Sans surprise donc, la S(C)OBEPS est depuis hier soir en pleine opération de damage control, aussi bien dans les médias que sur le web. Je ne m'attendais bien évidemment pas réellement à ce qu'ils affirment quelque chose du genre "nous nous sommes trompés ces 20 dernières années, mea culpa", et c'est bien entendu ce que nous observons: la S(C)OBEPS tente vaillamment de sauver la face.
Sa ligne de défense principale est la suivante: même si la photo de Petit-Rechain est une contrefaçon, cela n'a absolument aucune conséquence, aucune implication, sur le reste de la vague belge. C'est bien entendu une position totalement intenable rationnellement. En effet, pour rappel, la vague belge a compté plus d'un millier de témoins. Or les ufologues n'ont récupéré de toute cela que quelques rares photos, qui se sont révélées être après inspection des photos d'avions - sauf pour celle de Petit-Rechain. Maintenant que celle de Petit-Rechain a été démystifiée par son auteur, cela veut dire qu'absolument aucun témoin n'a pris de photo d'un ovni de la vague belge, alors que (toujours pour rappel) on nous parle d'immenses plateformes lumineuses (parfois décrites aussi grande qu'un terrain de football!) se déplaçant lentement dans le ciel de la Belgique. Les sceptiques trouvaient déjà cela une moisson bien maigre lorsqu'il n'y avait que la photo de Petit-Rechain, mais maintenant qu'il n'y a de fait plus aucune photo dans la course...
L'article "Le faux OVNI "ne remet pas les autres en cause"" nous dit précisément que:
Patrick Ferryn, président du Comité Belge d'Etude des Phénomènes Spatiaux (COBEPS), considère que le faux cliché de l'OVNI de Petit-Rechain (Verviers), pris en avril 1990, ne remet nullement en question la vague belge des objets volants non identifiés aperçus dans le ciel belge à partir de novembre 1989 et ce durant plusieurs mois.Comme je viens de l'expliquer, c'est tout simplement une position rationnellement intenable. Évidemment que la démystification de la photo de Petit-Rechain remet en question la vague belge. Évidemment que la démystification du seul élément concret qui restait pour défendre la soit-disant inexplicabilité de la vague doit jeter (ou uniquement confirmer pour les sceptiques) le soupçon sur l'ensemble des témoignages de cette période et suggérer que nous étions bien devant un phénomène psychosocial. Évidemment que la démystification d'une photo que la S(C)OBEPS a défendu bec et ongles (souvent en insultant les sceptiques qui osaient suggérer qu'elle puisse être une contrefaçon) doit jeter le discrédit sur tout le travail de cette organisation pro-hypothèse extraterrestre.
Cette même rationalisation a d'ailleurs été aussi proposée il y a peu (début d'après-midi) par le physicien émérite Auguste Meessen sur une radio belge, qui évite bien d'expliquer aux auditeurs que toute la théorie de la propulsion des ovnis qu'il a construite sur base de la photo de Petit-Rechain s'est écroulée hier tel un colosse au pied d'argiles.
Le même article nous explique que:
Patrick Ferryn avait lui-même tenté de démontrer, sans y parvenir, que cette photo était un trucage. M. Ferryn explique que le cliché, sur un fond sombre, qui lui avait été soumis, ne faisait référence à aucune dimension, aucun éloignement, aucun avant ou arrière-plan et qu'il était très difficile d'établir quoi que ce soit.C'est fort amusant de voir comment le président de la S(C)OBEPS tente de réécrire l'histoire, en reprenant à son compte les arguments des sceptiques (Mar Hallet, Pierre Magain & Marc Rémy, Wim Van Utrecht, Roger Paquay, etc.), dont aucun n'est membre de son organisation, alors que celle-ci n'a à l'inverse pas arrêté de combattre ce qu'ils considéraient être de la désinformation. A noter particulièrement que lors du colloque de la S(C)OBEPS de mai dernier (2011), la photo de Petit-Rechain avait encore été présentée par Auguste Meessen durant son intervention sans le moindre soupçon de doute émis à propos de son authenticité.
Michel Bougard, un autre membre éminent de la S(C)OBEPS, avait écrit il y a quelques années un article à propos de la prétendue désinformation sceptique sur la vague belge intitulé: "Va-t-on vraiment vers un révisionnisme ufologique?". Comme nous pouvons le constater aujourd'hui, en situation de dissonance cognitive, c'est la S(C)OBEPS qui déforme la manière dont le débat entre tenants et sceptiques s'est déroulé, afin de tenter de sauver du naufrage le peu de crédibilité qui lui reste.
Nulle doute que nous ne sommes qu'au début des tentatives de rationalisations des tenants de l'inexplicabilité de la vague belge. Nous en reparlerons certainement prochainement sur ce blog, au fur et à mesure des développements.
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