J'avoue que je suis très loin de partager son enthousiasme débridé pour la mémétique. J'ai essayé ces derniers jours de mettre le doigt sur les divers éléments qui me dérangent à ce sujet. Je ne suis pas vraiment certain d'y avoir réussi à l'heure actuelle, mais je me suis dit qu'il serait intéressant que je partage avec vous l'une ou l'autre de mes réflexions actuelles, avec le bémol que mes positions évolueront certainement à ce sujet dans le futur - mais c'est vrai pour tous les sujets de toute manière!
En remarque préliminaire, j'aimerais aussi dire qu'il est extrêmement difficile d'argumenter contre la mémétique, parce que chaque méméticien tient un discours relativement différent. Il y a des différences significatives entre les conceptions de Charles Mougel, de Pascal Jouxtel ou encore d'Antoine Vekris. Débattre une nébuleuse est toujours extrêmement difficile, parce que comme rien n'est définit exactement, et qu'il n'y a pas de consensus réel, il est d'autant plus facile pour les méméticiens de rationaliser chacune de mes objections. Il va sans dire qu'à l'heure actuelle l'hypothèse mémétique me parait totalement irréfutable, et les méméticiens me semblent bien plus engagés dans une démarche apologétique que réellement scientifique.
Premièrement, dans l'ouvrage "Impostures intellectuelles", Alan Sokal et Jean Bricmont discute des problèmes épistémologiques qui naissent lorsque l'on veut importer des concepts issus des sciences de la nature dans le champ des sciences de l'homme. Dans la même ligne d'idées, dans "Prodiges et vertiges de l'analogie", Jacques Bouveresse discute longuement des utilisations problématiques - parce que par analogie - du théorème d'incomplétude de Gödel en dehors de la logique. Dans le cas de la mémétique, il s'agit de plaquer la théorie de l'évolution sur les phénomènes culturels. Antoine Vekris tombe par exemple clairement dans ce travers lorsqu'il veut appliquer le concept biologique d'homologie à des objets culturels. Ce genre de transfert est extrêmement risqué, et ne peut se faire à la légère! En effet, le concept d'homologie (une homologie désigne des caractères semblables observés chez deux espèces différentes qui ont été hérités d'un ancêtre commun) ne prend son sens que par son inscription dans la théorie biologique de l'évolution.
Deuxièmement, il est extrêmement difficile de savoir exactement ce qu'est un mème. La Société francophone de mémétique propose la définition suivante:
Partie élémentaire du système de codage qui nous permet de connaître la reproduction d'un observable culturel.En ce qui me concerne, entre une chanson, une recette de cuisine, les règles pour faire un origami, un mot dans un dictionnaire, le livre “La Critique de la Raison Pure” de Kant, la religion chrétienne, une statue de Rodin, mon prénom, le sapin de Noël, la décision d’aller acheter un sandwich au magasin du coin, et une application sur mon iPhone, j’ai vraiment – mais vraiment! – du mal à percevoir les éléments similaires. Regrouper tout cela sous le concept de mème me parait une erreur. Et qu'est-ce qu'une "partie élémentaire" d'un "observable culturel"? Si on prend comme exemple la Vierge Marie, est-ce que c'est une partie élémentaire de l'observable culturel "religion catholique"? Ou bien est-ce que Vierge est un mème, et il est ici associé avec le mème Marie? Ou bien V est une partie élémentaire de l'observable culturel "alphabet", et il est ici combiné avec d'autres pour former le concept de Vierge? Plus loin, quand on pose aux méméticiens la question de savoir si les mèmes existent, ils vous répondent que c'est une question que les méméticiens ne se posent tout simplement pas, où bien ils vous disent par exemple qu'en fait "la mémétique n'est pas la science de mèmes" - si, si, je vous l'assure, on me l'a affirmé récemment dans une discussion sur Facebook! Si ce n'est pas la science des mèmes, alors c'est la science de quoi exactement? La science qui étudie les phénomènes culturelles? Désolé, mais on a déjà des sciences qui étudient très exactement cela: la sociologie, l'anthropologie, etc.
