vendredi 31 décembre 2010
Le sceptique de service
J'ai été interviewé (en anglais) par Kylie Sturgess pour le balado "Token Skeptic", un podcast australien: "Episode Forty-Eight – On Scepticisme Scientifique – An Interview With Jean-Michel Abrassart". Nous y discutons du mouvement sceptique contemporain dans le monde francophone.
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mercredi 29 décembre 2010
Notes de lectures - 41: "Faut-il croire à tout?"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 1.5/5.
"Faut-il croire à tout? Le comment du pourquoi des parasciences"
est un ouvrage d'Elie Volf, écrit avec la collaboration de Benjamin Lisan et Antoine Thivel. Il contient une préface de Daniel Kunth. Elie Volf a été président de l'Association française pour l'information scientifique en 2007-2008. Le livre adopte une démarche encyclopédique des pseudo-sciences, allant de l'ufologie à la métapsychique, en passant par la cryptozoologie et les médecines soi-disant alternatives.
Daniel Kunth écrit au début de sa préface:
de Robert Todd Carroll ou encore de "An Encyclopedia of Claims, Frauds, and Hoaxes of the Occult and Supernatural: James Randi's Decidedly Skeptical Definitions of Alternate Realities"
de James Randi.
Pour le dire en toute honnêteté, je pense que l'ouvrage contient du bon, du moins bon et du mauvais.
Je vais commencer par les bons points. Il s'agit tout d'abord d'un ouvrage résolument sceptique et il brasse énormément de sujets, y compris parfois sous des angles typiquement francophones. Il parlera par exemple de Gérard Majax dans la section consacrée aux illusionnistes ou de Yves Rocard dans la partie consacrée à la sourcellerie. On ne peut qu'apprécier le fait que ce livre contient toute sorte d'informations typiquement franco-françaises, qui seront généralement tout à fait absentes de la littérature anglophone. Un autre bon point est que "Faut-il croire à tout?" propose de longues discussions en guise d'introduction au scepticisme scientifique. Le premier chapitre est par exemple une présentation de la méthode scientifique, le deuxième est consacré à comment développer son esprit critique, etc. Le troisième bon point est qu'il y a des sujets qu'Elie Volf maîtrise très bien. J'avoue que j'ai découvert grâce à lui l'oeuvre de Michel-Eugène Chevreul, et il m'a vraiment donné envie de lire son "De La baguette divinatoire, et des tables tournantes" (1864).
Où se situe donc le problème? Je dirais tout simplement que "qui trop embrasse mal étreint", ou pour le dire autrement tout le monde n'est pas Robert Todd Carroll... L'ouvrage contient tellement de sujets qu'il est forcément extrêmement difficile pour un seul individu de pouvoir écrire de manière compétente dessus. Je vais prendre un exemple pour illustrer ce problème. On peut lire à propos de l'observation de Kenneth Arnold (p. 183):
La question qu'on peut légitimement se poser est pourquoi ne pas avoir contacté un sceptique spécialiste du phénomène ovni, comme Eric Maillot par exemple, et lui avoir demandé de rédiger la partie consacrée au phénomène ovni? Idem pour d'autres sections du livre. J'ai en effet eu des problèmes similaires à de nombreux endroits de l'ouvrage. Pour mentionner quelques exemples, on apprend à la page 210 que la métapsychie est une "doctrine para-philosophique" (kesako?), et est donc associée dans le chapitre 12 à la théosophie, à l'anthroposophie et au Nouvel Age. Si je peux comprendre qu'on assimile mettons la théosophie à une école philosophique, j'ai beaucoup plus de mal avec la métaphysique et sa descendante la parapsychologie: celles-ci développent en effet clairement une approche empirique de l'étude du paranormal. A la page 34 on peut lire:
Bref, au final, je suis ressorti avec un avis mitigé de ma lecture de "Faut-il croire à tout?" et j'avoue que je suis quelque peu réticent d'en conseiller la lecture, en tout cas à un sceptique débutant.
Note: 1.5/5.
"Faut-il croire à tout? Le comment du pourquoi des parasciences"
Daniel Kunth écrit au début de sa préface:
Cet ouvrage est unique en ce qu’il tente pour la première fois dans un esprit volontairement encyclopédique de recenser les pratiques alternatives rencontrées dans des domaines aussi variés que la médecine, la thérapie, la divination, la psychologie, la communication interrelationnelle etc.L'astrophysicien semble malheureusement ignorer l'existence de l'excellent "The Skeptic's Dictionary: A Collection of Strange Beliefs, Amusing Deceptions, and Dangerous Delusions"
Pour le dire en toute honnêteté, je pense que l'ouvrage contient du bon, du moins bon et du mauvais.
