mardi 30 juin 2009

Sommes-nous prédisposés à croire?

Rudy, sur le blog "Conspiracy Watch", se pose la question: "Sommes-nous prédisposés à croire aux théories du complot?":
Les progrès sans précédent de la science à l'époque contemporaine sont loin d'avoir fait disparaître les croyances populaires dans les esprits, les fantômes, les soucoupes volantes, les forces-obscures-qui-tirent-les-ficelles-du-monde et autres phénomènes imaginaires. Beaucoup de "complots" dénoncés sur internet ou au Café du Commerce relèvent souvent du fantasme pur et simple.

Pourquoi tant de personnes semblent-elles alors si disposées à y accorder un crédit? Michael Shermer, directeur de la publication du magazine américain Skeptic, ébauche une tentative de réponse dans un article récent de Scientific American. Selon lui, ces croyances reposeraient toutes sur une tendance inhérente à la nature humaine consistant à percevoir des "signes" là où il n’y en a pas.
La suite se trouve ici.

lundi 29 juin 2009

Nouveau documentaire créationniste: "The Voyage that Shook the World"

Après "Expelled: No Intelligence Allowed" l'année dernière, nous avons droit cette année à "The Voyage that Shook the World", un documentaire consacré à Charles Darwin produit par - accrochez-vous bien - "Creation Ministries International". La bande-annonce est en anglais, et dure environ 3 minutes:

dimanche 28 juin 2009

Serait-il préférable de se passer des connaissances scientifiques accumulées jusqu'à aujourd'hui?

On parle de moi sur le "Blog du paranormal et de l’insolite", dans un article intitulé "Expérience de remote viewing via Twitter"!

Le billet est d'un certain Basile. Bon, évidemment, il est un psiphile et je suis un sceptique: il va sans dire que nous ne sommes pas du tout d'accord sur bien des points qu'il soulève, mais je pense qu'il a néanmoins le mérite d'avoir aussi présenté la position sceptique dans son billet. Je cite le passage en question, et puis ensuite je répondrai à son argument principal:
La même justification est donnée aujourd’hui par le psychologue sceptique Jean-Michel Abrassart pour les expériences de Wiseman utilisant Twitter. Il nous explique ici:

«L’existence de la vision à distance a une plausibilité antérieure extrêmement faible. En effet, les parapsychologues ont échoué jusqu’à présent à prouver l’existence du Psi et il n’existe aucun mécanisme connu pour expliquer comment la vision à distance pourrait fonctionner. Les neuropsychologues n’ont en effet rien identifié dans le cerveau qui pourrait s’apparenter à un système d’émission-réception.

(...) Du coup, face à une hypothèse à la plausibilité antérieure très très faible, il est logique de sélectionner un seuil élevé! En effet, pour prouver une hypothèse à la plausibilité antérieure extrêmement faible, il faut de très nombreuses preuves robustes pour changer le paradigme dominant.»

En somme, les sceptiques ont le droit de faire intervenir des préjugés directement dans la construction d’un protocole scientifique. Il ne s’agit plus de se cacher, de repousser des résultats à cause de préjugés, dans une réaction psychosociale compréhensible (notamment en termes de dissonance cognitive). Non, les sceptiques passent à l’action. Ils pensent légitimes de sortir de la science pour proposer un nouveau standard scientifique. Et ce standard n’a rien d’un ensemble de règles fixées objectivement et consensuellement. Les notions de base sont celles de «preuve extraordinaire», «plausibilité antérieure extrêmement faible», «paradigme dominant»… Des formules complètement subjectives ou creuses dès qu’on se met à réfléchir à la façon de les objectiver. C’est ainsi que Wiseman peut fixer à sa convenance un seuil de significativité en fonction du nombre d’essais. Personne ne le blâme, et les médias l’encensent.

Abrassart justifie d’ailleurs dans le même billet le fait de ne faire que 4 essais en disant qu’il est malhonnête de demander à Wiseman de faire plus à lui tout seul. C’est que ces expériences sont très coûteuses en ressources, en temps et en énergie. Puis, s’il y a trop de tests, les participants viendraient moins nombreux… Aller expliquer cela à des chercheurs qui ont fait des milliers de sessions durant des décennies, et dont les travaux sont mis en balance avec une petite expérience conduite par un sceptique médiatique!

Mais peut-on vraiment se passer de nos préjugés? Pourquoi doit-on se poser, pour les phénomènes paranormaux, la question de savoir ce qui nous convaincra? C’est une façon de subjectiver la question de la preuve, et de sortir en fait d’un idéal scientifique pour entrer dans un postmodernisme en actes. La nouvelle philosophie des sciences ne peut que se réjouir de ces exemples où il n’est plus besoin d’enquêter sur l’importance des influences psychologiques et sociologiques sur le travail du chercheur. Il suffit maintenant de voir évoluer ces protocoles avec un biais de double standard, propulsés devant des médias naïfs et des internautes par milliers, pour constater que le debunking techno-scientiifque est une forme moderne de «science telle qu’elle se fait».

J'aimerais bien entendu répondre à l'argument principal de Basile, qui est en résumé qu'adapter le standard d'exigences (ce qui, vous le remarquez déjà, est différent d'établir un double-standard) en fonction de la plausibilité antérieure d'une hypothèse est - par principe - une mauvaise chose.

