
« […] Ceux qui nous attaquent... à Tort, sans jamais chercher un seul instant à savoir qui nous sommes vraiment, à essayer de comprendre notre but et nos idées. » (Jean Staune, « Voyage au cœur de l’obscurantisme scientifique »)
Je m’apprêtais à écrire un billet sur un tout autre sujet lorsque je suis tombé sur la dépêche de l’Agence France Presse suivante :
Les professeurs de plus en plus confrontés à des critiques d’inspiration créationniste de leurs élèves
PARIS, 21 février 2009 (AFP) - L’idée que le monde est d’essence divine, véhiculée par des lycéens créationnistes, nourrit une contestation de plus en plus fréquente de l’enseignement de la théorie darwinienne de l’évolution, témoignent des professeurs de sciences de la vie et de la terre (SVT) et de philosophie, interrogés par l’AFP.
"Nous avons depuis 5-6 ans des retours du terrain qui indiquent une montée du créationnisme en France alors qu’auparavant, c’était exceptionnel", dit Annie Mamecier, doyenne du groupe des Sciences de la vie et de la terre à l’Inspection générale de l’Education nationale.
Le créationnisme rejette l’idée de l’évolution et postule que Dieu a crée l’univers en une semaine. Né chez les chrétiens au XIXe siècle, il a été relayé par les Témoins de Jéhovah et par des créationnistes islamistes depuis les années 1980.
Mme Mamecier évalue "entre 5 et 10%" le nombre d’élèves qui expriment durant les cours ou sur leurs copies leur hostilité aux théories de Darwin et précise que "les élèves qui manifestent le plus sont d’origine musulmane".
"Il y a deux types de réactions: des réactions plutôt isolées venant d’élèves qui ont été élevés dans une croyance religieuse et des réactions un peu plus organisées, qui se rapprochent du dessein organisé américain et viennent d’élèves relativement manipulés".
Sophie Mouge, professeure de SVT au lycée Jean-Jaurès à Montreuil, a essuyé deux contestations parmi les 31 élèves de sa classe, lors d’un cours sur l’évolution des végétaux.
"Ca s’est traduit par de petits ricanements quand je parlais. Les élèves cherchaient à me tourner en dérision. Un élève m’a dit "Non, non, dans le Coran, ça n’est pas écrit cela!", raconte la jeune femme.
Pour Jean-Baptiste de Panafieu, qui a passé plusieurs mois au lycée Jean-Jaurès dans le cadre d’un documentaire, ces élèves contestataires "puisent leurs informations sur internet, sur des sites créationnistes, antidarwiniens, comme le site du turc Harun Yahya".
En janvier 2007, ce prédicateur avait envoyé massivement aux établissements scolaires l’Atlas de la Création, un livre développant au nom du Coran les thèses créationnistes.
Le ministère de l’Education nationale avait riposté en organisant en novembre 2008 un colloque pour « donner aux enseignants des moyens de répondre aux attaques », rappelle Annie Mamecier.
Mais pour Carole Diamant, professeure de philosophie au lycée Auguste Blanqui à Saint-Ouen et auteure de "Ecole terrain miné" (éditions Liana Levi, 2005), les "critiques" des élèves sont plus profondes et ont évolué depuis le début des années 2000.
"Quand j’ai écrit mon livre, en 2004, la critique était superficielle, spontanée et répétée. C’est quelque chose qui faisait référence à des prêches ou à une opinion religieuse entendue ici ou là", explique Carole Diamant.
"Aujourd’hui, les enfants sont sûrs de leurs croyances. Ils restent sur leurs positions. Ils disent: "Allez-y, racontez-nous Darwin mais nous, on n’y croit pas!".
D’après Pierre Clément, professeur à l’université Lyon 1 et co-auteur d’une étude sur le créationnisme effectuée dans dix-neuf pays, la France compterait "2% de professeurs créationnistes", à comparer avec les "50% de profs créationnistes au Liban ou au Burkina Faso".
Toutefois, "la France est le pays où il y a le moins de créationnistes radicaux", insiste Pierre Clément en ajoutant: "Il y a certes une pression du créationnisme mais la France résiste très bien."
