fait qu'il existe d'autres types d'athées/sceptiques, un réelle diversité au sein même de ces mouvements, me semble être une bonne chose. Je pense que c'est très bien qu'il y ait un PZ Myers sur le net. J'ai - et je paraphrase ici Chris Mooney - 99% d'ADN intellectuel en commun avec lui, et je pense que les gens plus "rentre dedans" ont un rôle à jouer pour secouer le cocotier. J'irais donc jusqu'à dire que je suis en réalité un fan de PZ Myers, et ce malgré son ton agressif, et ce parce que je pense que l'athéisme a aussi besoin d'individus comme lui. Si tout le monde était accomodationniste, ce serait franchement un gros problème! Même chose pour James Randi. Il est incontestable qu'il adopte un ton relativement méprisant à l'encontre des pseudo-sciences et des tenants. Mais tous les sceptiques se rendent bien compte que le mouvement sceptique contemporain serait très différent aujourd'hui (et pas dans un bon sens) s'il n'y avait pas eu un James "The Amas!ng" Randi.
b. Le contexte
Plus important encore que la question du tempérament de l'athée/sceptique est la situation. Le ton que vous adoptez doit dépendre d'à qui vous vous adressez, dans quel contexte et (très important!) de votre objectif par rapport à cette situation bien précise. Du coup, même si je me sens plutôt un accomodationniste dans l'âme, même si je pense que la politesse est extrêmement importante, même si j'adhère au "Ne soyez pas un connard" de Phil Plait, cela m'arrive d'adopter un ton agressif dans certaines de mes interactions - sur le net ou dans la vie de tous les jours. Tout d'abord, ne nous illusionnons pas: nous sommes tous humains ici, et donc cela nous arrive forcément de nous énerver, ou encore par exemple d'être fatigué de devoir expliquer pour la 10000e fois pourquoi tel ou tel argument pourri ne tient pas la route. Ensuite, il y a des situations où être plus agressif, être plus "rentre dedans", est tout simplement la réponse appropriée. Je suis désolé, mais par exemple quand un bébé de 9 mois, Gloria Thomas Sam, meurt dans de manière atroce (voir ici pour en savoir plus) parce que son père était un homéopathe et a refusé de traiter son eczéma de manière traditionnelle (c'est-à-dire via la médecine basée sur la science), être en colère EST la réponse appropriée.
Pour terminer, il y a la question plus générale du militantisme. Il est clair que les confrontationnistes ont par nature une attitude plus militante que les accomodationnistes. Même si ma personnalité est plutôt accomodationniste, être militant est quelque chose d'important à mes yeux, et ce que ce soit du côté de l'humanisme séculier ou du scepticisme rationnel. C'est pour cette raison que j'ai créé ce blog et le balado. Je pense que le mouvement sceptique contemporain doit tenter de faire bouger les choses, de changer le satu quo. Du coup, je considère par exemple que ne pas participer à la manifestation Ten23 au nom d'un prétendu "respect" vis-à-vis des gens qui croient en l'homéopathie est déplacé. C'est pour cette raison que j'ai écrit mon billet "Pourquoi nous devrions tous participer à Ten23": parce qu'il ne faut tout simplement pas confondre "respect" avec démagogie.
La prochaine fois que vous discuterez, ou débattrez, avec un tenant (que ce soit sur le net ou avec une connaissance, un proche), demandez-vous si une réponse agressive ou respectueuse est la plus appropriée - non pas en général, mais en fonction de votre personnalité, de la situation communicationnelle dans laquelle vous vous trouvez et de l'objectif que vous souhaitez accomplir pour celle-ci.
Note: ma source d'inspiration pour ce billet a été l'épisode "Episode 11 - Managing an Aggressive Tone - Both passive and aggressive interactions have value and purpose in our communication toolbox" du balado "Actually Speaking - Exploring the human side of skepticism".
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samedi 19 février 2011
Épisode #90: CorteX
L'Épisode #90: CorteX du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Denis Caroti, membre fondateur de CorteX.
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mardi 15 février 2011
Notes de lectures - 45: "Scientific Paranormal Investigation"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 4/5.
