mercredi 30 septembre 2009
Interview de Chris French sur le balado "Skeptiko"
Épisode #17 : La Journée Internationale du Blasphème
mardi 29 septembre 2009
Qu'est-ce que le scepticisme scientifique?
lundi 28 septembre 2009
Massimo Pigliucci débat un tenant du Dessein Intelligent
dimanche 27 septembre 2009
Carl Sagan - "A Glorious Dawn" (Cosmos Remixed)
samedi 26 septembre 2009
Le mythe de la neutralité dans les débats
Accès gratuit à une information objective et francophone sur les phénomènes inexpliqués (ufologiques, paranormaux, cryptozoologiques, surnaturels)Dans ce billet, je questionnais la prétention de Jérôme Beau à affirmer de la sorte que le contenu de son site était entre guillemets "objectif". Le texte a maintenant changé, et nous pouvons actuellement lire sur Facebook (ici):
Suspendre son jugement, c'est commencer à réfléchir.... ce qui évidemment reflète la position postmoderne de Jérôme Beau, elle-même inspirée de celle du sociologue-ufologue Pierre Lagrange.
Je pense qu'il est tout simplement impossible pour un individu d'être "neutre" dans les débats. Ce que j'écris ici reflète évidemment qui je suis, mon parcours individuel, mes connaissances, etc. Il est clair que je défends la vision du monde sceptique (en anglais, nous parlerions ici de "skeptical outlook") tout comme les tenants défendent la leur.
C'est pour cette raison que j'ai nommé ce blog "Scepticisme scientifique". En clair, si ce n'est pas de l'information sceptique que vous venez chercher ici, il y a bien suffisamment de blogueurs pro-paranormal (au sens large) sur la toile.
Lorsque quelqu'un me dit que je devrais être "neutre", "objectif", "impartial", je comprends qu'en fait la "neutralité" dont il parle est en réalité sa position, et ce qu'il me dit est que je devrais écrire des choses plus proches de sa vision du monde à lui. Cette interprétation m'est confirmée par le fait qu'aucun authentique sceptique ne m'a jamais écrit un courriel pour me dire "au fait, Jean-Michel, tu devrais être plus neutre sur ton blog!". Que je ne partage pas la vision du monde des tenants est un fait, et je peux comprendre qu'ils aimeraient que je sois de leur côté de la barrière plutôt qu'en train de les critiquer (ne serait-ce que parce que ce faisant je les mets forcément en situation de dissonance cognitive), mais je trouve néanmoins cet appel à une prétendu "neutralité" profondément ridicule.
Déconstruisons quelque peu cette idée...
Une façon d'être "neutre" serait de prendre les différentes positions dans un débat, et de les présenter de la manière la plus factuelle possible. OK. Prenons un exemple précis. Disons que je vais, par exemple, écrire un billet à propos du créationnisme: je devrais donc décrire le plus factuellement possible la position des créationnistes Terre-Jeune, des créationnistes Vieille-Terre, du Dessein Intelligent, de l'évolution théistique et de la Théorie synthétique de l'évolution. De plus, je devrais écrire comme si ces positions étaient toutes aussi respectables les unes que les autres.
Ce faisant, d'après Jérôme Beau, je commencerais enfin à réfléchir.
Apparemment, selon lui, prendre clairement position en faveur, par exemple, de la Théorie synthétique de l'évolution et contre le créationnisme est une dérive rationaliste (puisqu'il considère "le rationalisme comme un dogme tout aussi condamnable que les croyances qui lui sont opposées"). Ou bien cette suspension du jugement ne doit se faire que pour sa croyance à lui, c'est-à-dire qu'il y a de l'extraordinaire dans le phénomène ovni - et peut-être bien de l'extraterrestre? A mon avis, nous nous trouvons réellement dans le second cas de figure, ce que les sceptiques nomment en anglais "special pleading": Jérôme Beau serait certainement d'accord avec moi pour dire qu'il est bon de critiquer de manière véhèmente le créationnisme, mais pas la science pathologique à laquelle lui il adhère, l'ufologie. Celle-là, il faut s'il vous plait lui accorder un privilège particulier...
Le problème est qu'en science toutes les hypothèses ne se valent pas, et toutes les idées ne sont pas respectables. Cette façon de faire journalistique (présenter tous les points de vue comme équivalant) est en réalité extrêmement problématique lorsque par exemple ils vont donner les deux positions (comme si elles étaient de mérites scientifiques équivalant!) dans des débats comme le mouvement anti-vaccination vs. la médecine basée sur la science, ou encore le Dessein Intelligent vs. la Théorie synthétique de l'évolution. Ce faisant, les médias donnent un mauvais message au grand public, qui est que ces approches sont aussi valides l'une que l'autre. Non, désolé, il n'y a pas de débat scientifique: les vaccins ne sont pas à l'origine de l'autisme, et non il n'y a pas de preuves empiriques de l'existence d'un Créateur.
Ne pas prendre parti dans un débat, c'est en réalité toujours prendre parti, car "suspendre son jugement", c'est juger qu'on préfère ne pas juger.