Indéniablement, le néo-créationnisme, ou dessein intelligent (intelligent design), fait actuellement partie des croyances en expansion à l’échelon mondial (dans le même temps, d’autres croyances parascientifiques, para- ou péri-religieuses stagnent ou régressent, de façon différentielle d’ailleurs suivant les régions du globe). Si ce phénomène socio-psychologique reste à ce jour assez bien contenu dans l’Hexagone, qui bénéficie ici de sa longue tradition laïque, les chiffres provenant d’autres pays sont plus alarmants : dans certains, les enseignants créationnistes sont manifestement en passe de devenir majoritaires ce qui, on en conviendra, devient franchement problématique.
En France, un des promoteurs les plus actifs du mouvement du dessein intelligent se nomme Jean Staune. L’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), qu’il a fondé, a déjà pas mal fait couler d’encre mais n’avait pas encore fait l’objet d’un billet sur ce blog. Comme beaucoup de tenants new look, chacun dans leur domaine (voir, par exemple, sur ce blog les cas de Pierre Lagrange et Jérôme Beau pour les ovnis ou des membres du GEIMI/IMI pour le psi), Jean Staune nie d’ailleurs mordicus être un néo-créationniste. (Si jamais ce dernier se manifeste sur "Scepticisme scientifique", vous aurez l’occasion d’apprécier à sa juste valeur son talent rhétorique à faire prendre des vessies pour des lanternes.) La stratégie de tous ces nouveaux bons croyants semble être de s’afficher comme étant dans le "juste milieu", au-dessus de la mêlée, à équidistance des croyants frappadingues (qui, par leur comportement ridicule, nuisent à la Cause qu’ils entendent défendre plus intelligemment en sous-main) et des prétendus "obscurantistes scientistes", ces affreux empêcheurs de croire en rond, leur véritable cible.
Le mois dernier, Le Figaro, le quotidien de la bourgeoisie conservatrice française, invitait ainsi ses lecteurs à lire "Darwin sans idées préconçues", c’est-à-dire, dans l’optique du journal, à travers la lorgnette de Jean Staune :
Des scientifiques de renom affirment que des processus essentiels à l’œuvre ne seraient pas liés à la sélection naturelle. Jean Staune avait déjà rendu compte des travaux de ces évolutionnistes non darwiniens, dans une belle synthèse publiée il y a près de deux ans. Ainsi, selon Simon Conway-Morris, éminent paléontologue, "les formes fonctionnelles possibles sont prédéterminées depuis le big-bang". Ce qui bouscule, de façon radicale, un concept central des darwiniens : chaque espèce serait le résultat contingent et imprédictible d’un processus dû au hasard. De même, pour l’éthologue Rémy Chauvin ou pour l’embryologiste Rosine Chandebois, l’évolution est-elle un "programme" qui se déroule depuis l’origine. D’après Vincent Fleury, biophysicien, le sens de l’évolution est "physiquement gravé" dans le champ d’orientation des cellules. Par rapport aux "micro-évolutions" darwiniennes, certaines de ces thèses envisagent plutôt des "macro-évolutions". L’évolution "sauterait" d’un plan d’organisation à un autre, sans que l’on sache pour le moment expliquer ces mécanismes.
Le même Jean Staune, dans un ouvrage passionnant qui vient de paraître, fait parler de grands savants… [blablabla] (Le Figaro, 09.01.09)
Qui est donc vraiment Jean Staune/l’UIP ?
A la base, Jean Staune affirme être "un catholique convaincu". Accessoirement, il accumule les diplômes les plus divers (DEA en histoire naturelle, maîtrise d’informatique appliquée, DESS de gestion des entreprises, DEUG en mathématiques appliquées aux sciences sociales, diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris) et adore visiblement qu’on parle de lui (ce billet devrait donc au moins le satisfaire à ce niveau). Plus intéressant pour notre propos, le Who’s who précise aussi que M. Staune a reçu le "Prix Templeton Course Program on Science and Religion".
