mercredi 24 mars 2010

Est-ce que tous les catholiques sont des créationnistes?

Je vais discuter dans ce billet de la question de savoir s'il est pertinent de dire que tous les catholiques sont des créationnistes. C'est une question intéressante, et quelque peu complexe. En effet, le problème provient d'un paradoxe: d'un côté l'église catholique défend toujours l'inerrance biblique (tout en admettant l'existence de styles littéraires qu'il faut prendre en compte pour l'interpréter correctement), mais de l'autre les positions officielles actuelles du Vatican sont que la théorie de l'évolution est "plus qu'une hypothèse".

Signalons que j'ai songé à écrire ce billet en lisant l'affirmation suivante sur le blog d'Antoine "Old Cola" Vekris, dans son billet "j'adore":
Si quelqu’un se dit catholique (même pour les catholiques hérétiques) je dirais qu’il est créationniste, s’il prétend le contraire je le renvoie à son credo et à la définition du terme par la doctrine créationniste, pondue par les théologiens de son église.
L'idée énoncée ici est donc que même les catholiques libéraux, modérés ou hérétiques (peut importe le vocabulaire que l'on affectionne en la matière) sont des créationnistes. Avant d'aborder ce sujet plus avant, je voudrais m'excuser parce que je vais encore privilégier ici les "subtilités rhétoriques à la mords-moi-le-noeud" (c'est en effet de cette façon qu'Antoine Vekris a caractérisé le contenu de mes billets dans "rebond, bond, nd… Crash!"), plutôt que la vulgarité et les insultes. Chacun son style...

Prenons pour commencer une définition basique du créationnisme (celle que l'on trouve sur wikipédia):
Le créationnisme est une doctrine religieuse fondée sur la croyance selon laquelle la Terre, et par extension l'Univers, ont été créés par Dieu, selon des modalités conformes à une lecture littérale de la Bible.
Le concept de "créationniste" s'applique donc aux gens qui adoptent une lecture plus ou moins littérale de la Bible, particulièrement des récits de la Genèse. Ne sont donc pas créationnistes les gens qui adoptent une interprétation métaphorique ou allégorique. Il existe deux types de créationnisme, et enfin une émanation de ceux-ci:

- Le créationnisme Jeune-Terre (qui pose que la Terre a entre 6000 et 10000 ans),
- Le créationnisme Vieille-Terre (qui accepte les données géologiques concernant l'âge de la terre, mais pas la théorie de l'évolution),
- Le Dessein Intelligent (qui se constitue structurellement comme un négationnisme de la théorie de l'évolution).

Le Dessein Intelligent est une émanation du créationnisme parce que, comme cela a été démontré durant le procès Kitzmiller v. Dover Area School, ce mouvement est le descendant direct de la "Creation Science" des décades antérieures. Pour cette raison, il est très souvent qualifié de néo-créationnisme dans la littérature.

Par distinction, l'évolution théistique n'est pas un forme de créationnisme, parce qu'elle ne défend pas une interprétation littérale des récits de la Genèse. Il s'agit d'une affirmation métaphysique que Dieu aurait soit mis en branle l'évolution puis l'aurait laissé se développer naturellement, soit aurait guidé subtilement l'évolution, sans effets empiriquement observables.

L'église catholique défend une forme d'évolution théistique, qui consiste à dire que le Saint-Esprit serait (je cite cette vidéo YouTube) "la force mystérieuse qui dirige la Création vers son accomplissement". Lors d'une intervention devant l'Académie pontificale des sciences, le Pape Jean-Paul II avait déclaré en 1996 que "près d’un demi-siècle après la parution de l’Encyclique (Humani generis), de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse" (source: ici).