On retrouve ce problème sur wikipédia, qui affiche une certaine "neutralité" de contenu parce qu'il s'agit d'un travail collectif, qui émerge à travers des guerres d'édition entre toutes les personnes qui participent. Le problème est que la vérité ne relève pas d'un consensus d'opinions. Lorsqu'on fait la moyenne entre les scientifiques travaillant dans le cadre de la théorie de l'évolution et - à l'autre extrême - les tenants du créationnistes Terre-Jeune, on n'obtient pas en fin de parcours une position prétendument plus proche de la vérité. Le consensus des experts, la communauté scientifique, est important dans le cadre de la méthode scientifique, mais les participants de wikipédia ne sont - en moyenne - pas ce type d'individus. De plus, justement, les sceptiques rejettent tout simplement que les tenants du créationnisme Terre-Jeune soient des experts valides: leurs opinions ne doivent tout simplement pas compter dans le consensus scientifique.
Je ne pense pas qu'un individu puisse être objectif: personne ne peut s'extraire de sa propre subjectivité, ou encore mieux de la noosphère pour, tel un démon laplacien, évaluer purement objectivement toutes les informations qu'il reçoit. De plus, cognitions et émotions sont des processus qui vont main dans la main. Avoir l'impression d'avoir raison est une émotion. J'ai personnellement l'impression subjective que la position sceptique concernant le phénomène ovni est correcte (c'est-à-dire qu'il n'y a pas de vaisseaux extraterrestres visitant actuellement notre planète), mais je suis suffisamment sceptique pour savoir que cette impression subjective "d'avoir raison" est le produit de ma conscience, elle-même générée par mon activité cérébrale. Il se pourrait donc faire que je me trompe - et c'est vrai pour tout le monde!
La méthode scientifique tend vers la vérité comme horizon parce que c'est un processus collectif, et que la somme des individus annulent leurs biais idyosyncratiques.
Tous les scientifiques travaillent dans le cadre d'un paradigme, que ce soit le paradigme dominant à un moment donné dans la communauté scientifique ou à l'inverse un paradigme totalement marginal. Personne n'est "neutre", tout simplement parce que nous sommes tous des êtres humains.
En ce qui me concerne, je serais "neutre" quand je serais dans la tombe. En attendant...
Épisode #16 : L'enquête de terrain ufologique
vendredi 25 septembre 2009
La rencontre de Soccorro: un canular d'étudiants?
Le 24 avril 1964 1 à 17:50, Lonnie Zamora, sergent de police de Soccorro (Nouveau-Mexique), pourchasse un chauffard. Il entend soudain un rugissement et voit une flamme bleu-orange derrière une colline. Au sommet il lui semble voir à 200 m une voiture accidentée et 2 hommes en combinaison blanche. Tout en s'approchant, il fait un appel radio signalant un accident. Il voit maintenant l'objet à 30 m de distance, ovoïde vertical (horizontal ?), posé sur des sortes d'"échasses" dans un ravin. A côté, 2 petits êtres humanoïdes vêtus de blanc, voyant Zamora, remontent dans l'appareil. Le vaisseau décolle aussitôt dans un vacarme assourdissant, en émettant une flamme bleue. Le policier a cependant le temps de distinguer une étrange marque sur l'engin 2. L'objet survole la voiture à 6 m puis frôle à 4 m le dépôt de dynamite. Zamora croit qu'il va exploser et perd ses lunettes de soleil en s'enfuyant. Il se met à l'abri de sa voiture, assiste au départ rapide à l'horizontale de l'engin.Dans un billet publié le 23 septembre 2009 sur le blog "The UFO Iconoclast(s)", Anthony Bragalia présente de nouveaux éléments qui semblent indiquer que ce cas classique de la casuistique fut en réalité un canular d'étudiants à New Mexico Tech (en anglais): "THE SOCORRO UFO HOAX EXPOSED! (Famous 1964 sighting was a college prank)".
Plusieurs autres personnes observent une flamme dans le ciel, dont une autre patrouille de policiers. Appellés par radio, ils retrouvent des buissons en train de brûler (2 zones à carbonisation latérale, 2 à carbonisation verticale). Le sergent Chavez arrivé sur les lieux trouve Zamora pâle et transpirant. Ils découvrent 4 trous dans le sol, sommets d'un losange de diagonales de 6,40 m et 5,75 m.
jeudi 24 septembre 2009
L'immobilité et le mouvement
Et puis, au fur et à mesure de l'apprentissage de la langue, des combinaisons commencent à émerger. On ne sait pas lire l'ensemble du texte, mais seulement un idéogramme ici ou là. Il n'y a rien de plus jouissif que quand on arrive enfin à lire un mot! On est un peu comme un enfant qui découvre la richesse du monde qui l'entoure. Et c'est un vrai plaisir le jour où pour la première fois on achète une bande-dessinée destinée à des enfants en primaire, qu'on la lit - qu'on la lit vraiment - et qu'on comprend son contenu. C'est tout un nouveau monde qui s'ouvre devant vous.
Je suis bien entendu loin d'être au bout de mon parcours. Mon rêve est de pouvoir lire des livres de philosophie japonaise. comme par exemple les essais de Kitarō Nishida, ou encore les romans de Sōseki Natsume dans le texte. Ce n'est pas demain la veille que j'y arriverai, mais ce n'est pas bien grave: le processus d'apprentissage lui-même est passionnant, et enrichissant. Parce qu'apprendre à parler et à lire une autre langue, c'est découvrir une autre manière d'appréhender le monde. Les tenants reprochent souvent aux sceptiques d'être "fermés d'esprit", mais si j'ai choisi d'investir mon temps dans l'assimilation de la culture nippone, c'est justement parce qu'elle me semble être une des plus dépaysantes pour un esprit occidental. Etre crédule, c'est très différent d'avoir réellement l'esprit ouvert à l'altérité.