Ainsi que le rappelle un intéressant article, disponible sur le site du CNRS, de Guillaume Lecointre, du Muséum national d’histoire naturelle, "la fondation John Templeton finance toutes les initiatives de rapprochement entre science et religion. Cette fondation nord-américaine [a été] créée en 1987 par un riche investisseur américain très lié au fondamentalisme protestant".
L’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), comme son nom ne l’indique pas, est quant à elle une association de type loi 1901 créée en 1995, dont M. Staune est le secrétaire général. Généreusement financée par des fonds privés (grandes entreprises, fondations, dont la fondation John Templeton), elle a pu organiser de multiples colloques auxquels ont participé différents scientifiques, certains controversés au sein de leur propre discipline et d’autres réellement prestigieux, dont quelques prix Nobel.
Que cherche Jean Staune/l’UIP ?
Au plan théologique ses travaux [Jean Staune parle ici de lui-même à la troisième personne] portent sur une façon d’exprimer les fondements du christianisme qui soit compréhensible pour la société actuelle et en phase avec les découvertes scientifiques. A travers une étude comparée des religions, il mène une recherche sur la compatibilité des différentes religions, habité par l’idée que les grandes révélations doivent toutes contenir un fondement de vérité qui n’est pas d’origine humaine. Il cherche aussi la compatibilité entre les « deux livres » selon l’expression de Galilée : le livre de la Nature qu’étudie la Science et le livre de la Révélation, rejettant [sic] ainsi le « séparationnisme » ou le « fidéisme » qui affirme qu’il n’y a pas d’intersertion [sic] entre le domaine de la Science et celui de la Religion. (source)
En plus clair, Jean Staune cherche à diffuser ce qu’il appelle la "scienligion", un hybride bizarroïde décrypté ici par un sceptique, et donc à combattre par tous les moyens le matérialisme scientifique.
Voici comment lui-même explique cette prétendue convergence entre la foi religieuse (de préférence catholique, apostolique et romaine) et la "nouvelle science" (copyright Jean Staune) :
Le projet de la science classique était d’expliquer le monde par lui-même. La nouvelle science a pour projet de montrer que les limitations de notre compréhension du monde ne sont pas d’ordre conjoncturel (on a pas encore mis assez de moyens dans la recherche mais, en droit, on peut tout comprendre) mais structurel : une telle compréhension est impossible parce que notre monde n’est pas fermé sur lui-même. Voici quelques uns des résultats clés de cette nouvelle science […] :
En physique quantique (la science des fondements de la matière), on peut montrer que les concepts les plus évidents ne s’appliquent plus à ce qui constitue pourtant les composants de tout ce qui existe. Ainsi en est-il de la non-séparabilité. Des expériences publiées dans les plus grandes revues scientifiques ont validé ce concept étrange qui veut que le niveau fondamental du réel ne soit pas "séparable par la pensée".
Il s’agit bien d’un autre niveau de réalité puisqu’il échappe aussi bien au temps qu’à l’espace (s’il était dans le temps on pourrait séparer par la pensée un avant d’un après, s’il était dans l’espace on pourrait séparer par la pensée une portion de cet espace d’une autre).
Ainsi, selon des travaux épistémologiques et philosophiques comme ceux de Bernard d’Espagnat, la physique quantique nous met face à un monde à deux niveaux de réalité. [...]
En astrophysique, la théorie du Big Bang pose aussi la question d’un au-delà du temps et de l’espace puisque ceux-ci ne sont plus des absolus. De plus, le fait que notre univers ait des caractéristiques très particulières sans lesquelles la vie et la conscience n’auraient pu se développer (ce que l’on appelle le principe anthropique) réintroduit la question du créateur (ou de la finalité) au coeur même de la science (même si la réponse reste personnelle). [...]
En mathématique, le théorème de Gödel nous enseigne qu’aucun système d’axiomes ne peut contenir sa propre logique. Il s’agit de la démonstration logique, qu’on ne pourra pas, dans ce domaine-là non plus, fermer le réel sur lui-même. Le Pasteur Honziaux a montré les conséquences théologiques de ce théorème dans un article célèbre ("Le royaume de Dieu, d’Epiménide et de Gödel") qui rejoint les intuitions de la théologie apophatique (c’est ce qui manque qui, loin d’amener au néant, fait "signe" d’un "autre").
