Pour poursuivre sur les réflexions initiées dans l'épisode 43:
- Quelle est pour vous la place de la philosophie dans le scepticisme scientifique? Quelle rôle celle-ci peut ou doit-elle jouer? Est-ce que les philosophes (comme par exemple Paul Kurtz) apportent au mouvement sceptique contemporain quelque chose qui vous semble particulièrement intéressant?
Bonne discussion!
mercredi 31 mars 2010
mardi 30 mars 2010
Notes de lectures - 30: "Anomalous Experiences"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)Note: 2/5.
"Anomalous Experiences - Essays from Parapsychological and Psychological Perspectives" est un ouvrage collectif édité par Matthew D. Smith. Tous les essais ont été présentés en 2005 à Liverpool Hope University lors d'une journée intitulée "Developing Perspectives on Anomalous Experiences". Il se compose de deux parties: "Parapsychological Perspectives" et "Psychological Perspectives".
"Anomalous experiences" contient de nombreux essais fort intéressants. Je ne peux pas les présenter tous dans ce billet, par conséquent je vais juste mentionner l'un ou l'autre, afin de vous donner une idée du contenu. Christopher French & co. discutent de la personnalité des prétendus enlevés par les extraterrestres dans "Psychological Aspects of the Alien Contact Experience". Richard Wiseman présente les résultats de trois recherches concernant la fiabilité des témoignages durant les séances spirites dans "Observing the Impossible - Eyewitness Testimony for Darkroom Séances". Ciaran O'Keeffe & co. abordent les différentes explications envisageables pour les phénomènes de hantise dans "Haunting Experiences: An Integrative Approach".
Un point négatif est la séparation en deux parties, avec d'un côté les "parapsychologues" et de l'autre les "psychologues". Cette répartition me parait quelque peu artificielle, car elle considère que les parapsychologues sont ceux qui cherchent à déterminer si le Psi existe ou non alors que les psychologues seraient ceux qui s'intéressent aux expériences inhabituelles. Cela à malheureusement tendance à répartir les tenants de l'existence du Psi dans la case "parapsychologues" et les sceptiques dans la case "psychologues", alors que j'ai régulièrement entendu Chris French ou Richard Wiseman dirent dans des interviews qu'ils étaient aussi des parapsychologues. Il me semble beaucoup plus adéquat d'expliciter que, dans le champ de la parapsychologie, il existe différentes écoles de pensées en compétition les unes avec les autres: ceux qui considèrent que l'existence du Psi est prouvée (par exemple Dean Radin), ceux qui sont à la frontière (par ex. Caroline Watts) et ceux qui sont sceptiques par rapport à la question de l'existence du Psi (par ex. Chris French).
Mis-à-part ce bémol, j'ai trouvé dans l'ensemble les diverses contributions à cet ouvrage d'un excellent niveau, et elles fourniront amplement matières à réflexions à ceux qui s'intéressent aux expériences inhabituelles.
Libellés :
Notes de lectures,
Paranormal/Parapsychologie
lundi 29 mars 2010
La semaine "A" sur Facebook
Au fait, cette semaine (du 29 mars au 6 avril) est la semaine "A" sur Facebook!Si vous êtes inscrit sur ce site, n'hésitez pas à suivre la page de la semaine "A" ici.
samedi 27 mars 2010
Épisode #43: Un peu de Feel O’Zofie
L'Épisode #43: Un peu de Feel O’Zofie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Philippe Dor, du blog "Les réflexions de Feel O'Zof". Je vous invite à aller l'écouter.
Libellés :
Baladodiffusion,
Philosophie
jeudi 25 mars 2010
Article de G.M. Woerlee sur "Evidence of the Afterlife"
Je voudrais juste signaler cet excellent article (en anglais) de G.M. Woerlee: "Review of "Evidence of the Afterlife"". Il s'agit d'une critique détaillée de l'ouvrage (et de la recherche) de Jeffrey Long à propos des expériences de mort imminente (EMI), "Evidence of the Afterlife". Comme vous l'aurez certainement deviné, Jeffrey Long défend l'hypothèse survivaliste, c'est-à-dire que les EMIs prouveraient que l'âme peut survivre, au moins temporairement, à la mort du corps. G.M. Woerlee argumente pour sa part que les EMIs peuvent être expliquées de manière prosaïque.
Libellés :
Expériences de Mort Imminente
mercredi 24 mars 2010
Est-ce que tous les catholiques sont des créationnistes?
Je vais discuter dans ce billet de la question de savoir s'il est pertinent de dire que tous les catholiques sont des créationnistes. C'est une question intéressante, et quelque peu complexe. En effet, le problème provient d'un paradoxe: d'un côté l'église catholique défend toujours l'inerrance biblique (tout en admettant l'existence de styles littéraires qu'il faut prendre en compte pour l'interpréter correctement), mais de l'autre les positions officielles actuelles du Vatican sont que la théorie de l'évolution est "plus qu'une hypothèse".
Signalons que j'ai songé à écrire ce billet en lisant l'affirmation suivante sur le blog d'Antoine "Old Cola" Vekris, dans son billet "j'adore":
Prenons pour commencer une définition basique du créationnisme (celle que l'on trouve sur wikipédia):
- Le créationnisme Jeune-Terre (qui pose que la Terre a entre 6000 et 10000 ans),
- Le créationnisme Vieille-Terre (qui accepte les données géologiques concernant l'âge de la terre, mais pas la théorie de l'évolution),
- Le Dessein Intelligent (qui se constitue structurellement comme un négationnisme de la théorie de l'évolution).
Le Dessein Intelligent est une émanation du créationnisme parce que, comme cela a été démontré durant le procès Kitzmiller v. Dover Area School, ce mouvement est le descendant direct de la "Creation Science" des décades antérieures. Pour cette raison, il est très souvent qualifié de néo-créationnisme dans la littérature.
Par distinction, l'évolution théistique n'est pas un forme de créationnisme, parce qu'elle ne défend pas une interprétation littérale des récits de la Genèse. Il s'agit d'une affirmation métaphysique que Dieu aurait soit mis en branle l'évolution puis l'aurait laissé se développer naturellement, soit aurait guidé subtilement l'évolution, sans effets empiriquement observables.
L'église catholique défend une forme d'évolution théistique, qui consiste à dire que le Saint-Esprit serait (je cite cette vidéo YouTube) "la force mystérieuse qui dirige la Création vers son accomplissement". Lors d'une intervention devant l'Académie pontificale des sciences, le Pape Jean-Paul II avait déclaré en 1996 que "près d’un demi-siècle après la parution de l’Encyclique (Humani generis), de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse" (source: ici).
Le credo nous dit par ailleurs:
Dans ce contexte, il n'est pas étonnant qu'un des principaux critiques du Dessein Intelligent outre-atlantique, Kenneth R. Miller, soit un catholique! Pour rappel, il joua un rôle majeur dans le procès Kitzmiller v. Dover Area School. L'évolution théistique est une affirmation métaphysique. Or, le propre d'une affirmation métaphysique est qu'elle est irréfutable par la science. Nous attendons d'un scientifique qu'il adhère au naturalisme méthologique, qui exclut les explications surnaturelles du champ de la science. S'il est possible de critiquer la position de Kenneth R. Miller d'un point de vue philosophique (en défendant que le naturalisme philosophique est la meilleure position métaphysique que quelqu'un puisse adopter), il reste cependant un excellent scientifique. Pour le dire autrement, il est possible de faire de la bonne science sans être athée, pour autant qu'on adopte le naturalisme méthologique. Le contre-exemple est Jean Staune: il s'agit d'un tenant du Dessein Intelligent non pas par le fait qu'il soit un catholique (libéral ou non), mais en fonction des arguments qu'il utilise. Ce qu'il propose dans ses écrits relève de l'intrusion spiritualiste en science: tout comme le Discovery Institute, l'idée générale consiste à dire que la science devrait abandonner le naturalisme méthodologique au profit d'une approche non-matérialiste.
Pour terminer, signalons aussi qu'il est évident que certains se disent sociologiquement catholiques sans adopter l'ensemble des dogmes de cette église. Je pense qu'il faut accepter cet état de fait, et discuter des positions que ces individus défendent réellement, et non pas utiliser un argument d'épouvantail qui serait que "même si vous dites que vous n'êtes pas un créationniste, en réalité vous l'êtes parce que c'est le dogme de votre église". Il faut argumenter en prenant en compte la réalité du paysage religieux, en reconnaissant le fait qu'il y a des catholiques qui affirment clairement que les récits de la Genèse doivent être interprétés métaphoriquement ou allégoriquement.
En conclusion, ma position est qu'affirmer que "tous les catholiques sont des créationnistes" est une généralisation abusive, qui masque la complexité du paysage religieux.
Signalons que j'ai songé à écrire ce billet en lisant l'affirmation suivante sur le blog d'Antoine "Old Cola" Vekris, dans son billet "j'adore":
Si quelqu’un se dit catholique (même pour les catholiques hérétiques) je dirais qu’il est créationniste, s’il prétend le contraire je le renvoie à son credo et à la définition du terme par la doctrine créationniste, pondue par les théologiens de son église.L'idée énoncée ici est donc que même les catholiques libéraux, modérés ou hérétiques (peut importe le vocabulaire que l'on affectionne en la matière) sont des créationnistes. Avant d'aborder ce sujet plus avant, je voudrais m'excuser parce que je vais encore privilégier ici les "subtilités rhétoriques à la mords-moi-le-noeud" (c'est en effet de cette façon qu'Antoine Vekris a caractérisé le contenu de mes billets dans "rebond, bond, nd… Crash!"), plutôt que la vulgarité et les insultes. Chacun son style...