Mais avant cela, j'aimerais pointer ce qui me semble être une erreur dans son billet:
Les résultats sont de 0 succès sur les 4 essais avec plus d’un millier de participants. Wiseman conclut ceci (ma traduction):

«Quand j’ai analysé les résultats des croyants au psi et des sceptiques, ils furent identiques, sans différence entre les groupes. Donc l’étude ne supporte pas l’existence du remote viewing, et suggère que ceux qui croient au paranormal sont enclins à trouver des correspondances illusoires entre leurs pensées et une cible.»

Cette conclusion est un peu étrange car les sceptiques qui se sont prêtés au jeu ont aussi établi des correspondances illusoires entre leurs pensées et la cible.
Cette dernière affirmation est incorrecte, et je pense que Basile n'a pas bien compris ce point précis de la méthodologie de l'expérience Twitter.

Le questionnaire comprenait en effet, en plus de devoir choisir une photo parmi cinq, deux questions: la première demandait aux sujets s'ils croyaient que la vision à distance était possible (de pas du tout à tout à fait) et la deuxième leur demandait d'évaluer la fiabilité de leur choix (de pas du tout certain à totalement certain). Je ne me souviens malheureusement pas de la formulation exacte... Richard Wiseman se base certainement sur l'analyse des résultats à ces deux questions: je suppose - nous verrons les détails lorsqu'il publiera sa recherche dans une revue scientifique à comité de lectures - que les personnes qui scorent haut dans la croyance au paranormal scorent aussi haut dans leur certitude qu'ils ont choisi la bonne photo, et inversement. La conclusion ("(...) ceux qui croient au paranormal sont enclins à trouver des correspondances illusoires entre leurs pensées et une cible.") est donc tout sauf étrange, contrairement à ce que Basile affirme. Il nous dit ensuite:
En fait, l’étude n’apporte rien car la capacité à associer le fruit de notre imagination avec une image est commune à tous.
Je suis en désaccord avec cette affirmation: il est clairement intéressant de savoir que les gens qui scorent haut sur une échelle de croyance dans l'existence du paranormal - ou du moins dans l'existence de la vision à distance - tendent aussi à scorer haut sur une échelle de correspondances illusoires.

Discutons maintenant de l'argument principal de Basile, qui est que l'existence de différents standards d'exigences - établi par la plausibilité antérieure - est selon lui une mauvaise chose.

Depuis la naissance de la science, il y a de cela plus de deux milles ans (mentionnons par exemple "L'histoire des Animaux" d'Aristote, qui est un traité de zoologie!), nous avons accumulé énormément de connaissances. Nous savons beaucoup de choses, que ce soit en physique, en physiologie, en neuropsychologie, etc. Prétendre comme le fait Basile, puisqu'il est contre l'utilisation de la plausibilité antérieure, qu'il faut faire fit de tout ce savoir accumulé, et qu'il faut se pencher sur la question de la réalité du paranormal, et de l'existence du Psi, comme si nous ne savions rien, vierge de toute connaissance, me parait totalement intenable.

Bien entendu qu'il faut prendre en compte les savoirs générés par exemple par la neuropsychologie, et le fait qu'il n'y a absolument rien dans le cerveau qui s'apparenterait à un organe émetteur-récepteur de Psi! Et ce même si Dean Radin utilise l'analogie de la conscience comme radio: ce n'est jamais que cela, une analogie...
Mais peut-on vraiment se passer de nos préjugés? Pourquoi doit-on se poser, pour les phénomènes paranormaux, la question de savoir ce qui nous convaincra?
Telles sont les questions de Basile, alors que la vraie question de fond est: serait-il réellement préférable d'un point de vue épistémologique de se passer de toutes les connaissances scientifiques accumulées jusqu'à aujourd'hui? La réponse à cette question me parait clairement non! Quand on évalue les mérites d'une hypothèse, c'est-à-dire sa plausibilité antérieure, il faut au contraire prendre en compte dans quelle mesure celle-ci s'intègre - ou ne s'intègre pas - dans le corpus actuel des savoirs scientifiques.

Et bien entendu tout cela n'a rien à voir avec un "un nouveau standard scientifique" comme le prétend Basile: la prise en compte de la plausibilité antérieure à toujours fait partie de la méthode scientifique, depuis que la science est la science. A l'inverse, le fait que les parapsychologues n'en tiennent pas compte fait justement partie des raisons pour lesquelles la parapsychologie est bel et bien une science pathologique...

L'illusion de la disparition de la tête

Richard Wiseman nous propose une nouvelle vidéo "Quirkology" sur YouTube: l'illusion de la disparition de la tête (en anglais, environ une minute)! Vous devez fermer l'œil droit (attention: l'illusion fonctionne mieux avec la vidéo en plein écran), et regarder la croix à droite avec votre œil gauche, rapprochez-vous alors lentement de votre écran et à un certain moment, sa tête va disparaître:

samedi 27 juin 2009

Épisode #3 : Plausibilité antérieure

L'Épisode #3 : Plausibilité antérieure du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

Dossier Darwin de l'Université de Genève

L'Université de Genève a mis en ligne un dossier à propos de la théorie de l'évolution: "Charles Darwin, la (r)évolution continue". Il contient un article intitulé "Le créationnisme a clairement débarqué en Europe", une interview de Michel Milinkovitch consacrée au Dessein Intelligent (DI). Je cite le passage où il nous explique justement en quoi consiste le DI:

Il s’agit d’un habillage moderne du créationnisme classique. Le discours traditionnel, qui consiste à dire que la Terre et le reste de l’univers ont été créés il y a 6000 ans, que l’être humain et toutes les espèces vivantes sont immuables et que l’évolution n’existe pas, est de moins en moins tenable aux yeux du public. Les créationnistes ne peuvent pas continuer à prétendre que ces grands reptiles ont disparu parce qu’ils étaient trop gros pour entrer dans l’Arche de Noé (je n’invente rien, cette explication a été avancée par certains créationnistes américains). Face à l’érosion de leur mouvement, certains créationnistes ont donc tenté de draper leur croyance dans un manteau scientifique. Ainsi, les partisans du dessein intelligent acceptent l’idée d’une forme d’évolution, mais prétendent que celle-ci est dirigée par un être surnaturel car, selon eux, des causes naturelles ne peuvent expliquer la complexité du vivant. Un créateur serait donc nécessaire pour donner à la nature le coup de pouce indispensable pour fabriquer un œil ou un flagelle. Le dessein intelligent est présenté comme une hypothèse scientifique alternative à la «théorie synthétique de l’évolution» (qui intègre, en gros, les lois de Mendell, la théorie de Darwin et un siècle de biologie moléculaire). C’est là que réside l’imposture: le dessein intelligent ne peut en aucun cas être considéré comme une hypothèse scientifique.
Le reste de l'entretien se trouve ici.

Note: Clin d'oeil à Samia Hurst pour avoir signalé l'existence de ce dossier sur son blog "Bio-éthique: La bioéthique vue de Suisse": "Viva la evolución".

jeudi 25 juin 2009

Kit de détection de la foutaise

Michael Shermer présente dans la vidéo ci-dessous son "Baloney Detection Kit", ou en français son "kit de détection de la foutaise" (en anglais, 15 minutes).

Ce kit s'inspire de celui proposé originellement par Carl Sagan dans son ouvrage classique "The Demon Haunted World: Science as a candle in the dark". Cette vidéo, réalisée par la "Richard Dawkins Foundation for Reason and Science", est vraiment excellente, et est une bonne introduction au scepticisme scientifique. Allez, je lui met 5 étoiles sur 5:

mardi 23 juin 2009

Et oui, le scepticisme peut être sexy: la preuve en image!

Voici une vidéo (en anglais, moins d'une minute) du site web "Rethinking Autism". Je cite l'explication de la démarche de son auteur:
All too often in the world of autism, celebrity and sex appeal are used to promote pseudo-science that exploits autistic people, their family members and the public. We decided to put those very same factors to work in service of the truth.
Traduction:
Bien trop souvent dans le monde de l'autisme, la célébrité et le sex appeal est utilisé pour promouvoir la pseudo-science qui exploite les personnes autistes, leurs familles et le public. Nous avons décidé de mettre les mêmes facteurs au service de la vérité.




Traduction:
Mon nom est Leeann
Quand je suis seule
J'enfile quelque chose de confortable
et je lis les nombreuses études de bonne réputation
qui ne montrent aucun lien
entre les vaccins et l'autisme

lundi 22 juin 2009

Répétition de l'expérience de Stanley Milgram

L'expérience classique de Stanley Milgram à propos de la soumission à l'autorité a enfin été répétée de manière éthiquement acceptable! Le problème de l'expérience originelle et des réplications précédentes se situait d'un point de vue éthique: les sujets de ce protocole couraient en effet le risque d'être traumatisé en réalisant qu'ils pouvaient potentiellement être des tortionnaires, voir des assassins. Lorsque Stanley Milgram avait réalisé son expérience, les règles éthiques pour les expériences de psychologie n'étaient pas aussi strictes qu'aujourd'hui et, de plus, il ne s'attendait absolument pas aux résultats qu'il a obtenu!

La répétition de Jerry Burger, à Santa Clara University, a été réalisée en suivant un protocole très strict d'un point de vue éthique, afin de prévenir tout problème psychologique à la suite de l'expérience chez les sujets. Les résultats confirment ceux obtenus par Stanley Milgram dans les années 1960! C'est d'autant plus intéressant que Jerry Burger s'attendait à ce que la soumission à l'autorité ait diminuée en quatre décennies, la culture ambiante actuelle étant beaucoup plus critique des figures d'autorité. Il suffit de songer à toutes les théories de la conspiration qui fleurissent sur le Net...

Le podcast "The Psych Files" a un excellent épisode (en anglais) sur ce sujet: Episode 97: "Stanley Milgram Obedience Study Finally Replicated", dans lequel Michael Britt détaille les précautions éthiques prisent par Jerry Burger, pour ceux que cela intéresse.

samedi 20 juin 2009

Épisode #2 : Athéisme & Scepticisme

L'Épisode #2 : Athéisme & Scepticisme du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

vendredi 19 juin 2009

Captain Disillusion et le fantôme du garde-manger

Captain Disillusion est de retour (en anglais, environ 6 minutes), avec en star invitée James Randi!

