mercredi 29 juillet 2009

Le pré-test de Connie Sonne pour le "Million Dollar Challenge"

Durant "The Amaz!ng Meeting 7" (ou TAM7), Connie Sonne a été pré-testée dans le cadre du "Million Dollar Challenge". Elle devait, au moyen de la radiesthésie, détecter où se trouvait des cartes à jouer cachées dans des enveloppes. C'est la première fois qu'un pré-test pour le "Million Dollar Challenge" était réalisé devant un aussi large public. Connie Sonne a échoué le pré-test, et donc ne passera pas à l'étape suivante du test définitif.

De plus, à TAM7, le président de la James Randi Educational Foundation (JREF), Phil "The Bad Astronomer" Plait, a annoncé que l'organisation était revenue sur sa décision de stopper le "Million Dollar Challenge" en 2010 (voir mon billet du 17 janvier 2008 à ce sujet "La fin du "Million Dollar Challenge" (MDC) de James Randi"). Il s'agit d'une excellente nouvelle! Je pense en effet que le Prix-Défi de la JREF est extrêmement important dans le cadre du mouvement sceptique contemporain...

La JREF a posté l'intégralité du pré-test de Connie Sonne sous forme de vidéos YouTube. Les voici (en anglais, environ 10 minutes par vidéo):

Première partie:



Deuxième partie:



Troisième partie:



Quatrième partie:



Pour ceux que cela intéressent, la conférence de presse qui a suivi le pré-test de Connie Sonne est aussi visible (toujours en anglais) sur la chaîne YouTube du JREF: JamesRandiFoundation.

mardi 28 juillet 2009

Sam Harris à propos de la nomination de Francis Collins

Sam Harris a écrit un article pour le "New York Times" à propos de la nomination par Barack Obama de Francis Collins au prestigieux poste de directeur du "National Institutes of Health". Il ne fait aucun doute que Francis Collins - qui fut le responsable du Projet Génome Humain - a les compétences scientifiques nécessaires. Seulement voilà: il est aussi théiste, et prétend dans son ouvrage "The Language of God" que les découvertes de la science rendent l'existence de Dieu plausible.

Dans son article "Science Is in the Details", Sam Harris souligne aussi le problème suivant: Francis Collins prétend que nos intuitions morales affirment l'existence de Dieu. Il s'agit d'une argumentation classique des théistes: le Bien et le Mal existe objectivement, et sont déterminés par Dieu. La connaissance que nous avons de ce qui est moral et immoral a été implantée en nous par notre Créateur...

Francis Collins a de plus affirmé que "la science n'offre aucune réponse aux questions les plus essentielles concernant l'existence humaine" (angl.: "science offers no answers to the most pressing questions of human existence") et "les prétentions du matérialisme athée doivent être résistées fermement" (trad.: "the claims of atheistic materialism must be steadfastly resisted").

Sam Harris conclut son article:
Francis Collins is an accomplished scientist and a man who is sincere in his beliefs. And that is precisely what makes me so uncomfortable about his nomination. Must we really entrust the future of biomedical research in the United States to a man who sincerely believes that a scientific understanding of human nature is impossible?
Traduction:
Francis Collins est un scientifique accompli et un homme qui est sincère dans ses croyances. Et c'est précisément pour cela que je suis inconfortable vis-à-vis de cette nomination. Devons-nous réellement confier le futur de la recherche biomédicale aux Etats-Unis à un homme qui croit sincèrement que la compréhension scientifique de la nature humaine est impossible?

lundi 27 juillet 2009

Alfred Russel Wallace, Dessein Intelligent et Spiritualisme

Dans la série "les créationnistes et les parapsychologues sont des alliés naturels parce que les deux groupes ont pour objectif de renverser le paradigme matérialiste", ce mois-ci le balado du Discovery Institute "Intelligent Design the Future" a consacré une série d'épisodes à Alfred Russel Wallace: "A Dissenter in Darwin's Shadow" (20 juilet 2009), "Historian Explodes Stereotypes About Intelligent Design" (22 juillet 2009). Pour rappel, il s'agit du co-découvreur, avec Charles Darwin, de la théorie de l'évolution par sélection naturelle.

L'argumentation est grosso modo la suivante: Alfred Russel Wallace, contrairement à Darwin, a développé un ensemble de réflexions qui évoque fortement celles du Dessein Intelligent aujourd'hui. Au lieu de Charles Darwin, nous devrions donc louer les mérites de Alfred Russel Wallace, le véritable génie scientifique qui a élaboré la théorie de l'évolution, mais a dans le même temps reconnu qu'elle n'était pas suffisante pour expliquer l'ensemble des phénomènes observés, et que donc un Créateur était toujours nécessaire. De plus, il n'était pas chrétien, du coup cela prouve selon eux que le Dessin Intelligent n'est pas une forme contemporaine de créationnisme et est bel et bien une position scientifique.

Pourtant, personne n'a jamais dit qu'il fallait nécessairement être chrétien pour être créationniste: il existe des créationnismes musulmans, bouddhistes, etc.