En venant habiter ici, je me suis découvert une passion pour la calligraphie nippone. Parce qu'au-delà de lire, il y a écrire, et que c'est une chose d'apprendre à écrire l'alphabet, mais s'en est une autre d'assimiler les 1945 Jōyō kanji, la liste des idéogrammes ayant été déterminé d'usage courant par le gouvernement japonais. La calligraphie fait partie de l'éducation traditionnelle, avec les arts martiaux d'origine nippone (comme le Judo, le Kendo ou l'aïkido), l'ikebana, ou encore le chanoyu - la cérémonie du thé. La pratique hebdomadaire de la calligraphie génère un nouveau rapport à l'écriture, dont entre autres un respect pour le traçage à la main (au crayon ou au pinceau), qui se perd de plus en plus avec les ordinateurs et autres téléphones portables. On apprend dans la foulée à aimer l'odeur de l'encre, le bruit du pinceau sur le papier, le moment de concentration avant d'attaquer le premier trait...Les japonais ont le concept de 静と動 (sei to do), qui désigne l'immobilité (静) et le mouvement (動), dans une auto-identité contradictoire. En effet, il y a du mouvement dans l'immobilité et de l'immobilité dans le mouvement. On retrouve ce concept en art, lorsqu'on aperçoit la figure statique du Mt. Fuji perdu au milieu d'une mer agitée. On le trouve aussi en aïkido, dans les formes où le pratiquant est au centre d'une sphère virtuelle et où son partenaire est en rotation autour de lui.
A mon tout petit niveau, je pense que j'essaie d'appliquer ce concept, à travers la calligraphie pour l'immobilité et l'Aïkido pour le mouvement, ou encore l'érudition d'un côté et l'activisme de l'autre.
Vivre à la fois dans l'immobilité et le mouvement...
mardi 22 septembre 2009
Sam Harris sur le "fondamentalisme séculier"
dimanche 20 septembre 2009
Kylie Sturgess a un certificat de parapsychologie!
En fait Kylie Sturgess, qui est un membre de l'équipe de la Skeptic Zone, a suivi elle-même cette formation: elle a écrit sur son blog Podblack un billet (en anglais) intitulé "I Has Parapsychology Certificate!", ainsi qu'un autre tiré directement de sa formation: "On Quantum Theory And Parapsychology".
samedi 19 septembre 2009
Bande-annonce de "Men Who Stare at Goats"
Épisode #15 : "Une introduction à la parapsychologie"
vendredi 18 septembre 2009
Pourquoi les gens croient dans les conspirations?
jeudi 17 septembre 2009
Les deux récits de la création dans la Genèse
Chapitre 1Mais le livre de la Genèse ne s'arrête pas là, et nous propose un deuxième récit (Genèse 2:4-25). Ici, il n'est plus du tout question de journées, et Dieu ne crée plus en utilisant la parole. Au contraire, il agit de manière beaucoup plus concrète, un peu à la façon d'un jardinier: il fait par exemple s'élever une vapeur afin d'arroser le sol. Ou encore, pour donner l'âme à l'homme, il lui souffle dans les narines! Nous sommes clairement dans une vision moins transcendantale et plus anthropomorphique de la divinité. De plus, dans le premier récit Dieu est nommé Elohim (ce qui est, soit dit en passant, un pluriel) tandis que dans le second le terme de Yahweh Elohim est cette fois présent.
1 Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. 2 La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. 3 Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. 4 Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. 5 Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour. 6 Dieu dit: Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. 7 Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi. 8 Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour. 9 Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi. 10 Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. 11 Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. 12 La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. 13 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour. 14 Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années; 15 et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. 16 Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles. 17 Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre, 18 pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. 19 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour. 20 Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l'étendue du ciel. 21 Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. 22 Dieu les bénit, en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux multiplient sur la terre. 23 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour. 24 Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi. 25 Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. 26 Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. 27 Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. 28 Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. 29 Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. 30 Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi. 31 Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour.
Chapitre 2
1 Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée. 2 Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite. 3 Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant.
4 Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés. Lorsque l'Éternel Dieu fit une terre et des cieux, 5 aucun arbuste des champs n'était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore: car l'Éternel Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n'y avait point d'homme pour cultiver le sol. 6 Mais une vapeur s'éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol. 7 L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant. 8 Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé. 9 L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. 10 Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. 11 Le nom du premier est Pischon; c'est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l'or. 12 L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx. 13 Le nom du second fleuve est Guihon; c'est celui qui entoure tout le pays de Cusch. 14 Le nom du troisième est Hiddékel; c'est celui qui coule à l'orient de l'Assyrie. Le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate. 15 L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder. 16 L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin; 17 mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. 18 L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. 19 L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l'homme. 20 Et l'homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable à lui. 21 Alors l'Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. 22 L'Éternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme. 23 Et l'homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de l'homme. 24 C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. 25 L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte.Non seulement le ton général des deux récits est fort différent, mais en plus les deux histoires sont incohérentes. Par exemple, dans le premier Dieu crée les plantes et les animaux avant les êtres humains, et ensuite il crée l'homme et la femme en même temps! Dans le second, Dieu crée tout d'abord l'homme (tout seul), puis les plantes, puis les animaux, et enfin - parce qu'Adam se sent seul - une compagne, la femme, issue d'une de ses côtes (ce qui donne aux femmes un statut inférieur, ce qui est confirmé dans les 10 commandements - Exode 20:17: "Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain." - dans lesquels l'épouse de ton prochain fait clairement partie de ses propriétés, avec ses esclaves, ses animaux et sa maison). A cause de ces incohérences et des différences de styles, les théologiens considèrent aujourd'hui que les deux récits sont d'origines différentes.