Troisièmement, sur son blog, Antoine Vekris prend des exemples tirés de diverses disciplines et les regroupe sous le concept de mémétique. En clair, il coopte des découvertes faites dans d'autres domaines scientifiques pour prétendre qu'elles donnent de la validité au projet mémétique, un peu comme le fait que les biologistes découvrent de nouvelles espèces prouverait prétendument que la cryptozoologie est une science. Le problème ici est qu'aller chercher des éléments en neuropsychologie, en psychologie, en éthologie, en informatique ne fait que prouver la validité de ces sciences-là, et non pas celle de la mémétique. Je n'ai pas à être convaincu que la psychologie est une science. Je n'ai pas non plus, par exemple, a être convaincu que l'apprentissage par imitation existe. Les psychologues savent cela depuis longtemps, et étudient bien évidemment les divers mécanismes d'apprentissage. La mémétique doit apporter une plus-value par rapport à ce qui se fait dans les autres disciplines. Si elle n'est jamais que le champ interdisciplinaire entre ces diverses disciplines, il n'y a absolument aucune raison de nommer celui-ci "la mémétique", surtout si elle se révèle ne pas être "la science des mèmes".
Une différence importante est que ces disciplines connaissent leurs limites épistémiques. Si on prend l'exemple de l'éthologie, il est clair que cette science a des choses très intéressantes à dire sur le comportement humain, mais les éthologues savent très bien qu'ils ne peuvent pas prétendre pouvoir expliquer l'ensemble de la culture humaine. Pour caricaturer, aucun psychologue ne prétendra que l'apprentissage par imitation suffit à expliquer comment Beethoven en est venu à écrire la 9e symphonie. La mémétique, à l'inverse, est très loin d'avoir un discours humble, mis-à-part lorsque les tenants sont acculés: là ils se rétractent derrière le "mais ce n'est actuellement qu'une proto-science. Un jour...".
Quatrièmement, lorsque Pascal Jouxtel propose dans "Comment les systèmes pondent" le concept de "solution", j'ai bel et bien l'impression qu'il redécouvre la théorie des formes intelligibles de Platon. Pour rappel, Platon pense qu'il existe d'un côté le monde sensible - ce que l'on peut observer empiriquement - et de l'autre un arrière-monde peuplé des idées, ou des Formes intelligibles. Par exemple, dans cet arrière-monde existe l'idée de Beau, tandis que dans le monde sensible, nous avons la statue qui est "belle" - ce que Platon nomme le simulacre. Dans la mémétique francophone, nous avons d'un côté le mème (mettons le concept de Vierge Marie), et puis nous avons la solution (une statue de la Vierge Marie, une prière à la Vierge Marie, un cantique où la Vierge Marie est mentionné, un film sur la vie de la Vierge Marie, etc.). Mèmes = Formes intelligibles, Solutions = Simulacres. Pascal Jouxtel a réinventé le monde des idées de Platon, sauf qu'il est devenu le monde des mèmes! La grosse différence est que Platon pensait que les Formes intelligibles avaient une existence ontologique dans un arrière-monde, alors que lorsqu'on demande aux méméticiens dans quel sens ils conçoivent l'existence des mèmes, ils se débinent devant la question...
En ce qui me concerne, je pense que ce qui existe, ce sont les cognitions, car celles-ci sont observables via l'activité cérébrale. Pour le dire autrement, les mèmes n'existent pas si personne ne les pense. Une statue de la Vierge Marie n'est un mème que - et seulement que - lorsque quelqu'un la regarde et identifie ce qu'il est en train de voir - ce qui se manifeste sous la forme d'une activation cérébrale. Bref, les mèmes n'existent pas. Ce qui existe, c'est l'activité cérébrale. Et il existe déjà une science qui étudie les cognitions, c'est la psychologie, et il existe déjà une science qui étudie les activations cérébrales, c'est la neuropsychologie...
J'aimerais pour terminer citer l'article de Massimo Pigliucci, "The Trouble with Memetics" ("Skeptical Inquirer", septembre/octobre 2007, p. 24), qui me semble aller tout à fait dans le sens de mes réflexions actuelles:
En effet, la mémétique - en tout cas actuellement - ne semble pas ajouter quelque chose à la vision standard de la gêne-culture co-évolution qui fut développée bien avant que Dawkins ne mette à plat ses idées dans "The Selfish Gene". Il est clair que les idées évoluent, et il existe effectivement une analogie indéniable entre les mèmes et l'évolution des gênes. Mais nous ne devons pas pousser cette analogie trop loin, et nous n'avons certainement pas besoin d'un tout nouveau vocabulaire pour la comprendre.Arrêtons de pousser l'analogie trop loin et arrêtons d'inventer et d'utiliser un vocabulaire qui obscurcit les questions plutôt que de réellement les éclairer.