Ce que j'aimerais cependant souligner dans ce billet, parce qu'eux oublient étrangement de le faire, c'est que si Alfred Russel Wallace n'était effectivement pas chrétien il était... un Spiritualiste! On peut lire sur Wikipédia (anglais) ceci:
Wallace began investigating spiritualism in the summer of 1865, possibly at the urging of his older sister Fanny Sims, who had been involved with it for some time. After reviewing the literature on the topic and attempting to test the phenomena he witnessed at séances, he came to accept that the belief was connected to a natural reality. For the rest of his life, he remained convinced that at least some séance phenomena were genuine, no matter how many accusations of fraud sceptics made or how much evidence of trickery was produced.
Traduction:
Wallace commença a étudier le spiritualisme durant l'été 1865, peut-être encouragé par sa sœur ainée Fanny Sims, qui était déjà impliquée depuis quelques temps dans le mouvement. Après avoir lu la littérature sur le sujet et tenté de tester les phénomènes qu'il observa durant des séances, il finit par accepter que la croyance était connectée à une réalité naturelle. Pour le reste de sa vie, il resta convaincu qu'au moins certains des phénomènes produits durant des séances étaient authentiques, et ce malgré les accusations de fraudes faites par les sceptiques ou la quantité de preuves produites exposant l'utilisation de trucs d'illusionnistes (par les médiums).
Charles Darwin et Alfred Russel Wallace se sont opposés non seulement sur l'interprétation de la théorie de l'évolution, le premier défendant une position située strictement dans le cadre du naturalisme, mais aussi sur celle des phénomènes du Spiritualisme. L'aîné des deux scientifiques étaient en effet pour sa part sceptique quant aux prétentions des médiums.

J'ai bien entendu trouvé cela étrange que Michael A. Flannery, durant ses interviews sur "Intelligent Design the Future", se contente de dire qu'"il n'était pas chrétien", et oublie de mentionner qu'il était un tenant du Spiritualisme. Dans ce contexte, il n'est pas du tout étonnant qu'il ait eu une conception similaire à celle défendue aujourd'hui par le Dessein Intelligent.

Cela illustre aussi la proximité des idéologies des créationnistes et des parapsychologues. Les deux groupes sont tentés d'utiliser Alfred Russel Wallace comme contrepoint à Charles Darwin, les tenants du DI parce qu'il défendait une conception de la théorie de l'évolution nécessitant les interventions d'un Créateur, et les seconds en le citant comme exemple d'un scientifique célèbre suffisamment "ouvert d'esprit" - les sceptiques diront plutôt "manquant d'esprit critique" - pour admettre que certains des phénomènes paranormaux générés par les médiums sont authentiques.

dimanche 26 juillet 2009

Les pensées positives ne sont pas toujours une bonne chose

Une étude récente réalisée par Joanne Wood & co., à l'Université de Waterloo au Canada, semble indiquer que - contrairement au mantra du mouvement du "développement personnel" (angl.: self-help movement) - se forcer à avoir des pensées positives (par exemple en se répétant régulièrement "Je suis une personne que l'on peut aimer") n'est pas toujours une bonne chose. Joanne Wood explique les résultats de cette recherche est avançant l'hypothèse que, chez les personnes avec une faible estime de soi, les pensées positives rentrent violemment en conflit avec leur représentation d'eux-mêmes, et la conséquence est que, au final, ces représentations négatives sont renforcées!

Source: "For some people, optimistic thoughts can do more harm than good"

samedi 25 juillet 2009

Thunderf00t débat Ray Comfort

L'athée Thunderf00t débat l'évangéliste Ray Comfort (en anglais, environ 11 minutes par vidéo) dans une série de vidéos sur YouTube. Ce dernier est l'auteur d'un livre intitulé "You Can Lead an Atheist to Evidence, But You Can't Make Him Think" (ce qui peut être traduit par "Vous pouvez montrer à un athée les preuves, mais vous ne pouvez pas le faire réfléchir").

Ray Comfort est aussi célèbre pour avoir - entre autres - argumenté que la banane (vous pouvez voir la vidéo où il fait cette affirmation en anglais ici) était une preuve qu'il y avait un Créateur, parce que le fruit s'adaptait parfaitement à la main et la bouche humaine. Dans ce contexte, il a qualifié la banane de "cauchemar des athées" (anglais: "the atheist's nightmare"). L'argument est d'autant plus ridicule que la banane à l'état naturel est fort différente de celle que nous avons dans nos cuisines et que celle-ci n'a pas été altérée pour satisfaire nos besoins par Dieu ou par la sélection naturelle, mais par la sélection artificielle: c'est l'homme qui a fait de la banane que nous trouvons dans nos cuisines ce qu'elle est aujourd'hui...

Première partie:



Deuxième partie:



Troisième partie:



Quatrième partie:



Cinquième partie:



Sixième partie:



Septième partie:



Huitième partie:



Et neuvième partie:

Épisode #7 : Scepticisme ou Zététique?

L'Épisode #7 : Scepticisme ou Zététique? du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

jeudi 23 juillet 2009

Notes de lectures - 13: "Science and Pseudoscience in Clinical Psychology"

(Mais que lisent donc les sceptiques?)

Note: 3/5.

Disons-le d'emblée: "Science and Pseudoscience in Clinical Psychology" est exactement le type de livres que j'aurais aimé avoir durant mes études de psychologie. Il s'agit d'un ouvrage collectif édité par Scott O. Lilienfeld, Steven Jay Lynn et Jeffrey M. Lohr. Il dresse le tableau de la pseudo-science qui infeste le champ des psychothérapies, et celui-ci est plutôt déprimant.