Il y a de très nombreuses incohérences dans la Bible, et c'est particulièrement flagrant dans les doublons de ce genre (ce n'est pas le seul!) qui nous présente deux versions différentes d'un seul évènement prétendument "historique" selon certains. Les fondamentalistes se livrent bien entendu à d'étranges jeux intellectuels pour tenter d'harmoniser les deux histoires, mais les résultats sont tout sauf convaincants.
mercredi 16 septembre 2009
Joe Nickell et Graham Watkins à Dragon*Con 2009
mardi 15 septembre 2009
Jean Staune et la question d'un Créateur
Malgré qu'il dise au début de la vidéo qu'il rejette le créationnisme Terre-Jeune, il joue sur l'ignorance des autres formes de créationnisme, plus élaborées, comme le DI. Et tant que j'y suis, puisqu'il l'évoque vers la fin, soulignons que Jacques Bouveresse a écrit un excellent ouvrage, "Prodiges et vertiges de l'analogie", consacré aux utilisations fallacieuses du théorèmes d'incomplétude de Gödel, a qui ont fait vraiment dire tout et n'importe quoi.
dimanche 13 septembre 2009
Henri Broch ou Marcello Truzzi?
Marcello Truzzi est en effet devenu fort populaire chez les tenants de la réalité du paranormal (au sens large) dans la francophonie, comme par exemple ceux de l'Institut Métapsychique International (voir par exemple cet article de Renaud Evrard ici) ou encore l'ufologue Jérôme Beau (ici). Ceux-ci argumentent en substance qu'ayant utilisé historiquement le terme de zététique avant Henri Broch, c'est son approche qui représenterait le plus authentiquement cette démarche. Le problème se situe bien évidemment dans le fait que la zététique à la Marcello Truzzi reflète en fait la vision du monde des tenants (dans laquelle la plausibilité antérieure de l'existence réelle de phénomènes extraordinaires est bien plus importante que chez les authentiques sceptiques), tandis que la zététique à la Henri Broch est tout simplement la version francophone du mouvement sceptique contemporain. Ce qui attire les tenants vers l'oeuvre de ce sociologue, ce n'est pas tant son prétendu "zététisme", mais bien plutôt le fait qu'il était un "sceptique des sceptiques", c'est-à-dire quelqu'un qui a critiqué le mouvement sceptique contemporain, et particulièrement le Committee for Skeptical Inquiry (à l'époque où il se nommait le "Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal").
Divers éléments sont impensés dans cette argumentation. Le premier, mais non le moindre, est que l'antériorité temporelle ferait automatiquement que la zététique version Marcello Truzzi devrait être adoptée, serait "la bonne". J'échoue complètement à voir pourquoi. Il se pourrait très bien que - dans l'absolu - ce que défende Henri Broch soit plus proche d'un véritable esprit "zététique", et ce même si Marcello Truzzi a utilisé le terme avant lui... Personnellement, je rejette clairement ce principe: en philosophie, ce n'est pas parce qu'un penseur au sein d'un même mouvement est ultérieur à un autre qu'il a forcément tort et que le premier, l'original, a forcément raison! Non, il faut examiner les arguments des uns et des autres et évaluer leurs pertinences, nonobstant l'ordre des individus dans la ligne du temps.
Deuxièmement, je pense que le jour où Marcello Truzzi a accepté que sa publication "Explorations" soit renommée "The Zetetic" en devenant le journal officiel du Committee for Skeptical Inquiry, et lui-même son éditeur pour un temps limité, il a abandonné ce concept au mouvement sceptique contemporain. Contrairement à ce que les tenants prétendent, Henri Broch n'a pas repris un concept de Marcello Truzzi, il a repris le titre de la revue du "Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal", une des plus importantes associations sceptiques au monde! Et il était tout à fait en droit de le faire, peu importe que par la suite Marcello Truzzi ait quitté le CSICOP et ait fortement critiqué le mouvement sceptique contemporain.
Troisièmement, le concept de zététique - comme l'explique fort bien l'article wikipédia qui lui est consacré (ici) - vient de ladjectif grec ζητητικός, zētētikós, "qui aime chercher", "qui recherche", lequel est issu du verbe ζητέω, "chercher". Les ζητητικοί, zētētikóï, sont les "sceptiques". En clair, zététique et scepticisme, c'est chou vert et vert chou. Du coup, prétendre que la zététique remonte à Henri Broch ou Marcello Truzzi est complètement ridicule. Le doute rationnel a une très longue histoire. Je conseille sur ce sujet l'ouvrage de Jennifer Hecht "Doubt: A History: The Great Doubters and Their Legacy of Innovation from Socrates and Jesus to Thomas Jefferson and Emily Dickinson". Venir invoquer aujourd'hui un prétendu droit de Marcello Truzzi sur le concept de zététique parce qu'il serait "à son origine" démontre juste une ignorance crasse de l'histoire du scepticisme, depuis sa naissance durant l'antiquité jusqu'à aujourd'hui.Et comme l'écrit fort bien le professeur de philosophie Christopher DiCarlo dans son excellent article "The Roots of Skepticism - Why Ancient Ideas Still Apply Today" (dans Skeptical Inquirer, vol. 33, n°3, p. 51-55):
One of the driving principles of all modern skeptics today resonates from the collective works of the ancien Pyrrhonians and may be summed up in the following way: think responsibly, act accordingly.Traduction:
Un des principes directeurs de tous les sceptiques modernes aujourd'hui résonne avec les oeuvres collectives des anciens pyrrhoniens et peut être résumé de la manière suivante: penser de manière responsable, et agir en fonction.C'est clairement dans cette grande tradition du doute rationnel, qui implique un rejet de la religion, des mythes, de la superstition et du surnaturel que le mouvement sceptique contemporain se situe. La zététique version Marcello Truzzi ne peut prétendre à aucune antériorité dans ce contexte historique: ce n'est au mieux qu'un soubresaut (et encore: je n'ai jamais eu l'impression en lisant la littérature sociologique que Marcello Truzzi était un auteur incontournable, loin de là!) dans la grande roue de l'histoire des idées.