"Creation" - un film à propos de Charles Darwin

Voici la bande-annonce (en anglais, environ 2 minutes) de "Creation", un film à propos de la vie de Charles Darwin:

jeudi 18 juin 2009

La lévitation de table de Losander

En complément visuel de mon billet de mardi, "Lévitation de table", voici une vidéo (environ 1 minute) de table flottante réalisée par Losander, un illusionniste spécialisé dans la lévitation:

mercredi 17 juin 2009

Épisode #1 : Définition

L'Épisode #1 : Définition du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Je vous invite à aller l'écouter.

mardi 16 juin 2009

Lévitation de table

Dans "A magician among the spirits" (1924), Harry Houdini dévoile une des techniques (p. 57) utilisées par les prétendus médiums, tel que par exemple Eusapia Palladino, pour faire léviter une table. Je cite:
The "human-clamp" is one of the simplest and yet one of the most effective and mystifying means of table levitation. The medium and her subjects place the tips of their fingers on the top of the table lightly. The medium gently rocks the table back and forth until she gets it in a correct position to place her foot, or the hem of her dress, under one of the legs. When she perfects her position she presses down with the hand above the table leg that is resting on her foot. From then on it is only a matter of raising the foot to whatever height she wishes the table to rise. If she wants it levitated to a great height, she gives it an upward kick and then withdraws the foot, and the table rises and falls true to the laws of gravitation.
Traduction:
Le "serre-joint humain" est une des techniques les plus simples, et cependant une des plus efficaces et mystificatrices pour faire léviter une table. La médium et les sujets placent le bout de leurs doigts légèrement au-dessus de la table. La médium balance doucement la table en avant et en arrière jusqu'à ce qu'elle la positionne correctement pour pouvoir placer son pied, ou l'ourlet de sa robe, en dessous d'un des pieds de celle-ci. Lorsqu'elle perfectionne sa position, elle appuie vers le bas avec sa main au-dessus du pied de la table qui repose sur son propre pied. A partir de ce moment, il ne suffit plus que de lever le pied à la hauteur qu'elle souhaite que la table se lève. Si elle veut que celle-ci lévite à une grande hauteur, elle donne un coup de pied ascendant et puis retire le pied, et alors la table s'élève puis retombe en obéissant aux lois de la gravitation.
Il existe d'autres moyens de réaliser une lévitation de table pour un illusionniste, mais cette explication donnée par Harry Houdini est très parlante sur les types de trucs d'illusionnistes utilisés par les médiums de la fin du 19e siècle et du début du 20e pour convaincre les tenants du Spiritualisme de la réalité de leurs "dons médiumniques".

lundi 15 juin 2009

Éduquer par-delà la foi

Dale McGowan, auteur de "Parenting Beyond Belief", où comment élever un enfant par-delà la foi, a tout récemment créé une chaîne Youtube du même nom.

Il a aussi posté une première vidéo (en anglais, environ 9 minutes), où il discute de l'origine de "Parenting Beyond Belief":

dimanche 14 juin 2009

La POZ n°048

"La publication de l'Observatoire Zététique" (ou La POZ) n°48 (gratuite, en format .pdf) est disponible.

samedi 13 juin 2009

Ovni en Arizona

Au fait, si vous habitez en Arizona (USA) et que vous avez vu un ovni jeudi dernier (le 11 juin 2009), c'était un ballon scientifique appartenant à la NASA (en anglais): "Bright Light Over Phoenix Is a Giant Balloon".

vendredi 12 juin 2009

Les médecines alternatives ne fonctionnent pas mieux que l'effet placébo

Le gouvernement américain a dépensé 2,5 milliards de dollars (c'est-à-dire 2500000000$!) pour tester l'efficacité des médecines prétendument alternatives. Le résultat est globalement négatif. Selon l'article "$2.5 billion spent, no alternative cures found - Big, government-funded studies show most work no better than placebos" (je cite):
Ten years ago the government set out to test herbal and other alternative health remedies to find the ones that work. After spending $2.5 billion, the disappointing answer seems to be that almost none of them do.

Echinacea for colds. Ginkgo biloba for memory. Glucosamine and chondroitin for arthritis. Black cohosh for menopausal hot flashes. Saw palmetto for prostate problems. Shark cartilage for cancer. All proved no better than dummy pills in big studies funded by the National Center for Complementary and Alternative Medicine. The lone exception: ginger capsules may help chemotherapy nausea.

As for therapies, acupuncture has been shown to help certain conditions, and yoga, massage, meditation and other relaxation methods may relieve symptoms like pain, anxiety and fatigue.
Traduction:
Il y a dix ans, le gouvernement (ndt: américain) a décidé de tester la phytothérapie et autres médecines alternatives afin de découvrir si elles fonctionnaient. Après avoir dépensé 2,5 milliards, la réponse décevante est que ce n'est le cas pour pratiquement aucune d'entre elles.

Echinacea pour les rhumes. Ginkgo biloba pour la mémoire. Glucosamine et sulfate de chondroïtine pour l'arthrose. Actaea racemosa pour les symptômes de la ménopause. Serenoa repens pour les problèmes de prostate. Cartilage de requin pour le cancer. Tous ont prouvé qu'ils ne fonctionnaient pas mieux que des pilules placébos dans les grosses études financées par le "National Center for Complementary and Alternative Medicine" (trad.: "Centre National pour les Médecines Complémentaires et Alternatives"). L'exception qui confirme la règle: les capsules de gingembre peuvent aider la nausée générée par la chimiothérapie.