Tout comme la médecine (scientifique, mais faut-il vraiment le préciser?) doit faire fasse à l'envahissement des médecines prétendument "alternatives", la psychothérapie est un domaine où la pseudo-science s'épanouit. Une des raisons à l'origine de cette situation est le fossé scientifique-praticien: trop souvent, les psychothérapeutes ignorent non seulement l'état de la recherche, mais aussi tout simplement méconnaissent la méthode scientifique. Voici ce qu'on peut lire en page 1 de ce livre:
(...) The term "scientist-practionner gap" is being invoked with heightened frequency, and concerns that the scientific fondations of clinical psychology are steadily eroding are being voiced increasingly in many quarters. It is largely these concerns that have prompted us to compile this edited volume (...).
Traduction:
(...) Le terme de "fossé scientifique-praticien" est de plus en plus invoqué (ndt.: dans la littérature), et des inquiétudes concernant le fait que les fondations scientifiques de la psychologie clinique s'érodent continuellement sont formulées de plus en plus souvent, et ce en beaucoup d'endroits. Ce sont en grande partie ces inquiétudes qui nous ont décidé à éditer ce volume (...).
Le livre se compose de cinq grandes parties:
  1. "Controversies in Assessment and Diagnosis" à propos des outils diagnostiques et d'évaluations;
  2. "General Controversies in Psychotherapy", dans lequel les thérapies du Nouvel Age sont abordées;
  3. "Controversies in the Treatment of Specific Adult Disorders" sur les traitements pour le trouble de stress post-traumatique, l'alcoolisme et la dépression;
  4. "Controversies in the Treatment of Specific Child Disorders" sur les traitements pour le trouble du déficit de l'attention/hyperactivité, ainsi que l'autisme;
  5. Et enfin "Controversies Regarding Self-Help and the Media" dans lequel sont évoqués les problèmes liés au mouvement dit du "développement personnel".
Inutile de préciser que l'ouvrage couvre énormément de sujets! Citons quelques exemples: les Alcooliques Anonymes, l'Eye movement desensitization and reprocessing (EMDR), le test de Rorschach... Impossible de tous les nommer ici... Forcément, tel ou tel passage vous intéressera plus en fonction de vos centres d'intérêts personnels. En ce qui me concerne, j'ai particulièrement apprécié l'article consacré aux thérapies du Nouvel Age, parce que les groupes d'aide aux personnes prétendument enlevées par des extraterrestres se retrouvent dans cette catégorie. L'article sur la mémoire ("The Remembrance of Things Past: Problematic Memory Recovery Techniques in Psychotherapy") recoupe aussi - pour des raisons évidentes - le débat sur la nature du paranormal.

Un défaut de l'ouvrage est qu'il est centré sur la situation aux USA. L'article "The Science and Pseudoscience of Expert Testimony" se situe clairement dans le contexte judiciaire américain. C'est aussi pour cette raison que la scientificité ou l'efficacité de la cure analytique n'y sont tout simplement pas abordés. Il faut dire que la psychanalyse ne jouit pas du tout dans le monde anglo-saxon de la même influence que chez nous, et ce pour des raisons historiques: nous subissons en effet les conséquences du "retour à Freud" de Jacques Lacan... Du coup, si la question de la scientificité de la psychanalyse est un enjeu important pour l'avenir d'une psychothérapie véritablement scientifique dans nos contrées, ce n'est pas vraiment le cas chez l'Oncle Sam...

Cet ouvrage est extrêmement riche en contenu, et excellent de bout en bout. "Science and Pseudoscience in Clinical Psychology" devrait être mis dans les mains de tous les étudiants en psychologie, et sa lecture serait même utile à bon nombre de personnes gravitant autour de ce domaine - par exemple les assistantes sociales. Je pense aussi que ce livre invite a être plus actif sur le front de la pseudo-science en psychologie. Le monde académique a malheureusement tendance à être très (trop?) passif vis-à-vis de ce type de problématiques, et le mouvement sceptique contemporain peut jouer ici un rôle salutaire en informant le grand public sur quelles thérapies sont fondées sur la science, et lesquelles ne le sont pas...

mardi 21 juillet 2009

Mr. Dieu et les scénarios

Mr. Dieu explique à Jessie les incohérences entre les quatre scénarios (en anglais, environ 8 minutes):

lundi 20 juillet 2009

SUNlite vol. 1 n°2

La newsletter ufosceptique SUNlite Volume 1 Number 2 : July-August 2009 est disponible (en anglais).

Les tiges entrelassées

Suite à son interview sur le balado - voir Épisode #5 : Les agroglyphes - et à certains commentaires lu sur la toile, Jean-Marc Donnadieu a écrit un nouvel article consacré aux "Crop Circles - Les tiges entrelassées entre elles".

dimanche 19 juillet 2009

Pierre Lagrange et la théorie du complot

Le blog "Conspiracy Watch" nous propose aujourd'hui un excellent article à propos de "Pierre Lagrange, les soucoupes volantes et la théorie du complot". L'analyse des positionnements du sociologue-ufologue Pierre Lagrange, réalisée par Rudy Reichstadt, me parait extrêmement pertinente. Je vous en propose un extrait, qui me semble particulièrement représentatif:
(...) reste la question du positionnement épistémologique de Lagrange qui semble considérer que, les parasciences échappant aux processus habituels d’administration de la preuve, il convient d’imaginer de nouvelles procédures de validation du savoir. Or, la volonté de se soustraire à de tels processus d’administration de la preuve rejoint l’un des leitmotivs du discours conspirationniste, selon lequel la meilleure « preuve » d’un complot résiderait, précisément, dans l'impossibilité d'en apporter une preuve indiscutable et définitive.
La suite se trouve ici.

samedi 18 juillet 2009

Si j'étais un Vulcain...