Prenons pour commencer une définition basique du créationnisme (celle que l'on trouve sur wikipédia):
Le créationnisme est une doctrine religieuse fondée sur la croyance selon laquelle la Terre, et par extension l'Univers, ont été créés par Dieu, selon des modalités conformes à une lecture littérale de la Bible.Le concept de "créationniste" s'applique donc aux gens qui adoptent une lecture plus ou moins littérale de la Bible, particulièrement des récits de la Genèse. Ne sont donc pas créationnistes les gens qui adoptent une interprétation métaphorique ou allégorique. Il existe deux types de créationnisme, et enfin une émanation de ceux-ci:
- Le créationnisme Jeune-Terre (qui pose que la Terre a entre 6000 et 10000 ans),
- Le créationnisme Vieille-Terre (qui accepte les données géologiques concernant l'âge de la terre, mais pas la théorie de l'évolution),
- Le Dessein Intelligent (qui se constitue structurellement comme un négationnisme de la théorie de l'évolution).
Le Dessein Intelligent est une émanation du créationnisme parce que, comme cela a été démontré durant le procès Kitzmiller v. Dover Area School, ce mouvement est le descendant direct de la "Creation Science" des décades antérieures. Pour cette raison, il est très souvent qualifié de néo-créationnisme dans la littérature.
Par distinction, l'évolution théistique n'est pas un forme de créationnisme, parce qu'elle ne défend pas une interprétation littérale des récits de la Genèse. Il s'agit d'une affirmation métaphysique que Dieu aurait soit mis en branle l'évolution puis l'aurait laissé se développer naturellement, soit aurait guidé subtilement l'évolution, sans effets empiriquement observables.
L'église catholique défend une forme d'évolution théistique, qui consiste à dire que le Saint-Esprit serait (je cite cette vidéo YouTube) "la force mystérieuse qui dirige la Création vers son accomplissement". Lors d'une intervention devant l'Académie pontificale des sciences, le Pape Jean-Paul II avait déclaré en 1996 que "près d’un demi-siècle après la parution de l’Encyclique (Humani generis), de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse" (source: ici).
Le credo nous dit par ailleurs:
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,Il est donc parfaitement compatible avec l'évolution théistique, et ne demande pas aux croyants d'adhérer à des interprétations littérales, c'est-à-dire créationnistes, des récits de la Genèse. Plus récemment, l'église catholique a de plus clairement rejeté le Dessein Intelligent lors d'une semaine consacrée en 2009 à la théorie l'évolution: elle a en effet refusé d'inviter les tenants de ce mouvement. Pour prendre l'un ou l'autre exemple, "Catholic News Service" nous dit à ce sujet "Intelligent design not science, says Vatican newspaper article"; et sur "Catholic On Line" nous pouvons lire "Intelligent Design belittles God, Vatican director says". Le moins qu'on puisse dire est que le Discovery Institute, la principale organisation faisant la promotion de ce néo-créationnisme, fut mécontent de l'attitude vaticane, comme le prouve ce billet sur leur blog "Evolution news and views": "Exotic Science and Theology in Rome".
Dans ce contexte, il n'est pas étonnant qu'un des principaux critiques du Dessein Intelligent outre-atlantique, Kenneth R. Miller, soit un catholique! Pour rappel, il joua un rôle majeur dans le procès Kitzmiller v. Dover Area School. L'évolution théistique est une affirmation métaphysique. Or, le propre d'une affirmation métaphysique est qu'elle est irréfutable par la science. Nous attendons d'un scientifique qu'il adhère au naturalisme méthologique, qui exclut les explications surnaturelles du champ de la science. S'il est possible de critiquer la position de Kenneth R. Miller d'un point de vue philosophique (en défendant que le naturalisme philosophique est la meilleure position métaphysique que quelqu'un puisse adopter), il reste cependant un excellent scientifique. Pour le dire autrement, il est possible de faire de la bonne science sans être athée, pour autant qu'on adopte le naturalisme méthologique. Le contre-exemple est Jean Staune: il s'agit d'un tenant du Dessein Intelligent non pas par le fait qu'il soit un catholique (libéral ou non), mais en fonction des arguments qu'il utilise. Ce qu'il propose dans ses écrits relève de l'intrusion spiritualiste en science: tout comme le Discovery Institute, l'idée générale consiste à dire que la science devrait abandonner le naturalisme méthodologique au profit d'une approche non-matérialiste.
Pour terminer, signalons aussi qu'il est évident que certains se disent sociologiquement catholiques sans adopter l'ensemble des dogmes de cette église. Je pense qu'il faut accepter cet état de fait, et discuter des positions que ces individus défendent réellement, et non pas utiliser un argument d'épouvantail qui serait que "même si vous dites que vous n'êtes pas un créationniste, en réalité vous l'êtes parce que c'est le dogme de votre église". Il faut argumenter en prenant en compte la réalité du paysage religieux, en reconnaissant le fait qu'il y a des catholiques qui affirment clairement que les récits de la Genèse doivent être interprétés métaphoriquement ou allégoriquement.
En conclusion, ma position est qu'affirmer que "tous les catholiques sont des créationnistes" est une généralisation abusive, qui masque la complexité du paysage religieux.
Libellés :
Athéisme,
Créationnisme/Dessein intelligent
mardi 23 mars 2010
La science peut répondre aux questions morales
Voici une nouvelle conférence TED de Sam Harris (en anglais, environ 23 minutes), auteur de "The End of Faith" et "Letter to a Christian Nation", consacrée à l'idée que la science peut répondre aux questions morales:
inFact: L'énergie nucléaire
Brian Dunning discute de l'énergie nucléaire (en anglais, environ 3 minutes) dans cet épisode d'inFact:
Libellés :
Mouvement sceptique contemporain
lundi 22 mars 2010
James Randi sort du placard!
A l'âge de 81 ans, James Randi sort du placard et parle de son homosexualité dans l'épisode du 21 mars 2010 du balado "For Good Reason" (en anglais).
Libellés :
Mouvement sceptique contemporain
dimanche 21 mars 2010
Ovni en Belgique filmé depuis un avion
Voici la vidéo (muet, environ 1 minute) d'un ovni qui s'accompagne du texte suivant sur YouTube:
From the Belgium air componant color archive -1954- released in February 2010 in compliance whith Belgian disclosure legislation.N'hésitez pas à l'envoyer à votre ami croyant en l'hypothèse extraterrestre, cela lui fera certainement plaisir. Entre nous (chuuuuut, c'est un secret!), cette vidéo a été créée par barzolff814, l'auteur de la célèbre vidéo d'Ovnis à Haïti.
La question de la semaine - 18
Voici ma question pour cette semaine, après en avoir discuté avec Richard Monvoisin dans l'épisode 42 du balado:
- Que pensez-vous de la liste des Facettes & Effets créée par Henri Broch? Est-ce que selon vous elle apporte un plus par rapport à une liste d'arguments fallacieux classiques, comme on peut par exemple en trouver une sur la page "Sophisme" de Wikipédia?
Pour rappel, j'ai écrit précédemment sur ce sujet (ici):
- Que pensez-vous de la liste des Facettes & Effets créée par Henri Broch? Est-ce que selon vous elle apporte un plus par rapport à une liste d'arguments fallacieux classiques, comme on peut par exemple en trouver une sur la page "Sophisme" de Wikipédia?
Pour rappel, j'ai écrit précédemment sur ce sujet (ici):
Le vocabulaire utilisé par Richard Monvoisin est celui qu'a forgé Henri Broch, lorsque celui-ci s'est amusé a rebaptiser, entre autres, les raisonnements fallacieux sous la forme de Facettes et d'Effets. "Cum hoc ergo propter hoc" devient l'Effet Cigogne et l'effet Barnum, découvert par le psychologue Bertram Forer, devient pour sa part l'Effet Puits, et ainsi de suite... Je n'ai jamais adopté ce vocabulaire parce que je n'ai jamais vu l'intérêt de renommer les raisonnements fallacieux alors qu'ils ont déjà des noms utilisés par les philosophes du monde entier - la page wikipédia consacrée aux sophismes en propose une liste non exhaustive - et, en toute honnêteté, je trouve les nouveaux noms proposé par Henri Broch quelque peu ridicule. Je suppose que cela est fait au nom de la vulgarisation, mais je n'ai jamais été convaincu de l'utilité pédagogique de la manoeuvre. Je pense que n'importe qui est capable de comprendre en quoi consiste l'argument ad hominem, le non sequitur ou encore un post hoc ergo propter hoc, pour autant qu'on prenne le temps de le lui expliquer. Les philosophes sont habitués à utiliser cette terminologie, et ils s'en portent très bien. Cette multiplication des terminologies m'a toujours semblé inutile et fondamentalement contre-productive, en effet les zététiciens familiarisés avec la terminologie d'Henri Broch - ce qui n'est pas mon cas - ne le sont pas avec celle utilisée en philosophie par les logiciens et les épistémologues...Bonne discussion!
samedi 20 mars 2010
Épisode #42: “Pour une didactique de l’esprit critique”
L'Épisode #42: “Pour une didactique de l’esprit critique” du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Richard Monvoisin à propos de sa thèse de doctorat zététique "Pour une didactique de l'esprit critique".
Libellés :
Baladodiffusion,
Zététique
vendredi 19 mars 2010
"Japanese Sensei" (application pour iPhone/iPod touch)
"Japanese Sensei" est une application (en anglais) pour iPhone et iPod touch destinée à vous aider à apprendre le japonais.L'application se compose de trois sections: "Learn", "Review" et "Index".
En allant dans "Learn", vous trouverez des unités, elle-mêmes composées de leçons. Chacune des leçons vous propose dix nouveaux mots de vocabulaires, sous la forme de fiches. Chaque fiche propose le mot écrit en japonais ainsi que sa traduction en anglais dans la partie supérieure, et en-dessous une phrase type - là encore dans les deux langues. Si vous touchez l'écran, vous entendrez soit le mot, soit la phrase.
