Captain Disillusion nous raconte ses aventures durant The Amazing Meeting 7 à Las Vegas et il en profite pour expliquer (vidéo 4 et 5) comme l'illusionniste Derren Brown a put prédire le tirage du lotto en direct à la télévision britannique (en anglais, cinq parties, environ 5 minutes par partie):
Première partie:
Deuxième partie:
Troisième partie:
Quatrième partie:
Cinquième partie:
dimanche 31 janvier 2010
samedi 30 janvier 2010
Épisode #35: L'expérience de mort imminente de Jean Morzelle
L'Épisode #35: L'expérience de mort imminente de Jean Morzelle du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Jean-Marc Donnadieu à propos de son article "La NDE de Jean Morzelle".
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Expériences de Mort Imminente
jeudi 28 janvier 2010
Notes de lectures - 27: "A secret of the universe"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)Note: 3/5.
"A secret of the universe: A story of love, loss, and the discovery of an eternal truth" est un roman de Stephen L. Gibson.
Au centre du récit se trouvent deux amis, Ian et Bill, qui au travers de rencontres, de lectures et d'événements vont s'orienter vers deux visions du monde radicalement différente: là où Bill va s'engager dans un christianisme de plus en plus fondamentaliste, jusqu'à devenir un créationniste Jeune-Terre, Ian va à l'inverse découvrir le scepticisme scientifique, et plus particulièrement les débats autour de l'existence - ou plutôt de l'inexistence - d'un Jésus historique. Le titre est bien entendu un clin d'oeil au best-seller Nouvel Age "The secret", qui se proposait de vous expliquer que vous pouviez altérer physiquement la réalité autour de vous en pensant de manière positive.
"A secret of the universe" est le second ouvrage de Stephen L. Gibson, après l'essai "Truth-driven thinking". Il est aussi l'hôte d'un balado intitulé "Truth Driver Commentaries" et du blog "Perspectives: Food for the Skeptic's Soul (if there is one)". Son approche a ceci de particulière qu'elle est plutôt centrée sur comment un sceptique vit sa vie de tous les jours: il fait en quelque sorte l'apologie du scepticisme scientifique comme art de vivre. C'est quelque chose que j'apprécie vraiment énormément chez cet auteur. Comment un sceptique interagit-il quotidiennement avec ses proches, qui sont peut-être religieux ou adhèrent à l'une ou l'autre théorie pseudo-scientifique? Quelle est l'éthique sexuelle que se donne un athée? On trouve des réflexions sur tout cela dans "A secret of the universe", et bien plus encore.
L'idée de présenter le scepticisme scientifique sous la forme d'un roman plutôt que d'un essai est, je trouve, excellente. Ce format s'adresse bien évidemment aux personnes qui seraient potentiellement découragées à l'idée de lire la littérature plus technique (et donc nécessairement aride) sur ces divers sujets. Néanmoins, à certains moments, le roman fait forcément place à de longues discussions entre les différents personnages autours de leurs idées respectives. Certaines stars invitées apparaissent dans le récit, comme par exemple James Randi ou encore John Shelby Spong (auteur d'ouvrages tel que "Why Christianity Must Change or Die" ou "Rescuing the Bible from Fundamentalism").
Cette approche permet non seulement d'explorer certains débats théoriques, mais aussi d'essayer de mieux comprendre pourquoi certaines personnes vont adhérer à une vision du monde plutôt qu'à une autre. Certains événements de vie, comme par exemple la perte d'un être cher, peuvent mener des individus à rechercher leur consolation dans la religion. Ayant été lui-même un chrétien avant de devenir athée, Stephen L. Gibson est respectueux de cette religion, et présente de longs argumentaires en sa défense dans la bouche des personnages qui l'ont adopté dans son récit. La question de fond est véritablement: pourquoi est-ce que certaines personnes vont être convaincues par certains arguments et d'autres non.
De très nombreux thèmes sceptiques sont abordés dans ce livre, mais il tourne quand même principalement autour de la religion chrétienne, des quêtes du Jésus historique et de la thèse mythiste. Bref, si ce type de questions théologiques ne vous intéressent pas du tout, ce livre n'est probablement pas fait pour vous. En ce qui me concerne, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman sceptique, et j'espère qu'il y en aura d'autres du même genre dans l'avenir.
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lundi 25 janvier 2010
inFact: 2012
Dans cet épisode d'inFact, Brian Dunning parle de la fin du monde en 2012 (en anglais, environ 3 minutes):
dimanche 24 janvier 2010
La question de la semaine - 10
Dans l'Épisode #34, je discute avec Philippe Bourlitio du principe de précaution. J'ai donc envie de vous poser cette semaine la question suivante:
- Que pensez-vous du principe de précaution? Qu'est-ce, selon vous, qu'une application équilibrée du principe de précaution aux débats autour des OGM, des nanotechnologies ou encore de la bioéthique?
Bon débat!
- Que pensez-vous du principe de précaution? Qu'est-ce, selon vous, qu'une application équilibrée du principe de précaution aux débats autour des OGM, des nanotechnologies ou encore de la bioéthique?
Bon débat!
samedi 23 janvier 2010
Épisode #34: L’association sciences et démocratie
L'Épisode #34: L’association sciences et démocratie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Philippe Bourlitio, de l'association "Sciences et Démocratie". Je vous invite à aller l'écouter.
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jeudi 21 janvier 2010
Notes de lectures - 26: "La culture, le gène et le virus"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)Note: 3/5.
Dans "La culture, le gène et le virus: La mémétique en question", Dominique Guillo jette un regard résolument sceptique sur la mémétique. Pour le dire autrement, si - comme c'est mon cas - les spéculations de Charles Mougel (voir son interview sur le balado ici), Pascal Jouxtel (ici), Sylvain Magne (ici) ou encore d'Antoine "Old Cola" Vekris (voir les billets consacrés à la mémétique sur son blog, le premier de la série se trouvant ici), ne vous ont pas convaincu, ce livre est fait pour vous!
Il s'agit en effet d'une longue critique de la mémétique, tout autant de sa pertinence théorique que de sa fécondité. Je m'étais quelque peu livré au même exercice dans mon billet "Le monde des mèmes" (suite au fait qu'Antoine "Old Cola" Vekris s'était lancé dans une apologie de la mémétique sur son blog "Coffee and Sci(ence)") mais bien évidemment Dominique Guillo le fait dans ce livre avec beaucoup plus de talents que moi.
Le livre se compose de quatre parties. La première décrit le modèle mémétique, tel qu'il nous est proposé par les méméticiens ("Une théorie générale de l'évolution"), la seconde aborde les problèmes liés au concept de mème ("Le mème: une entité mystérieuse"), la troisième discute des difficultés liées à l'application du concept de sélection à la culture ("L'extension à la culture du concept de sélection"), et enfin la quatrième discute de l'idée que les mèmes formeraient des arbres - les cultures - dont il serait possible d'étudier la généalogie ("Les limites du modèle généalogique").
Tout d'abord, j'ai découvert en lisant cet ouvrage que les principaux critiques de la mémétique sont les psychologues évolutionnistes. Pourquoi? Parce que la psychologie évolutionniste défend une position réductionniste, qui est qu'il est possible d'expliquer la culture au moyen de l'évolution biologique. La culture ferait partie du phénotype étendu. Du coup, à l'inverse des méméticiens, les psychologues évolutionnistes ne postulent pas l'existence d'un hypothétique "second réplicateur", des "mèmes", et historiquement ce sont eux qui ont le plus critiqué le modèle non réductionniste mémétique.