Par contre, je peux tout à fait bien comprendre que les tenants soient heureux de trouver en lui quelqu'un qui ait défendu leur vision du monde. Il proposa même le terme de "pseudo-scepticisme" pour désigner les sceptiques a priori, ceux qui ne font aucun travail de recherches ou d'enquêtes. Les tenants font généralement ici un raccourci saisissant et sous-entendent que le mouvement sceptique contemporain dans son ensemble souffrirait de ce défaut. C'est évidemment totalement faux, comme mes lecteurs réguliers le savent fort bien. Mais tout comme "Les sceptiques ne lisent pas la littérature", l'idée que les sceptiques ne font pas de recherches ou d'investigations flotte aussi dans la communauté des tenants. Il existe bien évidemment des sceptiques a priori, mais ils forment une minorité que le mouvement sceptique contemporain lui-même critique! Pour ne donner qu'un seul exemple, Joe Nickell, qui est un enquêteur sceptique du paranormal à temps plein, a souligné lors d'une interview pour le balado "Point of Inquiry" - dans un épisode intitullé "Skeptical Inquiry vs. Debunking" - l'importance pour un authentique scepticisme d'enquêter sur les phénomènes. Et puis, bien entendu, il existe aussi des tenants a priori, qui ne lisent pas la littérature scientifique et qui ne font pas de recherches! Alors quoi? Est-ce que je devrais nommer ces individus des "pseudo-tenants"??? C'est juste un non argument...
Ultimement, nous sommes tous des pseudo-sceptiques parce que personne n'a matériellement le temps d'enquêter sur absolument toutes les positions qu'il défend. Par exemple, je pense que le réchauffement planétaire est un phénomène réel et qu'il est au moins en partie causé par l'activité humaine. Est-ce que j'ai lu en détail les publications scientifiques sur le sujet? Est-ce que j'ai moi-même réalisé des recherches pour fonder empiriquement ma conviction? Non, je me suis contenté de lire les articles consacrés à ce sujet dans la presse scientifique généraliste, comme par exemple "Scientific American", du coup je suppose que je tombe dans la catégorie "pseudo-sceptiques" de Marcello Truzzi quand il s'agit du réchauffement planétaire, juste parce que ce n'est pas un de mes centres d'intérêts. Et alors??? Est-ce que vraiment les tenants qui critiquent les pseudo-sceptiques oseraient prétendent qu'eux ont le temps et l'expertise d'investiguer absolument tous les sujets sur lesquels ils prennent positions? Sincèrement, je pense que le concept de "pseudo-sceptiques" est tout simplement ridicule. Tout au plus, il explicite le fait que tous les sceptiques ont des investissements divers dans les débats: c'est très loin d'être une révélation transcendantale! Au final, le pseudo-sceptique est au sceptique ce que l'apathée (celui qui ne croit pas en Dieu mais qui ne s'implique pas dans le sujet) est à l'athée.
Fondamentalement, les sceptiques tout comme les tenants sont d'accord pour dire qu'un scepticisme a priori, sans aucune recherche, est foncièrement mauvais. Ce n'est clairement pas un élément discriminant entre les sceptiques et les tenants à la Renaud Evrard et à la Jérôme Beau. C'est au contraire un point d'accord. Le désaccord relève bien plutôt sur la manière dont l'étude scientifique des phénomènes réputés paranormaux doit se faire et sur l'interprétation de l'état actuel de la littérature scientifique.
Personnellement - et je pense que je ne suis pas le seul - il n'y a rien qui m'énerve plus qu'un tenant qui se prétende sceptique et/ou zététicien. Qu'il y ai des tenants est dans l'ordre des choses: c'est comme les théologiens dans le domaine de la religion, il y en aura toujours! Mais nul besoin de tenter de brouiller la perception du grand public en se prétendant sceptique alors qu'on défend des positions qui ne relèvent clairement pas du mouvement sceptique contemporain. C'est juste malhonnête intellectuellement. Je pense que les tenants devraient au moins avoir l'honnêteté d'affirmer clairement leurs positionnements théoriques, sans faux-fuyants du type "Je suis un sceptique - ou je suis un zététicien - mais...".
