La présentation se déroulait dans l'enceinte d'un temple, la nuit tombée, devant une cinquantaine de personnes. L'action évolue au rythme des taiko. Les costumes - et tout particulièrement les masques - sont magnifiques! Un guerrier affronte un monstre, et le combat dure aisément une bonne dizaine de minutes, l'un prenant l'ascendant sur l'autre en alternance. Les dialogues et la narration sont réduits au strict minimum: avant le début d'un récit, un annonceur déclare le sujet de ce que l'on va voir, et de temps en temps un des acteurs rugit un mot en unisson avec les tambours.

Une chose qui m'a toujours surpris dans la religiosité japonaise est leur méconnaissance des mythes à l'origine de la religion Shinto. Les gens visitent les temples, exécutent les rituels et prient, mais si on pose une question sur la signification de ceci ou de cela, il est très rare que l'on obtienne une réponse élaborée. Et si les chrétiens lisent la Bible ou les musulmans le Coran, les japonais ne lisent pour la grande majorité pas les textes à l'origine de leur propre culture. C'est pour cette raison que j'ai particulièrement adoré le kagura: parce qu'il donne l'occasion de se familiariser avec certains de ces récits mythologiques.

L'histoire la plus populaire est celle de Susanoo, le frère de la déesse Amaterasu, qui affronta le serpent à huit têtes Yamato-no-Orochi. Durant la représentation, les acteurs, dissimulés à l'intérieur du corps des divers serpents présents sur scène, arrivent à les mouvoir dans une chorégraphie particulièrement impressionnante. En toute honnêteté, on ne peut être que fasciné par ce spectacle...
Note: pour plus d'informations à propos d'Iwami kagura, voir ce site web (en anglais).
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