J'écoutais récemment une interview (en anglais) de David Buss sur le balado "The Psych Files" ("Evolutionary Psychology – David Buss Responds to Critics - Part 1", "Part 2"), auteur d'un excellent manuel d'introduction à la psychologie évolutionniste: "Evolutionary Psychology: The New Science of the Mind". L'un dans l'autre, je dois avouer que je suis bien plus convaincu par le discours de la psychologie évolutionniste que par celui des méméticiens. Dans son interview, David Buss tient un langage qui me parle. Il dit en effet très régulièrement des choses comme "nous avons fait l'hypothèse x, pour la tester nous avons réalisé l'expérience y, et nous avons obtenu des résultats qui vont dans le sens de l'hypothèse x ou nous avons obtenu des résultats qui réfutent l'hypothèse x". C'est le type de chose que j'entends malheureusement fort peu en provenance des méméticiens. Bien évidemment, toutes les sciences ne sont pas de nature expérimentale et il est tout à fait possible qu'une mathématisation des phénomènes culturels soient une piste de recherches suffisamment fructueuse pour permettre à la mémétique de se constituer en tant que science à part entière. Néanmoins, je suis sceptique: je pense que ce type de travail peut tout à fait bien se faire dans les sciences existantes aujourd'hui, et sans faire appel à un vocabulaire généré par l'analogie biologique.
Comme l'expliquait Sylvain Magne dans l'Épisode #33 du balado, la notion de réplication implique que la copie soit fidèle la majorité du temps, sauf quand se produit une mutation. Cela présuppose que le cerveau, pour faire une métaphore, fonctionne comme une photocopieuse. Vous mettez un "mème" dans la machine, et vous en faite une copie qui corresponde exactement à l'original, sauf si un accident se produit. Or, comme l'explique fort bien Dominique Guillo, le cerveau ne fonctionne pas comme une photocopieuse de mèmes - ou une machine à mèmes (angl. meme machine) pour utiliser la terminologie de Susan Blackmore - qui les copierait uniquement sur base de leur fitness, c'est-à-dire de leur valeur sélective. Pour cela, il faudrait déjà que la sélection s'opère de manière purement rationnelle, or on sait que ce type de choix comprends souvent une composante émotionnelle. Par exemple, si vos deux parents sont chrétiens, vous allez sélectionner le méméplexe "religion chrétienne" non pas à cause de sa fitness, mais du lien émotionnel entre ce méméplexe et le schème de vos parents.
A l'inverse, en tant qu'individu, j'ai hérité de gênes, mais je ne peux pas les choisir! Je ne peux pas dire: "j'ai tel gène, qui intervient par exemple dans la couleur de mes yeux, et que j'ai reçu de mes parents, mais je préfère le gène présent chez mon copain Bertrand, et je vais le lui reprendre et le répliquer à mon tour". Je ne suis pas un agent actif dans la sélection des gènes. Ce qui sélectionne les gènes, c'est ma capacité à me reproduire, qui est favorisée ou défavorisée par les gènes que j'ai. Si j'ai un gène qui me permet de courir plus vite que mon voisin, celui-ci sera sélectionné par la pression environnementale parce qu'il augmente mes chances de survie quand je suis poursuivi dans la savane par un prédateur, et non pas parce que je déciderai volontairement de le répliquer pour des raisons x ou y, dont certaines auront des composantes émotionnelles plus ou moins fortes. A l'inverse, je suis un agent actif dans la sélection des "mèmes"!
Prenons maintenant un exemple utilisé par Dominique Guillo: mettons que je pratique la pèche à la main, et qu'un ami m'expose au "mème" de la pèche au filet. Je vais réfléchir à ce "mème", et éventuellement l'adopter parce qu'il me semble intéressant. Mettons maintenant que je pratique la pèche à la main, et qu'on m'expose à la pèche au filet et à la pèche au harpon. Je vais effectuer un travail cognitif pour déterminer si je vais adopter un de ses "mèmes", et si oui lequel je vais effectivement adopter! Et des facteurs non liés à la fitness de ces "mèmes" vont intervenir: si par exemple c'est le chef de mon clan qui utilise la pèche au filet, je vais peut-être adopter ce "mème" non pas à cause de sa valeur sélective, mais à cause du charisme du chef de mon clan ou du fait que je veux me faire tout simplement bien voir de lui! De plus, certains "mèmes" pourront se propager plus vite tout simplement parce qu'ils se trouvent dans une société qui détient des moyens de propagation plus rapides - mettons par exemple l'internet - alors qu'un "mème" à la fitness supérieure aura beaucoup plus de mal à se répliquer dans une société où ces dispositifs de transmission n'existent pas. Enfin, un travail cognitif important est réalisé même lorsque la copie est fidèle à l'originale. Si je prends la phrase "Il est 10h", dans le contexte où vous m'avez demandé l'heure vous allez interpréter cette phrase comme ayant pour simple vocation de vous informer, mais si vous êtes en retard à une réunion de travail et que je suis votre patron, vous allez inférer que je suis en train de vous reprocher votre manque de ponctualité!
Comme le cerveau participe activement à la sélection des "mèmes", nous ne sommes pas réellement devant un processus de réplication stricto sensu, nous sommes bien plutôt devant un processus de transmission. Dominique Guillo pointe vers un des symptômes de ce fait, qui est que les méméticiens vont avoir tendance à comparer la propagation d'un mème à celle d'un virus. La transmission suppose qu'il y ait un agent qui décide d'émettre un "mème", et un récepteur qui lorsqu'il est exposé à ce "mème" décide pour telle ou telle raison (rationnelle ou non) de l'adopter ou non.
Évidemment, le fait que l'analogie génétique soit bancale pour expliquer les phénomènes culturels ne fait pas forcément que les modèles développés par les méméticiens soient inintéressants. Néanmoins, Dominique Guillo argumente que l'analogie génétique les handicape plus qu'elle ne les aide: en effet s'ils collent de près au modèle génétique, ils sont incapables d'expliciter adéquatement les processus culturels, et s'ils s'en éloignent de manière significative, alors l'analogie perd complètement de son intérêt. Et un glissement sémantique du vocabulaire se produit, les concepts de la théorie de l'évolution n'ayant plus réellement le même sens lorsqu'ils sont appliqués au phénomène culturel...
Pour terminer, dans sa conclusion, l'auteur se pose la question du pourquoi de la popularité dans le grand public du modèle mémétique. Une partie de la réponse se situe dans la place qu'il occupe dans la littérature de vulgarisation scientifique (suite à la popularité des ouvrages de Richard Dawkins, Susan Blackmore ou encore d'Howard Bloom), mais - plus loin - dans le fait que la mémétique permet de réintroduire de la finalité, absente de la théorie de l'évolution. En effet, les méméticiens peuvent spéculer que les gênes ont permis l'apparition d'une forme supérieure de réplicateurs, les mèmes, et certains - par exemple Susan Blackmore - continueront en disant que les mèmes préparent la voie pour une troisième catégorie de réplicateurs, les tèmes.
Dominique Guillo écrit à ce sujet (p. 117):
Décrites au moyen d'un vocabulaire stratégique et intentionnel, teinté de finalisme, ces entités sont présentées comme ayant pris tout d'abord une forme matérielle - les gènes. Puis, devenues suffisamment complexe pour permettre l'imitation, les créatures issues de l'évolution ont donné naissance à de nouveaux réplicateurs, spirituels cette fois - les mèmes - qui se sont complexifiés à leur tour sous l'effet de la compétition pour la réplication. (...) Réintroduisant une forme de finalité latente dans un univers vivant apparemment conçu de manière pleinement matérialiste, le mème ainsi compris maintient une forme d'enchantement dans un monde peint aux couleurs de l'évolution.Quoi qu'il en soit, je n'ai absolument aucun doute que les méméticiens francophones pourront rationaliser ces critiques de Dominique Guillo. La mémétique dans la langue de Molière est une nébuleuse qui peut aisément absorber ce genre de remarques, en changeant simplement de forme. On ne peut pas réfuter un mouvement philosophique: celui-ci change et s'adapte en fonction du contexte dans lequel il évolue, et ne disparait - et encore - que s'il passe de mode.