En neurologie des travaux comme ceux de Ben Cibet à l’université de San Francisco, ou ceux de Jean-François Lambert, nous montrent qu’il n’y a pas équivalence entre l’état mental subjectif d’un patient et la description "objective" de son état neuronal. [...]
Enfin, des travaux comme ceux de Michael Denton ou d’Anne Dambricourt-Malassé, nous montrent que si l’évolution peut, en première analyse, sembler livrée au hasard et à la sélection naturelle, la prise en compte d’un certain nombre de phénomènes, tant en génétique qu’en paléontologie, montre qu’il existe des processus qui se perpétuent pendant des millions d’années malgré les modifications chaotiques de l’environnement dans lequel vivent les organismes "porteurs" de ces processus.
[…] Nous sommes confrontés à une nouvelle vision du monde, basée sur une nouvelle approche de la science, dont le maître mot est "incomplétude". [...]
Cet ensemble, impressionnant par sa cohérence et son ampleur, nous montre bien que nous sommes sur le point de vivre une révolution d’importance comparable à la révolution copernicienne. […] C’est une première étape absolument nécessaire pour prendre en compte la possibilité d’une telle existence [de Dieu], car pour cela, il faut, comme nous l’avons vu en introduction, faire la démonstration que le monde où nous vivons, celui immergé dans le temps, l’espace, l’énergie et la matière, n’est pas ontologiquement suffisant. (source)
On l’aura compris, Jean Staune récupère tous les travaux (y compris ceux qui n’ont rien de scientifiques, comme les élucubrations du psychanalyste Jacques Lacan) qui, moyennant quelques interprétations tendancieuses, paraissent susceptibles d’apporter de l’eau à son moulin, dans le but ultime de rendre compatible avec le monde moderne des "révélations" religieuses forgées en d’autres temps.
Les archives publiques de la liste de diffusion de l’Observatoire zététique, accessibles ici, où Jean Staune sévit depuis l’année dernière (cette liste est ouverte à tout le monde), donne quelques indications sur les espérances que celui-ci caresse au niveau politique (après la postmodernité, voici que la post-laïcité pointe le bout de son nez) :
Inspiré par ma rencontre avec le Pape (il a y deux heures j’ai eu l’honneur d’être parmi les intellectuels français invités aux Bernardins), je tiens à dire à quel point la laïcité à la française est une absurdité archaïque. Plus elle reculera mieux ce sera! […] Je propose que l’on remplace l’article de base de la loi de 1905: "la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte" Par "la République reconnaît et subventionne tous les cultes". Dans une époque de mondialisation il faut savoir dépasser les crispations d’il y a un siècle...
Par ailleurs le pape a estimé au Collège des Bernardins qu’une "culture purement positiviste" reléguant Dieu au "domaine subjectif" signifierait la "capitulation de la raison". "Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand inconnu", a-t-il déploré. Et d’insister : "Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à l’écouter demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable".
La recherche de Dieu comme fondement de toute culture véritable!!!!! Même moi je n’aurais pas osé dire cela. Vive Le Pape ET vive la post-laïcité!! (NB : pour faciliter la lecture, j’ai corrigé les coquilles et fautes d’orthographe - assez nombreuses dans le post original - commises par M. Staune)
Quelle est la stratégie de Jean Staune/l’UIP pour atteindre à terme ses objectifs ?