Le terme "zététique" est inexistant dans la littérature sur le paranormal dans le monde anglo-saxon. Marcello Truzzi est de temps en temps mentionné - et encore c'est plutôt rare - mais quand un tenant parle de lui, il ne s'exclame pas dans la foulée "By the way, I'm a Zetetician!". De toute manière, le sociologue n'a jamais cherché à créer un mouvement qui porterait ce nom... En clair, la seule raison pour laquelle les tenants jouent à ce petit jeu dans nos contrées, c'est à cause du succès de la zététique d'Henri Broch. Si vous lisez par exemple le site Pseudo-scepticismes.com, vous pourrez constater par vous-mêmes que les tenants francophones se structurent principalement de manière réactive vis-à-vis de la zététique d'Henri Broch. En clair, ces tentatives de récupération du terme zététique ne se produisent qu'à cause de la (relative) popularité de la zététique d'Henri Broch en France.
samedi 12 septembre 2009
La fraude en recherche clinique
Science dans les séries TV
Épisode #14 : Le Japon
vendredi 11 septembre 2009
Le dilemme de Darwin
Je pense que cette pléthore de documentaires illustre parfaitement le fait que les tenants du DI disposent de moyens financiers considérables pour propager leur désinformation à propos de la théorie de l'évolution, dans le cadre de la stratégie du coin (angl.: wedge strategy). Ils sont réalisés avec pour public cible les églises, pour être présentés aux jeunes dans le cadre de l'école du dimanche. Dans une interview (datée du 9 septembre 2009) sur le balado du Discovery Institute, "Intelligent Design - The Future", Lad Allen, le producteur de ce documentaire, affirmait que "Darwin's Dilemma" serait prochainement traduit dans une vingtaine de langues. Ce documentaire créationniste sera donc peut-être en vente bientôt dans une église près de chez vous...
Voici la bande annonce (en anglais, environ 2 minutes):
L'ascension du Mont Fuji
Au mois d'aout, durant les vacances d'O-Bon, お盆, (un festival bouddhiste ayant pour vocation d'honorer les esprits des ancêtres, quelque peu similaire à la Toussaint dans nos contrées), j'ai eu l'occasion de faire l'ascension du Mont Fuji (富士山, fujisan). Il s'agissait d'un projet, pour ne pas dire d'un rêve, que j'avais depuis bien longtemps... Qui n'a jamais vu au moins une fois dans sa vie une des trente-six vues du Mont Fuji d'Hokusai (北斎)? Plus récemment, je suis certain que beaucoup parmi vous ont lu les aventures, certainement fortement romancées, d'Amélie Nothomb au Mont Fuji dans "Ni d'Ève ni d'Adam".Un de mes amis est venu spécialement de Belgique pour cette aventure. Une des difficultés est que la saison d'ouverture du volcan, c'est-à-dire quand il n'y a pas de neige au sommet et quand les commodités des diverses étapes sont ouvertes, se limite à juillet et aout. Cette année, enfin, nous avons pu faire coïncider nos vacances respectives autour d'O-Bon, du 13 au 15 aout... Après une dernière nuit dans un hôtel de Tōkyō, nous nous sommes levés à 6h du matin: direction Shinjuku, une des nombreuses gares de la mégapole. Une fois là, nous avons pris le train jusqu'à Fujiyoshida. Quelques heures plus tard, arrivé dans la région des cinq lacs (Fujigoko), nous avons pris le bus qui nous a amené à la cinquième station du Mont Fuji. L'ascension pouvait commencer!
Nous avons débuté la grimpette à 1h de l'après-midi, à partir de la 5e Station Kawaguchiko (à environ 2300 mètres), et sommes arrivés vers 7h du soir aux chalets de la 8e station. O-Bon est la période de l'année où tous les japonais voyagent pour aller visiter leurs familles, et c'est aussi celle où il y a le plus de monde sur le Mont Fuji. Nous n'avons pas été déçu: depuis le départ jusqu'à l'arrivée la file était ininterrompue sur le sentier. Nous avons dépassé de nombreux groupes, marchant à un rythme adapté pour les personnes les plus âgées et pour les enfants.Que les choses soient claires: l'ascension du Mont Fuji est un exercice physique relativement intense, et nombreux sont ceux qui abandonnent en court de route. Oui, des personnes âgées et des enfants font cette randonnée, mais ce sont plus les exceptions que la règle, en tout cas certainement une fois au sommet. Même les adultes arrivent complètement épuisés en haut... Dans les points négatifs se situent la gestion des détritus: il n'y a pas de poubelles, et du coup il faut transporter ses propres bouteilles vides, etc. Il n'empêche qu'à certains endroits du parcours, le sentier est parsemé de plastique!
Une fois au chalet de la 8e station, nous avons mangé et tenté vaille que vaille de dormir dans une salle bondée à craquer. Nous avons repris la route à 1h du matin, marché encore une bonne heure et sommes arrivés, enfin, au bout de nos peines! Au milieux de la nuit, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il faisait vraiment froid. Et évidemment, une fois au sommet, on s'arrête de marcher, et c'est là que l'on prend conscience qu'il ne fait pas chaud et que l'on risque d'attraper la mort! Je me suis donc blotti dans un sac de couchage, et j'ai attendu... Les mots me manquent pour décrire le lever du soleil observé depuis le sommet du Mont Fuji. C'est certainement un des plus beaux spectacles qu'il m'ai été donné de voir. Et c'est certainement la récompense pour tous les efforts accomplis pour arriver là. On se trouve au-dessus de la couche nuageuse, qui forme comme une sorte de mer cotonneuse, et c'est de là que le soleil émerge...