Je vais commencer par les bons points. Il s'agit tout d'abord d'un ouvrage résolument sceptique et il brasse énormément de sujets, y compris parfois sous des angles typiquement francophones. Il parlera par exemple de Gérard Majax dans la section consacrée aux illusionnistes ou de Yves Rocard dans la partie consacrée à la sourcellerie. On ne peut qu'apprécier le fait que ce livre contient toute sorte d'informations typiquement franco-françaises, qui seront généralement tout à fait absentes de la littérature anglophone. Un autre bon point est que "Faut-il croire à tout?" propose de longues discussions en guise d'introduction au scepticisme scientifique. Le premier chapitre est par exemple une présentation de la méthode scientifique, le deuxième est consacré à comment développer son esprit critique, etc. Le troisième bon point est qu'il y a des sujets qu'Elie Volf maîtrise très bien. J'avoue que j'ai découvert grâce à lui l'oeuvre de Michel-Eugène Chevreul, et il m'a vraiment donné envie de lire son "De La baguette divinatoire, et des tables tournantes" (1864).
Où se situe donc le problème? Je dirais tout simplement que "qui trop embrasse mal étreint", ou pour le dire autrement tout le monde n'est pas Robert Todd Carroll... L'ouvrage contient tellement de sujets qu'il est forcément extrêmement difficile pour un seul individu de pouvoir écrire de manière compétente dessus. Je vais prendre un exemple pour illustrer ce problème. On peut lire à propos de l'observation de Kenneth Arnold (p. 183):
Un homme d’affaire américain, Kenneth Arnold, aurait cru voir des Ovnis alors qu’il volait à bord de son avion privé. Il s’agissait selon lui d’objets volants de forme arrondie, en formation, et qui réfléchissaient la lumière du soleil. Après l’enquête, on découvrit qu’il ne s’agissait que de prototypes américains appelés "crêpes volantes".Or, à l'heure actuelle, personne ne sait avec certitude quelle est l'explication adéquate pour l'observation de Kenneth Arnold. Il y a bien évidemment des suspects envisagés, et ils ont généré de nombreuses discussions. Je renvois ici à la plaquette rédigée par Eric Maillot sur le sujet: "L'escadrille d'ovnis de Kenneth Arnold et l'hypothèse oubliée". Au cours des années, ont été évoqué pour expliquer ce cas les ailes Northrop, le F4U Corsair peint en camouflage (hypothèse proposée par Eric Maillot), mais aussi un mirage, un météore (hypothèse proposée par Phillip J. Klass) ou encore des oiseaux comme des pélicans blancs... Le paragraphe trompe donc le lecteur en lui donnant l'impression fausse que l'observation de Kenneth Arnold est parfaitement expliqué. "Faut-il croire à tout?" nous suggère une note de bas de page pour justifier l'explication par les "crêpes volantes", qui renvoie à l'article "Toute l’Amérique a le nez en l’air - Les avions à réaction pourchassent les crêpes volantes", disponible en ligne ici. Si vous allez lire l'article en question - je vous invite à le faire - vous constaterez qu'il ne parle en réalité pas de prototypes, mais propose plutôt comme explication des effets d'optiques. Retenez la règle suivante si jamais vous voulez écrire un livre ou même un article: c'est une bonne chose de mettre des notes de bas de page, mais c'est nettement mieux si ces notes de bas de page vont dans le sens de ce que vous affirmez dans le corps du texte.
La question qu'on peut légitimement se poser est pourquoi ne pas avoir contacté un sceptique spécialiste du phénomène ovni, comme Eric Maillot par exemple, et lui avoir demandé de rédiger la partie consacrée au phénomène ovni? Idem pour d'autres sections du livre. J'ai en effet eu des problèmes similaires à de nombreux endroits de l'ouvrage. Pour mentionner quelques exemples, on apprend à la page 210 que la métapsychie est une "doctrine para-philosophique" (kesako?), et est donc associée dans le chapitre 12 à la théosophie, à l'anthroposophie et au Nouvel Age. Si je peux comprendre qu'on assimile mettons la théosophie à une école philosophique, j'ai beaucoup plus de mal avec la métaphysique et sa descendante la parapsychologie: celles-ci développent en effet clairement une approche empirique de l'étude du paranormal. A la page 34 on peut lire:
Les parasciences sont des fausses sciences ou des sciences marginales, comme par exemple la parazoologie fausse science des animaux mythiques et la cryptozoologie science exacte des animaux rares.Je n'ai jamais lu dans la littérature cette distinction - à vrai dire je n'ai jamais lu ailleurs le terme de "parazoologie" (mis-à-part dans le jeu de rôles "Shadowrun") - et il ne fait selon moi aucun doute que les auteurs qui se disent cryptozoologues discutent principalement des cryptides tel que le monstre du Loch Ness, le Big Foot, etc. Je dirais pour ma part que la parascience est la cryptozoologie et que la véritable discipline scientifique est tout simplement la biologie. Quand je lis ce genre de choses, je me demande sincèrement où l'auteur a été chercher cela.
Bref, au final, je suis ressorti avec un avis mitigé de ma lecture de "Faut-il croire à tout?" et j'avoue que je suis quelque peu réticent d'en conseiller la lecture, en tout cas à un sceptique débutant.
dimanche 26 décembre 2010
Notes de lectures - 40: "The myth of free will"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)
Note: 2/5.