En ce qui me concerne, cet ouvrage confirme à mes yeux qu'il y a d'excellentes raisons de rester sceptique du modèle mémétique. Pour paraphraser le titre du manuel de David Buss, la vraie nouvelle science de l'esprit me parait être la psychologie évolutionniste, et non pas la mémétique.
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Notes de lectures
mercredi 20 janvier 2010
Extrait de "Solving History" sur les lignes de Nazca
DiscoveryNetworks nous propose un extrait de l'émission "Solving History" consacrée aux géoglyphes de Nazca (en anglais, environ 2 minutes). Il est agréable de constater que le présentateur, Olly Steeds, est clairement sceptique de l'hypothèse extraterrestre:
mardi 19 janvier 2010
J'ai un certificat en parapsychologie de l'Université d'Édimbourg!
Je pense que l'image parle d'elle-même:

PS: pour les nouveaux venus sur ce blog, voir "La formation en ligne d'introduction à la parapsychologie de l'Université d'Édimbourg".

PS: pour les nouveaux venus sur ce blog, voir "La formation en ligne d'introduction à la parapsychologie de l'Université d'Édimbourg".
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lundi 18 janvier 2010
Sceptiques vs. sceptiques
Les athées et les sceptiques sont par nature des communautés qu'il est difficile d'organiser. En effet, leurs membres, par définition, sont toujours des personnes avec de l'esprit critique à revendre, qui auront des positions fortes et qui seront extrêmement motivés à les faire entendre. Le revers de la médaille est qu'il n'est pas rare qu'un sceptique s'attaque à d'autres sceptiques, négligeant le fait que ceux-ci sont, si je puis dire, ses alliés naturels. Marc Hallet tombe dans ce travers sur la page de son site web intitulée "L'originalité de ma démarche...", que j'aimerais quelque peu commenter dans ce billet, parce qu'elle me semble emblématique de ce problème récurent.
Tout d'abord, pour ceux qui ne connaitraient pas Marc Hallet, il s'agit d'un sceptique belge qui a fait au cours des années de très intéressantes publications, et ce sur divers sujets. Il est l'auteur d'ouvrages tel que "Quand les scientifiques déraillent", "La Vague OVNI Belge ou le triomphe de la désinformation", "Les origines mythiques du christianisme", etc. Si malheureusement ces diverses publications ont souffert d'un tirage relativement confidentiel, j'ai put m'en procurer plusieurs aux cours des années, et à mes yeux il ne fait absolument aucun doute que Marc Hallet est un sceptique.
Pourtant, il écrit sur la page de son site "L'originalité de ma démarche...":
Entendons-nous bien: en science, l'argument d'autorité n'existe pas. Et je pense qu'il ne faut pas hésiter à critiquer ce qui est critiquable. J'ai plusieurs fois explicitement écrit sur ce blog (et dit sur le balado) que je n'étais pas un fan d'Henri Broch, et ce pour diverses raisons. De même, James Randi a été vivement critiqué par divers sceptiques (tel que par exemple PZ Myers ou encore Massimo Pigliucci) lorsqu'il a écrit un billet contre l'idée que le réchauffement planétaire serait en partie d'origine humaine (voir mon billet à ce sujet, "James Randi sur le réchauffement planétaire"). Encore ce matin, j'écoutais l'Épisode #22 du balado sceptique "QuackCast", dans lequel son auteur, Mark Crislip, critiquait la manière dont Michael Shermer avait présenté les recherches sur les expériences de mort imminente dans un de ses débats avec Deepak Chopra...
Personne dans le mouvement sceptique contemporain n'est une sorte de gourou, qui serait à l'abri de la critique. Tout au contraire! Et c'est très bien!
De plus, il y a des débats qui doivent avoir lieu en interne, au sein du mouvement sceptique contemporain. Les sceptiques ne sont pas des clones qui pensent tous la même chose. Au contraire, il y a une vraie diversité au sein du mouvement, et donc forcément des débats y ont lieu. Et c'est aussi très bien. En fait, cela fait partie des raisons pour lesquelles je suis un sceptique: le mouvement sceptique contemporain est une communauté de pensée - et donc, par définition, est dans un état de débat permanent - ayant pour objectif "d'expliquer les mystères plutôt que de les entretenir" (je paraphrase ici Ben Radford). De temps en temps, je reçois un courriel d'un de mes amis sceptiques, qui réagit au contenu de ce blog ou du balado et qui me dit "tu n'aurais pas dû écrire ou dire ceci ou cela pour telle et telle raison". J'apprécie énormément ce type de retours. J'ai le degré d'expertise j'ai - où plutôt, vu la diversité des sujets que je couvre, je devrais dire que j'ai divers degrés d'expertise dans divers domaines - et l'erreur est humaine! Le vrai sceptique n'est pas celui qui s'imagine ne jamais se tromper, mais celui qui, lorsqu'il se trompe, à la volonté d'admettre qu'il s'est trompé. Pour le dire autrement, être sceptique, cela veut dire être prêt à changer de position lorsque nous avons de nouveaux éléments en main.
Le problème avec la page "L'originalité de ma démarche..." ne se situe absolument pas à mes yeux dans le fait que Marc Hallet y critique certaines positions d'Henri Broch, de Paul-Éric Blanrue ou encore de Wiktor Stoczkowski. Je le dis et je le répète: personne n'est au-delà de la critique. Non, le problème est bien entendu qu'il prétend que sa démarche n'est pas celle d'un sceptique, et que le scepticisme scientifique serait une "idéologie d'ordre sectaire". Ce faisant, il échoue à reconnaître ses alliés naturels, et se les aliènent dans la foulée. Je connais des sceptiques qui ne citent pas les travaux de Marc Hallet, par exemple sur la Vague belge d'ovnis (et ce malgré leurs qualités indéniables), juste à cause de ce genre de texte.
Il écrit aussi:
Ironiquement, Paul Kurtz, pour éviter très exactement la critique que fait ici Marc Hallet - c'est-à-dire que le CSI serait un groupe composé principalement d'athées et donc aurait prétendument une perspective scientifique biaisée - a créé non seulement le CSI (pour faire la promotion du scepticisme scientifique), mais, en parallèle, le Council for Secular Humanism, qui lui a spécifiquement pour objectif de promouvoir l'athéisme. Le mouvement s'est donc très tôt donné deux branches: le CSI ayant pour vocation exclusive de critiquer les sciences pathologiques et le "Council for Secular Humanism" pour critiquer les religions. Il suffit d'ailleurs de lire les publications "Skeptical Inquirer" (du CSI) et "Free Inquiry" (du "Council for Secular Humanism") pour voir à l'oeuvre cette division des tâches.
Sur la page "L'originalité de ma démarche...", Marc Hallet reproduit donc sans distance critique certaines des idées véhiculées principalement dans la littérature psiphile, et répétée a qui veut les entendre dans tous les groupes sociologiques que les sceptiques dérangent - et Dieu sait qu'il y en a! C'est fort dommage. J'y vois là, de plus, la tendance de certains à vouloir se prétendre "au-dessus de la mêlée" dans les débats. Des tenants - comme par exemple Pierre Lagrange ou encore Jérôme Beau pour n'en citer que deux - adorent se mettre dans ce type de positions rhétoriques. En ce qui me concerne, je suis beaucoup trop sceptique pour m'imaginer être capable de planer au-dessus des débats et de les observer avec une prétendue "objectivité" (voir mon billet: "Le mythe de la neutralité dans les débats"). Nous sommes tous empêtrés dans les débats, et la méthode scientifique est justement la seule que nous ayons pour nous en dépêtrer. Mais je comprends qu'il est flatteur pour l'ego de s'imaginer être "spécial", être capable de s'extraire de la pression culturelle et de percevoir les choses avec clarté depuis une position supérieure ("bird's eye view" en anglais). Steven L. Gibson aime à dire avec humour sur ce sujet: "La pensée critique, c'est toujours ce que l'autre échoue à faire". Etre véritablement sceptique, c'est se rendre compte que l'irrationalité n'est pas toujours chez l'autre, mais qu'elle est aussi en chacun d'entre nous...