Nous avons là les deux gros points forts de cette application. Le premier est que tous les mots sont disponibles en audio, et vous pouvez donc les entendre encore, et encore, et encore afin d'assimiler leur prononciation. Le deuxième est qu'en plus du vocabulaire, l'application vous enseigne des phrases, ce qui vous permet de mémoriser un exemple d'utilisation contextuelle. Il est clair que pour certains mots, profondément lié à la culture japonaise, avoir uniquement leur traduction ne suffit pas à comprendre comment ils sont utilisés en pratique par les locuteurs natifs. Avoir des phrases à mémoriser est donc un plus incontestable!
Après que vous ayez étudié une leçon, l'application se souvient de ce que vous avez appris. Vous pouvez allez ensuite vous entraîner en allant dans "Review". Cette section se compose de 7 mini-jeux différents:
- "Word Quiz" (kanji ou kana vers l'anglais),
- "Hiragana Quizz" (hiragana vers l'anglais),
- "Word Hiragana Quizz" (kanji vers hiragana),
- "Sentence Tester" (une phrase en désordre à remettre dans l'ordre),
- "Particle Quizz" (une phrase dans laquelle il faut remettre les particules),
- "Memory Test" (jeu de mémoire dans lequel il faut trouver le kanji et sa lecture en hiragana),
- et enfin "Word Match" (dans lequel il faut relier le mot japonais à sa traduction en anglais).
Ces différents jeux couvrent donc tout ce que l'on peut souhaiter en matière d'apprentissage du vocabulaire. De plus, le "Sentence Tester" vous permet de vous entraîner à construire des phrases complètes. Enfin, tous les apprenants du japonais savent qu'une des difficultés de cette langue est l'utilisation correcte des particules (は, か, に, を, の, な, も, と, で, へ, から, et まで) et, par conséquent, je pense que le "Particle Quizz" sera très utile à bon nombre d'entre-nous!
Enfin, la section "Index" fonctionne grosso modo comme un dictionnaire. L'application "Japanese Sensei" contient environ 10000 mots de vocabulaire. A noter que si vous cherchez un mot dans l'index, il sera considéré comme étudié, et ce même s'il n'est pas encore apparu dans les leçons. Cela vous permet concrètement d'inclure dans les exercices de révision des mots pour lesquels vous avez un intérêt particulier. Par exemple, j'ai personnellement été chercher des mots comme "philosophie" (哲学), "psychologie" (心理学), "méditation zen" (座禅), etc. Cela me permet de m'entraîner à lire les kanjis des sujets qui m'intéressent, et ce même si ceux-ci n'apparaissent que très tard dans les leçons. Celles-ci sont en effet construites via un classement utilitaire des mots dans la conversation courante. Autant dire que méditation zen se trouve très loin, vers la fin de la liste...
J'utilise actuellement "Japanese Sensei" parallèlement à Kanken DS, dont j'ai déjà parlé sur ce blog. Ce dernier vous enseigne à écrire (via l'écran tactile de la DS) les kanjis selon un classement progressif en complexité graphique des caractères. Vous allez donc apprendre très tôt des caractères liés à des mots relativement inutiles dans la conversation courante (par exemple bambou, 竹), parce que graphiquement le kanji est très simple et que celui-ci intervient dans la composition graphique de caractères plus complexes. Ceci étant dit, rappelons que l'utilité d'apprendre à écrire à la main les kanjis est relativement limitée, à l'ère où tout le monde communique principalement via des dispositifs électroniques (téléphones portables, ordinateurs, etc.). L'application "Japanese Sensei" sera utile à tous les apprenants du japonais qui veulent augmenter leur vocabulaire, là où Kanken DS ne sera utile qu'à ceux qui veulent apprendre pour une raison ou une autre à écrire cette langue à la main...
En conclusion, "Japanese Sensei" est certainement la meilleure application actuellement dans l'app store pour apprendre le japonais. Son défaut principal est son prix. Une version gratuite, ne contenant que quelques leçons de base, est disponible: "Japanese Sensei Universal" - à essayer avant de faire l'achat de la version complète. "Japanese Sensei" ne remplace bien évidemment pas un véritable professeur, mais aucun jeu vidéo ne le fera jamais. Par exemple, le mini-jeu "Particle Quizz" vous entraîne a placer les particules dans les phrases, mais rien ne vous enseigne les règles de grammaire concernant pourquoi telle ou telle particule est utilisée de telle façon. Pour cela, il vous faudra un bon vieux manuel, un professeur en chair et en os, et/ou un balado comme Japanesepod101.com.
mercredi 17 mars 2010
Les visages du scepticisme
Daniel Loxton a réalisé récemment pour le site Skeptic.com une série de bannières sur le thème "les visages du scepticisme". Je vous en propose une pour la route, parce qu'elles sont vraiment magnifiques. Il s'agit de Robynn McCarthy, hôte de "Skepticality", le tout premier balado sceptique au monde:
Libellés :
Mouvement sceptique contemporain
Jouer en solo ou jouer en équipe?
Je voudrais rebondir aujourd'hui sur les propos d'Antoine "Old Cola" Vekris dans son billet "j'adore", qu'il a écrit en réponse à mon texte du 9 mars 2010 "Scepticisme: cas particuliers ou généralités?" dans lequel je soulignais qu'il affirmait clairement sur son blog être ni un sceptique, ni un zététicien. Je cite:
Néanmoins, ce refus de se revendiquer sceptique, zététicien voir même rationaliste (il avait affirmé être rationaliste dans l'épisode #21 du balado, mais il semble faire marche arrière de ce côté-là puisqu'il n'en parle plus du tout ici) démontre surtout une volonté de sa part de ne pas vouloir jouer en équipe, si je puis dire. Je vais expliquer ici en quoi ce genre d'attitudes me pose problème.
Ce billet se compose de deux parties: dans la première j'explique que l'athéisme n'est pas en soit un mouvement et dans la seconde j'argumente pourquoi un mouvement (et donc nécessairement jouer en équipe) est important - en tout cas si nous nous donnons comme objectif de générer un changement sociétal.
1. L'athéisme n'est pas un mouvement
Commençons par examiner les bannières que s'est donné Antoine Vekris pour son blog. Le terme "athée" est par nature extrêmement flou, parce qu'il ne désigne pas quelque chose dans lequel on croit: il affirme uniquement une absence de croyance dans une déité de type monothéiste. On peut donc très bien être athée et croire dans le surnaturel, ou dans les théories de la conspiration, ou dans les médecines prétendument alternatives, etc. Ce qui implique nécessairement que l'on peut très bien être un athée et ne pas être un sceptique! Par exemple, les membres de l'église raëlienne - y compris son fondateur Claude Vorilhon - se déclarent ouvertement athées, parce qu'ils ne croient pas dans un dieu. "Athée" donne par conséquent extrêmement peu d'informations sur le positionnement d'un individu. Dire "je suis athée" équivaut à dire quelque chose du style: "mon loisir est que je ne collectionne pas les timbres". La question qu'il faut alors nécessairement se poser est: qu'est-ce que la personne qui se déclare "athée" défend?
A l'inverse, si quelqu'un me dit "Je suis un humaniste séculier", je saurai que non seulement il ne croit pas en une déité, mais aussi qu'il a un certain nombre de valeurs (tel que l'humanisme, la séparation de l'église et de l'état, etc.). C'est pour cette raison que l'association "Center for Inquiry" - donc le Committee for Skeptical Inquiry est une branche - défend l'humanisme séculier, et non pas simplement l'athéisme. Ou encore si une personne me dit "J'adhère au naturalisme philosophique", dans ce cas de figure je saurai qu'elle rejette l'existence du surnaturel sous toutes ses formes (le Dieu des chrétiens, mais aussi les anges, les esprits, etc.).
Quoi qu'il en soit, les raëliens peuvent aussi dire en âme et conscience qu'ils adhèrent au naturalisme philosophique, puisque les Elohim - les extraterrestres qui ont selon eux créé l'humanité - ne seraient pas des entités surnaturelles. C'est là à mes yeux que le vocable de sceptique intervient, puisqu'il désigne une personne qui adhère à la méthode scientifique et qui défend l'esprit critique. Je pense qu'un athée peut très bien être membre de l'église raëlienne, mais pas quelqu'un d'authentiquement sceptique.
En ce qui concerne le terme de bright, il s'agit d'un synonyme d'athée que peu de gens utilisent. Pourquoi? Il avait été originellement proposé dans le but d'imiter la stratégie des homosexuels qui s'étaient rebaptisés "gay" afin d'améliorer leur image dans le grand public. Cela a été un immense succès en terme de communication pour la communauté LGBT (lesbiennes , gays, bisexualité et transsexualité). A l'inverse le terme de bright a été un échec. En effet, les personnes ayant proposé d'utiliser ce terme, Paul Geisert et Mynga Futrell, n'y avaient clairement pas bien réfléchi: en anglais, dire "I'm bright" signifie "Je suis intelligent". Évidemment, leur proposition consistait à nominaliser le mot, et il faudrait donc dire "I'm a bright" (trad.: "Je suis un intelligent"), mais en pratique, nominalisation ou pas, ce que les gens entendent est "Je suis quelqu'un d'intelligent" - et implicitement: "Toi qui crois dans une religion, tu es quelqu'un d'idiot". Du coup, le terme qui avait été créé explicitement dans le but d'améliorer l'image des athées dans le grand public s'est révélé offensant, et donc totalement contre-productif.
De plus, rappelons ici que l'on peut très bien être sceptique et théiste. Par exemple, dans la liste des Committee for Skeptical Inquiry Fellows élus en 2010, nous trouvons le catholique Kenneth R. Miller, pour son rôle actif dans la lutte contre le créationnisme, et plus particulièrement le Dessein Intelligent (avec des ouvrages tel que par exemple "Finding Darwin's God: A Scientist's Search for Common Ground Between God and Evolution"). Un autre exemple est David G. Myers, lui aussi un théiste, qui a écrit l'ouvrage "A Friendly Letter to Skeptics and Atheists: Musings on Why God Is Good and Faith Isn't Evil".