16 commentaires:
Bonjour,
Tout d'abord, je suis tout à fait d'accord pour mettre en garde contre l'importation trop rapide de concepts utilisés dans les sciences dites dures vers les sciences humaines, et je reste très prudent vis à vis de la mémétique "côté sciences humaines", de même que je suis très circonspect sur beaucoup d'autres sujets (le structuralisme est parfait en maths mais il y a eu de nombreux abus au niveau sciences humaines, même par Claude Levi Strauss). Concernant Sokal et Bricmont, ils généralisent tout de même un peu trop. Ils ont d'ailleurs dû faire marche arrière vis à vis de certaines personnalités telles que Derrida par exemple.
Ensuite, concernant Bouveresse, il connaît son sujet mais il n'est pas dénué d'a-priori philosophique. Deux points :
- Poincaré affirmait clairement que l'analogie est un des moteurs de découverte scientifique les plus importants. De fait, peu importe la source des idées que l'on a (et cela s'applique aussi à d'autres concepts que l'analogie : intuition, imagination, fantaisie, etc.), ce qui importe c'est que le résultat final soit correct et "nettoyé de tout ce qui n'est pas nécessaire".
- Sur Gödel, bien sûr qu'il y a eu un paquet d'abus, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a rien d'utilisable en dehors de la logique. A l'inverse, les résultats de Gödel sont souvent minorés par ceux qui ne veulent pas en entendre parler. Après, il vaut mieux savoir effectivement de quoi on parle. De toute façon, pourquoi se quereller sur les anciens résultats alors qu'il y a eu plusieurs résultats 100 fois plus puissants démontrés ces dernières années ? Cf. par exemple http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-presque-tout-est-indecidable-18618.php (l'auteur est un membre important de l'union rationaliste et apprécié par les membres les plus importants).
Enfin, pour éviter les redites, il va falloir suivre la discussion ici et sur le site d'OldCola.
Cordialement.
Sur certains aspects du platonisme (le platonisme est une nébuleuse aussi), des tenants de haut niveau sont par exemple Connes (cf. "Matière à pensée" de Changeux et Connes) et Penrose (cf. "à la découverte des lois de l'univers"). Lire aussi Delahaye : d'après ce dernier, il semblerait que l'on soit face à une indétermination ontologique et non pas face à un problème épistémologique.
"Il va sans dire qu'à l'heure actuelle l'hypothèse mémétique me parait totalement irréfutable "
Pour moi ça s'arrête là, l'hypohèse est séduisante mais si elle est irréfutable on retombe dans une pseudo-science et tout ce qui s'en suit.
Bonjour,
Honnêtement, je peux comprendre qu'un biologiste comme Old Cola puisse trouver l'hypothèse mémétique séduisante. C'est pourquoi j'ai pris la peine de citer Massimo Pigliucci dans mon billet, qui a non seulement un doctorat un botanique - qui a fait des recherches dans la cadre de la théorie de l'évolution pendant des années - et un autre en philosophie. Cela lui permet de comprendre les deux angles du débat. Pratiquement tous les sujets dont les méméticiens discutent sont des questions que les philosophes ont débattu depuis l'antiquité sous une forme ou une autre. Tout au plus, cela prouve qu'un philosophe doit être au fait de la recherche scientifique. Je suis personnellement tout à fait d'accord avec cela...
Sceptiquement vôtre,
Bonjour JMA.
Je soutiens entièrement ton esprit sceptique. C’est cette position intellectuelle qui fait les grands hommes de science. J’ai dans mes notes un grand nombre de réponses (personnelles) pour toi et ceux qui se posent les mêmes questions. Le seul problème c’est que la réponse prendrait un certain temps. En fait je pense que dans la situation actuelle, aucune de ces questions ne trouveront leurs réponses dans les modèles actuels de la mémétique. Non que ces derniers ne sont pas justes mais simplement qu’ils ne sont pas encore assez précis. Un travail fondamental en profondeur a besoin d’être mené.