Le credo nous dit par ailleurs:
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,
Il est donc parfaitement compatible avec l'évolution théistique, et ne demande pas aux croyants d'adhérer à des interprétations littérales, c'est-à-dire créationnistes, des récits de la Genèse. Plus récemment, l'église catholique a de plus clairement rejeté le Dessein Intelligent lors d'une semaine consacrée en 2009 à la théorie l'évolution: elle a en effet refusé d'inviter les tenants de ce mouvement. Pour prendre l'un ou l'autre exemple, "Catholic News Service" nous dit à ce sujet "Intelligent design not science, says Vatican newspaper article"; et sur "Catholic On Line" nous pouvons lire "Intelligent Design belittles God, Vatican director says". Le moins qu'on puisse dire est que le Discovery Institute, la principale organisation faisant la promotion de ce néo-créationnisme, fut mécontent de l'attitude vaticane, comme le prouve ce billet sur leur blog "Evolution news and views": "Exotic Science and Theology in Rome".

Dans ce contexte, il n'est pas étonnant qu'un des principaux critiques du Dessein Intelligent outre-atlantique, Kenneth R. Miller, soit un catholique! Pour rappel, il joua un rôle majeur dans le procès Kitzmiller v. Dover Area School. L'évolution théistique est une affirmation métaphysique. Or, le propre d'une affirmation métaphysique est qu'elle est irréfutable par la science. Nous attendons d'un scientifique qu'il adhère au naturalisme méthologique, qui exclut les explications surnaturelles du champ de la science. S'il est possible de critiquer la position de Kenneth R. Miller d'un point de vue philosophique (en défendant que le naturalisme philosophique est la meilleure position métaphysique que quelqu'un puisse adopter), il reste cependant un excellent scientifique. Pour le dire autrement, il est possible de faire de la bonne science sans être athée, pour autant qu'on adopte le naturalisme méthologique. Le contre-exemple est Jean Staune: il s'agit d'un tenant du Dessein Intelligent non pas par le fait qu'il soit un catholique (libéral ou non), mais en fonction des arguments qu'il utilise. Ce qu'il propose dans ses écrits relève de l'intrusion spiritualiste en science: tout comme le Discovery Institute, l'idée générale consiste à dire que la science devrait abandonner le naturalisme méthodologique au profit d'une approche non-matérialiste.

Pour terminer, signalons aussi qu'il est évident que certains se disent sociologiquement catholiques sans adopter l'ensemble des dogmes de cette église. Je pense qu'il faut accepter cet état de fait, et discuter des positions que ces individus défendent réellement, et non pas utiliser un argument d'épouvantail qui serait que "même si vous dites que vous n'êtes pas un créationniste, en réalité vous l'êtes parce que c'est le dogme de votre église". Il faut argumenter en prenant en compte la réalité du paysage religieux, en reconnaissant le fait qu'il y a des catholiques qui affirment clairement que les récits de la Genèse doivent être interprétés métaphoriquement ou allégoriquement.

En conclusion, ma position est qu'affirmer que "tous les catholiques sont des créationnistes" est une généralisation abusive, qui masque la complexité du paysage religieux.

24 commentaires:

Fabien Nadeau a dit…

J'ai entendu l'autre jour un commentateur faire allusion à une recherche qui dit que si on a adhéré à un concept faux, il reste toujours là, dans son cerveau, prêt à reprendre du service. Et que le seul moyen d'éviter qu'il reprenne le contrôle, c'est de travailler sur le concept opposé.

C'est pourquoi je suis abonné à un flux de nouvelles sceptiques! Je crois que la théorie s'applique particulièrement à l'Église catholique. Elle n'est plus créationniste officiellement, mais... Le concept faux ressurgit continuellement dans ses enseignements.

Jean-Michel Abrassart a dit…

Bonsoir Fabien,

Je dois dire que - pour moi qui écoute chaque semaine le balado du Discovery Institute - c'était vraiment marrant d'entendre à quel point ils étaient furax que l'église catholique ait officiellement pris position contre le Dessein Intelligent (DI). Il est vrai que le DI s'adresse bien plus directement aux protestants fondamentalistes qu'aux catholiques, mais ils auraient certainement aimés avoir l'appui d'une institution telle que l'église catholique, ne serait-ce que dans leurs tentatives d'exporter leurs idées dans les universités européennes. Il y a fort à parier que si l'attitude vaticane avait été différente sur le sujet, le Discovery Institute aurait comme par hasard augmenté ses efforts du côté des universités italiennes...