Tout d'abord, pour ceux qui ne connaitraient pas Marc Hallet, il s'agit d'un sceptique belge qui a fait au cours des années de très intéressantes publications, et ce sur divers sujets. Il est l'auteur d'ouvrages tel que "Quand les scientifiques déraillent", "La Vague OVNI Belge ou le triomphe de la désinformation", "Les origines mythiques du christianisme", etc. Si malheureusement ces diverses publications ont souffert d'un tirage relativement confidentiel, j'ai put m'en procurer plusieurs aux cours des années, et à mes yeux il ne fait absolument aucun doute que Marc Hallet est un sceptique.
Pourtant, il écrit sur la page de son site "L'originalité de ma démarche...":
Il existe, de par le monde, un grand nombre de gens et de groupements se réclamant d'une démarche intellectuelle axée sur le scepticisme et la logique. Tels sont, par exemple, les rationalistes, les zététiciens, mais aussi certains laïcs, libres penseurs, athées ou anarchistes. Beaucoup de ces gens ont malheureusement des idées préconçues quant à ce qu'il convient d'admettre ou de rejeter. En tout, ou presque, ils agissent comme s'ils connaissaient avec exactitude les bornes séparant radicalement la vérité de l'erreur ou du mensonge. En fait, ils ont donc leurs propres schémas de croyances et ne sont différents de ceux qu'ils dénoncent que parce que leurs préjugés sont autres. En outre, une prétendue ouverture d'esprit masque souvent, chez ces gens, une idéologie d'ordre sectaire.Donc, pour le sceptique Marc Hallet, le scepticisme serait une "idéologie d'ordre sectaire"... Je dois avouer que quand je lis cela, j'ai des frissons d'horreurs qui me parcourent l'échine. En effet, la description qu'il nous donne du mouvement sceptique contemporain correspond bien plus à la désinformation, ou tout du moins à la conception fortement biaisée, que l'on peut lire chez bon nombre de psiphiles à travers la toile. Et de fait, je pense ici que Marc Hallet s'est laissé fortement influencer par une de ses connaissances, Yves Lignon.
Entendons-nous bien: en science, l'argument d'autorité n'existe pas. Et je pense qu'il ne faut pas hésiter à critiquer ce qui est critiquable. J'ai plusieurs fois explicitement écrit sur ce blog (et dit sur le balado) que je n'étais pas un fan d'Henri Broch, et ce pour diverses raisons. De même, James Randi a été vivement critiqué par divers sceptiques (tel que par exemple PZ Myers ou encore Massimo Pigliucci) lorsqu'il a écrit un billet contre l'idée que le réchauffement planétaire serait en partie d'origine humaine (voir mon billet à ce sujet, "James Randi sur le réchauffement planétaire"). Encore ce matin, j'écoutais l'Épisode #22 du balado sceptique "QuackCast", dans lequel son auteur, Mark Crislip, critiquait la manière dont Michael Shermer avait présenté les recherches sur les expériences de mort imminente dans un de ses débats avec Deepak Chopra...
Personne dans le mouvement sceptique contemporain n'est une sorte de gourou, qui serait à l'abri de la critique. Tout au contraire! Et c'est très bien!
De plus, il y a des débats qui doivent avoir lieu en interne, au sein du mouvement sceptique contemporain. Les sceptiques ne sont pas des clones qui pensent tous la même chose. Au contraire, il y a une vraie diversité au sein du mouvement, et donc forcément des débats y ont lieu. Et c'est aussi très bien. En fait, cela fait partie des raisons pour lesquelles je suis un sceptique: le mouvement sceptique contemporain est une communauté de pensée - et donc, par définition, est dans un état de débat permanent - ayant pour objectif "d'expliquer les mystères plutôt que de les entretenir" (je paraphrase ici Ben Radford). De temps en temps, je reçois un courriel d'un de mes amis sceptiques, qui réagit au contenu de ce blog ou du balado et qui me dit "tu n'aurais pas dû écrire ou dire ceci ou cela pour telle et telle raison". J'apprécie énormément ce type de retours. J'ai le degré d'expertise j'ai - où plutôt, vu la diversité des sujets que je couvre, je devrais dire que j'ai divers degrés d'expertise dans divers domaines - et l'erreur est humaine! Le vrai sceptique n'est pas celui qui s'imagine ne jamais se tromper, mais celui qui, lorsqu'il se trompe, à la volonté d'admettre qu'il s'est trompé. Pour le dire autrement, être sceptique, cela veut dire être prêt à changer de position lorsque nous avons de nouveaux éléments en main.
Le problème avec la page "L'originalité de ma démarche..." ne se situe absolument pas à mes yeux dans le fait que Marc Hallet y critique certaines positions d'Henri Broch, de Paul-Éric Blanrue ou encore de Wiktor Stoczkowski. Je le dis et je le répète: personne n'est au-delà de la critique. Non, le problème est bien entendu qu'il prétend que sa démarche n'est pas celle d'un sceptique, et que le scepticisme scientifique serait une "idéologie d'ordre sectaire". Ce faisant, il échoue à reconnaître ses alliés naturels, et se les aliènent dans la foulée. Je connais des sceptiques qui ne citent pas les travaux de Marc Hallet, par exemple sur la Vague belge d'ovnis (et ce malgré leurs qualités indéniables), juste à cause de ce genre de texte.
Il écrit aussi:
C'est ainsi, par exemple, que le groupe américain qui est à l'origine de tous les groupements qui, aujourd'hui, se réclament de la "zététique" fut, à l'origine, une organisation athée militante dont l'unique but était de pourfendre les religions et plus particulièrement le christianisme. Son idéologie radicale d'hier s'abrite aujourd'hui derrière le masque plus rassurant de l'analyse scientifique des faits, mais seule l'apparence extérieure a changé.Ce paragraphe me semble incorrect à plusieurs niveaux. Premièrement, le Committee for Skeptical Inquiry (CSI) ne fut pas le premier groupe sceptique au monde. En effet, le comité belge pour l'investigation scientifique des phénomènes réputés paranormaux (dit Comité Para) lui fut antérieur. Le CSI fut créé par le philosophe Paul Kurtz suite aux répercutions aux USA de l'affaire Gauquelin, débat dans lequel le Comité Para fut à l'époque partie prenante. Effectivement, Paul Kurtz - et ce n'est vraiment pas un secret! - est un athée. Et alors? Dans ce paragraphe, Marc Hallet semble dire que parce que le CSI a été fondé par un groupe principalement composé d'athées (dont Carl Sagan, James Randi, etc.), c'est un problème. J'avoue que je ne vois pas trop en quoi, mais cela doit être dû au fait que je suis moi-même un athée... Qu'il existe une corrélation entre athéisme et scepticisme (et je parle bien ici de corrélation et pas d'équivalence) est un fait bien connu, mais cela ne fait pas que le travail fournit par le CSI serait prétendument quoi? Frauduleux? En fait, cet argument sonne étrangement comme lorsque les tenants du Dessein Intelligent disent que la théorie de l'évolution est défendue par des gens comme Richard Dawkins non pas pour des raisons scientifiques, mais pour des raisons religieuses - la "religion" de Richard Dawkins étant pour eux l'athéisme bien entendu...
Ironiquement, Paul Kurtz, pour éviter très exactement la critique que fait ici Marc Hallet - c'est-à-dire que le CSI serait un groupe composé principalement d'athées et donc aurait prétendument une perspective scientifique biaisée - a créé non seulement le CSI (pour faire la promotion du scepticisme scientifique), mais, en parallèle, le Council for Secular Humanism, qui lui a spécifiquement pour objectif de promouvoir l'athéisme. Le mouvement s'est donc très tôt donné deux branches: le CSI ayant pour vocation exclusive de critiquer les sciences pathologiques et le "Council for Secular Humanism" pour critiquer les religions. Il suffit d'ailleurs de lire les publications "Skeptical Inquirer" (du CSI) et "Free Inquiry" (du "Council for Secular Humanism") pour voir à l'oeuvre cette division des tâches.