"The Myth of Free Will: Revised & Expanded Edition"
est un ouvrage de Cris Evatt. J'en ai reçu une copie gratuitement, dans le cadre d'une opération promotionnelle réalisée par le "Center for Naturalism". Cette organisation américaine, fondée par Tom Clark (auteur de "Encountering Naturalism: A Worldview and Its Uses"), a pour objectif la promotion du naturalisme philosophique.
Il s'agit d'un florilège de textes courts (quelques pages) et de citations de philosophes, scientifiques et sceptiques à propos du libre arbitre. On y retrouve en vrac Susan Blackmore, Ginger Campbell, Tom Clark, Francis Crick, Richard Dawkins, Daniel Dennett, Albert Einstein, Sam Harris, PZ Myers, Steven Pinker, Michael Shermer, Baruch Spinoza, Mark Twain et bien d'autres.
L'ouvrage se veut une introduction à l'idée que le libre arbitre n'existe pas, position à laquelle j'adhère. Je l'ai malheureusement trouvé dans l'ensemble quelque peu confus. Le traitement est trop superficiel. On en retire par exemple l'idée basique que la science nous apprend que la conscience est un produit dérivé de l'activité cérébrale, sans trop vraiment savoir pourquoi. Et quid des expériences inhabituelles, comme par exemple les expériences de morts imminentes, qui sembleraient à l'inverse pointer vers le dualisme? Pour le lecteur intéressé par le sujet, les discussions ne vont pas suffisamment dans le détail pour être vraiment intéressantes, mais j'ai bien peur qu'à l'inverse pour un lecteur qui n'a jamais abordé ce sujet, le contenu soit trop difficile d'abord... Au final, ce livre me semble plus être une sorte de liste d'auteurs qui remettent en question la croyance dans le libre arbitre. Il est divertissant, mais ce ne sera jamais qu'un amuse-gueule avant d'autres lectures plus sérieuses sur le sujet.
Note: 2/5.
"The Myth of Free Will: Revised & Expanded Edition"
Il s'agit d'un florilège de textes courts (quelques pages) et de citations de philosophes, scientifiques et sceptiques à propos du libre arbitre. On y retrouve en vrac Susan Blackmore, Ginger Campbell, Tom Clark, Francis Crick, Richard Dawkins, Daniel Dennett, Albert Einstein, Sam Harris, PZ Myers, Steven Pinker, Michael Shermer, Baruch Spinoza, Mark Twain et bien d'autres.
L'ouvrage se veut une introduction à l'idée que le libre arbitre n'existe pas, position à laquelle j'adhère. Je l'ai malheureusement trouvé dans l'ensemble quelque peu confus. Le traitement est trop superficiel. On en retire par exemple l'idée basique que la science nous apprend que la conscience est un produit dérivé de l'activité cérébrale, sans trop vraiment savoir pourquoi. Et quid des expériences inhabituelles, comme par exemple les expériences de morts imminentes, qui sembleraient à l'inverse pointer vers le dualisme? Pour le lecteur intéressé par le sujet, les discussions ne vont pas suffisamment dans le détail pour être vraiment intéressantes, mais j'ai bien peur qu'à l'inverse pour un lecteur qui n'a jamais abordé ce sujet, le contenu soit trop difficile d'abord... Au final, ce livre me semble plus être une sorte de liste d'auteurs qui remettent en question la croyance dans le libre arbitre. Il est divertissant, mais ce ne sera jamais qu'un amuse-gueule avant d'autres lectures plus sérieuses sur le sujet.
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samedi 25 décembre 2010
Épisode #82: Le cas Dora

L'Épisode #82: Le cas Dora du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Francine Cordier (avec une brève apparition de Patrice Seray, pour présenter son ouvrage "Les Ovnis Font Leur Show"
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vendredi 24 décembre 2010
Joyeux Noël!
Joyeux Noël à toutes et tous! Pour célébrer dignement la chose, je vous propose une vidéo de ma chanson préférée sur le sujet: "White Wine In The Sun" par le chanteur australien et sceptique Tim Minchin. Superbe!
WHITE WINE IN THE SUN
I'm looking forward to Christmas
It's sentimental I know
But I just really like it
I am hardly religious
I’d rather break bread with Dawkins than Desmond Tutu
To be honest
And yes I have all of the usual objections to consumerism
The commercialisation of ancient religions
And the westernisation of a dead Palestinian
Press-ganged into selling Playstations and beer
But I still really like it
I really like Christmas
Though I'm not expecting
A visit from Jesus
I'll be seeing my dad
My brother and sisters, my gran and my mum
They'll be drinking white wine in the sun
I'll be seeing my dad
My sisters and brother, my gran and my mum
They'll be drinking white wine in the sun
I don't go for ancient wisdom
I dont believe just cos ideas are tenacious
It means they are worthy
I'm ambivalent to churches
Some of the hymns that they sing have nice chords
Though the lyrics are dodgy
And yes I have all of the usual objections to miseducation
Of children forced into a cult institution and taught to externalise blame
And to feel ashamed and to judge things as plain right or wrong
But I quite like the songs
I really like London
Though Christmas is not quite as white as I’d hoped
It’s kind of European
I'm not expecting great presents
Ye olde combination of socks, jocks and chocolate
Is just fine by me
Cos I’ll be seeing my dad
My brother and sisters, my gran and my mum
They'll be drinking white wine in the sun
I'll be seeing my dad
My sisters and brother, my gran and my mum
They'll be drinking white wine in the sun
And you my baby girl
My jetlagged infant daughter
You'll be handed round the room
Like a puppy at a petting zoo
And you’re too young to know
But you will learn one day
That wherever you are and whatever you face
These are the people
Who'll make you feel safe in the world
My sweet blue-eyed girl
And if my baby girl
When you're twenty one or thirty one
And Christmas comes around
And you find yourself 9000 miles from home
You’ll know whatever comes
Your brothers and sisters and me and your mum.