Une des forces du mouvement sceptique contemporain est justement de pouvoir s'allier avec les religieux libéraux. Fondamentalement, les sceptiques adhèrent à l'esprit des Lumières, or certains des auteurs de ce mouvement, comme par exemple Immanuel Kant, étaient des déistes. Nos compétiteurs culturels sont les fondamentalistes et les intégristes, pas les modérés.
2. De l'importance des mouvements
Tout ceci étant dit, je pense que le refus d'Antoine Vekris de s'affilier à un mouvement comme le scepticisme scientifique relève une autre différence fondamentale dans nos attitudes: il joue en solo, alors que je joue en équipe. Le but du blog "Scepticisme scientifique" n'est pas de faire la promotion de ma personne: l'objectif que je poursuis est qu'il serve de passerelle entre le public francophone - particulièrement ceux qui ne peuvent pas lire l'anglais couramment - et le scepticisme anglophone. Le but du balado, pour sa part, est de faire connaître la communauté sceptique francophone, d'où le fait que j'ai opté pour le format de l'interview. Je cherche à donner la parole à des personnes qu'on entend trop peu à mon goût dans les médias traditionnels. Dans l'ensemble, mon travail s'adresse aux sceptiques et aux zététiciens, et consiste à leur dire: "Vous n'êtes pas seul! Nous sommes légions!".
A l'inverse, comme Antoine Vekris joue en solo, le blog "Coffee and sci(ence)" a uniquement pour objet de faire la promotion de ce que pense Old Cola. Vous allez me dire: est-ce que c'est véritablement un problème? Oui et non. Des tas de gens font la promotion d'eux-mêmes sur internet. Il est donc loin d'être le seul. Cependant, un mouvement est nécessaire si l'objectif est de générer un changement sociétal. A quelques rares exceptions (Richard Dawkins, PZ Myers...), il est très difficile de faire bouger les choses si on n'est qu'un individu isolé, en train de bloguer seul dans son coin.
A l'heure actuelle, le scepticisme est balbutiant dans la langue de Molière. Il est donc impossible de réaliser des opérations de grandes envergures. Ce n'est plus du tout le cas dans le monde anglo-saxon: ils peuvent maintenant organiser des manifestations internationales pour combattre par exemple la vente de l'homéopathie dans certaines chaînes de pharmacies (la campagne "10/23 There's nothing in it") ou encore soutenir activement Simon Singh dans son procès contre l'association des chiropracteurs britanniques (voir "Sense about science"). Ce genre de choses est toujours impossible de part chez nous.
Tout ça pour dire: jouer solo est suffisant si votre objectif est de faire la promotion de vous-mêmes en tant qu'individu. Si par contre votre objectif sur le long terme est de faire bouger les choses à plus grande échelle, il faut avoir un mouvement où les gens jouent en équipe. Mon problème avec l'attitude d'Antoine Vekris, c'est que non seulement par définition on ne peut pas avoir un mouvement dynamique composé d'individus qui préfèrent jouer en solo, mais en plus en attaquant les sceptiques comme il le fait sur son blog, il s'oppose activement à la constitution et à la dynamisation d'un tel mouvement dans nos contrées.
Et pour que ce soit clair et que l’on ne puisse pas en douter un instant :Bien loin de moi l'idée qu'Antoine Vekris devrait se dire sceptique s'il ne se reconnait pas dans le mouvement sceptique contemporain. Il est d'ailleurs loin d'être le seul dans ce cas: bon nombre de tenants d'hypothèses exotiques pour expliquer le phénomène ovni ou encore de l'existence de phénomènes authentiquement paranormaux, en passant par les théoriciens de la conspiration partagent avec lui son dédain pour les sceptiques. Nous savons que pour ces différents groupes sociologiques "sceptique", "zététicien" ou "rationaliste" est bien souvent une insulte...Il faut dire que je ne suis ni sceptique ni zététicien, je me contente d’une approche rationnelle des sujets qui m’intéressent, informé au mieux de mes capacités.Oui, j’affirme de façon claire que je ne revendique pas des labels que je ne pense pas avoir/pouvoir revendiquer. Suis comme ça. Quand quelque chose est clair dans ma tête je le dis. Je suis athée, je suis Bright. J’en fais même la bannière de mon blog.
Néanmoins, ce refus de se revendiquer sceptique, zététicien voir même rationaliste (il avait affirmé être rationaliste dans l'épisode #21 du balado, mais il semble faire marche arrière de ce côté-là puisqu'il n'en parle plus du tout ici) démontre surtout une volonté de sa part de ne pas vouloir jouer en équipe, si je puis dire. Je vais expliquer ici en quoi ce genre d'attitudes me pose problème.
Ce billet se compose de deux parties: dans la première j'explique que l'athéisme n'est pas en soit un mouvement et dans la seconde j'argumente pourquoi un mouvement (et donc nécessairement jouer en équipe) est important - en tout cas si nous nous donnons comme objectif de générer un changement sociétal.
1. L'athéisme n'est pas un mouvement
Commençons par examiner les bannières que s'est donné Antoine Vekris pour son blog. Le terme "athée" est par nature extrêmement flou, parce qu'il ne désigne pas quelque chose dans lequel on croit: il affirme uniquement une absence de croyance dans une déité de type monothéiste. On peut donc très bien être athée et croire dans le surnaturel, ou dans les théories de la conspiration, ou dans les médecines prétendument alternatives, etc. Ce qui implique nécessairement que l'on peut très bien être un athée et ne pas être un sceptique! Par exemple, les membres de l'église raëlienne - y compris son fondateur Claude Vorilhon - se déclarent ouvertement athées, parce qu'ils ne croient pas dans un dieu. "Athée" donne par conséquent extrêmement peu d'informations sur le positionnement d'un individu. Dire "je suis athée" équivaut à dire quelque chose du style: "mon loisir est que je ne collectionne pas les timbres". La question qu'il faut alors nécessairement se poser est: qu'est-ce que la personne qui se déclare "athée" défend?
A l'inverse, si quelqu'un me dit "Je suis un humaniste séculier", je saurai que non seulement il ne croit pas en une déité, mais aussi qu'il a un certain nombre de valeurs (tel que l'humanisme, la séparation de l'église et de l'état, etc.). C'est pour cette raison que l'association "Center for Inquiry" - donc le Committee for Skeptical Inquiry est une branche - défend l'humanisme séculier, et non pas simplement l'athéisme. Ou encore si une personne me dit "J'adhère au naturalisme philosophique", dans ce cas de figure je saurai qu'elle rejette l'existence du surnaturel sous toutes ses formes (le Dieu des chrétiens, mais aussi les anges, les esprits, etc.).
Quoi qu'il en soit, les raëliens peuvent aussi dire en âme et conscience qu'ils adhèrent au naturalisme philosophique, puisque les Elohim - les extraterrestres qui ont selon eux créé l'humanité - ne seraient pas des entités surnaturelles. C'est là à mes yeux que le vocable de sceptique intervient, puisqu'il désigne une personne qui adhère à la méthode scientifique et qui défend l'esprit critique. Je pense qu'un athée peut très bien être membre de l'église raëlienne, mais pas quelqu'un d'authentiquement sceptique.
En ce qui concerne le terme de bright, il s'agit d'un synonyme d'athée que peu de gens utilisent. Pourquoi? Il avait été originellement proposé dans le but d'imiter la stratégie des homosexuels qui s'étaient rebaptisés "gay" afin d'améliorer leur image dans le grand public. Cela a été un immense succès en terme de communication pour la communauté LGBT (lesbiennes , gays, bisexualité et transsexualité). A l'inverse le terme de bright a été un échec. En effet, les personnes ayant proposé d'utiliser ce terme, Paul Geisert et Mynga Futrell, n'y avaient clairement pas bien réfléchi: en anglais, dire "I'm bright" signifie "Je suis intelligent". Évidemment, leur proposition consistait à nominaliser le mot, et il faudrait donc dire "I'm a bright" (trad.: "Je suis un intelligent"), mais en pratique, nominalisation ou pas, ce que les gens entendent est "Je suis quelqu'un d'intelligent" - et implicitement: "Toi qui crois dans une religion, tu es quelqu'un d'idiot". Du coup, le terme qui avait été créé explicitement dans le but d'améliorer l'image des athées dans le grand public s'est révélé offensant, et donc totalement contre-productif.
De plus, rappelons ici que l'on peut très bien être sceptique et théiste. Par exemple, dans la liste des Committee for Skeptical Inquiry Fellows élus en 2010, nous trouvons le catholique Kenneth R. Miller, pour son rôle actif dans la lutte contre le créationnisme, et plus particulièrement le Dessein Intelligent (avec des ouvrages tel que par exemple "Finding Darwin's God: A Scientist's Search for Common Ground Between God and Evolution"). Un autre exemple est David G. Myers, lui aussi un théiste, qui a écrit l'ouvrage "A Friendly Letter to Skeptics and Atheists: Musings on Why God Is Good and Faith Isn't Evil".
Une des forces du mouvement sceptique contemporain est justement de pouvoir s'allier avec les religieux libéraux. Fondamentalement, les sceptiques adhèrent à l'esprit des Lumières, or certains des auteurs de ce mouvement, comme par exemple Immanuel Kant, étaient des déistes. Nos compétiteurs culturels sont les fondamentalistes et les intégristes, pas les modérés.
2. De l'importance des mouvements
Tout ceci étant dit, je pense que le refus d'Antoine Vekris de s'affilier à un mouvement comme le scepticisme scientifique relève une autre différence fondamentale dans nos attitudes: il joue en solo, alors que je joue en équipe. Le but du blog "Scepticisme scientifique" n'est pas de faire la promotion de ma personne: l'objectif que je poursuis est qu'il serve de passerelle entre le public francophone - particulièrement ceux qui ne peuvent pas lire l'anglais couramment - et le scepticisme anglophone. Le but du balado, pour sa part, est de faire connaître la communauté sceptique francophone, d'où le fait que j'ai opté pour le format de l'interview. Je cherche à donner la parole à des personnes qu'on entend trop peu à mon goût dans les médias traditionnels. Dans l'ensemble, mon travail s'adresse aux sceptiques et aux zététiciens, et consiste à leur dire: "Vous n'êtes pas seul! Nous sommes légions!".