... il paraît que je ressemblerais à cela:

Épisode #6 : Pourquoi je suis un Trekkie

L'Épisode #6 : Pourquoi je suis un Trekkie du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

vendredi 17 juillet 2009

Le sens de la laïcité

Le site Adamantin nous propose un article consacré à la laïcité: "Le sens de la laïcité".
Le sens premier de la laïcité, le plus basique, s'exprime comme un commandement à l'égard de l'Etat. Il faut que la constitution de l'Etat garantisse à ses citoyens la séparation des intérêts de l'Eglise de ceux de l'Etat. La laïcité est donc ce principe qui défend l'Etat de légiférer sur la religion. Elle permet qu'une religion ne soit pas favorisée au détriment de toutes les autres, à l'intérieur d'un même Etat.
La suite se trouve ici.

mercredi 15 juillet 2009

Le serre-joint humain

Je vous parlais dans mon billet du mardi 6 juin, ainsi que dans l'épisode du balado consacré à Harry Houdini, de la lévitation de table, et plus particulièrement de la technique connue sous le nom de serre-joint humain, utilisée par les médiums pour réaliser ce "miracle".

Dans le dernier numéro du magazine "Skeptical Inquirer" (vol. 33, n°4, juillet/août 2009), le sceptique italien Massimo Polidoro discute de cette technique, dans le cadre d'une série d'articles consacrée à Eusapia Palladino. Il y souligne qu'elle n'utilisait pas d'équipements spéciaux pour réaliser son trucage: uniquement son habileté et une table légère. Cela rendait bien évidemment une démystification par les sceptiques plus difficile. On peut comparer cela au fait que par exemple John Edward - qui prétend lui aussi être capable de contacter l'âmes des personnes décédées - n'exécute cependant aucun des effets classiques de ses collègues de la fin du 19e et du début du 20e siècle.

L'explication sceptique est qu'il sait fort bien qu'aujourd'hui, à l'ère de la "YouTubisation", il serait bien trop facile de se faire prendre dans l'acte de réaliser un truc d'illusionnisme. On peut voir le problème que les vidéos sur Internet pose à quelqu'un comme Uri Geller, qui lui réalise ce genre d'effets de "psychokinèse" devant des caméras de télévision. En se limitant à la lecture froide & chaude, John Edward rend la tâche des sceptiques plus difficile, car ils ne peuvent que pointer le fait que ce qu'il réalise est parfaitement typique de la lecture froide, et qu'il a été surpris par le passé en flagrant délit de lecture chaude. Moralité: si vous voulez faire croire que vous êtes un "authentique médium", adoptez un profil bas, et n'utilisez pas des trucs d'illusionnisme extravagants, qui augmentent le risque que vous vous fassiez exposer publiquement!

Je cite et je traduis plus bas:
Let's examine, for example, the complete levitation of the table. Eusapia's main method of accomplishing such an effect was to tilt it sideways on two legs (usually the legs on the right side) by pressing on top of it; then, she inserted her left foot under the left table leg closer to her. This position is known as the "human clamp": by pressing with her left hand on the table, she could straighten it and raise it, horizontally, at different heights. If she had he left heel on top of the experimenter sitting on her left, she could only raise her toe and, consequently, the table could only "levitate" a few inches. Howerver, if she could control the foot of the experimenter on her left by different means (e.g. by touching his foot with her right foot or by having his foot on top of her empty boot) she could very easily hold the table much higher. (...)

This poverty of means certainly posed a limit to the spectacle of the phenomena besides protecting her from the risks of deliberate fraud. In fact, whenever she was caught using a free limb, she claimed she was in a trance and excused herself by saying that she acted involuntarily; furthermore, she blamed the experimenters for not being sufficiently alert with their controls. In similar cases the experimenters were more than willing to think that her behavior was innocent. (...)

By using only hands and feet, her chances of success depended entirely on whether the experimenters' controls allowed her to use them or not. Her main trick, an art in wich she certainly was a recognized master, was the ability to free herself from the experimenters' control of her hands and feet.
Traduction:
Examinons, par exemple, la lévitation complète de table. La méthode principale qu'utilisait Eusapia pour réaliser cet effet consistait à l'incliner de côté sur deux pieds (habituellement les pieds du côté droit) en pressant sur eux; elle plaçait alors son pied gauche en-dessous du pied gauche de la table près d'elle. Cette position est connue sous le nom de "serre-joint humain": en pressant avec sa main gauche sur la table, elle pouvait la redresser et la relever, horizontalement, à différentes hauteurs. Si elle avait son pied gauche au-dessus de celui de l'expérimentateur assis à sa gauche, elle pouvait seulement lever ses orteils, et par conséquent, la table ne pouvait "léviter" que de quelques centimètres. A l'inverse, si elle pouvait contrôler le pied de l'expérimentateur sur sa gauche par divers moyens (par exemple en touchant son pied avec son pied droit ou en ayant son pied au-dessus de sa botte vide), elle pouvait aisément lever la table bien plus haut. (...)

Cette pauvreté de moyens posait certainement une limite au spectacle des phénomènes, en plus de la protéger des risques de la fraude délibérée. En fait, chaque fois qu'elle était attrapée en train d'utiliser un membre librement, elle prétendait qu'elle était en transe et s'excusait elle-même en disant qu'elle avait agit involontairement; elle blâmait de plus les expérimentateurs pour n'être pas suffisamment alertes avec leurs contrôles. Dans ce genre de situations, les expérimentateurs étaient enchantés de considérer que son comportement était innocent. (...)

En n'utilisant que ses mains et ses pieds, ses chances de succès dépendaient entièrement de si le contrôle des expérimentateurs lui permettait de les utiliser ou non. Son tour principal, un art dans lequel elle était certainement un maître reconnu, était l'habilitée de libérer ses mains et pieds du contrôle des expérimentateurs.
Réf.: Polidoro Massimo, "Eusapia Palladino, Queen of the Cabinet, Part 2", "Skeptical Inquirer", vol. 33, n°4, juillet/aout 2009, p. 25.

lundi 13 juillet 2009

La POZ n°049

"La publication de l'Observatoire Zététique" (ou La POZ) n°49 (gratuite, en format .pdf) est disponible.