Will be waiting for you in the sun
Girl when Christmas comes
Your brothers and sisters
Your aunts and your uncles
Your grandparents, cousins
And me and your mum.
Will be drinking white wine in the sun
Waiting for you in the sun
Drinking white wine in the sun
Waiting for you
I really like Christmas
It’s sentimental I know
mercredi 22 décembre 2010
La table de "Rencontres paranormales"
Dany Plouffe, du blog "Enquête sur «Rencontres paranormales» de TVA", a réalisé une excellente vidéo (en français, environ 7 minutes) expliquant les mouvements de la table durant cette émission (dont le site officiel se trouve ici) diffusée au Québec:
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lundi 20 décembre 2010
"Memetics!" sur le balado Rationally Speaking
J'ai pas mal discuté par le passé de mémétique sur ce blog. J'ai découvert cette discipline il y a quelques années avec l'ouvrage "The Meme Machine" de Susan Blackmore - que j'apprécie pour ses écrits critiquant la parapsychologie. Comme beaucoup, je me suis alors enthousiasmé pour cette hypothèse de travail, particulièrement comme je m'intéresse à la question de l'origine psychosociale de la croyance au surnaturel. Néanmoins, au fur et à mesure de mes réflexions personnelles, de mes lectures, de mes interviews de membres de la Société francophone de mémétique pour le balado (épisode #9, #27 et #33), de mon débat plus que houleux avec Antoine Vekris (celui-ci ayant finit par carrément m'insulter de manière fort vulgaire sur son blog "Coffee and Sci(ence)"), mon enthousiasme s'est de plus en plus érodé et je suis devenu de plus en plus dubitatif par rapport à l'apport possible de la mémétique au champ des sciences de l'homme.
J'avoue que j'aurais aimé interviewer Dominique Guillo à propos de son ouvrage "La culture, le gène et le virus", dans lequel il critique justement la mémétique, malheureusement cela ne s'est pas fait. Qui sait, j'en aurais peut-être l'occasion dans le futur? A l'heure d'aujourd'hui, je suis bien plus convaincu de l'intérêt de la psychologie évolutionniste que de la mémétique. La théorie de l'évolution a tout à fait sa place dans l'explication des phénomènes humains, mais selon moi cela ne passera pas par l'hypothèse mémétique, et ce même si le concept de mème est voué à rester dans la culture populaire (en tant que synonyme d'objet virtuel très populaire sur le net, comme par exemple une publicité virale).
Si je revisite brièvement ce sujet aujourd'hui, c'est parce que le dernier épisode du balado "Rationally Speaking", RS24, est consacré à une critique de la mémétique par Massimo Pigliucci, un biologiste, philosophe et sceptique que j'apprécie tout particulièrement. Il est l'auteur, entre autres, de l'excellent ouvrage d'épistémologie "Nonsense on Stilts". J'en profite donc pour conseiller à ceux qui s'intéressent à la mémétique, particulièrement dans une perspective sceptique, d'écouter cet épisode (en anglais) du balado des sceptiques de New York (USA). Il vaut franchement la peine d'être écouté!
J'avoue que j'aurais aimé interviewer Dominique Guillo à propos de son ouvrage "La culture, le gène et le virus", dans lequel il critique justement la mémétique, malheureusement cela ne s'est pas fait. Qui sait, j'en aurais peut-être l'occasion dans le futur? A l'heure d'aujourd'hui, je suis bien plus convaincu de l'intérêt de la psychologie évolutionniste que de la mémétique. La théorie de l'évolution a tout à fait sa place dans l'explication des phénomènes humains, mais selon moi cela ne passera pas par l'hypothèse mémétique, et ce même si le concept de mème est voué à rester dans la culture populaire (en tant que synonyme d'objet virtuel très populaire sur le net, comme par exemple une publicité virale).
Si je revisite brièvement ce sujet aujourd'hui, c'est parce que le dernier épisode du balado "Rationally Speaking", RS24, est consacré à une critique de la mémétique par Massimo Pigliucci, un biologiste, philosophe et sceptique que j'apprécie tout particulièrement. Il est l'auteur, entre autres, de l'excellent ouvrage d'épistémologie "Nonsense on Stilts". J'en profite donc pour conseiller à ceux qui s'intéressent à la mémétique, particulièrement dans une perspective sceptique, d'écouter cet épisode (en anglais) du balado des sceptiques de New York (USA). Il vaut franchement la peine d'être écouté!