Sur la page "L'originalité de ma démarche...", Marc Hallet reproduit donc sans distance critique certaines des idées véhiculées principalement dans la littérature psiphile, et répétée a qui veut les entendre dans tous les groupes sociologiques que les sceptiques dérangent - et Dieu sait qu'il y en a! C'est fort dommage. J'y vois là, de plus, la tendance de certains à vouloir se prétendre "au-dessus de la mêlée" dans les débats. Des tenants - comme par exemple Pierre Lagrange ou encore Jérôme Beau pour n'en citer que deux - adorent se mettre dans ce type de positions rhétoriques. En ce qui me concerne, je suis beaucoup trop sceptique pour m'imaginer être capable de planer au-dessus des débats et de les observer avec une prétendue "objectivité" (voir mon billet: "Le mythe de la neutralité dans les débats"). Nous sommes tous empêtrés dans les débats, et la méthode scientifique est justement la seule que nous ayons pour nous en dépêtrer. Mais je comprends qu'il est flatteur pour l'ego de s'imaginer être "spécial", être capable de s'extraire de la pression culturelle et de percevoir les choses avec clarté depuis une position supérieure ("bird's eye view" en anglais). Steven L. Gibson aime à dire avec humour sur ce sujet: "La pensée critique, c'est toujours ce que l'autre échoue à faire". Etre véritablement sceptique, c'est se rendre compte que l'irrationalité n'est pas toujours chez l'autre, mais qu'elle est aussi en chacun d'entre nous...
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Mouvement sceptique contemporain
dimanche 17 janvier 2010
La question de la semaine - 9
Je lisais récemment l'article de Martin Gibert, "Une pensée peut-elle être mauvaise?", publié dans la revue "Igitur - Arguments philosophiques". Il débute de la manière suivante:
- Pensez-vous qu'il existe une catégorie morale spécifique qui serait les "mauvaises pensées"? Et si oui, quelles sont ses implications? Faut-il par exemple essayer de s'empêcher d'avoir des "mauvaises pensées", comme celle de convoiter la femme de son voisin?
Bon débat!
"Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain". Ce commandement biblique peut s’interpréter comme proscrivant non seulement l’adultère mais aussi l’idée même de le commettre. Il instaurerait par là une catégorie morale spécifique: celle de mauvaise pensée.J'ai donc envie de vous poser cette semaine la question suivante:
- Pensez-vous qu'il existe une catégorie morale spécifique qui serait les "mauvaises pensées"? Et si oui, quelles sont ses implications? Faut-il par exemple essayer de s'empêcher d'avoir des "mauvaises pensées", comme celle de convoiter la femme de son voisin?
Bon débat!
samedi 16 janvier 2010
Épisode #33: Le monde des mèmes
L'Épisode #33: Le monde des mèmes du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Sylvain Magne, auteur du blog "Meme Logic". Je vous invite à aller l'écouter.
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Mémétique
jeudi 14 janvier 2010
Le blog "Scepticisme Scientifique" a deux ans!
Bonjour,"Scepticisme Scientifique - Le Blog de la Science et de la Raison" a tout juste deux an! Bon Anniversaire!
J'aimerais tout d'abord en profiter pour remercier celles et ceux qui ont soutenu mon travail pendant l'année écoulée: tous les invités du balado, tous les membres du forum Sceptic OVNI (remerciement spécial à Denis Solaro qui me fournit gracieusement l'espace web où se trouve le balado et son blog), les membres des Sceptiques du Québec (remerciement spécial à Klod Quazzo, qui coordonne l'équipe de traduction du Dictionnaire Sceptique - équipe que j'ai rejoint il y a quelques mois), les membres de l'Observatoire Zététique, tous les gens qui me suivent sur Facebook, Twitter, et enfin tout ceux qui ont pris le temps de commenter sur ce blog...
Cette année a surtout vu la naissance du balado. Cela faisait longtemps que l'idée de créer un balado sceptique francophone trainait à l'arrière de ma tête. Probablement depuis le jour où j'ai téléchargé pour la première fois un épisode du Skeptics' Guide to the Universe sur mon iPod. Cela n'a pas été facile tous les jours, vu mon manque de compétences informatiques, mais je pense que le résultat en vaut franchement la peine. Je suis aujourd'hui plus que jamais convaincu qu'un balado est la meilleure manière à l'heure actuelle de faire la promotion du mouvement sceptique contemporain dans la langue de Molière, et ce particulièrement pour attirer un nouveau public.
Le balado fut aussi pour moi une découverte: celle qu'il existe bel et bien une communauté sceptique dans le monde francophone! J'ai toujours été plus centré sur le mouvement sceptique anglophone, mais via le balado j'ai découvert qu'il existe bon nombre de sceptiques en France, au Québec, en Belgique et dans les autres pays francophones. Internet nous offre aujourd'hui la possibilité de créer des liens, un réseau, entre tous ces sceptiques. Une fois ce réseau créé, et étendu, qui sait, peut-être pourrons-nous le mobiliser vers des actions plus concertées? On peut toujours rêver. Quoi qu'il en soit, en ce début d'année 2010, nous sommes définitivement entré dans le Scepticisme 2.0.
A l'heure où le Dessein Intelligent se fait une place dans le paysage culturel francophone, où la propagande du mouvement antivaccination s'étale dans les médias, où les médecines prétendument alternatives sont rentrées dans les cursus de l'enseignement supérieur, où la psychanalyse agit comme une ancre qui maintient en France la psychologie dans le passé et dans des conceptions scientifiquement datées et ou le postmodernisme encourage encore et toujours les discours anti-science dans le champ des sciences de l'homme, il est plus que jamais important de faire la promotion de la science et de la raison!
Le blog entre dans sa troisième année, et je suis impatient de découvrir ce que le futur nous prépare. Ce blog, tout comme le balado, sont les miettes de pain que je laisse derrière moi sur les sentiers intellectuels que je parcours. Une seule chose est certaine: l'année prochaine sera pleine de sciences, de philosophies, et de pensée critique!
Merci de m'avoir accompagné jusqu'ici, et j'espère que nous ferons encore un bout de chemin ensemble.
Sceptiquement vôtre,
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Mouvement sceptique contemporain
mercredi 13 janvier 2010
Retour vers le futur

Geneviève Zaepffel, telle qu'elle aimait apparaître à son public
Aujourd’hui largement oubliée, Geneviève Zaepffel (1892-1971) a été dans la France des années 1930 et 40 ce qu’Elisabeth Teissier a pu être dans celle des décennies 1980 et 90 : une sorte de star dans la catégorie voyants/médiums/astrologues. Férue de magie, passionnée d'ésotérisme et d’occultisme (elle fondera le "Centre Spiritualiste de Paris"), prétendant voir l'avenir, elle attirait les foules à ses conférences, surtout dans la période troublée précédant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Son titre de gloire de prophétesse, si l’on peut présenter les choses ainsi, est d’avoir prédit la défaite de la France à la veille du conflit.
Rétrospectivement, les titres de ses livres, surtout ceux publiés sous l’Occupation, laissent pour le moins songeur : Mon combat psychique - 1939, l'an rénovateur (1938), Prophéties 1941 à 1946 (1941), Livre documentaire et prophétique 1942, la sentence des dieux (avec son mari René Zaepffel) (1941), Le Dictionnaire du bonheur (1942), 1943, année d'espoir (1943), Comment je vois l'avenir du monde (1953), Arrangez-vous là-haut! Prophéties jusqu'à l'an 2000 (1967).