Il ne faut pas oublier qu'avec un mouvement anti-science comme le DI, on est bien plus dans de la politique que dans de la science. Du coup, je suis quand même content de la position officielle de l'église catholique sur le sujet.

Sceptiquement vôtre,

jipihorn a dit…

Mon problème ici est lié à l'interprétation de la genèse comme littérale ou allégorique. Cela me fait poser deux questions simples :
Quel(s) critère(s) permet de choisir entre l'un et l'autre, sans que ce soit simplement parce que ça arrange dans un contexte donné ?
Si le choix allégorique permet à priori se s'extraire d'une vision créationniste, quel est le sens ce
cette allégorie ?
J'avoue que cette dernière question, je n'arrive pas à trouver une explication qui permette d'écarter complètement la logique créationniste, tellement elle est intégrée dans le texte lui-même.
Peut-être que des théologiens ont une réponse satisfaisante qui ne soit pas un exercice de style de rhétorique.

J.

Q a dit…

Il me parait évident que les catholiques ne sont généralement pas créationnistes. A titre personnel je n'ai jamais rencontré aucun croyant qui remette en cause les résultats de la science en général. Ce qu'on entend parfois c'est "la science n'explique pas tout", mais pas souvent "la science se trompe", parce qu'il est évident qu'elle ne se trompe pas (on fait bien des voitures, des ordinateurs et des fusées...). Je ne suis pas croyant mais j'ai été élevé dans un milieu catholique et on m'a toujours appris au catéchisme que le récit de la Genèse était allégorique (ce qui est évident vu ses contradictions), et pour moi le créationnisme a toujours été une lubie venue des états-unis.

Bien sûr mon expérience n'est pas représentative, pour vraiment répondre à la question il faudrait faire une étude plus poussée, mais je serais très surpris si les résultats étaient différents. J'ai l'impression qu'une grande majorité des chrétiens, au moins en France ne sont pas créationnistes.

Quant à savoir si l'institution de l'église catholique est ou non créationniste, c'est un problème différent. Je pense que le billet y répond très bien, même si le pape actuel a pu faire quelques écarts sur le sujet dans ses discours...

La distinction entre naturalisme méthodologique et philosophique me parait effectivement importante. Je pense que la différence est du même ordre que celle qu'il y a entre dire "la science se trompe" et dire "la science n'explique pas tout" (ou plus précisément "elle ne pourrait jamais tout expliquer même en disposant de moyens infinis").

Sauf à prouver que la science pourrait tout expliquer, le naturalisme philosophique sera toujours sujet à débat. Or c'est souvent le fait de considérer le naturalisme philosophique comme un acquis qui donne à certains sceptiques une image arrogante, de "scientiste", ce qui est finalement contre-productif pour convaincre les gens du bien fondé de la méthode scientifique...

S'il fallait vraiment chercher des poux aux catholiques dans une démarche de scepticisme scientifique, par contre, il y aurait sans doute de quoi faire sur le thème des miracles...

Jean-Michel Abrassart a dit…

Bonsoir jipihorn,

Il y a des tas de choses dans la Bible qui posent ce type de questions. Si tu prends le concept de ciel ou cieux, il ne s'agit pas du ciel dans le sens dont on parle tous les jours (quand on dit par exemple que "les avions volent dans le ciel").

De mémoire, Carl Sagan a fait la blague suivante en disant que si Jésus était monté au ciel à une vitesse donnée, un astronome pouvait calculer qu'il n'avait pas encore quitté la périphérie de notre galaxie!