The term meme was introduced by Richard Dawkins in his 1976 bestseller "The Selfish Gene." Dawkins was trying to establish the idea that Darwinian evolution is a universal, almost logically necessary phenomenon. He couldn't, however, point to exobiological examples to reinforce the concept of universal Darwinism, so he turned to cultural evolution, renamed “ideas” as “memes” (in direct analogy with genes), and voilà, the field of memetics was born.
Despite staunch support by authors such as Susan Blackmore and Daniel Dennett, among others though, serious questions can be raised about memes and memetics as a viable concept and field of inquiry. To begin with, how is this different from classical studies of gene-culture co-evolution? Second, what, exactly are memes, i.e. what is their ontological status? Third, how do memes compete with each other, and for what resources? Is it even possible to build a functional ecology of memes, without which the statement that the most fit memes are those that spread becomes an empty tautology? Could this explain why the "Journal of Memetics" closed shop, or is it that they discovered everything there was to discover about memes?
samedi 18 décembre 2010
Épisode #81: Le mouvement postmoderne
L'Épisode #81: Le mouvement postmoderne du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Jean Bricmont.
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vendredi 17 décembre 2010
À PROPOS DE QUELQUES DÉMYSTIFICATEURS MÉDIÉVAUX

Le rationaliste Guillaume de Baskerville dans "le Nom de la Rose", film de Jean-Jacques Annaud adapté du roman d'Umberto Eco. Son nom fait référence à la fois à Guillaume d'Ockham (v. 1285-1347), auteur du principe scientifique - cher aux sceptiques - dit du rasoir d'Ockham, et au détective Sherlock Holmes, dont l'une des plus fameuses enquêtes est bien sûr "le Chien des Baskerville". Ce moine franciscain fictif y apparaît comme le disciple d'un des pionniers de la méthode scientifique, Roger Bacon (1214-1294).
Depuis au moins le VIe siècle avant notre ère en Occident, des penseurs se sont intéressés de manière critique aux récits légendaires ou mythiques de leur temps ; parmi eux, citons Thalès de Milet, Hécatée de Milet, Héron d'Alexandrie ou Plutarque.
Après la fin de la culture classique gréco-romaine cependant, l'éducation et la culture sont presque totalement prises en charge par l'Église, qui n'encourage pas spécialement l'usage de l'esprit critique. À partir du Moyen Âge central, en dépit du fait que l'argument d'autorité joue un rôle essentiel dans la méthode scholastique utilisée par les intellectuels du XIIe au XVe siècle, on peut malgré tout retrouver traces de "raisonneurs" et autres empêcheurs de croire en rond.
Voyons-en quelques exemples. En 1121, Pierre Abélard (1079-1142) créé une controverse en mettant en question le fait que saint Denis, vénéré comme premier évêque de Paris et patron du royaume capétien, soit le même personnage que le prestigieux Denis l'Aréopagite, censément converti par saint Paul himself lors de son passage à Athènes. Dans une lettre autobiographique, il en raconte ainsi la naissance :
"Un jour, dans une lecture, je tombai sur un passage de l'exposition des "Actes des Apôtres" de Bède [le bénédictin anglais Bède le Vénérable (673-735)], où cet auteur prétend que Denis l'Aréopagite était évêque de Corinthe, non d'Athènes. Cette opinion contrariait vivement les moines de Saint Denis, qui se vantent que leur Denis est précisément l'Aréopagite et que ce dernier, sa "Vie" l'atteste, est évêque d'Athènes. Je communiquai à quelques frères qui m'entouraient le passage de Bède qui nous faisait objection. Aussitôt, transportés d'indignation, ils s'écrièrent que Bède était un imposteur, qu'ils tenaient pour plus digne de foi le témoignage d'Hilduin, leur abbé, qui avait longtemps parcouru la Grèce pour vérifier le fait, et qui, après en avoir reconnu l'exactitude, avait péremptoirement levé tous les doutes dans son histoire de Denis l'Aréopagite. L'un d'eux me priant alors avec instance de faire connaître mon avis sur le litige de Bède et d'Hilduin, je répondis que l'autorité de Bède, dont les écrits sont suivis par toute l'Église latine, me paraissait plus considérable." (Historia calamitatum ["Histoire de mes malheurs"], v. 1132)
En 835, l'empereur Louis le Pieux avait en effet chargé Hilduin (775-840) - qu'il avait précédemment placé à la tête de l'abbaye de Saint-Denis - de rédiger une biographie de Denis de Paris, saint patron vénéré par le monarque. Hilduin s'était exécuté et avait identifié Denis de Paris à Denis l'Aréopagite, interprétation pour le moins discutable que les hagiographes vont populariser pendant des siècles. Les membres de l'abbaye accordaient naturellement foi au récit de leur abbé qui leur valait un si illustre fondateur. Vu d'aujourd'hui, le débat peut paraître oiseux, mais, dans le contexte de l'époque, porter atteinte à la réputation de cette abbaye revenait à porter aussi atteinte au pouvoir royal. L'affaire prendra donc rapidement une dimension politique et Abélard se verra finalement obligé de se rétracter.