"Scientific Paranormal Investigation: How to Solve Unexplained Mysteries" est un manuel de Benjamin Radford consacré à comment enquêter de manière scientifique sur les phénomènes paranormaux (au sens large). Il se compose de trois grandes parties: la première explique pourquoi il est important d'utiliser la méthode scientifique ("Part I: Science and the paranormal"), la seconde est consacrée à la méthodologie ("Part II: Conducting scientific paranormal investigations") et enfin la troisième se compose d'une série d'études de cas.
Les études de cas sont toutes des enquêtes qui ont été personnellement réalisées par Benjamin Radford au cours des années. Certaines ont fait l'objet d'une publication ailleurs, soit dans des livres, soit dans le magazine "Skeptical Inquirer" ou encore sur le net. Le chapitre 8 "Ogopogo, the bloodthirsty lake monster" est un résumé de l'enquête sur le monstre du lac Ogopogo, qu'il décrit de manière bien plus détaillée dans l'ouvrage (coécrit avec Joe Nickell) "Lake Monster Mysteries: Investigating the World's Most Elusive Creatures"
. De même, le chapitre 13 "Slaying the vampire: solving the chupacabra mystery" présente lui-aussi une version abrégée de l'enquête sur le Chupacabra, auquel le livre "Tracking the Chupacabra: The Vampire Beast in Fact, Fiction, and Folklore"
est entièrement dédié.
Quelques chapitres ont particulièrement attirés mon attention. Le chapitre 4 "How not to investigate the paranormal" est une critique détaillée des méthodes pseudo-scientifiques utilisées par les groupes de chasseurs de fantômes - de type "Ghost Hunters". Le chapitre 13 "Slaying the Vampire: Solving the Chupacabra mystery" est particulièrement intéressant parce que Benjamin Radford a découvert l'origine psychosociale du chupacabra. Je n'ai pas encore lu l'ouvrage qu'il consacre exclusivement à ce sujet, mais je suis impatient de le faire. Je pense en effet que cette enquête restera dans l'histoire du scepticisme scientifique.
Le chapitre 6 "The psychic and the the serial killer" est cependant mon étude de cas préférée, parce que j'ai pu la suivre en direct sur le balado "Skeptiko", un émission réalisée par un tenant de l'existence d'authentiques phénomènes paranormaux et critiquant vivement les sceptiques. Alex Tsakiris, l'hôte de ce podcast, avait invité Benjamin Radford pour discuter avec lui de ses études de cas consacrées aux détectives voyants (angl.: psychic detective), c'est-à-dire des voyants qui aident prétendument la police à retrouver des personnes disparues. A un moment donné de l'interview, il lui a demandé pourquoi est-ce que les sceptiques enquêtaient toujours sur les cas les plus faciles à démystifier, mais évitaient systématiquement d'aborder les affaires réellement impressionnantes. Benjamin Radford, quelque peu choqué par ce propos, l'a alors immédiatement mis au défi de lui soumettre le cas que lui, Alex Tsakiris, considérait comme le plus solide. Ce chapitre détaille son enquête sur l'affaire du meurtre de la pom-pom girl Amie Hoffman et de la voyante Nancy Weber. Benjamin Radford a réalisé un incroyable travail de démystification de ce cas, mais (bien évidemment?) à la fin du processus, Alex Tsakiris a refusé d'admettre qu'il avait clairement perdu son défi.
"Scientific Paranormal Investigation" est excellent de bout en bout, et j'en conseille vivement la lecture à toutes les personnes (sceptiques ou non) réellement intéressées par enquêter scientifiquement sur le paranormal.
Note: 4/5.
"Scientific Paranormal Investigation: How to Solve Unexplained Mysteries" est un manuel de Benjamin Radford consacré à comment enquêter de manière scientifique sur les phénomènes paranormaux (au sens large). Il se compose de trois grandes parties: la première explique pourquoi il est important d'utiliser la méthode scientifique ("Part I: Science and the paranormal"), la seconde est consacrée à la méthodologie ("Part II: Conducting scientific paranormal investigations") et enfin la troisième se compose d'une série d'études de cas.