C'est une blague, mais qui montre bien que lorsque les chrétiens disent que Jésus est monté au ciel, ils parlent de quelque chose de surnaturel. "Monter au ciel" est une expression littéraire qui doit être interprétée métaphoriquement ou allégoriquement. On pourrait même probablement argumenter que d'une certaine façon elle ne veut strictement rien dire: on est dans de la poésie.

Pour les récits de la Genèse, si on les interprète allégoriquement, ce qui compte surtout est la chute du jardin d'Éden, et le pêché originel. Ce que dieu voudrait nous dire par là est essentiellement qu'il y a quelque chose de fondamentalement mauvais en l'homme, et que c'est pour cela que nous sommes punis, et que nous devons rechercher la rédemption à travers Jésus. Et puis on peut aussi y voir que la femme est inférieure à l'homme, puisqu'Eve est crée afin qu'Adam ne soit pas solitaire. Et puis comme Dieu donne à l'homme la gestion du jardin, cela peut vouloir dire que nous avons tout pouvoir sur la nature, ou bien que nous devons adopter une position écologique (suivant qui lit le texte, et comment). Enfin, ce sont des exemples... Il y a moult interprétations théologiques de ces récits...

Sceptiquement vôtre,

jipihorn a dit…

Certes, je comprends cette logique, mais à quoi sert donc cette partie descriptive, promulguée deux fois et auto-contradictoire, si elle n'a aucune utilité et qu'il faut l'oublier car ne faisant même pas partie de l'allégorie ?

Encore une fois, c'est du pur pick and choose :
"Ça me plait pas ? Je l'enlève, c'est juste de la déco."

Donc en gros, les Chrétiens ne sont pas créationnistes, si l'on enlève toutes les parties créationnistes du Livre. Pratique !

Voila bien mon problème avec ces ouvrages.

Q a dit…

Pour répondre à Jipihorn : je pense simplement que les croyants, tout comme les non-croyants, sont capable de prendre acte des découvertes scientifiques. A mon avis l'église catholique a renoncé à voir dans les textes religieux une source de vérité scientifique. Elle se replie donc sur le domaine spirituel uniquement : les textes de la Bible seraient "d'inspiration" divine, et donc nous apprendraient des choses non pas sur la réalité objective, mais sur ce qui est métaphysique (et peut être historique dans certains cas ?) : l'homme, la spiritualité, le bien, le mal, la relation avec le divin, etc.

jipihorn a dit…

Le problème, c'est qu'il n'y a aucune réponse : si il n'y a pas besoin d'être lié à la réalité quelque part, rien ne leur permet d'affirmer d'avoir raison au sujet de ces pseudo réponse à ces (souvent pseudo-) questions ! En fait, c'est la quintessence de l'argument d'ignorance.

Quant à avoir une utilité historique, c'est indéniable. Je pense que le seul intérêt réel de ces ouvrages (originaux) est de cet acabit. Ces énormes bouquins des premières versions du Coran par exemple sont des objets absolument fantastiques ! Par contre le contenu...

J.

Q a dit…

Dans le cas de la spiritualité, du bien, du mal, etc, je dirais que le rattachement est fait à une réalité introspectives et/ou subjective. Mais bon je suis d'accord avec vous, rien ne leur permet d'affirmer qu'ils ont raison. Je pense que la croyance en une divinité est de l'ordre du questionnement existentiel (pourquoi le monde ? etc.), et la dessus nous sommes tous autant ignorants...

Jean-Michel Abrassart a dit…

Bonjour,

Sans surprise, Antoine Vekris continue à défendre l'idée que tous les catholiques sont des créationnistes sur son blog: "Créationisme & Relations Publiques".

Sceptiquement vôtre,

Fabien Nadeau a dit…

Je crois qu'il y a chez les catholiques un large spectre des croyances, des plus intégristes aux plus éclairés. Mais il reste que ce sont des croyances. Ici, au Québec, il fut un temps où la religion était enseignée à l'école. Je peux témoigner avoir vu tout un étalage! J'ai abordé la question des genres littéraires en classe, par exemple. Lors d'une activité pastorale où des jeunes charismatiques étaient invités à témoigner, je les ai entendus dire à mes élèves de ne pas m'écouter!!! Voilà, c'était une anecdote!