Pour l'historien médiéviste Jacques Le Goff, l'érudit contestataire a démontré "que les fameuses pages de Hilduin sur le fondateur de l'abbaye [de Saint-Denis] ne sont que fariboles et que le premier évêque de Paris n'a rien à voir avec l'Aréopagite qui convertit saint Paul". (1) En fait, en homme de son temps, Abélard recourait comme ses contradicteurs à l'argument d'autorité - le critère principal étant ici l'ancienneté de la source, considérée comme gage de véracité des faits rapportés - et n'a rien prouvé stricto sensu. Il faudra attendre encore quelques siècles pour que cette erreur (volontaire ?) d'identification soit véritablement démontrée, grâce en particulier à Jacques Sirmond (1559-1651). Néanmoins, Abélard a bien relevé les contradictions présentes dans le récit d'Hilduin et cherché à rétablir la vérité, même si les connaissances historiques dont il pouvait disposer ne lui ont pas permis d'identifier les différents personnages se cachant sous ce vocable de saint Denis. (2)
Deuxième exemple : la légende arthurienne, qui durant cette période médiévale a connu une vogue et une diffusion exceptionnelles. Si l'existence d'Arthur comme roi d'Angleterre n'y a alors jamais été remise en cause, plusieurs auteurs ont toutefois fait preuve d'esprit critique envers sa biographie alléguée. Guillaume de Newburgh, au début de son Histoire des choses anglaises (1196), dénonce le caractère fictif des événements attribués au roi Arthur et aux prophéties de Merlin, à son sens "fables ridicules" reprises ou inventées par son prédécesseur Geoffroy de Monmouth dans l'Histoire des rois de Bretagne (1138), qui les a écrites en latin pour leur donner plus de crédibilité. Il souligne que Gildas le Sage et Bède le Vénérable, qui leur servent de sources communes, ne citent simplement pas Arthur. Le poète normand du XIIe siècle Wace dit pour sa part s'être rendu dans la forêt de Brocéliande à la recherche des "merveilles" décrites par les chroniqueurs, en particulier la fontaine de Barenton, et n'y avoir rien trouvé d'extraordinaire. Pour Guillaume de Malmesbury, si Arthur avait réellement conquis la Gaule, d'autres historiens en auraient parlé. Au XIVe siècle, le chroniqueur anglais Ranulf Higden relève aussi des faits invraisemblables - le roi Arthur est censé avoir vaincu un roi des Francs nommé Frollon qu'aucune autre source ne mentionne - et anachronismes gênants - ainsi, à l'époque alléguée d'Arthur, régnait l'empereur Justinien et non Léon...
Troisième et dernier exemple : au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle, au sein de la faculté des arts de Paris, se forme un groupe d'intellectuels dont les membres prennent l'habitude de se désigner comme philosophes, pour se distinguer des théologiens. (3) Leurs chefs de file sont Siger de Brabant (v. 1240-1284) et Boèce de Dacie (?-?). Nonobstant leurs précautions oratoires, leurs idées subversives alarment bientôt les théologiens scholastiques. La réaction conservatrice se manifeste par le célèbre Syllabus, décret promulgué par l'évêque de Paris Étienne Tempier, en mars 1277, qui condamne diverses "erreurs de ce temps". Ses 219 articles vouent pêle-mêle aux gémonies des thèses averroïstes, des propositions thomistes mais aussi des vues franchement rationalistes... Si la condamnation constitue une attaque directe contre ces universitaires parisiens, les censeurs cherchent au-delà à interdire la diffusion du raisonnement démonstratif, appliqué à la théologie.
Certaines propositions condamnées révèlent donc l'existence souterraine d'un courant de pensée rationaliste et antichrétien. En plein cœur du Moyen Âge, certains pensent ainsi "Que la théologie est fondée sur des fables" ou "Que la loi chrétienne a ses fables et ses erreurs comme les autres religions". Mais c'est surtout la tendance à traiter de tout rationnellement qui attire les foudres épiscopales : "Que la résurrection future ne doit pas être admise par le philosophe, parce qu'il est impossible d'examiner la chose rationnellement" ou, tout simplement, "Que la loi chrétienne est un obstacle à la science". (4)
L'interdiction de ces propositions et doctrines philosophiques sera communiquée aux autres universités et, semble-t-il, appliquée : "[...] L'observation de ces articles, et plus généralement de tous les articuli parisienses, fut bientôt imposée aux bacheliers sententiaires de Paris, aux théologiens des universités de Bologne, Vienne, Cologne et Erfurt, ainsi qu'aux franciscains du monde entier ; que, par conséquent, les censures parisiennes devinrent un instrument de travail essentiel pour les philosophes et les théologiens, qui les ont connues et couramment employées depuis la fin du XIIIe siècle jusqu'à l'âge moderne ; enfin, que le Syllabus de Tempier fut utilisé comme argument d'autorité à la fin du XVe siècle pendant le procès de Jean Pic de la Mirandole, au début du XVIIe siècle à l'occasion des condamnations de la théorie héliocentrique de Copernic et de Galilée, et encore au début du XVIIIe siècle dans les pamphlets contre la "philosophie nouvelle" de Descartes." (5)
Mais tout cela n'empêchera pas la lignée des déconstructeurs de mythes religieux et de légendes historiques de se poursuivre et de se développer dans l'Europe moderne avec des auteurs comme Fontenelle (De l'origine des fables, 1684 ; Histoire des oracles, 1686) ou Voltaire (la légende de la bataille du passage du Rhin en 1672 dans le Siècle de Louis XIV, 1751)...