Les études de cas sont toutes des enquêtes qui ont été personnellement réalisées par Benjamin Radford au cours des années. Certaines ont fait l'objet d'une publication ailleurs, soit dans des livres, soit dans le magazine "Skeptical Inquirer" ou encore sur le net. Le chapitre 8 "Ogopogo, the bloodthirsty lake monster" est un résumé de l'enquête sur le monstre du lac Ogopogo, qu'il décrit de manière bien plus détaillée dans l'ouvrage (coécrit avec Joe Nickell) "Lake Monster Mysteries: Investigating the World's Most Elusive Creatures"
Quelques chapitres ont particulièrement attirés mon attention. Le chapitre 4 "How not to investigate the paranormal" est une critique détaillée des méthodes pseudo-scientifiques utilisées par les groupes de chasseurs de fantômes - de type "Ghost Hunters". Le chapitre 13 "Slaying the Vampire: Solving the Chupacabra mystery" est particulièrement intéressant parce que Benjamin Radford a découvert l'origine psychosociale du chupacabra. Je n'ai pas encore lu l'ouvrage qu'il consacre exclusivement à ce sujet, mais je suis impatient de le faire. Je pense en effet que cette enquête restera dans l'histoire du scepticisme scientifique.
Le chapitre 6 "The psychic and the the serial killer" est cependant mon étude de cas préférée, parce que j'ai pu la suivre en direct sur le balado "Skeptiko", un émission réalisée par un tenant de l'existence d'authentiques phénomènes paranormaux et critiquant vivement les sceptiques. Alex Tsakiris, l'hôte de ce podcast, avait invité Benjamin Radford pour discuter avec lui de ses études de cas consacrées aux détectives voyants (angl.: psychic detective), c'est-à-dire des voyants qui aident prétendument la police à retrouver des personnes disparues. A un moment donné de l'interview, il lui a demandé pourquoi est-ce que les sceptiques enquêtaient toujours sur les cas les plus faciles à démystifier, mais évitaient systématiquement d'aborder les affaires réellement impressionnantes. Benjamin Radford, quelque peu choqué par ce propos, l'a alors immédiatement mis au défi de lui soumettre le cas que lui, Alex Tsakiris, considérait comme le plus solide. Ce chapitre détaille son enquête sur l'affaire du meurtre de la pom-pom girl Amie Hoffman et de la voyante Nancy Weber. Benjamin Radford a réalisé un incroyable travail de démystification de ce cas, mais (bien évidemment?) à la fin du processus, Alex Tsakiris a refusé d'admettre qu'il avait clairement perdu son défi.
"Scientific Paranormal Investigation" est excellent de bout en bout, et j'en conseille vivement la lecture à toutes les personnes (sceptiques ou non) réellement intéressées par enquêter scientifiquement sur le paranormal.
samedi 12 février 2011
Épisode #89: "Randi's Prize"
L'Épisode #89: "Randi's Prize" du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Jean-Michel Abrassart y discute de l’ouvrage de Robert McLuhan, "Randi's Prize: What Sceptics Say About the Paranormal, Why They Are Wrong, and Why It Matters".
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Baladodiffusion,
Paranormal/Parapsychologie
mercredi 9 février 2011
"Skeptic's Dictionary" (application pour iPod touch/iPhone/iPad)
On ne présente plus le "The Skeptic's Dictionary: A Collection of Strange Beliefs, Amusing Deceptions, and Dangerous Delusions"
de Robert Todd Carrol. En plus d'être disponible sous forme de livre, sur internet (y compris dans une traduction en français réalisée par l'équipe des Sceptiques du Québec: le "Dictionnaire sceptique"), une application pour iPod touch/iPhone/iPad est désormais disponible dans l'iTunes Store (ici). Pour une somme modique, vous pouvez maintenant avoir sur vous en permanence le dictionnaire sceptique (en anglais, plus de 700 entrées), disponible à tout moment pour une consultation rapide.
mardi 8 février 2011
Pourquoi nous devrions tous participer à Ten23
Ce week-end se déroulait un évènement sceptique international: "Ten23 - There's nothing in it". Il s'agit d'une manifestation sceptique annuelle contre l'homéopathie. Si à l'origine de Ten23 on trouve les sceptiques britanniques, particulièrement Michael Marsh de "The Merseyside Skeptics Society", l'idée au centre de cette campagne - qui consiste à faire une overdose homéopathique afin de démontrer qu'"il n'y a rien dedans" - est de James Randi. En effet, depuis des années, celui-ci - lors de ses conférences consacrées à l'homéopathie (voir par exemple ici) - avale le contenu d'une boite de somnifères homéopathiques. "The Merseyside Skeptics Society" a décidé d'appliquer cette démonstration de l'inefficacité de l'homéopathie, mais à une bien plus grande échelle! Des groupes sceptiques du monde entier, sur les cinq continents, ont décidé pour cette seconde année de participer à l'évènement.