Ceci dit, j'ai aujourd'hui l'impression d'avoir été programmé et d'avoir participé à la programmation de mes enfants et des mes élèves, et d'être au coeur d'un immense gâchis...

Jude a dit…

Pour éviter le copier-coller : http://coffeeandsci.wordpress.com/2010/03/25/creationisme-relations-publiques/#comment-3809

Jean-Michel Abrassart a dit…

Bonsoir Jude,

Je pense qu’il faut distinguer :
- les créationnistes qui font empiéter leurs spéculations sur l’exposé de travaux scientifiques qui n’en ont nul besoin.
- les autres : là, je ne vois pas le problème, nul n’a à exiger de qui que ce soit d’être rationaliste.


Je suis tout à fait d'accord avec toi sur ce point, ne serait-ce que conceptuelement. Le concept de "créationniste" ne présente réellement d'intérêt que s'il permet de distinguer un type spécifique de croyants. Si on adopte une définition trop large, qui fait même de l'évolution théistique une forme de créationnisme, ou encore plus large qui consiste à faire de tout déiste un créationniste (puisque même un déiste considère que Dieu est la Cause Première de l'univers), c'est tellement large que cela ne présente plus d'intérêts!

Comme je le défend dans mon billet, je pense qu'il faut limiter l'usage du concept de "créationniste" au créationnisme Jeune-Terre et Vieille-Terre; et le concept de "néo-créationniste" au Dessein Intelligent (DI).

Pour le reste, je pense qu'il y a amplement matière à critiquer l'église catholique sur ses positions officielles (comme par exemple sur l'utilisation du préservatif pour lutter contre le SIDA en Afrique), pour encore perdre son temps à la critiquer sur des positions non-officielles que l'on suppute. Sans compter que quelque soit les raisons pour lesquelles l'église catholique est contre le DI (que ce soit - mettons - pour des raisons d'images, de communications, etc.), ultimement cela nous arrange tous bien, puisqu'elle est quoi qu'il en soit du bon côté en la matière. A la fin de la journée, c'est cela qui compte! Encore une fois, je pourrais fort bien imaginer un monde où l'église catholique serait en faveurs du Dessein Intelligent, ce qui donnerait accès à ce mouvement à toutes les universités catholiques du monde (et donc concrètement à des chaires d'enseignement dans les facultés de science), et c'est une idée qui ne me plait guère. Je préfère bien plus avoir un monde où l'église catholique est opposée au DI...

Sceptiquement vôtre,

jipihorn a dit…

"Pour le reste, je pense qu'il y a amplement matière à critiquer l'église catholique sur ses positions officielles (comme par exemple sur l'utilisation du préservatif pour lutter contre le SIDA en Afrique), pour encore perdre son temps à la critiquer sur des positions non-officielles que l'on suppute"

Difficile de dire mieux.

J.

richard a dit…

Une simple question me taraude en lisant: est on encore catholique si l'on est pas créationniste..? L'appartenance au catholicisme (pas le simple "compagnonnage de route mystique") contraint l'esprit à se soumettre aux dogmes, même si il dispose d'un soupçon de marge de manoeuvre.
Les "catholiques" non-créationnistes apparaissent donc être en fait des "protestants qui s'ignorent", comme bien d'autres :-)

Jean-Michel Abrassart a dit…

Bonjour,

Non, parce que si les catholiques se soumettent aux dogmes, ils se soumettent aussi à la parole papale - qui est supposé être en communication directe avec Dieu.

Donc quand le Pape Jean-Paul II dit "près d’un demi-siècle après la parution de l’Encyclique (Humani generis), de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse", cela à énormément de poids pour les catholiques, et donc au contraire devrait les forcer à rejeter les positions créationnistes. Ce n'est pas juste une position de l'église, c'est une parole du Pape, qui relaye Dieu via l'inspiration du Saint Esprit.