Comme, par exemple, Elisabeth Teissier (tout le monde se souvient de ses relations avec le défunt président Mitterrand notamment), Yaguel Didier (souvent présentée comme "l'astrologue des politiques") et beaucoup d’autres, Geneviève Zaepffel frayait aussi avec les personnalités, politiques en particulier, de son époque. Son cabinet de prédiction fut l’un des plus courus de la capitale. De tous temps, les hommes de pouvoir ont eu recours à ce genre d’individus revendiquant une capacité à obtenir des informations "stratégiques" par des moyens "spéciaux".
Or, des archives jusque-là inédites sur cette Madame Zaepffel ont été mises au jour par Laurent Buchholtzer, plus connu sur la Toile sous le pseudonyme d’Octonovo. Ce dernier a été conduit à s’intéresser à elle alors qu’il cherchait des informations biographiques sur un autre personnage : Pierre Plantard, un mythomane à l’origine de la pseudo société secrète du Prieuré de Sion, imposture qui assurera ensuite la fortune des trois auteurs de l’Enigme sacrée (1982) puis de Dan Brown dont le Da Vinci Code (2003) s’est vendu comme des petits pains. Il se trouve que l’une des sources d’influence de M. Plantard dans sa jeunesse a justement été notre voyante parisienne (chez qui sa mère a été cuisinière pour la petite histoire).
Au-delà du cas personnel de Geneviève Zaepffel, ces documents d’archives éclairent sur les rapports d'influence et de manipulation que peuvent entretenir cette profession.
J’ai questionné à ce propos Octonovo qui m’a précisé dans quel contexte et dans quel but il a décidé de rendre publiques ces données issues des services de police de l'époque :
Dans le cadre de mes recherches, j'ai exhumé le dossier de police d'une "voyante" dont l'intérêt me semble dépasser le simple cadre de mon étude.
Avec un niveau de détail proprement sidérant, il décrit la façon dont elle peut abuser les crédules par sa mauvaise foi, ses mensonges et ses discours d'opportunités. Ses justifications après guerre tout comme les extraits de ses conférences, scrupuleusement notés par les fonctionnaires, valent le détour.
Enfin, derrière les apparences trompeuses de la bonne dame qui se dévoue au bien de l'humanité apparaissent très clairement ses véritables mobiles : orgueil personnel et vénalité.
Un document édifiant, "dans son jus", qui prouve tout le bénéfice que l'on peut retirer de l'étude du passé de ces gens qui prétendent nous révéler l'avenir.
Je ne doute pas qu'il vous amusera tous et que certains sauront en faire un meilleur usage que moi pour l'édification des crédules.
Une retranscription des documents en question peut être consultée à cette adresse.
"That Mitchell and Webb Look": La preuve de l'inexistence de Dieu
Nous avons enfin une preuve que Dieu n'existe pas (en anglais, environ 2 minutes):
mardi 12 janvier 2010
Mr. Déité et la programmation
Mr. Déité discute de certaines composantes de la psychologie humaine avec son responsable en Recherche & Développement (en anglais, environ 8 minutes):
dimanche 10 janvier 2010
La question de la semaine - 8
Nous sommes au début 2010, alors:
- Comment voyez-vous le mouvement sceptique contemporain, particulièrement dans le monde francophone, se développer durant la prochaine décennie?
Bon débat!
- Comment voyez-vous le mouvement sceptique contemporain, particulièrement dans le monde francophone, se développer durant la prochaine décennie?
Bon débat!
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Mouvement sceptique contemporain
samedi 9 janvier 2010
Le fil ininterrompu
The Symphony of Science nous propose "The Unbroken Thread" (avec David Attenborough, Jane Goodall, et Carl Sagan):
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Créationnisme/Dessein intelligent
Épisode #32: Visite d’un sanctuaire Shintô
L'Épisode #32: Visite d’un sanctuaire Shintô du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.
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Exercices spirituels
jeudi 7 janvier 2010
Notes de lectures - 25: "Pour une didactique de l'esprit critique"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)Note: 4/5.
"Pour une didactique de l’esprit critique - Zététique & utilisation des interstices pseudoscientifiques dans les médias" (2007) est la thèse de zététique réalisée par Richard Monvoisin, sous la direction de Patrick Lévy et Henri Broch, et la première du genre! Il s'agit d'un pavé de 444 pages consacré au scepticisme scientifique: il y a donc beaucoup à dire, et je m'excuse d'avance pour une note de lectures quelque peu longue...
1. La zététique comme didactique de la pensée critique
Ma première réaction à la lecture de cette thèse est que Richard Monvoisin semble avoir arpenté les mêmes chemins intellectuels que moi. Bon nombre de sujets qu'il aborde ont été abordé dans ce blog. Cela démontre à mes yeux que le scepticisme scientifique propose une vision du monde relativement cohérente, pour celui qui cherche à l'approfondir. J'aurais aimé qu'Henri Broch écrive un ouvrage similaire dans les années '80: cela aurait fait gagner beaucoup de temps à bon nombre d'entre nous! En effet, lorsqu'on lit les ouvrages de l'époque du physicien, comme "Le Paranormal: Ses documents, Ses hommes, Ses méthodes" (1989), un malentendu émerge: celui-ci est que la zététique serait une discipline qui étudie le paranormal. Or, Richard Monvoisin explique à ce sujet (p. 26):
Si la zététique est d’abord pour Broch la méthode d’investigation scientifique des phénomènes réputés paranormaux, elle se transforme assez rapidement en une didactique de l’esprit critique, en un panel d’outils pédagogiques simples voulu comme une « prophylaxie des pseudosciences ».Et il définit la zététique (page 22) de la manière suivante:
Le terme zététique, au sens moderne, désigne la méthode, la démarche critique proprement dite, là où le scepticisme offre la posture épistémologique. D’une manière un peu simpliste, nous tendons à dire que le scepticisme est la posture philosophique dont la zététique est le bras outillé.Cela éclaire bien des choses, et il est fort dommage qu'il y ai eu ce malentendu à l'origine de la zététique. Si je remonte dans les années '90, à l'époque où j'étais étudiant à l'Université Catholique de Louvain et où je lisais "Le Paranormal: Ses documents, Ses hommes, Ses méthodes" d'Henri Broch, je pensais que la zététique était en réalité ce qu'est la psychologie des expériences inhabituelles. En effet, dans une interview que j'écoutais récemment, Chris French définit la psychologie des expériences inhabituelles comme étant l'étude des expériences parapsychologiques - qu'il est extrêmement important de distinguer des hypothétiques processus paranormaux - en faisant l'hypothèse qu'il est possible de les expliquer dans le cadre de la psychologie (et non de la parapsychologie), c'est-à-dire au moyen d'hypothèses prosaïques. Pour le dire autrement, la psychologie des expériences inhabituelles étudie le paranormal sans faire appel à des processus authentiquement "paranormaux" pour les expliquer.
Or, il se fait que j'avais tort: la zététique n'est pas la psychologie des expériences inhabituelles. Cela explique pourquoi la première thèse de doctorat zététique ne porte pas sur l'étude d'un phénomène paranormal comme je m'y attendais à l'époque, mais bel et bien sur la didactique de l'esprit critique. La zététique est donc une méthode parmi d'autres - comme par exemple la pratique de la philosophie avec les enfants - pour tenter d'enseigner la pensée critique.