Après cela, il faut entamer la descente, qui prend du temps parce que l'on a tendance à déraper dans la rocaille. Du coup, tout le monde marche très lentement. C'est certainement la partie la plus pénible de l'expédition, parce que l'on est fatigué de l'ascension, mais que tout le monde à peur de s'étaler en glissant. Nous sommes arrivés en bas en fin de matinée, et nous avons pu bénéficier d'un "repos du guerrier" bien mérité dans un onsen, ou bain thermal, de Fujiyoshida.
mardi 8 septembre 2009
Qu'est-ce que la philosophie?
lundi 7 septembre 2009
J. B. Rhine et les cartes de Zenner
On peut lire sur Pseudo-scepticismes.com (un site de tenants de la réalité du Psi ayant pour objet de critiquer le mouvement sceptique contemporain) à propos des cartes de Zenner:Des cartes mal faitesSi l'auteur anonyme de ce billet source les affirmations des tenants (J. B. Rhine, Dean Radin) qu'il mentionne, il échoue par contre à fournir celles des critiques des cartes Zenner. J'aimerais donc ici donner pour ma part quelques informations complémentaires, en traduisant le passage de l'ouvrage "ESP: A scientific evaluation - Telepathy, Clairvoyance, Precognition, Psychokinesis", dans lequel C. E. M. Hansel discute en détail de ce sujet (p. 60-62, la traduction est de moi):
Ce premier argument paraît assez décisif puisque Henri Broch a encore récemment acheté, en 2000, des cartes qui ne sont pas parfaites. N’est-ce pas la preuve de l’incompétence des parapsychologues ?Outre le fait que les parapsychologues n’utilisent plus les cartes de Zener depuis des décennies, cet argument ne résiste pas à l’analyse détaillée des faits que voici.
Cette critique n’est pas récente. Elle fut adressée à Rhine, il y a déjà fort longtemps, pour des raisons assez proches : il était possible de deviner les symboles sous certains angles et selon certaines luminosités en regardant le dos des cartes. Ces défauts de fabrication proviennent de l’impression des cartes, défauts que Rhine ne pouvait prévoir comme il l’indique dans ESP after sixty years. La réimpression des cartes aurait eu un coup que le laboratoire ne pouvait assumer. C’est pourquoi Rhine indiqua dès leur parution, dans le Journal of Parapsychology, qu’il ne fallait pas utiliser les cartes sans qu’il y ait un cache afin d’éviter que les sujets puissent obtenir des informations par ce biais. Ainsi, s’il est vrai que lors des toutes premières expériences de Rhine, cette précaution n’était pas prise, elle fut très rapidement mise en place et étendue à l’ensemble des expériences.
Les expériences de Rhine furent ensuite effectuées dans des conditions expérimentales qui excluaient la possibilité pour le sujet de voir le dos des cartes. Outre l’utilisation d’un cache, dans un certain nombre d’expériences le sujet était situé dans un autre bâtiment. On remarquera d’ailleurs que le biais potentiel provenant du dos des cartes n’a jamais été démontré. Les résultats obtenus par Rhine sont en effet tout aussi significatifs quand les sujets voient le dos des cartes que lorsqu’ils sont situés dans un autre bâtiment (voir D.Radin, La conscience invisible, p.109)
Les cartes PES furent mise en vente au grand public en 1936 aux États-Unis. Il était imprimé sur le paquet "Cartes PES pour tester la Perception Extra-Sensorielle, développées au Laboratoire de Parapsychologie à l'Université de Duke, brevet au nom de J. B. Rhine". Il fut rapidement remarqué par les psychologues R. H. Thouless, B. F. Skinner, et L. D. Wolfe, parmi d'autres, que sous certaines conditions lumineuses les symboles sur la face des cartes pouvaient être vus en examinant l'arrière. Un critique proéminent, J. L. Kennedy de Stanford, inclut une photographie pour illustrer ce point dans un article qu'il publia en 1938.A la lecture de ce passage de C. E. M. Hansel, les propos suivants d'Henri Broch (ici) prennent tout leur sens:
Dans une note publiée dans le numéro de mai 1938 du Journal of the Society for Psychical Research, C. V. C. Herbert, qui était à l'époque officier de la recherche de cette sociétée (angl. Research Officer of the Society), signala qu'une enquête avait été réalisée à propos des cartes. Il remarqua qu'il y en avait de 2 types: le premier consistait en des cartes à jouer blanches sur lesquelles les symboles étaient imprimés au moyen de gomme à timbres (angl.: rubber stamps) ou de pochoirs (angl.: stencils); le second était fabriqué de manière professionnelle. Il semble que 2 ans plus tôt 2 paquets du premier type avaient été envoyés à Thouless comme exemple de ce qui était effectivement utilisé comme cartes durant les tests à l'Université de Duke. Il trouva qu'avec un paquet il était possible de détecter le symbole sur la face de la carte en examinant son arrière quand elle était tenue de manière à ce que la lumière fut réfléchie par elle. Avec la lumière d'une fenêtre, 9 sur 25 des cartes furent identifiées de la sorte, et avec une lampe de 60 watts au plafond, 14 cartes furent identifiées.