En ce qui concerne les thérapies, l'acupuncture aide certaines conditions, et le yoga, les massages, la méditation et les autres méthodes de relaxations diminuent les symptômes tel que la douleur, l'anxiété et la fatigue.
Ce type de recherche - et leur coût faramineux - illustre le problème qui consiste à ignorer la plausibilité antérieure des traitements prétendument "alternatifs". Tout cet argent aurait pu être utilisé à la place pour de la recherche dans des traitements dont les scientifiques ont de bonnes raisons de penser qu'ils fonctionnent, plutôt qu'être gaspillé que la sorte. De toute manière, ce n'est pas comme si ces résultats négatifs allaient faire changer d'avis les tenants des médecines alternatives. Après cela, les américains vont certainement dépenser des sommes astronomiques pour tester si la vision à distance (angl.: remote viewing) présente des applications militaires... Oh, c'est vrai, suis-je bête: ils l'on déjà fait!

Note: pour plus d'informations sceptiques sur ce sujet, voir le billet (en anglais) de Steven Novella: "CAM Research - Much Ado About Nothing".

jeudi 11 juin 2009

Résultats de l'expérience Twitter

Richard Wiseman a publié aujourd'hui sur son blog les résultats de l'expérience Twitter de la semaine dernière: "Twitter Experiment – Results!".
In short, all four trials were misses.

When I analysed believers and sceptics separately, the results were the same, with no difference between the groups. So the study didn’t support the existence of remote viewing, and suggested that those who believe in the paranormal are good at finding illusory correspondences between their thoughts and a target .
Traduction:
En résumé, les quatre essais furent des coups manqués.

Quand j'ai analysé les croyants et les sceptiques séparément, les résultats furent les mêmes, avec aucune différence entre les groupes. Donc l'étude n'apporte pas de poids à l'hypothèse que la vision à distance existe, et suggère que ceux qui croient au paranormal sont bons à trouver des correspondances illusoires entre leurs pensées et une cible.
Bien entendu, ce résultat ne convaincra absolument aucun psiphile que la vision à distance n'existe pas: comme nous en discutions la semaine dernière, même avant le début de l'expérience, ils rationalisaient déjà son futur échec - un comble! De toute manière, il est clair qu'aucune quantité de résultats négatifs ne convaincra jamais un psiphile que les phénomènes auxquels il croit n'existe pas...

C'est la différence fondamentale entre la position sceptique et la position des tenants: je sais quelle type de preuves me convaincrait que le Psi existe (des résultats répétables par tous - sceptiques et tenants - avec une taille d'effet importante constante à travers les réplications, accompagnés d'un modèle explicatif plausible - et cohérent avec les connaissances scientifiques établies par d'autres disciplines que la parapsychologie - du fonctionnement du phénomène), alors que les psiphiles sont totalement incapables de spécifier quel type de résultats réfuteraient leur position. En clair, la croyance dans l'existence du Psi est irréfutable, ce qui est toujours très problématique d'un point de vue scientifique.

En tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à participer à cette expérience en tant que sujet, et j'ai honnêtement - sincèrement - essayé de visualiser les endroits où se trouvaient Richard Wiseman. Au final, je me suis planté dans tous les essais! Je dois vraiment être résistant au Psi...

mercredi 10 juin 2009

Champ ou élan?

Joe Nickell discute sur le blog "Free Thinking" d'une nouvelle observation de Champ (un cryptide similaire au monstre du Loch Ness, mais qui vivrait dans le lac Champlain, situé entre le Canada et les États-Unis): "“Champ” Sighting Solved?". Sur base de la vidéo de l'observation, son hypothèse est qu'il s'agirait en fait d'un jeune élan en train de nager, ce qui explique l'absence de bois et le court visage.

mardi 9 juin 2009

Notes de lectures - 12: "Atheism - A Very Short Introduction"

(Mais que lisent donc les sceptiques?)

Note: 3/5.

Ce petit livre de Julian Baggini (seulement 111 pages!) se veut - comme son nom l'indique - une introduction à l'athéisme. Il fait partie d'une collection éditée par Oxford University Press, intitulée "Very Short Introduction". J'avoue que je ne connaissais pas, mais j'ai véritablement apprécié le format: c'est peut-être court, mais en tout cas cela va droit au but!

J'ai découvert récemment Julian Baggini via cet article, "The New Atheist Movement is destructive", où il critique ceux que l'on a surnommé les "quatre cavaliers" (en référence bien entendu à l'Apocalypse): Richard Dawkins, Daniel Dennett, Sam Harris et Christopher Hitchens. Comme vous le savez si vous lisez régulièrement ce blog, il s'agit d'auteurs que j'apprécie. Je peux néanmoins comprendre sa critique. Il écrit (ici):
For me, atheism’s roots are in a sober and modest assessment of where reason and evidence lead us. That means the real enemy is not religion as such, but any kind of system of belief that does not respect these limits on our thinking. For that reason, I want to engage with thoughtful, intelligent believers, and isolate extremists. But if we demonise all religion, such coalitions of the reasonable are not possible. Instead, we are likely to see moderate religious believers join ranks with fundamentalists, the enemies of their enemy, to resist what they see as an attempt to wipe out all forms of religious belief.
Traduction:
Pour moi, les racines de l'athéisme se trouvent dans une évaluation sobre et modeste de là où les preuves nous conduisent. Cela veut dire que le véritable ennemi n'est pas la religion en tant que telle, mais tout système de croyances qui ne respecte pas les limitations de notre pensée. Pour cette raison, je veux débattre avec des croyants réfléchis et intelligents, et isoler les extrémistes. Mais si nous attaquons toutes les religions, une telle coalition des raisonnables n'est pas possible. Au contraire, il est probable que nous allons voir les croyants religieux modérés rejoindre les rangs des fondamentalistes, les ennemis de leur ennemi, pour résister à ce qu'ils vont percevoir comme une tentative d'éradiquer toute forme de croyance religieuse.
Julian Baggini est un philosophe, et cela se sent à travers l'ouvrage.