A l'inverse, comme Antoine Vekris joue en solo, le blog "Coffee and sci(ence)" a uniquement pour objet de faire la promotion de ce que pense Old Cola. Vous allez me dire: est-ce que c'est véritablement un problème? Oui et non. Des tas de gens font la promotion d'eux-mêmes sur internet. Il est donc loin d'être le seul. Cependant, un mouvement est nécessaire si l'objectif est de générer un changement sociétal. A quelques rares exceptions (Richard Dawkins, PZ Myers...), il est très difficile de faire bouger les choses si on n'est qu'un individu isolé, en train de bloguer seul dans son coin.
A l'heure actuelle, le scepticisme est balbutiant dans la langue de Molière. Il est donc impossible de réaliser des opérations de grandes envergures. Ce n'est plus du tout le cas dans le monde anglo-saxon: ils peuvent maintenant organiser des manifestations internationales pour combattre par exemple la vente de l'homéopathie dans certaines chaînes de pharmacies (la campagne "10/23 There's nothing in it") ou encore soutenir activement Simon Singh dans son procès contre l'association des chiropracteurs britanniques (voir "Sense about science"). Ce genre de choses est toujours impossible de part chez nous.Tout ça pour dire: jouer solo est suffisant si votre objectif est de faire la promotion de vous-mêmes en tant qu'individu. Si par contre votre objectif sur le long terme est de faire bouger les choses à plus grande échelle, il faut avoir un mouvement où les gens jouent en équipe. Mon problème avec l'attitude d'Antoine Vekris, c'est que non seulement par définition on ne peut pas avoir un mouvement dynamique composé d'individus qui préfèrent jouer en solo, mais en plus en attaquant les sceptiques comme il le fait sur son blog, il s'oppose activement à la constitution et à la dynamisation d'un tel mouvement dans nos contrées.
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Mouvement sceptique contemporain
lundi 15 mars 2010
Le document SAROS enfin en ligne sur le site du CNEGU
Sur 134 observations insolites recensées par le CNEGU pour la seule année 1976, une contre-enquête aboutit à la mise en évidence de plusieurs "méprises lunaires", là où personne n'aurait osé les imaginer (surtout pas les témoins eux-mêmes).
Et pourtant ! La reconstitution de ces cas, grâce au cycle du Saros, a permis aux enquêteurs du CNEGU de comprendre, point par point, les mécanismes responsables de ces méprises.
Une démarche qui fut nouvelle en ufologie et des enseignements nombreux quant à l'approche de ce type d'observations.
Un dossier de 111 pages qui fait la synthèse d'un an de travail collectif et qui vous fera découvrir l'ufologie de terrain !
http://cnegu.info/product_info.php?cPath=552&products_id=1122&osCsid=208d7415fbd5627280a1f848a2b06242
Et pourtant ! La reconstitution de ces cas, grâce au cycle du Saros, a permis aux enquêteurs du CNEGU de comprendre, point par point, les mécanismes responsables de ces méprises.
Une démarche qui fut nouvelle en ufologie et des enseignements nombreux quant à l'approche de ce type d'observations.
Un dossier de 111 pages qui fait la synthèse d'un an de travail collectif et qui vous fera découvrir l'ufologie de terrain !
http://cnegu.info/product_info.php?cPath=552&products_id=1122&osCsid=208d7415fbd5627280a1f848a2b06242
dimanche 14 mars 2010
La question de la semaine - 17
La question que j'aimerais vous poser cette semaine est toute simple, mais j'avoue que j'aimerais avoir votre opinion sur le sujet, après avoir écouté l'épisode #41 du balado:
- Que pensez-vous de l'action d'Anonymous?
Bonne discussion!
- Que pensez-vous de l'action d'Anonymous?
Bonne discussion!
samedi 13 mars 2010
Sherlock Holmes (2009)
(Attention, ce billet peut contenir des informations sur le scénario du film. Je vous conseille d'aller le voir avant de lire cet article.)Guy Ritchie nous propose une nouvelle adaptation cinématographique du célèbre détective britannique, avec dans le rôle-titre Robert Downey Jr..
Sherlock Holmes est l'incarnation littéraire par excellence du sceptique. Si vous voulez faire comprendre à quelqu'un en quoi consiste la démarche zététique, il vous suffit de lui conseiller de lire par exemple "Les chiens de Baskerville": un bon roman vaut parfois mieux que de longs discours! J'étais donc impatient de voir ce film, et je dois dire que je n'ai pas été déçu: les nombreux phénomènes paranormaux présentés dans le scénario trouvent tous une explication scientifique, via un détective en très grande forme et son acolyte le Dr. John H. Watson - interprété ici par Jude Law.
Nous avons droit en cerise sur le gâteau à quelques répliques bien zététiques, tirées des romans:
"Data! Data!" he cried impatiently, "I cannot make bricks without clay!" (trad.: "Des données! Des données!" cria-t-il avec impatience, "Je ne peux pas faire des briques sans argiles!) - tiré de "The Adventure of the Copper Beeches".ou encore:
"It is a capital mistake to theorize before one has data. Ostensibly one begins to twist facts to suit theories, instead of theories to suit facts." (trad.: "C'est une erreur fatale pour quelqu'un de théoriser avant d'avoir des données. De manière flagrante cette personne se met à tordre les faits afin de les conformer aux théories, au lieux des théories aux faits.) - tiré de "A Scandal in Bohemia".Il est ironique qu'un personnage aussi sceptique ait été créé par un auteur, Arthur Conan Doyle, qui croyait non seulement dans le spiritualisme, mais aussi dans l'existence des fées...
Pour ceux que cela intéresse, l'épistémologue Soshichi Uchii, de l'Université de Kyoto (Japon), a écrit un article (en anglais) consacré à "Sherlock Holmes and Probabilistic Induction". Sa conclusion, non sans humour, est la suivante (la traduction est de votre serviteur):
De tout cela, nous pouvons conclure que Sherlock Holmes comprenait fort bien les nouvelles théories probabilistiques des raisonnements scientifiques, et les appliquait, en tant que sa propre méthode, aux enquêtes criminelles. De plus, comme le principal défenseur de cette nouvelle théorie était aussi un expert en logique symbolique, nous pouvons conclure, en toute probabilité, qu'Holmes connaissait aussi la logique symbolique booléenne. Au final, la balance des probabilités est qu'il était un excellent logicien.
Épisode #41: Anonymous vs. la Scientologie
L'Épisode #41: Anonymous vs. la Scientologie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Jean Grégoire, du blog "Anonymous Montréal". Je vous invite à aller l'écouter.
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Baladodiffusion,
Sectes
mardi 9 mars 2010
Scepticisme: cas particuliers ou généralités?
Suite à mon billet du 7 février 2010 "Antoine Vekris, la mémétique et le mouvement sceptique contemporain", dans lequel je critiquais Old Cola pour avoir attaqué le mouvement sceptique contemporain dans certains de ses textes sur son blog Coffee and Sci(ence), ce dernier a rédigé le jour même (!!!) une réponse, intitulée pour sa part "scepticisme – généralités – cas particuliers". L'argument qu'il y développe est qu'il ne critiquait pas les sceptiques en général, mais juste moi en particulier. Il écrit:
Cela étant dit, je ne pense pas qu'Antoine Vekris ne critiquait que moi, et ce même s'il prétend le contraire. Tout d'abord, rappelons que dans l'Épisode #21, il nous disait:
A propos de la question "mais comment lisent les sceptiques?", je répondrais tout simplement que c'est l'objet même du balado et de ce blog d'expliquer cela! Je pourrais aussi lui conseiller dans la foulée de lire des ouvrages comme "The demon-haunted world" de Carl Sagan ou encore "Flim-Flam!" de James Randi, qui sont d'excellentes introductions sur le sujet. Cependant, il s'agit bien évidemment d'une question rhétorique: Antoine Vekris sous-entend par là que les sceptiques lisent mal la littérature, contrairement à lui. Et pourquoi lisent-ils mal la littérature? Parce qu'ils ont "une lourde charge d’a priori".
Il me faut ici déconstruire la rhétorique d'Antoine Vekris lorsqu'il prétend être capable de lire sans a priori ("Je ne veux pas ouvrir un bouquin de Jean Staune en me disant: "voyons voir comment je vais le descendre!". C'est: "voyons voir ce qu'il dit". D'abord. Ce n'est qu'a posteriori, après avoir lu ce qu'il dit, que je vais prendre une position."). Soyons clair: je n'y crois pas un seul instant! Lorsqu'un biologiste athée comme Old Cola prend en main un ouvrage d'un créationniste comme Jean Staune, il ne va pas le lire comme s'il était un quidam avec un tout autre parcours. Nous lisons tous la littérature avec nos a priori. Prétendre le contraire est tout simple naïf, ou de mauvaise foi. Personnellement, quand je lis un ouvrage de parapsychologie, je le lis différemment d'un psiphile à cause de mes connaissances sur le sujet, mais aussi par exemple de mon adhésion au naturalisme philosophique. A l'inverse, un dualiste abordera nécessairement les choses de manière très différente. Il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de le reconnaître! Personne n'est au-dessus de la mêlée (voir aussi sur ce sujet mon billet "Le mythe de la neutralité dans les débats")...
Bien entendu que les sceptiques ont une certaine manière de lire la littérature, qui est différente de celles de nos compétiteurs culturels. Simplement, c'est tout aussi vrai pour Antoine Vekris: contrairement à ce qu'il essaye de vous faire croire, il n'est pas un pur esprit désincarné capable, tel un démon de Laplace, de lire la littérature de manière purement rationnelle, logique et objective. Selon moi, on peut donc effectivement légitimement poser la question "mais comment lisent les sceptiques?" (question à laquelle on peut tout à fait répondre!), tout comme on peut se demander "mais comment lit Antoine Vekris?". Quels sont ses a priori?