Sceptiquement vôtre,

coffeeandsci a dit…

Salut Richard,
Je pensais que les protestants adhéraient au symbole des apôtres, comme la grande majorité (toutes ?) des sectes chrétiennes. Est-ce que je me trompe ?

J-M,
Penses- tu que la parole papale puisse contredire le symbole des apôtres ?

Q a dit…

coffeeandsci : c'est à vous de nous prouver que la parole papale serait incompatible avec le symbole des apôtres, ce qui est à priori très très douteux.

coffeeandsci a dit…

Quentin !
Je pose une question et j'aurais quelque chose à prouver moi ?
j'ai l'impression que sur "la parole papale serait incompatible avec le symbole des apôtres, ce qui est à priori très très douteux" nous sommes presque d'accord; si ce n'est que je pense que c'est impossible que la parole papale soit incompatible avec le symbole des apôtres et que l'église catholique conserve précieusement sa position créationniste.

Q a dit…

Votre propos est incohérent, puisque la parole papale est manifestement pour l'évolutionnisme.

coffeeandsci a dit…

Alors J-M,
Penses- tu que la parole papale puisse contredire le symbole des apôtres ?

coffeeandsci a dit…

Il ne faut pas confondre la distinction entre "fixisme" et "évolution", d'une part, et "créationnisme" et "naturalisme", d'autre part.
La croyance à un créateur de l'univers définit le créationnisme, les modalités le sous-ensemble de créationnisme auquel il appartient.

Q a dit…

Coffeeandsci,

nous avons déjà discuté de ce problème de définition. Dans son acceptation commune (par l'ensemble des dictionnaires), le créationnisme postule un créateur des espèces vivantes. Dans de rares cas que vous citez sur votre blog, la définition est étendue à toute forme d'intervention surnaturelle dans l'évolution de l'univers. En aucun cas elle ne s'applique pour la croyance en un créateur de l'univers.

En adoptant cette définition ultra-large et ultra-radicale, vous faites face à un gros problème : vous vous placez sur le plan de la métaphysique, et donc en combattant ce "créationnisme", vous ne faites qu'opposer une métaphysique, la votre, à une autre, celle de ceux qui croient en un créateurs. En aucun cas vous ne pourrez avoir raison sur vos adversaires, puisque vous aussi êtes dans la croyance et votre combat est donc perdu d'avance.

Autrement dit : si on adopte votre définition du créationnisme, il n'est plus possible de reprocher quoi que ce soit aux créationnistes, tout au plus peut-on discuter métaphysique avec eux.

Si votre souhait est de lutter contre l'obscurantisme (=ce qui s'oppose au développement de la connaissance scientifique), votre définition est contre-productive, puisqu'elle exclue d'emblée le problème du cadre de la démarche scientifique.

La définition un peu moins large d'intervention surnaturelle est elle même assez problématique je pense (mais beaucoup de sceptiques ne seront pas d'accord avec moi), mais elle peut se défendre. Seule la définition courante est réellement opératoire, puisqu'il y a un réel conflit avec les données scientifiques, en l'occurrence la théorie de l'évolution.

Je dois vous rappeler quelques données élémentaires de philosophie : nos connaissances scientifiques sont une représentation du monde par l'esprit humain qui s'inscrit dans le cadre d'un univers existant. La question de l'origine de cet univers (et même celle de sa nature profonde) reste donc une question qui n'est pas à priori accessible par la démarche scientifique. Vous pouvez discuter de ces points si vous le voulez, mais vous devez savoir où vous mettez les pieds.

coffeeandsci a dit…

Effectivement, nous avons discuté de la définition du terme "creatiinniste" ailleurs. Il ne s'agit pas de .ma. définition, elle est partagée avec d'autres.
Ici les questions sont autres. Pas la peine de faire diversion tant qu'elles ne sont pas répondues.