(1) Jacques Le Goff, les Intellectuels au Moyen Âge, Seuil, 1985 [1957], p. 47.
(2) En l'occurrence, le véritable Denis l'Aréopagite qui aurait vécu au Ier siècle, l'évêque Denis de Paris décapité au milieu du IIIe siècle sous le règne de Dèce et enfin le pseudo-Denis l'Aréopagite, un auteur de traités de théologie mystique de la fin du Ve siècle.
(3) Ces penseurs sont généralement qualifiés d'" averroïstes ", d'après le philosophe musulman espagnol Averroès (v. 1126-1198).
(4) Jacques Le Goff, Le XIIIe siècle : l'apogée de la chrétienté (v. 1180 - v. 1330), Bordas, 1982, p. 112.
(5) Luca Bianchi, "Un Moyen Âge sans censure ? Réponse à Alain Boureau", Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 57, n° 3, 2002.
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mardi 14 décembre 2010
Le balado est "national winner 2010" de l'European Podcast Award!
"Scepticisme scientifique - Le balado de la science et de la raison" est "national winner 2010" de l'European Podcast Award (catégorie France/Personnalité - c'est-à-dire un balado réalisé par un particulier, sans le support d'une organisation). La vidéo de la cérémonie virtuelle se trouve ici.
Un tout grand merci à tout ceux qui ont pris le temps de voter!
Un tout grand merci à tout ceux qui ont pris le temps de voter!
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Mouvement sceptique contemporain
samedi 11 décembre 2010
Asimo le petit robot
Voici une photo d'Asimo ("Advanced Step in Innovative MObility"), l'androïde dont je parle dans l'Épisode #80 et que j'ai eu l'occasion de voir il y a quelques années de cela au Miraikan, le musée national des sciences émergentes et de l'innovation (Tokyo, Japon). Comme cette photo date quelque peu, il existe des versions plus récentes de ce robot.
Épisode #80: Discussion avec Marion Sabourdy
L'Épisode #80: Discussion avec Marion Sabourdy du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Marion Sabourdy, auteur du blog "Quand les singes prennent le thé" et community manager de Knowtex.
vendredi 10 décembre 2010
Nouvel ouvrage sceptique: "L'histoire rêvée de Rennes-le-Château"
David Rossoni - historien et sceptique co-auteur de "Les OVNI du CNES" (2007) - vient de publier un nouveau livre aux éditions Books-on-Demand: "L'histoire rêvée de Rennes-le-Château - Éclairages sur un récit collectif contemporain". Voici le texte de quatrième de couverture:
Depuis sa médiatisation en 1956 sous l'impulsion d'un homme d'affaires local, la "belle histoire" de Rennes-le-Château exerce une étrange fascination. Au cours des années, elle est pourtant passée par toute une série de métamorphoses, le trésor monétaire des débuts se voyant submergé par les énigmes "sacrées" et la remise en cause de l'histoire politique et religieuse "officielle". Sans cesse, de nouvelles spéculations surgissent, poussent, s'entrelacent, s'hybrident... jusqu'à former de nos jours une jungle presque impénétrable de noms, de dates et de lieux.
Ce microscopique village languedocien a ainsi pris place aux côtés des Templiers ou des cathares parmi les terrains d'élection des pseudo-historiens et des néo-occultistes. Telle une perle cristallisant autour d'un banal grain de sable, leur récit collectif a entièrement recouvert le tout petit noyau factuel d'origine, bien moins brillant...
À défaut de pouvoir tout savoir du passé, il reste possible de dissoudre les récits qui ne s'ancrent ni dans la connaissance d'une période historique ni dans les sources qu'elle a produites. Le présent ouvrage ne se cantonne cependant pas au seul registre de la critique historique, de la réfutation argumentée. Le processus de construction mythique est éclairé sous plusieurs angles complémentaires. L'Affaire y sert aussi de support à une réflexion plus générale sur les questions de la scientificité de l'histoire, de la démarcation entre science et pseudo-science, entre rationalité et irrationalité, et finalement sur les racines des croyances non fondées objectivement.
mercredi 8 décembre 2010
Weblist "Scepticisme et zététique" sur Knowtex
Vous pouvez découvrir à la une de Knowtex aujourd'hui une weblist consacrée à: "Scepticisme et zététique - De l'art du doute et de l'esprit critique.". Le liens suggérés ont été sélectionnés par Nicolas Loubet et votre serviteur.
mardi 7 décembre 2010
"Cthulhu's Dark Cults"
J'ai débuté il y a quelques mois avec mon groupe de joueurs une campagne pour "L'Appel de Cthulhu" (voir ma note de lectures #35 pour plus d'informations sur ce jeu de rôles). Je me suis donc replongé dans l'univers lovecraftien et j'ai récemment terminé la lecture du recueil de nouvelles "Cthulhu's Dark Cults - The Tales of Dark & Secretive Orders". Il s'agit d'une série de récits de différents auteurs qui se déroule à la fois dans l'univers créé par H. P. Lovecraft et compatible avec le jeu de rôles inspiré de celui-ci.