Le second type fut rendu disponible au public américain. Quand celles-ci étaient tenues à un certain angle, il fut découvert que le symbole de pratiquement toutes les cartes pouvait être lus aisément depuis l'arrière. Il fut de plus découvert que le pattern à l'arrière s'étendait sur les bords, de sorte que l'identité de certaines des cartes pouvait être détectée quand le côté du paquet était inspecté. De plus, 4 des cartes marquées avec un cercle furent identifiées par la marque blanche sur leurs côtés quand la machine à couper avait tranché à travers une partie particulière du pattern imprimé à l'arrière.
Répondant à Herbert, Rhine a commenté que les cartes utilisées durant les premières années étaient coupées dans un stock de papiers lourd et opaque, et inspectées attentivement. Il affirma aussi qu'aucune conclusions à propos des perceptions extra-sensorielles ne fut publiées sans que des tests supplémentaires ne furent réalisés dans lesquels le contact sensoriel avec l'arrière des cartes ne fut éliminés. Mais il est encore plus probable que des cartes "fait-maisons", coupées dans du papier épais, soient reconnaissables depuis leurs côtés, et il est difficile de voir, après avoir lu le compte-rendu dans "Extra-Sensory Perception", comment il peut être affirmé que les contacts sensoriels furent éliminés. Parcourir les cartes avec la main, par exemple, est loin d'éliminer la possibilité de contacts sensoriels, puisque l'arrière de la carte faisant suite à celle tenue en main est visible.
Les expériences dans lesquelles les sujets, après avoir obtenu des scores élevés en étant assis à la table avec les cartes devant eux, lorsqu'ils furent placés loin des cartes, illustrent simplement la manière dont les scores de PES diminuent jusqu'au niveau de la chance dès que l'on rend difficile pour eux d'utiliser des indices sensoriels. Il est possible que les tests supplémentaires auxquels Rhine fait référence furent de type télépathique, dans lesquels des cartes ne furent pas utilisées, ainsi que les tests de Pearce à une distance de 100 ou 200 yards (ndt: 91.44 ou 182.88 mètres). Cela exclut certainement la possibilité que le sujet utilise directement des indices des cartes, mais il faut qu'il soit confirmé que ces tests étaient adéquats par d'autres aspects. Dans les expériences de départ avec Pearce, son score a clairement diminué de manière remarquablement consistante dès qu'il n'a plus pu voir ou toucher les cartes.
"Exit les résultats époustouflants d’un J.B. Rhine (présenté - sans rire - comme "le père de la parapsychologie scientifique") obtenus à partir d’un tri intellectuellement malhonnête des données et/ou d’une utilisation de cartes de Zener tellement mal faites que même un débutant refuserait de travailler avec ! Après plusieurs achats au cours des années, j’ai encore acheté en octobre 2000 des cartes de Zener (cinq symboles : carré, rond, croix, étoile, vague) à "l’Institut de Rhine". Incroyable mais vrai : elles sont toujours très mal faites après plus de 60 années de fignolage par les savants parapsychologues! Et elles ont encore un dos non symétrique!! On peut ainsi très facilement reconnaître des cartes de dos et faire allègrement grimper les statistiques sans le plus petit pouvoir-psi. Et après cela, d’aucuns tresseront toujours une auréole de scientificité aux expériences de J.B. Rhine et de ses successeurs Sans commentaire."L'auteur du billet sur Pseudo-scepticismes.com tente à tout prix de saper la crédibilité d'Henri Broch, en prétendant que celui-ci ne sait pas de quoi il parle. Ce n'est personnellement pas l'impression que j'ai en lisant le texte de C. E. M. Hansel, puis le commentaire d'Henri Broch. Je pense pour ma part qu'on peut au mieux lui reprocher de ne pas sourcer suffisamment ses écrits.
Le passage plus haut de l'ouvrage "ESP: A scientific evaluation - Telepathy, Clairvoyance, Precognition, Psychokinesis" montre que les défauts des cartes de Zenner n'étaient pas l'objet de simples suspicions: ceux-ci ont été documentés par divers auteurs au cours du temps. Ce texte mentionne aussi le fait qu'à un certain moment celui-ci a utilisé des cartes "fait-maisons", dont l'auteur anonyme du billet sur Pseudo-scepticismes.com ne parle absolument pas.
Et si, comme Henri Broch le fait remarquer, les cartes de Zenner présentent encore actuellement (en 2000 en tout cas) des défauts de fabrication, c'est un point qu'il est tout à fait légitime de reprocher à l'Institut Rhine, particulièrement après que ceux-ci aient été aussi largement commentés dans la littérature parapsychologique: depuis le temps, ils auraient franchement du être corrigés! Essayer de prétendre le contraire est juste malhonnête intellectuellement.
Grippe A(H1N1) et désinformations
samedi 5 septembre 2009
"The Greatest Show on Earth" - Le nouveau livre de Richard Dawkins
Épisode #13 : Jean Champenois
vendredi 4 septembre 2009
Qu'entendez vous?
Voilà une petite expérience, je ne pose qu'une question et vous demande d'y répondre simplement:
Qu'entendez vous ?
Vous dites ce que vous entendez, et si ce n'est rien de particulier, vous le dites aussi:
http://www.sendspace.com/file/w1b8xp
Cliquez là où il y a la flèche rouge et écrit "test.wav"
Merci
Vous pouvez répondre à la question dans les commentaires de ce billet...
Mr. Déité et le 11 septembre 2001
jeudi 3 septembre 2009
Sherri Shepherd ne sait pas si la terre est plate ou non
mardi 1 septembre 2009
La photo du mois (septembre 2009)