Le premier chapitre, "What is atheism?", tente de définir ce qu'est l'athéisme. Le deuxième, "The case for atheism", discute de l'absence de preuves de l'existence de Dieu, et du fait que l'absence de preuves est la meilleure preuve de l'absence que l'on puisse avoir (jusqu'à preuve du contraire). Il y discute aussi de la relation entre l'athéisme et le naturalisme philosophique. Le troisième, "Atheist ethics", explore comment il est possible de fonder une éthique en dehors de toute révélation religieuse. Le quatrième, "Meaning and purpose" aborde la question: comment est-ce qu'un athée peut donner du sens à sa vie? Le cinquième, "Atheism in history" présente un point de vue historique sur les origines de l'athéisme. Il y contre-argumente aussi l'idée selon laquelle l'athéisme serait coupable des pires crimes du 20e siècle, tel que par exemple la Shoah. On entend en effet cela souvent dans la bouche des fondamentalistes de tout bord. Enfin, le chapitre 6, "Against religion?", discute de l'attitude que les athées doivent adopter face aux religions.

L'un dans l'autre, j'ai trouvé ce petit ouvrage excellent. Même s'il se lit en quelques heures, il donne amplement matière à réflexions...

Vidéo de l'expérience Twitter avec Richard Wiseman

Aujourd'hui, je vous propose une courte vidéo de Richard Wiseman, à propos de l'expérience Twitter de la semaine dernière, où on peut le voir sur les différents lieux durant les tests de visions à distance (en anglais, environ 1 minute):

lundi 8 juin 2009

Pascal Picq discute de la théorie de l'évolution

Première partie (en français, environ 10 minutes):



Deuxième partie (environ 10 minutes):

Les expériences numineuses sont-elles uniquement dans votre tête?

Voici un article de Barbara Bradley Hagerty sur ce sujet (en anglais): "Are Spiritual Encounters All In Your Head?".

Et la réponse est: oui!

vendredi 5 juin 2009

"Psychic Detective Smackdown": Ben Radford vs. Alex Tsakiris

Ben Radford était interviewé il y a quelques mois de cela par Alex Tsakiris sur le podcast psiphile "Skeptiko" (voir l'épisode #54). Durant cette émission, l'hôte a prétendu que les sceptiques qui réalisent des enquêtes sur les cas de voyants qui aident prétendument la police (comme par exemple Ben Radford ou encore Joe Nickell) choisissent spécifiquement des cas faciles à démystifier, et évitent d'aborder les affaires plus robustes. Face à cet argument, Ben Radford lança alors le défi suivant à Alex Tsakiris: lui donner son meilleur cas, le plus convaincant à ses yeux, et il enquêterait à son sujet.

Ce défi donna naissance au "Psychic Detective Smackdown"!

Le cas sélectionné par Alex Tsakiris fut celui de la voyante Nancy Weber, à propos du meurtre de Amy Hoffman. Le caractère exceptionnel de ce cas se situe dans le fait que le médium a deux officiers de police qui attestent de ces prédictions. Ces informations sont que le prénom du coupable était James, que son nom de famille était polonais, commençait par un K et finissait par le son “ish”, et qu'il avait fait du temps en prison en Floride.

Si on prend ce que nous dit la voyante pour argent comptant, il est clair que ce cas est véritablement exceptionnel!

La première chose qu'il faut cependant remarquer dans une optique sceptique est que cette affaire est supposée être la meilleure qu'Alex Tsakiris, un tenant pur et dur de l'existence du paranormal, connaisse. Or, les informations fournies par Nancy Weber n'ont pas mené à l'arrestation du coupable! Le plus intéressant est que durant l'épisode #54, Ben Radford et Alex Tsakiris avaient discuté de l'affaire Charles Capel, où les informations données par la voyante, dans ce cas-là Noreen Renier, n'avaient pas mené non plus (!!!) à retrouver cette personne disparue (voir mon billet à ce sujet: "Alex Tsakiris et les médiums détectives").

Décidément, les informations données par les voyants ne semblent clairement pas très utiles pour la police!

Deuxièmement, le cas repose uniquement sur les témoignages des deux policiers, qui sont supposés corroborer les prétentions de la médium. Il n'y a absolument aucun document de l'époque, aucune note, pour confirmer qu'elle a effectivement donné les informations qu'elle prétend avoir donné! Or, l'affaire remonte à 1982, et donc nous retombons sur le problème classique du manque de fiabilité du témoignage humain, et ici particulièrement de la mémoire.