Le fantôme du garde-manger 2

Captain Disillusion a revu sa copie à propos du fantôme du garde-manger (en anglais, environ 4 minutes):

dimanche 12 juillet 2009

La photo du mois (juillet 2009)



"Les athées sans Dieu menacent la civilisation chrétienne."

samedi 11 juillet 2009

Épisode #5 : Les agroglyphes

L'Épisode #5 : Les agroglyphes du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

vendredi 10 juillet 2009

Petite mise au point sur les expériences de mort imminente (EMI)



Les Expériences de Mort Imminente (Near Death Experiences en anglais), telles que popularisées par le philosophe américain Raymond Moody à partir de 1975, sont censées concerner des personnes ayant frôlé la mort et comporter une succession de stades assez bien définis : sensation de sortir de son corps, de traverser un tunnel obscur, impression de pénétrer dans une réalité transcendante, perception d'entités spirituelles ou de personnes décédées puis d'une Lumière/Présence divine qui irradie un sentiment d'amour inconditionnel, etc. Dans les sociétés occidentales, les témoignages d'EMI ont pris en quelque sorte la suite des séances spirites, médiums à effets physiques et autres moulages ectoplasmiques comme "preuves" alléguées de l'existence d'un au-delà de la mort.

Le débat, toujours en cours, entre sceptiques et tenants ne porte pas sur l'existence de tels vécus personnels mais sur l'interprétation à leur donner. Les sceptiques défendent une interprétation neurologique du phénomène et en recherchent donc les causes biologiques. Les tenants promeuvent quant à eux, avec quelques nuances, l'hypothèse survivaliste, c'est-à-dire que la conscience peut fonctionner indépendamment du cerveau, et par conséquent survivre à la mort de celui-ci.

J'aimerais rappeler brièvement ou préciser ci-dessous quelques arguments allant à l'encontre de cette interprétation spiritualiste, en insistant sur la composante paranormale alléguée :

- Les "expériences de mort imminente" ne se produisent ni systématiquement ni uniquement dans des situations de péril mortel imminent (arrêt cardiaque, noyade, etc.).

La grande majorité des personnes qui a vu son pronostic vital engagé, voire qui s'est retrouvée cliniquement morte pendant quelques minutes, n'a jamais connu ce type d'expérience. A contrario, des vécus très similaires sont rapportés dans des circonstances relativement variées, non dramatiques (accouchement, orgasme sexuel, prise de kétamine, etc.). Ils peuvent en fait se produire quand la conscience de veille ordinaire disparaît momentanément, dans des états soit d'hypovigilance soit d'hypervigilance, autrement dit dans des situations où le sujet perd tout contact sensoriel avec son corps. On devrait donc plutôt parler d'"état modifié de conscience transcendant" que d'EMI.

- Les sujets qui rapportent des EMI se distinguent de la population générale par certains traits.

Alors que les tenants insistent sur le fait qu'une EMI peut survenir chez absolument n'importe qui, sans aucune distinction d'aucune sorte, les études déjà disponibles suggèrent fortement que le système nerveux central des "expérienceurs" (personnes ayant vécu une EMI) pourrait avoir une prédisposition pour ce type d'expérience.

Le Dr Kevin Nelson, de l'Université du Kentucky, a ainsi testé 55 sujets qui ont vécu une EMI (Neurology, 6 mars 2007). Or, 45% de ceux-ci ont aussi vécu une "expérience hors du corps" (EHC ou OBE pour Out of Body Experience en anglais) lors d'une transition entre la veille et le sommeil (ou inversement), alors que cette proportion n'est que de 5% dans un groupe contrôle de sujets qui n'ont pas vécu d'EMI. En outre, 25 de ces 55 sujets ont également vécu au moins une expérience de paralysie du sommeil, c'est-à-dire une "intrusion" de sommeil paradoxal dans une phase d'éveil. (Les hallucinations hypnagogiques et hypnopompiques se produisent dans ces circonstances.) Les personnes qui ont vécu une EMI semblent donc avoir un système d'éveil prédisposé à la fois aux intrusions de sommeil paradoxal et aux expériences hors du corps.

Christopher French relève par ailleurs que certains expérienceurs allégués pourraient ne pas être non plus à l'abri de faux souvenirs : dans la fameuse étude menée Pim van Lommel, par exemple, 4 des 37 sujets recontactés deux ans après leur arrêt cardiaque se sont souvenus d'un épisode de type EMI alors qu'ils n'en avaient aucun souvenir lors de leur réveil.

On remarquera que ces mêmes profils psychologiques et ces mêmes facteurs sont également impliqués dans les cas d'abduction (témoignages d'enlèvements par des entités extraterrestres).

- Le contenu des EMI, comme celui des rêves ou des hallucinations, dépend de la culture de l'expérienceur.

Contrairement toujours à ce que martèlent les tenants, on ne trouve pas de schéma invariant à travers les pays et les époques. Les témoignages collectés dans des cultures exotiques ou anciennes se distinguent significativement de ceux provenant d'Occidentaux contemporains. L'association IANDS-France parle d'une "structure universelle colorée par des influences culturelles", ce qui reste encore assez trompeur.

Il existe en réalité plus de différences que de points communs et aucune véritable "structure universelle". Ainsi, les motifs du passage à travers un tunnel ou un espace obscur et de l'accession à une Lumière/Présence extraordinaire sont pratiquement absents des témoignages venus d'Inde ou de Thaïlande. Or, le contact avec la Lumière (généralement assimilée à "Dieu") est présenté dans nos contrées comme le moment le plus marquant d'une EMI, son point nodal... Il ne s'agit donc pas d'un simple détail. De même, les sentiments de bien-être et de béatitude qui semblent si caractéristiques des EMI ne sont guère éprouvés par les expérienceurs de ces pays asiatiques.