Je fus cependant fort surpris de découvrir ce dimanche, via Facebook, que Florent Martin Michellot (vice-président de l'Observatoire Zététique) avait décidé de participer à la manifestation en son nom propre, mais que l'OZ en tant qu'organisation avait décidé de ne pas y participer. La raison (je cite Fabrice Neyret):
Le mouvement sceptique a jusqu'à présent largement perdu la bataille contre les médecines prétendument alternatives, qui fleurissent aujourd'hui, aussi bien dans nos pharmacies que dans nos universités où elles sont enseignées. Nous savons que les stratégies classiques (passer à la TV, faire des conférences, etc.) ont un impact minimal. Si nous voulons vraiment changer les choses à un niveau sociétal, il est donc indispensable d'adopter de nouvelles stratégies. J'avoue qu'à cause du succès international de Ten23, j'ai commencé à avoir l'espoir qu'enfin les sceptiques pouvaient vraiment faire une différence sur ce sujet!
On comprendra donc que j'ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi l'OZ a décidé de ne pas participer. On invoque le "respect". Du côté de l'athéisme, je suis moi-même plus un accomodationniste qu'un confrontationniste. J'adhère aussi, contrairement à d'autres sceptiques, au message de Phil Plait lorsqu'il nous dit: "ne soyez pas un connard". Cependant, le "respect" est un jugement de valeur, qui doit être interprété par les uns et les autres. Je ne trouve personnellement pas que Ten23 manque de respect aux croyants en l'homéopathie. Manquer de respect, c'est insulter les gens. Cela demande donc de nommer des individus, et de les attaquer ad hominem. C'est dire "intel à tort de croire à l'homéopathie" ou "x est stupide de croire à y". Je pense que les sceptiques doivent (autant que possible) critiquer les idées et pas les individus. Mais c'est très exactement l'approche développée par Ten23!
Organiser une manifestation internationale contre une pseudo-science est ce que le mouvement sceptique contemporain se doit de faire. C'est pour ce type d'actions que nous existons.
Certains sceptiques peuvent être particulièrement sensible à la question du suicide, pour des raisons personnelles. En toute honnêteté, c'est une position que j'ai lue pour la toute première fois sous la plume de Géraldine Fabre ce week-end dernier, et qui par conséquent me semble être très largement minoritaire. En effet, je pense que si ce sentiment était largement partagé, des sceptiques anglophones auraient dès l'année dernière soulevé le problème. Il ne faut bien entendu forcer personne à participer en tant qu'individu, et si Géraldine ne veut pas participer à Ten23 je n'y vois franchement aucun inconvénient. Mais je pense au contraire que c'est extrêmement important pour l'Observatoire Zététique, en tant qu'organisation sceptique française, de participer. Je pense que fondamentalement le seul vrai problème est la question de la date, qui en France tombe peu après la journée nationale pour la prévention du suicide (le 5 février). Il me semble qu'il faudrait tenter de contacter les organisateurs de Ten23 pour changer la date l'année prochaine, et la repousser peut-être d'une semaine ou deux...
Quoi qu'il en soit, j'espère que l'Observatoire Zététique reviendra sur sa décision, et participera à Ten23 l'année prochaine.