Le meilleur cas d'Alex Tsakiris présente donc d'emblée deux gros problèmes: a. le coupable n'a pas été arrêté grâce aux informations fournies par la voyante et b. il repose uniquement sur les témoignages de deux officiers de police et de la voyante.

Je ne vais pas rentrer dans les détails - les personnes intéressées peuvent écouter les podcasts en question (voir les références en bas de ce billet). Quoi qu'il en soit, après avoir interviewé les deux policiers et la voyante, leurs témoignages sont en désaccord: vous pouvez écouter chacune des informations contradictoires ici.

Pour être exact, les policiers confirment que la voyante a bien donné des "informations", mais pas aussi précises qu'elle ne le prétend.

L'explication sceptique de ce cas semble donc être ceci: durant l'affaire, Nancy Weber a en réalité donné des informations plutôt vagues. Par exemple, au lieu de dire en Floride, elle aurait dit "dans le sud" - mais dans le sud de quoi? Lorsque le cas a été résolu, les policiers ont comparé ce qu'elle a dit avec les informations authentiques. Leurs mémoires se sont alors altérées et ils ont plus ou moins transformé dans leurs souvenirs les informations vagues données par Nancy Weber en des informations incroyablement précises. La trace de ces altérations se trouve dans les contradictions de leurs témoignages.

Évidemment, ce n'est qu'une hypothèse prosaïque, qui doit cependant être privilégiée en raison du rasoir d'Occam. Néanmoins, si les policiers avaient réellement eu les informations incroyablement spécifiques qu'elle prétend avoir donné, ils auraient dû arrêter le coupable très rapidement. Pour tester cette idée, Ben Radford s'est procuré un annuaire téléphonique de l'époque, et en une demi-heure, avec les informations dont il disposait, il y a retrouvé le nom du coupable!

Ben Radford écrit à ce propos (ici):
Both police officers Moore and Hughes clearly agree that Weber's information was too vague to be of use. If Weber's claims are true, and she gave at least five specific, accurate pieces of information about Koedatich, it is amazing that he was not captured within days. On the other hand, if the police officers are correct and Nancy Weber is wrong (i.e., the information was not as specific as is now being claimed), then the police officers' failure to find Koedatich makes perfect sense.
Traduction:
Les deux officiers de police Moore et Hughes sont clairement d'accord pour dire que les informations de Weber étaient trop vagues pour être utilisées. Si ce que Weber prétend est vrai, et qu'elle a donné au minimum cinq informations exactes et spécifiques à propos de Koedatich, c'est incroyable qu'il ne fut pas capturé dans la journée. D'un autre côté, si les officiers de police sont exacts, et que Nancy Weber ait tort (c'est-à-dire que les informations n'étaient pas aussi spécifiques qu'elle ne le prétend maintenant), alors l'échec des officiers de police pour retrouver Koedatich est tout à fait logique.
Inutile de dire que tout cela n'a pas fait changé d'un pouce la position d'Alex Tsakiris, l'hôte psiphile du podcast "Skeptiko", qui considère toujours que ce cas est solide et que Ben Radford est juste un "sceptique à l'esprit fermé".

Pour ma part, je trouve que l'enquête menée par Ben Radford sur ce cas, pendant pratiquement six mois, est exemplaire! Elle illustre parfaitement ce qu'est la véritable démarche sceptique.

Références (par ordre chronologique de publication sur le web):

- Épisode du podcast psiphile "Skeptiko" #54 "Skeptic Ben Radford, Police & Psychic Detectives" (à propos de l'affaire l'affaire Charles Capel);
- Épisode du podcast psiphile "Skeptiko" #69: "Psychic Detective Smackdown, Ben Radford" (à propos du meurtre d'Amy Hoffman);
- Épisode du podcast sceptique "Skepticality" #102 - "The Great Psychic Detective Challenge - Interviews: Benjamin Radford & Dr. Phil Plait".
- et enfin sur le site web de Ben Radford: "Audio files for interviews relative to Psychic Detective Nancy Orlen Weber & The Koedatich case".

jeudi 4 juin 2009

La théorie de l'évolution selon les Simpson

Homer évolue (environ 2 minutes, en anglais):

mercredi 3 juin 2009

Croyant, tenant, sceptique : définitions

Ces définitions sont le fruit d'un travail collectif des membres du forum "Sceptic Ovni" (voir plus spécifiquement ce fil de discussions):

Vrai Croyant (en une religion ou une pseudoscience):
personne qui privilégie ses intuitions et inférences spontanées pour expliquer des phénomènes en apparence étranges. Les croyances qu’elle entretient sont des représentations explicites ou réflexives, des tentatives de justification ou d’explication, des interprétations ou des rapports sur les intuitions qui lui sont fournis par certains de ses systèmes d’inférence, c'est-à-dire par des dispositifs cérébraux spécialisés qui suggèrent automatiquement des explications à propos d’évènements particuliers. Concrètement, un croyant tient dès lors sa représentation pour vraie, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité. Il n'intègre de facto ni arguments ni faits venant la contredire.
Tenant (en une pseudoscience):
personne plus ou moins informée sur le sujet considéré qui persiste, sans validation scientifique, à privilégier ses intuitions et inférences spontanées pour tenter d'expliquer certains de ces phénomènes. L'intervention d'un agent inconnu, ou non précisément défini, lui apparaît dans ces cas-là au moins aussi vraisemblable que toute explication prosaïque.