Dans les cas de "rencontres" avec des entités surnaturelles, celles-ci correspondent, sauf exception, aux figures mythologiques propres à la culture ambiante, perçues généralement dans leur apparence conventionnelle (Jésus-Christ pour les Occidentaux, des divinités du panthéon hindou pour les Indiens, des messagers du dieu de la mort Yama pour les Thaïlandais, etc.). De plus, dans les cultures où la religion conserve une place très importante dans la vie quotidienne, ce type de rencontres est nettement plus fréquent que dans nos sociétés, où prédominent les rencontres avec des proches décédés (ou pas...).

Les paysages décrits apparaissent également culturellement déterminés : les expérienceurs japonais font fréquemment référence à des visions de longues rivières sombres et de fleurs magnifiques, deux images symboliques très présentes dans l'art nippon. Il n'est en revanche aucunement question de communication avec la Lumière, lorsque celle-ci est mentionnée.

Les récits médiévaux équivalents à nos EMI n'évoquent guère de "revue panoramique de vie" ou de rencontres avec des proches décédés. La traversée d'une sorte de tunnel est quant à elle plus souvent mentionnée depuis la parution du best-seller de Raymond Moody...

Le scénario progressif rappelé au début de ce billet (sensation de sortir de son corps, de traverser un tunnel obscur, etc.), qui suggère une plongée dans une autre réalité, n'est même pas réellement valable dans le monde occidental contemporain. Il s'agit d'un idéal-type, pour le moins rarement rapporté dans sa totalité, forgé par les premiers vulgarisateurs anglo-saxons du phénomène (Raymond Moody, Kenneth Ring, etc.) à partir de divers témoignages, l'uniformité et l'universalité alléguées de l'expérience constituant bien entendu un argument en faveur de l'hypothèse survivaliste.

Au final, le contenu des récits d'EMI varie autant que celui de nos rêves et hallucinations, avec quelques thèmes et sensations récurrents à l'intérieur d'une même aire culturelle.

- Les EMI, comme les rêves et les hallucinations, peuvent inclure des perceptions manifestement fausses.

Certains expérienceurs (surtout des enfants) rapportent en effet avoir vu des personnes bien vivantes et non pas seulement des proches décédés : telle personne sa mère, telle autre son petit ami, telle autre encore une amie, telle autre enfin, dans la lumière au bout du tunnel, l'équipe médicale en train de l'opérer (cas rapporté par Susan Blackmore) ! Des expérienceurs ont même fait état de perceptions d'autres personnes "décorporées" en même temps qu'eux alors que celles-ci étaient à ce moment-là bien vivantes et conscientes.

Les phases de sortie hors du corps montrent aussi des perceptions erronées de l'environnement physique. Lorsqu'il est possible de les vérifier, les faits rapportés ne correspondent en effet pas exactement à ce qu'il s'est en réalité passé : objets absents du lieu considéré, actions non effectuées, couleurs non conformes à la réalité, etc. Ces erreurs de reconstitution de l'environnement se retrouvent dans les rêves "ordinaires", rêves lucides et EHC/OBE spontanées.

- Les perceptions extrasensorielles invoquées lors des phases de sortie hors du corps n'ont jamais pu être réellement confirmées.

Quelques cas réputés "solides" sont certes inlassablement brandis par les tenants : mention d'une plaque portant l'inscription "Manufacture d'armes de Saint Etienne" dissimulée sous une table d'opération (cas de Jean Morzelle, 1949), d'une vieille chaussure de tennis posée sur le rebord d'une fenêtre du deuxième étage d'un hôpital et impossible à apercevoir aussi bien de l'extérieur au niveau du sol que de l'intérieur d'une des pièces du bâtiment (cas dit de la chaussure de Maria, 1977), de détails relatifs à son opération par une patiente cliniquement morte (cas de Pam Reynolds, 1991)...

Cependant, comme toujours dans les sciences pathologiques et pseudosciences, lorsqu'on examine de plus près les cas en question, on déchante assez vite. Il n'existe en effet aucun cas correctement documenté dans l'abondante littérature sur les EMI (plusieurs milliers de témoignages collectés un peu partout dans le monde) où les trois éléments suivants peuvent être réunis :

- un témoin (l'expérienceur), dont le récit a été recueilli dans des conditions satisfaisantes ;
- des informations exactes acquises par ce témoin sur un objet normalement inaccessible à ses sens (l'évocation, par exemple, de gestes ou de propos banaux dans le cadre d'une opération chirurgicale n'est pas considérée comme suffisamment probante, car pouvant recevoir des explications prosaïques alternatives) ;
- un tiers (par exemple, un médecin ou un pompier présent sur les lieux) à même de confirmer l'exactitude de ces informations physiquement impossibles à obtenir par le témoin.

Ainsi, dans le cas de la chaussure de Maria, nous n'avons que le témoignage de la tierce personne, en l'occurrence Kimberley Clark, une assistante sociale en milieu hospitalier, qui raconte dans le livre qu'elle a publié avoir vécu elle-même une EMI et divers phénomènes paranormaux bizarroïdes avant les faits allégués. Personne n'a jamais pu voir le témoin lui-même (Maria), ni d'ailleurs l'objet observé (la fameuse chaussure aux caractéristiques particulières). Curieusement, lorsque des sceptiques ont enfin pu enquêter sur les lieux, personne dans l'hôpital ne se souvenait de cet épisode précis, l'endroit où se serait trouvée la chaussure était en réalité bien visible aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur du bâtiment, Mme Clark n'a pu ou n'a pas voulu présenter la "preuve matérielle" qu'elle affirmait pourtant avoir conservé, etc. Pour plus de détails sur ce cas, je renvoie le lecteur vers l'article que lui a consacré le zététicien Denis Biette il y a quelques années.