Pour être précis, chacun des récits reprend des éléments qui ont été précédemment publiés par Chaosium pour le jeu de rôle, que ce soit dans des scénarios ou des aides de jeu. Comme le titre l'indique, chaque histoire tourne autour d'une secte qui vénère des entités de la pseudo-mythologie lovecraftienne. J'ai bien entendu plus accroché à certaines nouvelles qu'à d'autres, mais je dois dire que l'ensemble est fort divertissant. J'ai particulièrement apprécié les efforts déployés par les auteurs pour nous plonger dans l'atmosphère particulière des années 1920 à 1930. Bref, "Cthulhu's Dark Cults" est une sympathique anthologie de récits horrifiques, à ajouter à votre bibliothèque - particulièrement si vous êtes un fan du mythos lovecraftien.
Pour être précis, chacun des récits reprend des éléments qui ont été précédemment publiés par Chaosium pour le jeu de rôle, que ce soit dans des scénarios ou des aides de jeu. Comme le titre l'indique, chaque histoire tourne autour d'une secte qui vénère des entités de la pseudo-mythologie lovecraftienne. J'ai bien entendu plus accroché à certaines nouvelles qu'à d'autres, mais je dois dire que l'ensemble est fort divertissant. J'ai particulièrement apprécié les efforts déployés par les auteurs pour nous plonger dans l'atmosphère particulière des années 1920 à 1930. Bref, "Cthulhu's Dark Cults" est une sympathique anthologie de récits horrifiques, à ajouter à votre bibliothèque - particulièrement si vous êtes un fan du mythos lovecraftien.
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samedi 4 décembre 2010
Épisode #79: La numérologie
L'Épisode #79: La numérologie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Comme son titre l'indique, Nicolas Gauvrit y discute de la numérologie.
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jeudi 2 décembre 2010
Les balados anglo-saxons #6: "Rationally Speaking"
"Rationally Speaking: Exploring the borderlands between reason & nonsense" est le balado officiel des sceptiques de New York (USA). Il s'accompagne d'un blog du même nom. Les hôtes sont Massimo Pigliucci et Julia Galef.
Cette émission se distingue des autres balados sceptiques en ce qu'elle est plutôt orientée philosophie, particulièrement épistémologie. Les lecteurs réguliers de ce blog savent que j'apprécie énormément la pensée de Massimo Pigliucci: j'ai déjà chroniqué précédemment ses livres "Nonsense on Stilts", "Thinking About Science - Volume I" et "Rationally Speaking: Volume I". C'est pour moi un véritable plaisir de l'entendre ainsi régulièrement discuter de divers sujets!
Je suis personnellement convaincu que la philosophie a beaucoup à apporter au mouvement sceptique contemporain, et en ce sens ce balado couvre réellement une niche essentielle à mes yeux. La science est évidemment une partie très importante d'une vision du monde naturaliste, mais la philosophie - pour ne pas dire tout simplement la raison - a aussi bien entendu son rôle à jouer. Il existe divers balados philosophiques - je vous recommande particulièrement "Philosophy Bites" et "The Philosopher's Zone" - mais "Rationally Speaking" est à l'heure actuelle le seul qui soit à la fois dans une perspective philosophique et résolument sceptique.
Cette émission se distingue des autres balados sceptiques en ce qu'elle est plutôt orientée philosophie, particulièrement épistémologie. Les lecteurs réguliers de ce blog savent que j'apprécie énormément la pensée de Massimo Pigliucci: j'ai déjà chroniqué précédemment ses livres "Nonsense on Stilts", "Thinking About Science - Volume I" et "Rationally Speaking: Volume I". C'est pour moi un véritable plaisir de l'entendre ainsi régulièrement discuter de divers sujets!
Je suis personnellement convaincu que la philosophie a beaucoup à apporter au mouvement sceptique contemporain, et en ce sens ce balado couvre réellement une niche essentielle à mes yeux. La science est évidemment une partie très importante d'une vision du monde naturaliste, mais la philosophie - pour ne pas dire tout simplement la raison - a aussi bien entendu son rôle à jouer. Il existe divers balados philosophiques - je vous recommande particulièrement "Philosophy Bites" et "The Philosopher's Zone" - mais "Rationally Speaking" est à l'heure actuelle le seul qui soit à la fois dans une perspective philosophique et résolument sceptique.
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mercredi 1 décembre 2010
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