2. Le rôle d'Henri Broch
Si je suis tout à fait d'accord sur le fond avec Richard Monvoisin, un premier constat est que nous différons dans l'utilisation de certains concepts. Il parle par exemple du curseur vraisemblance là où j'utilise le concept de plausibilité antérieure. C'est en apparence de l'ordre du détail, puisque nous désignons fondamentalement la même chose, mais elle reflète une différence de taille: l'importance que nous attribuons respectivement à l'œuvre d'Henri Broch dans l'histoire du doute en général, et du mouvement sceptique contemporain en particulier. En effet, le vocabulaire utilisé par Richard Monvoisin est celui qu'a forgé Henri Broch, lorsque celui-ci s'est amusé a rebaptiser, entre autres, les raisonnements fallacieux sous la forme de Facettes et d'Effets. "Cum hoc ergo propter hoc" devient l'Effet Cigogne et l'effet Barnum, découvert par le psychologue Bertram Forer, devient pour sa part l'Effet Puits, et ainsi de suite... Je n'ai jamais adopté ce vocabulaire parce que je n'ai jamais vu l'intérêt de renommer les raisonnements fallacieux alors qu'ils ont déjà des noms utilisés par les philosophes du monde entier - la page wikipédia consacrée aux sophismes en propose une liste non exhaustive - et, en toute honnêteté, je trouve les nouveaux noms proposé par Henri Broch quelque peu ridicule. Je suppose que cela est fait au nom de la vulgarisation, mais je n'ai jamais été convaincu de l'utilité pédagogique de la manoeuvre. Je pense que n'importe qui est capable de comprendre en quoi consiste l'argument ad hominem, le non sequitur ou encore un post hoc ergo propter hoc, pour autant qu'on prenne le temps de le lui expliquer. Les philosophes sont habitués à utiliser cette terminologie, et ils s'en portent très bien. Cette multiplication des terminologies m'a toujours semblé inutile et fondamentalement contre-productive, en effet les zététiciens familiarisés avec la terminologie d'Henri Broch - ce qui n'est pas mon cas - ne le sont pas avec celle utilisée en philosophie par les logiciens et les épistémologues...
A mes yeux, Henri Broch est un auteur tout à fait mineur, comparé à des géants du scepticisme scientifique comme (pour ne citer que quelques noms) Martin Gardner, Carl Sagan, James Randi, Paul Kurtz, etc. Le physicien français n'a jamais fait que vulgariser - et selon moi dans la foulée il a très souvent beaucoup trop simplifié les débats - la littérature sceptique anglophone dans la langue de Molière. Il n'a joué un rôle important en France que parce que, dans les années '80 et '90, il n'y avait pratiquement rien d'autre de disponible en français sur ces sujets. Il faudra pour cela attendre 2001 et le livre "L'Imposture scientifique en dix leçons" de Michel de Pracontal... Henri Broch remplissait donc un vide qui n'existait que dans le monde francophone. Mais les temps changent! De plus, j'ai toujours trouvé ses ouvrages, d'un point de vue purement stylistique, mal écrits - et si vous n'êtes pas d'accord avec moi sur ce point, je vous conseille vivement la lecture de "The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark" de Carl Sagan et vous découvrirez un sceptique qui sait réellement manier la plume! Et en terme de publications scientifiques, Henri Broch a fait extrêmement peu de publications sur des sujets relatifs au paranormal dans des revues scientifiques à comité de lectures. Pour vous donner une idée, vous pouvez comparer avec par exemple les publications scientifiques d'un Richard Wiseman (ici), d'un Chris French (ici) ou encore de Susan Blackmore (ici).
En gros, ce qui me dérange le plus dans la thèse de doctorat de Richard Monvoisin est la place qu'il accorde à l'œuvre d'Henri Broch, place qu'il ne la mérite pas quand on prend en compte ses contributions scientifiques au mouvement sceptique contemporain. L'un dans l'autre, il n'a jamais publié que quelques ouvrages de vulgarisation, et pas toujours particulièrement réussis (comme par exemple "Devenez sorciers, devenez savants" - en collaboration avec Georges Charpak - qui mélange de manière très artificielle deux sujets complètement différents: la démystification de certains phénomènes réputés paranormaux et l'utilisation du nucléaire). Quand au "Défi Zététique international", il n'était jamais que la version française du "Million Dollar Challenge" de la James Randi Educational Foundation, avec l'illusionniste Gérard Majax dans le rôle de James "The Amaz!ing" Randi...
Richard Monvoisin est par exemple beaucoup trop gentil lorsqu'il écrit (p. 42):
Ajoutons à cela la lassitude légitime de l’archéologue qui fouille depuis des années dans un site qui s’avère "salé" artificiellement, et l’on comprendra également pourquoi certains sceptiques renoncent, à tort peut être, à analyser les nouvelles données venant d’un champ d’investigation entaché de fraudes récurrentes.Puis d'ajouter en note de bas de page (toujours p. 42):
Compréhensible mais regrettable, les positions de H. Broch sur la parapsychologie en sont arrivées à ce stade.Si l'attitude d'Henri Broch est tout à fait compréhensible sur le plan humain (nos centres d'intérêts à tous évoluent, et puis les problèmes de santé ou l'âge fait que quelqu'un peut souhaiter se retirer de certains débats), sur le plan d'une démarche sceptique elle est totalement inacceptable. Le scepticisme consiste - par définition - à être toujours prêt à changer de position si de nouveaux éléments apparaissaient. Refuser de lire la littérature parapsychologique - ou tout autre littérature que les sceptiques critiquent - est une attitude profondément pseudo-sceptique et doit être critiqué plus fermement que ce n'est le cas dans cette brève note de bas de page. Pas étonnant que l'auteur anonyme membre du Groupe Etudiants de l'Institut Métapsychique International (GEIMI) ait aussi noté la chose dans sa critique de la thèse de Richard Monvoisin. J'avoue que j'ai moi-même fait un bon sur ma chaise quand j'ai lu cette note de bas de page! J'ai déjà discuté ailleurs de la question complexe de la fraude en parapsychologie (ici). Je me contenterai de dire que la fraude en science n'est un problème qui n'a absolument rien de spécifique à la parapsychologie. La fraude, et bien plus encore la beautification des données, sont des phénomènes présents dans toutes les sciences. C'est le symptôme d'un problème de fond d'un point de vue épistémologique, qui est que la revue par les pairs présupposent que le chercheur rapporte ses résultats de manière honnête.
3. Les interstices pseudoscientifiques
A la question: pourquoi est-ce que les gens croient dans des choses bizarres, la réponse que Richard Monvoisin nous propose se situe du côté du rôle des médias. Au centre de cette thèse se trouve le concept d'interstices pseudoscientifiques. Richard Monvoisin les définit de la manière suivante (p. 133):
Les biais potentiels ou avérés dans la transposition médiatique des hypothèses ou des résultats scientifique, biais pouvant amener le récipiendaire à adhérer, par des procédés autres que logico-déductifs, à une thèse insuffisamment étayée ou à croire accréditée une hypothèse non prouvée.On ne peut être que d'accord avec l'idée que les médias jouent un rôle prépondérant dans la propagation des croyances pseudo-scientifiques. Richard Monvoisin voue une grande partie de sa thèse à analyser bon nombre d'exemples de comment les médias déforment l'information scientifique lorsqu'ils la transmettent. La zézétique se donne alors comme objectif d'enseigner comment analyser de manière critique les informations que nous recevons sans arrêt en provenance des médias. Il ne faut cependant pas oublier que des facteurs psychologiques entrent en jeu, tel que par exemple certains traits de personnalité. De plus, le fait que des gens vivent des expériences inhabituelles (sorties hors du corps, expériences de mort imminente, observations d'ovnis, cognitions paranormales, etc.) joue clairement un rôle dans le maintien de certains systèmes de représentations. Disons simplement ici que "Pour une didactique de l’esprit critique" penche bien plus du côté de la sociologie que de la psychologie...
4. La critique du GEIMI
J'ai déjà mentionné plus haut qu'un auteur anonyme du GEIMI avait écrit une critique de la thèse de doctorat de Richard Monvoisin. Elle se trouve ici. Le GEIMI, sous le haut patronage du site "Skeptical Investigation" (un site tenu par des parapsychologues tenants de l'existence du Psi et ayant pour unique vocation de critiquer les sceptiques), structure toute son argumentation autour de l'idée que les sceptiques ne sont pas les vrais sceptiques et que les tenants eux le sont (air connu). Du coup, ils ne pouvaient pas ne pas âprement critiquer la première thèse zététique! Ce qui m'a bien fait rire en lisant le billet sur le blog du GEIMI, c'est qu'il débute en affirmant que Richard Monvoisin ne maîtrise pas la littérature psychologique (voir le paragraphe intitulé "La méconnaissance de la parapsychologie"). C'est un argument que j'ai pour ma part très souvent entendu à mon propre sujet, et je suis certain que je l'entendrai jusqu'au jour de ma mort. Il reflète un raisonnement suivant, qui est tenu implicitement par bon nombre de tenants:
- J'ai personnellement été convaincu par la littérature X (ici la littérature parapsychologique).