Dans le cas de Jean Morzelle, nous avons le témoin (devenu fort bavard sur ses vieux jours, après s'être tu durant des décennies) et une allégation d'objet normalement inobservable (la plaque sous la table d'opération) mais nulle confirmation extérieure (témoignage indépendant).

Dans le cas de Pam Reynolds (1991), nous avons essentiellement le rapport d'une personne qui n'a pas assisté directement aux événements en question : Michael Sabom, un cardiologue mais surtout un fervent chrétien qui "scrute les expériences de mort imminente à la lumière de ce que la Bible a à dire de la mort et du fait de mourir, les réalités de la Lumière et des Ténèbres, et l'Évangile de Jésus Christ" (extrait de la quatrième de couverture de son livre Light and Death). Le témoin lui-même n'a pu être interrogé par la suite (Pam Reynolds n'est d'ailleurs qu'un pseudonyme). Quant aux faits objectifs mentionnés, ils n'ont rien de remarquables en soi (évocations d'instruments de chirurgie, de bribes de conversations...) : le point réputé exceptionnel est donc que le témoin était censé présenter à ce moment précis un tracé EEG plat. Mais était-ce réellement le cas ? Lorsqu'on y regarde de plus près, il apparaît que les tenants ont ici encore quelque peu enjolivé l'histoire pour tenter d'en faire un "smoking gun", un cas décisif. Cet état de quasi mort clinique dans lequel a été plongée artificiellement la patiente n'a en effet duré que quelques minutes, alors que l'opération dans sa totalité s'est étendue sur plusieurs heures. En dépit de ce que peuvent alléguer les tenants, rien ne prouve que l'EMI s'est déroulée, même partiellement, au cours de cette phase critique.

Plusieurs expériences simples visant à tester la réalité de ces perceptions extrasensorielles ont déjà été menées, avec chaque fois des "cibles" visuelles, des images, des symboles suspendus au plafond de la salle de l'hôpital, visibles seulement du dessus. Toutes jusqu'ici ont été des échecs : la première, conduite au milieu des années 1980 par Janice Minor au Holden Lutheran General Hospital de Park Ridge, USA (pas d'EMI rapportée) ; la deuxième en 1994 par Madelaine Lawrence au Hartford Hospital, USA (trois patients ont témoigné avoir eu une EMI mais aucun n'aurait connu une EHC/OBE suffisamment développée pour voir les cibles) ; la troisième en 1997-1998 par Sam Parnia au Southampton General Hospital, Royaume-Uni (aucun des quatre expérienceurs déclarés n'aurait là encore vécu d'EHC/OBE) ; la quatrième entre 1998 et 2003 par Penny Sartori au Morriston Hospital de Swansea, Royaume-Uni (15 patients ont rapporté ici une EMI, dont 8 avec EHC/OBE mais néanmoins encore aucun d'entre eux n'a vu les cibles, prétendument parce qu'ils ne seraient pas montés assez haut ou/et n'auraient pas regardés dans la bonne direction...) ; la cinquième de 2004 à 2006 par Bruce Greyson, Janice Minor Holden et J. Paul Mounsey à l'University of Virginia Health System Electrophysiology Clinic, USA (à nouveau, aucune "vraie" EMI n'aurait été rapportée).

La véritable nature des EMI devrait cependant pouvoir être mise au jour dans les prochaines années. En septembre 2008, le même Sam Parnia a lancé une expérience similaire mais de plus grande ampleur, nommée AWARE (Awareness During Rescuscitation), qui doit impliquer quelques dizaines d'hôpitaux américains et européens. Durant trois ans, quelque 15 000 patients victimes d'un arrêt cardiaque y sont attendus, parmi lesquels 150 à 300 devraient vivre une EMI - et "ressusciter" pour pouvoir en faire part. Cette étude est supportée à la fois par les tenants et par les sceptiques, car elle devrait permettre de trancher définitivement entre l'hypothèse neurologique et l'hypothèse spiritualiste. Pour ma part, je ne doute guère du résultat... mais je ne demande qu'à être surpris.

jeudi 9 juillet 2009

Ray Hyman sur "Point of Inquiry"

Pour ceux qui s'intéressent à la parapsychologie, le balado "Point of Inquiry", l'émission officielle du Center for Inquiry, nous propose cette semaine une interview de Ray Hyman (en anglais): il y retrace l'histoire du débat à propos des expériences Ganzfeld. Un must si votre niveau d'anglais vous le permet...

mercredi 8 juillet 2009

Publicité pour l'Église de Scientologie

L'Église de Scientologie fait sa pub (en anglais, environ 1 minute). Ce n'est pas la seule bien évidemment, vous pouvez par exemple regarder des pubs en anglais pour l'United Church of Christ ici et ici, et pour l'United Church of Canada ici.

Je trouve celle de l'Église de Scientologie (il y en a d'autres du même style sur la chaîne YouTube "ChurchofScientology") particulièrement intéressante parce qu'elle invoque le sentiment phénoménologique que nous avons tous parfois en tant qu'être humain que nous sommes à la "recherche" de quelque chose que nous ne savons pas nommer, que nous avons en nous "un vide qui ne peut pas être comblé" (pour reprendre le vocabulaire de la vidéo). Ce sentiment a aussi été récemment exploité par la franchise de films "Matrix", avec Néo qui dans le premier épisode de la trilogie est la recherche de la réponse à la question "Qu'est-ce que la Matrice?".