A ce stade-ci, on pourrait effectivement toujours se dire que ce n'est jamais qu'un sceptique qui critique d'autres sceptiques. Ce ne serait pas le premier... Il dit bien: "j’ai du mal avec les sceptiques qui...", ce qui pourrait éventuellement s'interpréter comme étant une critique ne s'adressant qu'à certains sceptiques, mais pas à tous. Seulement voilà, il nous explique - dans son billet "oh que c’est chiant…" - que ce n'est pas le cas:
En conclusion, je soulignerais qu'il est important ici de séparer deux questions: celle de la scientificité de la mémétique et celle de l'attitude d'Old Cola vis-à-vis du mouvement sceptique contemporain. Antoine Vekris aime argumenter que le débat que nous avons par blogs interposés tourne autour de la question de la scientificité de la mémétique. Vous remarquerez que je n'en ai absolument pas parlé dans ce billet. Personnellement, comme je l'ai écrit précédemment, je ne partage pas l'enthousiasme débridé d'Old Cola pour la mémétique, mais je ne suis pas antagoniste non plus. Je me considère, disons, "neutre" sur le sujet: j'attends de voir... Depuis ma perspective, le problème que j'ai avec Antoine Vekris n'a rien à voir avec la mémétique, mais bien avec ce qu'il se permet d'écrire à propos des sceptiques.
En effet, il aurait très facilement put écrire quelque chose du genre "Je suis un sceptique moi-même, mais je ne partage pas les positions de Jean-Michel Abrassart sur le sujet de la mémétique" ou encore "Je ne suis pas un sceptique moi-même, mais je respecte le travail réalisé par le mouvement sceptique contemporain (et la zététique) en terme de promotion de la science et de critique des pseudo-sciences. Néanmoins, en ce qui concerne la mémétique, je pense que les positions exprimées par Jean-Michel Abrassart sur son blog ne sont pas fondées.". En clair, il lui était tout à fait possible de ne critiquer que moi, sans critiquer les sceptiques en général. Au vu des contenus de ces divers billets, ce n'est malheureusement pas l'option qu'il a choisie, et ce même si il prétend le contraire dans "scepticisme – généralités – cas particuliers.
Je trouve la conclusion de Jean-Michel abusive.Puis plus loin:
Le fait de critiquer l’une ou l’autre des personnes qui se réclament d’un mouvement ne peut être assimilé comme la critique du mouvement en général.Je suis tout à fait d'accord avec cela: si on me critique moi, en tant qu'individu, on ne critique absolument pas le mouvement sceptique contemporain. Après tout, je ne suis qu'un sceptique parmi de nombreux autres, et je ne prétend absolument pas parler au nom du mouvement dans son ensemble. Je dirais même plus: si ce blog à pour vocation de faire la promotion du scepticisme scientifique en général, il est inévitable que mes propres positions - et je dirais même plus ma personnalité - transparaissent à travers mes écrits. Enfin, en tant qu'être humain, il est certain qu'il m'arrive de me tromper et de faire des erreurs. Il est important que les gens qui lisent ce blog et écoutent le balado se fassent leur propre opinion sur les sujets que j'aborde, et ne prennent pas pour argent content ce que je dis. Par définition, l'esprit critique - que le mouvement sceptique contemporain a pour objet d'encourager - consiste a penser par soi-même!
Cela étant dit, je ne pense pas qu'Antoine Vekris ne critiquait que moi, et ce même s'il prétend le contraire. Tout d'abord, rappelons que dans l'Épisode #21, il nous disait:
Il y a un truc que je voulais dire au début, c'est que je ne suis pas sceptique. Je ne suis pas sceptique, ça c'est un terme que j'ai découvert tardivement: je suis rationnel. Je suis prêt à accepter n'importe quoi du moment où il y a des preuves. Le scepticisme pour moi ce n'est pas vraiment une attitude. Le rationalisme oui. Mais mettez moi les preuves devant et je vais les examiner et les accepter ou non. Je n'aborde pas les sujets en ayant une attitude négative. Cela c'est quelque chose que je vois très souvent autour de moi, et il y a eu des occasions (à deux ou trois reprises) que je râle contre ça. Je ne veux pas ouvrir un bouquin de Jean Staune en me disant: "voyons voir comment je vais le descendre!". C'est: "voyons voir ce qu'il dit". D'abord. Ce n'est qu'a posteriori, après avoir lu ce qu'il dit, que je vais prendre une position. Je n'aborde pas avec le scepticisme "Je n'y crois pas". Voyons voir ce qu'il y a dedans...Il dévoilait, ce faisant, non seulement son ignorance de ce qu'est réellement le mouvement sceptique contemporain, mais aussi annonçait qu'il avait un biais négatif à son égard. Cette tendance s'est malheureusement largement confirmée par la suite... En effet, il écrivit dans son billet, "La culture, le gène et le virus – revue":
En vis-à-vis de la question de Jean-Michel, "Mais que lisent donc les sceptiques?" , il n’est pas inutile de poser le question "Mais comment lisent les sceptiques?". J’évoquais le problème lors de ma première discussion avec Jean-Michel (épisode #21, 42:42), j’ai du mal avec les sceptiques qui abordent souvent les sujets qui les préoccupent avec une lourde charge d’a priori. Et parfois une très légère charge de connaissances spécifiques au domaine qui les préoccupe.Vous remarquerez qu'il a bel et bien écrit "mais comment lisent les sceptiques?" et non pas "mais comment lit Jean-Michel Abrassart?". Il parle bien des sceptiques en général, et non pas uniquement de moi en particulier. Il nous dit qu'il a du mal avec les sceptiques (au pluriel) qui abordent les sujets avec une lourde charge d'a priori, et en ne maîtrisant pas suffisamment (selon lui) les sujets qu'ils critiquent. C'est bien connu: "Les sceptiques ne lisent (prétendument) pas la littérature"...
A propos de la question "mais comment lisent les sceptiques?", je répondrais tout simplement que c'est l'objet même du balado et de ce blog d'expliquer cela! Je pourrais aussi lui conseiller dans la foulée de lire des ouvrages comme "The demon-haunted world" de Carl Sagan ou encore "Flim-Flam!" de James Randi, qui sont d'excellentes introductions sur le sujet. Cependant, il s'agit bien évidemment d'une question rhétorique: Antoine Vekris sous-entend par là que les sceptiques lisent mal la littérature, contrairement à lui. Et pourquoi lisent-ils mal la littérature? Parce qu'ils ont "une lourde charge d’a priori".
Il me faut ici déconstruire la rhétorique d'Antoine Vekris lorsqu'il prétend être capable de lire sans a priori ("Je ne veux pas ouvrir un bouquin de Jean Staune en me disant: "voyons voir comment je vais le descendre!". C'est: "voyons voir ce qu'il dit". D'abord. Ce n'est qu'a posteriori, après avoir lu ce qu'il dit, que je vais prendre une position."). Soyons clair: je n'y crois pas un seul instant! Lorsqu'un biologiste athée comme Old Cola prend en main un ouvrage d'un créationniste comme Jean Staune, il ne va pas le lire comme s'il était un quidam avec un tout autre parcours. Nous lisons tous la littérature avec nos a priori. Prétendre le contraire est tout simple naïf, ou de mauvaise foi. Personnellement, quand je lis un ouvrage de parapsychologie, je le lis différemment d'un psiphile à cause de mes connaissances sur le sujet, mais aussi par exemple de mon adhésion au naturalisme philosophique. A l'inverse, un dualiste abordera nécessairement les choses de manière très différente. Il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de le reconnaître! Personne n'est au-dessus de la mêlée (voir aussi sur ce sujet mon billet "Le mythe de la neutralité dans les débats")...
Bien entendu que les sceptiques ont une certaine manière de lire la littérature, qui est différente de celles de nos compétiteurs culturels. Simplement, c'est tout aussi vrai pour Antoine Vekris: contrairement à ce qu'il essaye de vous faire croire, il n'est pas un pur esprit désincarné capable, tel un démon de Laplace, de lire la littérature de manière purement rationnelle, logique et objective. Selon moi, on peut donc effectivement légitimement poser la question "mais comment lisent les sceptiques?" (question à laquelle on peut tout à fait répondre!), tout comme on peut se demander "mais comment lit Antoine Vekris?". Quels sont ses a priori?
A ce stade-ci, on pourrait effectivement toujours se dire que ce n'est jamais qu'un sceptique qui critique d'autres sceptiques. Ce ne serait pas le premier... Il dit bien: "j’ai du mal avec les sceptiques qui...", ce qui pourrait éventuellement s'interpréter comme étant une critique ne s'adressant qu'à certains sceptiques, mais pas à tous. Seulement voilà, il nous explique - dans son billet "oh que c’est chiant…" - que ce n'est pas le cas:
Il faut dire que je ne suis ni sceptique ni zététicien, je me contente d’une approche rationnelle des sujets qui m’intéressent, informé au mieux de mes capacités.Il affirme donc ici de manière non ambigüe qu'il ne se reconnait ni dans le mouvement sceptique contemporain, ni dans la zététique. Il pourrait difficilement être plus clair! Ce n'est donc pas un sceptique qui critique d'autres sceptiques, mais quelqu'un d'extérieur au mouvement sceptique contemporain qui le critique.
En conclusion, je soulignerais qu'il est important ici de séparer deux questions: celle de la scientificité de la mémétique et celle de l'attitude d'Old Cola vis-à-vis du mouvement sceptique contemporain. Antoine Vekris aime argumenter que le débat que nous avons par blogs interposés tourne autour de la question de la scientificité de la mémétique. Vous remarquerez que je n'en ai absolument pas parlé dans ce billet. Personnellement, comme je l'ai écrit précédemment, je ne partage pas l'enthousiasme débridé d'Old Cola pour la mémétique, mais je ne suis pas antagoniste non plus. Je me considère, disons, "neutre" sur le sujet: j'attends de voir... Depuis ma perspective, le problème que j'ai avec Antoine Vekris n'a rien à voir avec la mémétique, mais bien avec ce qu'il se permet d'écrire à propos des sceptiques.