Tous nos intervenants sont universitaires, chercheurs au CNRS ou faisant partie d’un organisme officiel. Certes certains d’entre eux présentent parfois des idées novatrices qui n’ont pas encore reçu l’aval de la communauté scientifique : cela fait partie du rôle de l’UIP. Mais il s’agit toujours de cas isolés. Car justement le cœur du message de l’UIP c’est qu’il n’est pas nécessaire de recourir à des faits non scientifiquement admis (c’est-à-dire non publiés dans les revues scientifiques officielles) pour avoir une nouvelle vision du monde. En faisant intervenir, dans l’immense majorité des cas, des personnalités scientifiques incontestables autour de thèmes et d’expériences situés au cœur de la science actuelle, l’UIP joue le terrain de ses "adversaires", avec leurs propres règles du jeu... et montre que l’on peut arriver à des conclusions inverses. (source)
De fait, l’UIP est parvenue à réunir, à diverses occasions (colloques, conférences, tables rondes…), de belles brochettes de scientifiques. Si la présence à ces manifestations de personnalités comme le physicien-philosophe Bernard d’Espagnat, la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé, l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan ou le botaniste-écologiste Jean-Marie Pelt, dont les positions personnelles, "spiritualistes" dirons-nous pour aller vite, sont bien connues, n’est pas pour nous étonner, d’autres noms interpellent plus en revanche. Quelques-uns de ces derniers ont cependant dit plus tard s’être fait plus ou moins manipuler :
L’UIP enrôle en douceur. Staune va chercher aux USA des professeurs d’universités et des Nobels ayant des choses à révéler sur Dieu (l’UIP est le principal partenaire du Center for theology and natural sciences à Berkeley, Californie). On imagine mal à quel point ils sont nombreux, dans un pays où le fondamentalisme protestant est un des plus puissants au monde et où son militantisme est actif jusqu’au coeur des universités. […] Fort de l’argument d’autorité du grand-frère américain, et accompagné d’une brochette de Nobels, Staune ira inviter les scientifiques vedettes de notre hexagone, pour causer humanisme. On vous flatte, et vous vous trouvez pris au piège sur la "photo de famille". Votre nom servira au crédit que d’autres porteront au prochain colloque. En 1992, André Adoutte et Pierre-Henri Gouyon, tous deux alors Professeurs à l’Université de Paris XI, se sont fait piéger en allant contre-argumenter les propositions de l’UIP au Sénat. Ils ne sont pas particulièrement enchantés de voir figurer leur nom sur la cassette vidéo. La formule semble bien fonctionner. Le colloque du mois d’avril 1999 était honoré de la présence de nouvelles personnalités comme le Directeur du Muséum National d’Histoire Naturelle de l’époque, Henry de Lumley, et la série de conférences "Science, conscience et sens" de Jean-Didier Vincent, Antoine Danchin et Jean-Marc Lévy-Leblond.
Parmi ceux-ci, les deux derniers ont témoigné de leur surprise lorsqu’un article (Lecointre, 1999a) relata leur participation, et dirent s’être fait piéger. L’UIP piège donc, mais certainement pas tout le monde. Les nouveaux-venus ou les occasionnels côtoient ainsi les scientifiques permanents de l’organisation, Bernard d’Espagnat, Christian de Duve, Jean-Pierre Luminet, Ilya Prigogine, Anne Dambricourt-Malassé, Trinh Xuan Thuan, Jean-Marie Pelt... Les nouveaux scientifiques (ou assimilés comme tels) français du cru 2000 sont Jacques Vauthier, Bruno Guiderdoni, Dominique Laplane, Philippe Pignarre, Basarab Nicolescu, Antoine Andremont, Tobie Nathan, Philippe Queau. Dans le milieu de la philosophie et des sciences humaines, l’UIP va ratisser dans le camp opposé à celui de Alan Sokal et Jean Bricmont. En philosophie, elle importe ce qu’il y a de plus médiatique, Luc Ferry et André Comte-Sponville […]. Bruno Latour viendra porter la lumière relativiste sur tout ça. (source)
J’avoue personnellement ignorer la raison exacte de la présence, régulière durant une certaine période, à ces manifestations de l’IUP de quelqu’un comme, par exemple, Jean-Pierre Luminet, un astrophysicien que j’admire pour ses brillants travaux scientifiques, ses activités de vulgarisation (articles, livres, documentaires) et ses multiples autres talents (peintre, poète, romancier, etc.). A ce que j’ai cru comprendre de ses positions sur le sujet, on ne peut en effet le considérer comme un partisan de la "scienligion" à la Jean Staune. Il semble aujourd’hui ne plus participer aux activités de l’IUP. Peut-être qu’en tant que grand vulgarisateur de son domaine de recherche et infatigable conférencier, il a vu cet organisme simplement comme un espace de dialogue. La question reste donc pour moi en suspens mais, dès mon retour de vacances, je compte si possible l’éclaircir...