Bien évidemment, tout comme je pense que la réponse à ce "vide qui ne peut pas être comblé" n'est pas de s'imaginer que nous vivons dans une réalité virtuelle construite par les machines dans le futur pour nous transformer en piles électriques, je ne pense pas non plus que celle-ci se trouve dans les dogmes de l'Église de Scientologie. La réponse se trouve dans l'art, dans la philosophie, dans la science, et dans notre tentative, toujours imparfaite, de vivre une vie pleinement humaine, véritablement digne de ce nom...

mardi 7 juillet 2009

Décès de John A. Keel

John A. Keel est décédé le vendredi 3 juillet 2009 à l'âge de 79 ans. Il était principalement connu pour avoir popularisé le Mothman, ou homme-phalène, un cryptide qui avait été observé à Point Pleasant , en Viriginie Occidental, dans les années 1960. Son ouvrage "La Prophétie des ombres" est aujourd'hui un classique du mouvement fortéen.

lundi 6 juillet 2009

Le problème avec les religieux modérés

Sam Harris, dans son ouvrage "The End of Faith", explique quel est le problème que pose les chrétiens de tendances "libérales", "modérées" ou encore "progressistes". Je cite, et je traduis plus bas (p. 20):

While moderation in religion seem a reasonable position to stake out, in light of all that we have (and have not) learned about the universe, it offers no bulwark against religious extremism and religious violence. From the perspective of those seeking to live by the letter of the texts, the religious moderate is nothing more than a failed fundamentalist. He is, in all likelihood, going to wind up in hell with the rest of the unbelievers. The problem that religious moderation poses for all of us is that it does not permit anything very critical to be said about religious literalism. We cannot say that fundamentalists are crazy, because they are merely practicing their freedom of belief; we cannot even say that they are mistaken in religious term, because their knowledge of scripture is generally unrivaled. All we can say, as religious moderates, is that we don't like the personal and social costs that a full embrace of scripture imposes to us. This is not a new form of faith, or even a new species of scriptural exegesis; it is simply a capitulation to a variety of all-too-human interests that have nothing, in principle, to do with God. Religious moderation is the product of secular knowledge and scriptural ignorance - and it has no bona fides, in religious terms, to put it on a par with fundamentalism. The texts themselves are unequivocal: they are perfect in all their parts. By their light, religious moderation appears to be nothing more than an unwilligness to fully submit to God's law. By failing to live by the letter of the texts, while tolerating the irrationality of those who do, religious moderates betray faith and reason equally. Unless the core dogma of faith are called into question - i.e., that we know there is a God, and that we know what he wants from us - religious moderation will do nothing to lead us out of the wilderness.
Traduction:
Même si la modération en religion semble une position raisonnable à adopter, à la lumière de ce que nous avons (et n'avons pas appris) à propos de l'univers, elle n'offre aucun rempart contre les extrémismes religieux et la violence religieuse. Depuis la perspective de ceux qui cherchent à vivre leur vie par la lettre des textes, le religieux modéré n'est rien de moins qu'un fondamentaliste qui a échoué. Il va, selon toute probabilité, finir en enfer avec le reste des incroyants. Le problème que la modération religieuse pose pour nous tous est qu'il interdit de dire des choses extrêmement critiques à propos du littéralisme religieux. Nous ne pouvons pas dire que les fondamentalistes sont fous, parce qu'ils pratiquent simplement leur liberté de croyance; nous ne pouvons même pas dire qu'ils ont tort dans des termes religieux, parce que leur connaissance des écritures est généralement sans pareille. Tout ce que nous pouvons dire, en tant que religieux modérés, c'est que nous n'aimons pas le prix social et personnel que le fait d'embracer complètement les écritures nous imposerait. Ce n'est pas une nouvelle forme de foi, ou même une nouvelle espèce d'exégèses des écritures; c'est simplement la capitulation envers une variété d'intérêts on-ne-peut-plus-humain qui n'ont, en principe, rien à voir avec Dieu. La modération religieuse est le produit du savoir séculariste et de l'ignorance des écritures - et n'a aucune "bonne foi", en terme religieuse, qui permettrait de la séparer des fondamentalistes. Les textes eux-mêmes sont sans équivoques: ils sont parfaits dans toutes leurs parties. A leurs lumières, la modération religieuse apparaît comme n'étant rien de plus que de la réticence à se soumettre à la Loi Divine. En échouant à vivre par la lettre de leurs textes, tout en tolérant l'irrationalité de ceux qui le font, les modérés religieux trahissent tout autant la foi que la raison. Sauf si les dogmes au coeur de la foi sont remis en question - c'est-à-dire le fait que nous savons qu'il existe un Dieu, et que nous savons ce qu'il veut de nous - la modération religieuse ne nous aidera en rien à sortir du désert.

"That Mitchell and Webb Look" à propos de l'homéopathie

Pour ceux qui comprennent l'anglais, les comiques britanniques David Mitchell et Robert Webb, de l'émission de la BBC "That Mitchell and Webb Look", ont réalisé ce sketch hilarant à propos de l'homéopathie et autres médecines prétendument alternatives (en anglais, environ 3 minutes):

samedi 4 juillet 2009

Épisode #4 : Harry Houdini

L'Épisode #4 : Harry Houdini du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

jeudi 2 juillet 2009

Centième article de Michael Shermer pour le magazine "Scientific American"

Pour ceux qui lisent l'anglais, Michael Shermer a un excellent article ici: "I Want to Believe - Opus 100: what skepticism reveals about science". Il s'agit du centième article qu'il a écrit pour la rubrique "skeptic" du magazine "Scientific American". J'espère qu'il en écrira encore beaucoup d'autres!