En effet, il aurait très facilement put écrire quelque chose du genre "Je suis un sceptique moi-même, mais je ne partage pas les positions de Jean-Michel Abrassart sur le sujet de la mémétique" ou encore "Je ne suis pas un sceptique moi-même, mais je respecte le travail réalisé par le mouvement sceptique contemporain (et la zététique) en terme de promotion de la science et de critique des pseudo-sciences. Néanmoins, en ce qui concerne la mémétique, je pense que les positions exprimées par Jean-Michel Abrassart sur son blog ne sont pas fondées.". En clair, il lui était tout à fait possible de ne critiquer que moi, sans critiquer les sceptiques en général. Au vu des contenus de ces divers billets, ce n'est malheureusement pas l'option qu'il a choisie, et ce même si il prétend le contraire dans "scepticisme – généralités – cas particuliers.
lundi 8 mars 2010
inFact: La phobie des Fast Food
Brian Dunning discute des Fast Food (en anglais, environ 3 minutes) dans cet épisode d'inFact:
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Mouvement sceptique contemporain
dimanche 7 mars 2010
Ufologie au féminin
"Les femmes sont minoritaires dans le milieu ufologique. Il y a certes des ufologues actives et relativement reconnues, comme Linda Moulton Howe, Paola Harris, Leslie Kean ou Angelina Joiner, mais les grandes figures historique du domaine sont des hommes."
C'est cette phrase qui a débué un article d'une liste de discussion censé interroger les lecteurs sur le peu de femmes en ufologie: "Pourquoi y a-t-il si peu de femmes en ufologie?".
Oubliées Francine Fouéré qui a fait un travail considérable, ou Marie-Thérèse de Brosse, Madame Gueudelot, Genevière Vanquelef, par exemple, ainsi que toutes les femmes qui ont composé depuis des décennies le paysage ufologique français (et qui ne peuvent être taxées de "sceptiques".)
Jean Michel Abrassart avait de son côté, cité des femmes du mouvement sceptique contemporain comme Rebecca Watson (skeptics’ guide to the universe),- Pamela Gay (atronomy cast),- Dr Rachie (Skeptic Zone),- Sue Blackmore (ancienne parapsychologue devenue sceptique),- Eugenie C. Scott (National Center for Science Education, principale critique du créationnisme),- Swoopy (Skepticality podcast).
Certains, ont utilisé le mode humoristique pour laisser ressurgir les clichés que l'on pouvait espérer d'un autre temps.
Pot-pourri (à lire au 2ème degré bien sûr!) :
"Parce qu’on ne peut pas s’intéresser à tout ! Entre l’ufologie et le prix des godasses, le choix est vite fait ! ( pfff )"
"Pour les femmes qui dit ovni dit soucoupe donc mécanique, propulsion… c’est pour les mecs !""Les femmes sont surement plus terre à terre. J’ai déjà eu l’occasion de parler du sujet OVNI avec des demoiselles et j’ai plutôt l’impression que cela les dépasses"."Parce qu’elles sont toutes trop occupées à draguer sur Meetic ??"" Y’a qu’à voir un aspirateur dans les mains d’une nana… On touche au sublime !""En tous cas c’est le genre de femme qu’on* se passerait en ufologie."
* Celui-la se passe de la grammaire la plus élémentaire mais, comme beaucoup d'autres, probablement pas de leurs mères, ou épouses pour tout ce qui concerne les tâches coutumièrement affectées aux femmes afin qu'ils puissent, eux, se divertir ou assouvir leurs passions.
Relisant dernièrement les documents du SAROS 1976, en vue de sa mise en ligne prochaine sur le site du CNEGU, il nous est apparu avec une évidence accrue que le travail a été effectué en parité hommes femmes sur ce dossier.
Il est vrai qu'au CNEGU, l'idée d'ouverture d'esprit n'est pas restée au stade de la conceptualisation et que dans les faits, les tâches ne sont pas réparties sur le critère du sexe.
Le cas de Sorcy Saint Martin en est un exemple frappant :
- Ce sont deux femmes qui ont effectué la vérification sur le terrain, à 5h43 HL dans une carrière déserte. Levées plusieurs heures auparavant, elles n'ont pas hésité à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se faire.
Comme en politique ou dans la société française en général, le monde de l'ufologie n'échappe pas à un machisme ambiant, latent et souvent caché, mais qui ne demande qu'à s'exprimer. Certes il y a moins de femmes que d'hommes en ufologie (certainement pour un tas de raisons qu'on ne peut toutes connaître), mais la quantité n'a rien à voir avec la qualité.
Il est aussi intéressant de souligner et toujours dans ce même contexte qu'est l'ufologie, qu'à partir du moment où une femme manifeste un désaccord ou effectue une remarque allant à l'encontre d'un intervenant masculin, fleurissent les appréciations sur la blondeur de la chevelure … Il n'y a bien que dans l'attaque ad hominem que soit respectée la parité mais souvent sous couvert d'humour car la partie mysogine de la gent masculine se protège !
Mais pour l'humour, nous savons faire aussi :
C'est cette phrase qui a débué un article d'une liste de discussion censé interroger les lecteurs sur le peu de femmes en ufologie: "Pourquoi y a-t-il si peu de femmes en ufologie?".
Oubliées Francine Fouéré qui a fait un travail considérable, ou Marie-Thérèse de Brosse, Madame Gueudelot, Genevière Vanquelef, par exemple, ainsi que toutes les femmes qui ont composé depuis des décennies le paysage ufologique français (et qui ne peuvent être taxées de "sceptiques".)
Jean Michel Abrassart avait de son côté, cité des femmes du mouvement sceptique contemporain comme Rebecca Watson (skeptics’ guide to the universe),- Pamela Gay (atronomy cast),- Dr Rachie (Skeptic Zone),- Sue Blackmore (ancienne parapsychologue devenue sceptique),- Eugenie C. Scott (National Center for Science Education, principale critique du créationnisme),- Swoopy (Skepticality podcast).
Certains, ont utilisé le mode humoristique pour laisser ressurgir les clichés que l'on pouvait espérer d'un autre temps.
Pot-pourri (à lire au 2ème degré bien sûr!) :
"Parce qu’on ne peut pas s’intéresser à tout ! Entre l’ufologie et le prix des godasses, le choix est vite fait ! ( pfff )"
"Pour les femmes qui dit ovni dit soucoupe donc mécanique, propulsion… c’est pour les mecs !""Les femmes sont surement plus terre à terre. J’ai déjà eu l’occasion de parler du sujet OVNI avec des demoiselles et j’ai plutôt l’impression que cela les dépasses"."Parce qu’elles sont toutes trop occupées à draguer sur Meetic ??"" Y’a qu’à voir un aspirateur dans les mains d’une nana… On touche au sublime !""En tous cas c’est le genre de femme qu’on* se passerait en ufologie."
* Celui-la se passe de la grammaire la plus élémentaire mais, comme beaucoup d'autres, probablement pas de leurs mères, ou épouses pour tout ce qui concerne les tâches coutumièrement affectées aux femmes afin qu'ils puissent, eux, se divertir ou assouvir leurs passions.
Relisant dernièrement les documents du SAROS 1976, en vue de sa mise en ligne prochaine sur le site du CNEGU, il nous est apparu avec une évidence accrue que le travail a été effectué en parité hommes femmes sur ce dossier.
Il est vrai qu'au CNEGU, l'idée d'ouverture d'esprit n'est pas restée au stade de la conceptualisation et que dans les faits, les tâches ne sont pas réparties sur le critère du sexe.
Le cas de Sorcy Saint Martin en est un exemple frappant :
- Ce sont deux femmes qui ont effectué la vérification sur le terrain, à 5h43 HL dans une carrière déserte. Levées plusieurs heures auparavant, elles n'ont pas hésité à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se faire.
Comme en politique ou dans la société française en général, le monde de l'ufologie n'échappe pas à un machisme ambiant, latent et souvent caché, mais qui ne demande qu'à s'exprimer. Certes il y a moins de femmes que d'hommes en ufologie (certainement pour un tas de raisons qu'on ne peut toutes connaître), mais la quantité n'a rien à voir avec la qualité.
Il est aussi intéressant de souligner et toujours dans ce même contexte qu'est l'ufologie, qu'à partir du moment où une femme manifeste un désaccord ou effectue une remarque allant à l'encontre d'un intervenant masculin, fleurissent les appréciations sur la blondeur de la chevelure … Il n'y a bien que dans l'attaque ad hominem que soit respectée la parité mais souvent sous couvert d'humour car la partie mysogine de la gent masculine se protège !
Mais pour l'humour, nous savons faire aussi :
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La question de la semaine - 16
J'aimerais vous poser la question suivante:
- Quel degré d'expertise doit avoir un sceptique avant de pouvoir critiquer tel ou tel domaine? Par exemple, quelle quantité d'ouvrages et d'articles scientifiques consacrés à la psychanalyse, ou à la parapsychologie, ou à l'ufologie, ou aux médecines alternatives, ou à la théologie, ou à la cryptozoologie ou encore aux théories de la conspiration doit-il avoir lu avant de pouvoir oser émettre un jugement sur le sujet?
Je pense que c'est une vraie question pour les sceptiques. Il a été par exemple énormément reproché à Richard Dawkins, auteur de "Pour en finir avec dieu", sa méconnaissance de la théologie, voir même de la philosophie (voir par exemple l'article "Is Dawkins deluded? When scientists talk about religion" dans "Thinking About Science - Volume I" de Massimo Pigliucci). J'avais abordé cette question avec Antoine Vekris dans l'épisode 25 du balado (de 15:23 à 17:33). Voici la transcription de ma réponse à cette question:
- Quel degré d'expertise doit avoir un sceptique avant de pouvoir critiquer tel ou tel domaine? Par exemple, quelle quantité d'ouvrages et d'articles scientifiques consacrés à la psychanalyse, ou à la parapsychologie, ou à l'ufologie, ou aux médecines alternatives, ou à la théologie, ou à la cryptozoologie ou encore aux théories de la conspiration doit-il avoir lu avant de pouvoir oser émettre un jugement sur le sujet?