À l’inverse du sceptique, qui cherche réellement à savoir, le tenant a psychologiquement plus besoin d’un mystère persistant que d’une explication (qui ne correspond généralement pas à ses attentes). Le premier apparaît ainsi motivé par la réponse à ses questionnements, le second par la question en suspens, qui permet de produire indéfiniment des inférences riches de sens pour lui.
Sceptique (de type scientifique):
personne qui, pour appréhender ces mêmes phénomènes, utilise la méthode scientifique, ce qui implique l'adhésion à certains principes (naturalisme méthodologique, principe d'économie d'hypothèses, etc.), un esprit critique affuté, le respect des lois de la logique (et donc le rejet des raisonnements fallacieux) ainsi que l'obtention de preuves conclusives (que de simples témoignages, par exemple, ne peuvent apporter) avant d'accréditer leur existence.

Dans le domaine assez particulier des ovnis, où il n’est le plus souvent pas possible de vérifier expérimentalement les hypothèses, un sceptique envisage en pratique pour chaque cas suffisamment documenté de multiples hypothèses explicatives faisant intervenir des facteurs déjà connus, qu'il classe empiriquement par ordre de probabilité et cherche ensuite à vérifier à la manière d’un enquêteur de police. Si toutes celles qu'il a envisagées sont réfutées, alors seulement il considèrera le cas comme inexpliqué après enquête (ce qui ne préjuge toujours rien sur la nature de la cause). Si deux ou plusieurs hypothèses restent en concurrence et qu'il ne peut les départager pratiquement, il privilégiera la meilleure hypothèse. C’est celle que l’on doit, en toute logique, adopter en attendant qu’une autre remplisse mieux les conditions définies, qui sont : 1) qu’elle explique la plus grande quantité de détails rapportés dans le témoignage ; 2) qu’elle rende compte de la plus grande diversité de données (profil psychologique du témoin, contexte socioculturel, conditions météorologiques, etc.) ; 3) qu’elle puisse être, au moins en principe, vérifiée ; 4) qu’elle ne soit pas contradictoire avec des faits solidement établis scientifiquement ; 5) qu’elle possède un potentiel prédictif, c’est-à-dire en l’occurrence que les informations ultérieures la renforcent et ne l’infirment pas.

mardi 2 juin 2009

La photo du mois (juin 2009)

"Elle a peut-être l'air propre sur elle, mais
Athées
Humanistes séculiers
Libéraux
Darwinistes
(ils) propagent le doute et le scepticisme.
Vous ne pouvez pas aller au Ciel si vous ne croyez pas en Jésus."

Méthodologie de l'expérience Twitter

Richard Wiseman a posté sur son blog l'explication complète de comment se déroulera cette semaine son expérience de visions à distance: "Test Trial and Remote Viewing Methods".

En résumé, il va à un endroit à 3 heures de l'après-midi (heure britannique), les sujets ont alors 30 minutes pour visualiser la localisation, puis il poste ensuite sur Twitter le lien vers une page web où il faut choisir entre 5 photos celle qui correspond le mieux à nos images mentales. Chaque jour, tous les sujets choisissent donc collectivement une photo (A, B, C, D ou E). Si la photo est la bonne - celle de l'endroit où se trouvait réellement Richard Wiseman - cela sera considéré comme un succès (angl.: hit). L'expérience sera considérée comme significative si nous obtenons 3 succès sur les 4, où si vous préférez si nous identifions collectivement correctement 3 lieux pendant les 4 jours que dure celle-ci.

Certains psiphiles se plaignent déjà que ce critère de 3 succès sur 4 est selon eux beaucoup trop élevé: après tout, vous savez, le psi est tellement subtil, il ne se manifeste jamais clairement... Personnellement, je trouve ce choix parfait, parce qu'il est non ambigu: si nous obtenons ce score, cela serait une forte indication que quelque chose d'inhabituel s'est réellement produit.

Mais bon, il est clair qu'ils anticipent déjà un résultat négatif (bizarre, non?) et qu'ils cherchent donc à le rationaliser avant même qu'il ne se produise!

Je trouve cette expérience vraiment excitante, puisqu'elle est la première à être réalisée sur Twitter, et qu'elle implique un très grand nombre de sujets. Et qui sait? Peut-être que la vision à distance fonctionne réellement, et peut-être que nous arriverons à identifier 3 des lieux sur les 4...

lundi 1 juin 2009

Un médecin assassiné aux USA parce qu'il pratiquait l'avortement

Pour plus d'informations, voir le billet de Samia Hurst sur le blog "Bioéthique" (en français): "Encore un médecin assassiné".

Expérience de visions à distance via Twitter

Cette semaine, Richard Wiseman réalise - en collaboration avec le magazine "New Scientist", une expérience de visions à distance (angl.: remote viewing) via Twitter.

Pour participer à l'expérience, vous devez être sur Twitter, et suivre la page @RichardWiseman.

Pour plus d'informations (en anglais), voir:

- "Mystery twitter experiment" (sur le blog de Richard Wiseman),
- "Twitter's psychic experiment - Thousands of people will test their psychic powers this week on Twitter" (un article du "Telegraph").