Je fus cependant fort surpris de découvrir ce dimanche, via Facebook, que Florent Martin Michellot (vice-président de l'Observatoire Zététique) avait décidé de participer à la manifestation en son nom propre, mais que l'OZ en tant qu'organisation avait décidé de ne pas y participer. La raison (je cite Fabrice Neyret):
"la zététique" (en tout cas l'Observatoire Zététique) pense que se moquer des croyances est la façon la plus inefficace de convaincre et la plus efficace de braquer. Et pour cette raison, n'a pas voulu s'associer à ce "happening".et Géraldine Fabre d'aller plus loin et d'écrire:
Je trouve ça profondément choquant de se moquer ainsi à la fois des adeptes de l'homéopathie et des personnes concernées par le suicide de près ou de loin. (...) la date est particulièrement mal choisie. Singer un suicide ne devrait vraiment rien avoir de "fun"...Je suis personnellement un fan de la campagne Ten23, et je ne partage pas du tout sur ce sujet la vision des choses avancée par l'Observatoire Zététique. L'année dernière, en écoutant Michael Marsh sur le balado "Righteous Indignation" (dont il est un des co-hôtes) j'ai pu constater l'efficacité de cette manifestation. Commettre une overdose homéopathique est un acte symbolique fort, qui parle aussi bien au grand public qu'aux médias. L'objectif de "The Merseyside Skeptics Society" était particulièrement de faire comprendre à une grande compagnie de pharmacies britanniques que beaucoup de consommateurs sont contre le fait que des médicaments homéopathiques soient vendu à côté de médicaments dont l'efficacité est prouvée scientifiquement. La première année de Ten23 fut un tel succès en Grande-Bretagne que les australiens (sous la houlette de Kylie Sturgess), les USA et beaucoup d'autres pays ont décidé de participer aussi.
Le mouvement sceptique a jusqu'à présent largement perdu la bataille contre les médecines prétendument alternatives, qui fleurissent aujourd'hui, aussi bien dans nos pharmacies que dans nos universités où elles sont enseignées. Nous savons que les stratégies classiques (passer à la TV, faire des conférences, etc.) ont un impact minimal. Si nous voulons vraiment changer les choses à un niveau sociétal, il est donc indispensable d'adopter de nouvelles stratégies. J'avoue qu'à cause du succès international de Ten23, j'ai commencé à avoir l'espoir qu'enfin les sceptiques pouvaient vraiment faire une différence sur ce sujet!
On comprendra donc que j'ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi l'OZ a décidé de ne pas participer. On invoque le "respect". Du côté de l'athéisme, je suis moi-même plus un accomodationniste qu'un confrontationniste. J'adhère aussi, contrairement à d'autres sceptiques, au message de Phil Plait lorsqu'il nous dit: "ne soyez pas un connard". Cependant, le "respect" est un jugement de valeur, qui doit être interprété par les uns et les autres. Je ne trouve personnellement pas que Ten23 manque de respect aux croyants en l'homéopathie. Manquer de respect, c'est insulter les gens. Cela demande donc de nommer des individus, et de les attaquer ad hominem. C'est dire "intel à tort de croire à l'homéopathie" ou "x est stupide de croire à y". Je pense que les sceptiques doivent (autant que possible) critiquer les idées et pas les individus. Mais c'est très exactement l'approche développée par Ten23!
Organiser une manifestation internationale contre une pseudo-science est ce que le mouvement sceptique contemporain se doit de faire. C'est pour ce type d'actions que nous existons.
Certains sceptiques peuvent être particulièrement sensible à la question du suicide, pour des raisons personnelles. En toute honnêteté, c'est une position que j'ai lue pour la toute première fois sous la plume de Géraldine Fabre ce week-end dernier, et qui par conséquent me semble être très largement minoritaire. En effet, je pense que si ce sentiment était largement partagé, des sceptiques anglophones auraient dès l'année dernière soulevé le problème. Il ne faut bien entendu forcer personne à participer en tant qu'individu, et si Géraldine ne veut pas participer à Ten23 je n'y vois franchement aucun inconvénient. Mais je pense au contraire que c'est extrêmement important pour l'Observatoire Zététique, en tant qu'organisation sceptique française, de participer. Je pense que fondamentalement le seul vrai problème est la question de la date, qui en France tombe peu après la journée nationale pour la prévention du suicide (le 5 février). Il me semble qu'il faudrait tenter de contacter les organisateurs de Ten23 pour changer la date l'année prochaine, et la repousser peut-être d'une semaine ou deux...
Quoi qu'il en soit, j'espère que l'Observatoire Zététique reviendra sur sa décision, et participera à Ten23 l'année prochaine.
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Médecines alternatives
samedi 5 février 2011
Épisode #88: Effet Barnum et corrélations illusoires
L'Épisode #88: Effet Barnum et corrélations illusoires du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Comme son titre l'indique, Nicolas Gauvrit y discute de l'effet Barnum et des corrélations illusoires.
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