Je pense que c'est une vraie question pour les sceptiques. Il a été par exemple énormément reproché à Richard Dawkins, auteur de "Pour en finir avec dieu", sa méconnaissance de la théologie, voir même de la philosophie (voir par exemple l'article "Is Dawkins deluded? When scientists talk about religion" dans "Thinking About Science - Volume I" de Massimo Pigliucci). J'avais abordé cette question avec Antoine Vekris dans l'épisode 25 du balado (de 15:23 à 17:33). Voici la transcription de ma réponse à cette question:
AV - C'est un problème qui est récurent, c'est "nous avons beaucoup de littérature que vous n'avez pas lu". Ce n'est pas seulement dans le domaine de la parapsychologie, c'est aussi dans le domaine de la théologie. Vous n'êtes pas un expert, vous n'êtes pas un théologie, donc vous n'avez pas le droit de discuter de religion. Où est-ce que tu penses que le seuil de connaissance d'une littérature particulière se place pour pouvoir dire qu'on peut la discuter sans en être un expert?Bonne discussion!
JMA - Oui, ça c'est vrai que c'est un argument classique des tenants. En fait, ça provient du fait que les tenants - parce qu'ils croient déjà dans le domaine particulier - on une motivation bien supérieure à l'étudier que les sceptiques qui n'y croient pas. C'est un problème classique. Par exemple, si tu prends l'ufologie, les gens qui pensent qu'il est plausible que des extraterrestres visitent notre planète sont beaucoup plus motivés à lire la littérature ufologique que moi par exemple, qui finalement finit par trouver cela ennuyeux, parce que j'ai peu d'espérance de trouver dedans quelque chose de très intéressant.
Maintenant, oui je crois qu'il faut expliquer à ces gens là que les sceptiques sont ce qu'on appelle en anglais des "jack of all trades". On est des touches à tout, mais ce n'est pas pour cela qu'on ne peut pas avoir un avis pertinent sur une science pathologique ou une pseudo-science. C'est le peer-review process. On n'a pas besoin d'être un expert accomplit dans le domaine particulier pour quand même pouvoir évaluer la crédibilité de certaines de leurs prétentions.
Maintenant je pense aussi qu'il y a un rôle que doit jouer la communauté, c'est-à-dire que chaque sceptique individuellement ne peut pas... Il est impossible pour quelqu'un... La somme de connaissances est telle, c'est impossible, mais donc chacun doit se spécialiser et la communauté sceptique doit travailler en tant que communauté, et avoir ses experts. Par exemple Eric Maillot est un expert en ufologie, je sais que si j'ai une question sur un cas que je maîtrise moi-même mal, je peux lui poser. J'ai mon réseau de connaissances, je sais que ces gens sont à fond dans la question ufologique, je peux leur poser (la question)... Moi j'essaie de me spécialiser sur le Dessein Intelligent, sur la parapsychologie. Je crois que c'est vraiment important que chaque sceptique trouve le sujet dans lequel il a envie de se spécialiser et qu'après ce soit un travail de communauté pour résoudre, pour contrecarrer cet argument là.
samedi 6 mars 2010
Mr. hibou
En préparation de l'épisode 40, Eric Maillot m'a communiqué cette amusante vidéo Youtube qui montre certains comportements de hiboux, et comment ils peuvent altérer leur apparence. La vidéo est en japonais, mais vous n'avez vraiment pas besoin de comprendre ce qui est dit pour en apprécier le contenu (en japonais, environ 3 minutes):
Épisode #40: La rencontre de Kelly-Hopkinsville
L'Épisode #40: La rencontre de Kelly-Hopkinsville du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview d'Eric Maillot, un des auteurs de l'ouvrage "Les OVNI du CNES". Je vous invite à aller l'écouter.
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jeudi 4 mars 2010
La question de la semaine - 15
Dans quelques semaines, j'aurai un épisode du balado qui consistera en une interview d'un membre d'Anonymous à propos de la Scientologie. Je vous propose donc cette semaine d'échanger à propos d'une question classique, récurrente dans la communauté athée, et qui est:
- Est-il possible de distinguer entre religions et sectes (ou nouveaux mouvements religieux si vous préférez ce vocable)?
Bonne discussion!
- Est-il possible de distinguer entre religions et sectes (ou nouveaux mouvements religieux si vous préférez ce vocable)?
Bonne discussion!
Comment "Star Trek" (2009) aurait du se terminer...
Je suis un fan de "Star Trek", une série qui fait résolument la promotion de la science et de l'athéisme, alors je vous propose aujourd'hui de découvrir comment "Star Trek" aurait du se terminer (en anglais, environ 3 minutes):
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mercredi 3 mars 2010
Rebecca Watson sur les mutilations génitales féminines
Rebecca "Skepchick" Watson discute des mutilations génitales féminines (en anglais, environ 4 minutes):
mardi 2 mars 2010
Peut-on critiquer la psychanalyse? - Notes et références
Jean-Louis Racca m'a communiqué ses "notes et références" pour l'épisode #39 du balado:
Pour le blog (Jean-Louis Racca)
Vers 7’08’’ : j’ai commis un lapsus ; il faut entendre « Côté philo – “Journal de l’enseignement de la philosophie” » et non pas « Philo Mag ».
Le lien est : http://www.acireph.org/Files/cp8_mars_2006.pdf
L’article de Renaud Dogat « Enseigner une pseudoscience ? » se trouve pp. 11 à 18.
La phrase (exacte) sur l’Inconscient « Aucune autre notion ne sert de prête-nom à un auteur. » est dans l’édito, p. 3.
Vers 19’20’’ : Sulloway, Frank J. (1998) : Freud, biologiste de l’esprit (traduction), 2ème édition. Fayard.
L’original est Sulloway, Frank J. (1979) : Freud, Biologist of the Mind, Beyond the Psychoanalytic Legend. New York, Basic Books.
J’ai construit le modeste site http://www.mythesfreudiens.com/ comme une sorte de (cyber)fiche de lecture de cet ouvrage pour mieux le faire connaître.
La phrase de Sulloway (et non de Freud évidemment) évoquée à partir de 20’40’’ se trouve dans le Livre Noir (1ère édition), p. 61.
Vers 27’50’’ : C’est la série d’émissions Un autre regard sur la folie, réalisée en 1974 par Daniel Karlin, qui a contribué à faire connaître Bettelheim du grand public francophone.
Vers 28’15’’ : sur les plaintes d’associations, voir http://www.leapoursamy.com/rubrique_.asp?r=453
Vers 29’ : sur Outreau, pour restituer le contexte, on peut lire d’abord « L'expertise psychologique mise à mal au procès d'Outreau » (Le Monde, 17/11/2005 – on peut noter que l’auteur de l’article ne dit pas que les deux experts défaillants sont psychanalystes, mais ceci est facilement vérifiable).
Ensuite, les articles de Lepastier et Borch Jacobsen sont aujourd’hui payants, mais peuvent être lus gratuitement ici.
Vers 32’33’’ : BHL dans le rôle du défenseur médiatique inconditionnel de la psychanalyse ; voir ici (belle critique disponible) ou là.
Difficile d’oublier aussi que lorsque le ministre de la santé Douste-Blazy annonce qu’il va retirer du site de son ministère le rapport de l’INSERM sur l’évaluation des psychothérapies (commandé par ses propres services à la demande d’associations de patients !), rapport très défavorable à la psychanalyse, il le fait lors d’un forum lacanien tenu le 5 février 2005 et son allocution commence par : « Cher Jacques-Alain Miller, CHER BERNARD-HENRI LEVY (souligné par moi), chère Catherine Clément, Mesdames, Messieurs, ».
Vers 32’57’’ : la phrase se trouve p. 283 du document « An open door review of outcome studies in psychoanalysis, par Fonagy et al. (2002) » (p. 299 du document .pdf que l’on peut se procurer, sur simple demande, ici).
Vers 44’ : E. Roudinesco ; son livre est « Pourquoi tant de haine ? Anatomie du Livre Noir de la Psychanalyse », Navarin, 2005.
On trouve ici ma critique « Peut-on critiquer la psychanalyse ? »
Sur les appels aux boycott ? censure ? omerta ? d’E. Roudinesco lorsque le Livre Noir est sorti, voir par ex. ici.
48’36’’ : Roudinesco et la référence (indue ?) à sa mère se trouve p. 23 de son ouvrage cité ci-dessus.
50’13’’ : Roudinesco dans la revue Histoire.
Plus généralement, sur l’attitude de Roudinesco vis-à-vis des médias, on pourra se reporter (ici) à la remarquable étude "Elisabeth Roudinesco ou comment utiliser les médias pour discréditer les opposants à la théorie freudienne" réalisée par Romina Bianco et Esteve Freixa i Baqué, professeurs de psychologie à l’université de Picardie.
51’52’’ : « l'impuissance lamentable des honnêtes gens face aux gens culottés (Karl Kraus) » : http://www.philomag.com/article,entretien,jacques-bouveresse-les-philosophes-se-racontent-beaucoup-d-histoires,20.php
52’14’’ : sur la « déconversion de Michel Onfray » : http://www.mythesfreudiens.com/onfray.html
Enfin, je m’en veux beaucoup de ne pas avoir cité une seule fois Jacques Van Rillaer, car la lecture, en 1997, de son ouvrage « Les illusions de la psychanalyse » a été pour moi déterminante.
lundi 1 mars 2010
Phil "The Bad Astronomer" Plait se fait tatouer!
Vous pouvez voir Phil "The Bad Astronomer" Plait se faire tatouer un astéroïde ici (vidéo en anglais, environ 6 minutes): "LA Ink Season 3: Fiery Tattoo".
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