- Je suis quelqu'un de rationnel, donc toute personne lisant la même littérature que moi arrivera forcément à la même conclusion.
- Or, ce sceptique n'est pas arrivé à la même conclusion que moi.
- Donc il n'a forcément pas lu la littérature.
Conclusion
Richard Monvoisin a fourni un travail considérable pour fonder la zététique - en tant que méthode pédagogique pour enseigner la pensée critique - sur des bases solides. Je ne pense pas que tous les sceptiques doivent forcément lire sa thèse, car elle peut être assez technique à certains moments, mais certainement elle est incontournable pour ceux qui se destinent à enseigner le scepticisme scientifique, sous une forme ou une autre. De manière assez paradoxale, je pense que cette thèse est aussi le symptôme que la zététique est (enfin!) en train de s'affranchir de l'influence d'Henri Broch, ce qui est une bonne chose.
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Notes de lectures,
Zététique
mercredi 6 janvier 2010
La chimère et la parapsychologie
James Randi parle de la parapsychologie (en anglais, environ 4 minutes):
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Paranormal/Parapsychologie
lundi 4 janvier 2010
Rom Houben
Brigitte Axelrad a traduit pour le Dictionnaire Sceptique le billet écrit par Robert T. Carroll à propos du cas de Rom Houben, cette affaire belge liée à la communication facilitée. Cela vaut la peine d'être lu.
Je n'ai pas bloggé à ce sujet lorsque l'affaire Rom Houben a explosé sur le net en novembre dernier, le cas ayant une double facette: d'un côté les travaux - et les affirmations - de Steven Laureys, responsable du "Coma Science Group", et de l'autre la communication facilitée. Cela rendait l'affaire quelque peu complexe. En ce qui concerne la communication facilitée, c'est une pratique qui a été complètement discréditée par les recherches en psychologie, mais qui malheureusement reste pratiquée par des thérapeutes.
La communication facilitée met les sceptiques dans une position extrêmement difficile, qui est celle d'enlever aux proches leur espoir d'être capable de communiquer avec l'être aimé - par exemple un enfant autiste. Néanmoins, comme le disait très bien Steven Novella dans "The Skeptics' Guide to the Universe", le pire des scénarios qu'on puisse envisager c'est que Rom Houben soit réellement conscient mais incapable de communiquer avec le monde extérieur, puis qu'une soit-disant "facilitatrice" vienne lui voler sa parole, et prétendant communiquer à sa place!
Je n'ai pas bloggé à ce sujet lorsque l'affaire Rom Houben a explosé sur le net en novembre dernier, le cas ayant une double facette: d'un côté les travaux - et les affirmations - de Steven Laureys, responsable du "Coma Science Group", et de l'autre la communication facilitée. Cela rendait l'affaire quelque peu complexe. En ce qui concerne la communication facilitée, c'est une pratique qui a été complètement discréditée par les recherches en psychologie, mais qui malheureusement reste pratiquée par des thérapeutes.
La communication facilitée met les sceptiques dans une position extrêmement difficile, qui est celle d'enlever aux proches leur espoir d'être capable de communiquer avec l'être aimé - par exemple un enfant autiste. Néanmoins, comme le disait très bien Steven Novella dans "The Skeptics' Guide to the Universe", le pire des scénarios qu'on puisse envisager c'est que Rom Houben soit réellement conscient mais incapable de communiquer avec le monde extérieur, puis qu'une soit-disant "facilitatrice" vienne lui voler sa parole, et prétendant communiquer à sa place!
dimanche 3 janvier 2010
La question de la semaine - 7
Dans l'Épisode #31, je discute avec Éric Déguillaume de l'épistémologie de l'étude scientifique du phénomène ovni. J'aimerais donc vous poser cette semaine la question suivante:
Est-il selon vous utile de distinguer une approche zététique de l'étude du phénomène ovni d'une autre approche (par exemple l'approche ufologique) ou est-ce que l'approche zététique n'est en réalité que la manière scientifique appropriée d'étudier ce phénomène?
Bon débat!
Est-il selon vous utile de distinguer une approche zététique de l'étude du phénomène ovni d'une autre approche (par exemple l'approche ufologique) ou est-ce que l'approche zététique n'est en réalité que la manière scientifique appropriée d'étudier ce phénomène?
Bon débat!
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Ovni/Ufologie,
Zététique
Tentative de meurtre sur Kurt Westergaard
Un islamiste a été inculpé pour s'être introduit, armé d'un hache et d'un couteau, dans la maison de Kurt Westergaard, l'auteur des caricatures du prophète Mahomet en 2005. Pour en savoir plus: "Danemark: l'agresseur d'un caricaturiste de Mahomet inculpé de tentative de meurtre".
samedi 2 janvier 2010
Notes de lectures - 24: "Rationally Speaking: Volume I"
(Mais que lisent donc les sceptiques?)Note: 2/5.
"Rationally Speaking: Skeptical Essays on Reality as We Think We Know It - Volume I" regroupe les billets écrit par Massimo Pigliucci sur son blog, Rationally Speaking, entre 2000 et 2005.
Massimo Pigliucci est un philosophe qui se situe à 200% dans la mouvance du mouvement sceptique contemporain. Je l'ai, comme beaucoup, découvert à travers la rubrique qu'il écrit régulièrement pour le magazine "Skeptical Inquirer". Il est un spécialiste de la théorie de l'évolution et je l'ai entendu à plusieurs reprises débattre des créationnistes, par exemple sur l'émission radio Infidel Guy Show, même s'il explique justement dans "Rationally Speaking: Volume I" pourquoi il ne le fait plus.
J'aime beaucoup le style de Massimo Pigliucci dans "Rationally Speaking: Volume I": contrairement à beaucoup de philosophes, il n'éprouve pas le besoin d'écrire dans un style abscons dans l'espoir de donner l'illusion qu'il pense des choses profondes. La profondeur provient du contenu de ce qu'il écrit, et pas de la manière dont il l'écrit. Il discute de très nombreux sujets dans cet ouvrage: du scepticisme scientifique bien entendu, mais aussi du Dessein intelligent, de l'anti-intellectualisme, de la guerre en Irak, etc.
Étant un philosophe dans l'âme, Rationally Speaking est personnellement un de mes blogs préférés de la blogosphère sceptique. J'apprécie vraiment la manière dont il analyse les choses. Le défaut principal de cet ouvrage est qu'il y discute d'évènements politiques qui se sont déroulés entre 2000 et 2005, et le lecteur doit donc se replonger dans la période de George W. Bush. Il y aborde aussi des questions typiquement américaines - comme par exemple des problèmes du système éducatif made-in-US - qui n'intéresseront pas forcément tous les lecteurs.
Il n'y a pas beaucoup de philosophes contemporains avec qui j'ai de véritables affinités intellectuelles, mais Massimo Pigliucci est clairement parmi eux.
Note: attention, "Rationally Speaking: Volume I" n'existe qu'en version Kindle, et n'est pas disponible en papier.
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Présentation de David Hume
Massimo Pigliucci présente la pensée du philosophe sceptique David Hume en 5 minutes (et en anglais):
Épisode #31: La zététique appliquée à l’ufologie
L'Épisode #31: La zététique appliquée à l’ufologie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview d'Éric Déguillaume, un des auteurs de l'ouvrage "Les OVNI du CNES". Je vous invite à aller l'écouter.
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vendredi 1 janvier 2010
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