C’est ce travail que j’essaie de démarrer sur mon blog (très modestement, mais avec assurance).
Pour en revenir à Pascal J. J’ai bien peur que malgré son engouement pour la mémétique, il ne parte sur une pente dangereuse. Je dois avouer que je ne partage pas sa vision de la mémétique. La position de la SFM est fortement influencée par les idées de Pascal. Le vocabulaire choisit par Pascal ainsi que sa théorie, sont généralement extrêmement flou.
J’ai l’intention dans mes travaux de proposer une démonstration de l’existence des mèmes ainsi qu’une définition précise de leur nature. Je serai alors ravi de recevoir ton avis sur mes arguments. Les grandes lignes seront mises en place dans le courant Janvier / Février.
http://www.memetics-story.com/article-1487828.html
http://knol.google.com/k/jean-pierre-crespin/memetique/1luyhlh9rxb7e/1#
Il est urgent d'échanger, non de débattre avec comme seul objectif un succès ou une défaite, ou encore un avis tranché sur la question dans un temps terminé d'avance. Pourquoi tant d'agitation ?
Face à qui, à quoi se battre ? La mémétique n'est pas unique, ni finie, je l'ai dit dans l'interview, et tu sembles seulement le découvrir, l'expérimenter. Bien. C'est un fait, pourquoi lutter contre, ou redouter le fait que la discussion soit ainsi plus difficile ? C'est le cas pour tout sujet que l'on creuse un peu, non ?
Très mal à l'aise avec cette approche destructrice, et cette synthèse reprenant des citations sorties de leur contexte, ignorant superbement une partie de mes arguments qui me semblaient répondre à tes interrogations.
Je me retire sur la pointe des pieds, d'une relation bâtie initialement autour d'un esprit d'enrichissement mutuel, qui semble s'orienter sur une relation d'affrontement contre-productive pour tous. J'en viens à regretter d'avoir accepter cette interview il y a quelques mois, c'est triste. Bonne route.
Bonjour,
Jude a écrit:
Tout d'abord, je suis tout à fait d'accord pour mettre en garde contre l'importation trop rapide de concepts utilisés dans les sciences dites dures vers les sciences humaines, et je reste très prudent vis à vis de la mémétique "côté sciences humaines",
Je suis content de voir qu'on est d'accord sur ce point, qui est bien évidemment essentiel. Pensez que ce genre de transfert peut se faire à la légère est une grosse erreur d'un point de vue épistémologique.
Il y a pour moi une grosse différence entre dire comme Massimo Pigliucci "Il est clair que les idées évoluent, et il existe effectivement une analogie indéniable entre les mèmes et l'évolution des gênes." - ce avec quoi je suis tout à fait d'accord - et plaquer artificiellement la théorie de l'évolution sur les phénomènes culturels et prétendent qu'ils "expliquent" ceux-ci.
Les phénomènes biologiques et les phénomènes culturels sont de natures très différentes. C'est une telle évidence que cela me fait bizarre de devoir l'écrire! Il est très peu plausible qu'ils puissent être expliqué de la même façon. Et bien entendu on risque d'oublier qu'on est dans le domaine de l'analogie: les idées qui forment la culture ne sont pas des gènes, elles n'ont qu'une relation d'analogie aux gènes. La métaphore mémétique peut être utile dans une optique heuristique - générer de nouvelles hypothèses - mais est-ce qu'on fonde une science sur une métaphore? Surtout quand il y a déjà d'autres domaines scientifiques qui étudient, et depuis bien plus longtemps, les mêmes phénomènes?
Sceptiquement vôtre,
" J’ai l’intention dans mes travaux de proposer une démonstration de l’existence des mèmes ainsi qu’une définition précise de leur nature. "
Très intéressant ça !
Comme je l'avais dit je connais très peu la mémétique tout ce que j'en ai lu c'est le gêne égoïste, mais j'avais trouvé ça séduisant.
Le truc c'est que je me suis immédiatement demandé comme démontrer ou réfuter cette hypothèse, et c'est la que ça coince pour moi.
Il existe peut-être des modèles de démonstration et réfutabilité que je ne connais pas.
Comme je le dis ici :
http://coffeeandsci.wordpress.com/2009/12/25/memetique-notes-5/#comment-3236
y'a de la place pour tous !
Remarque complémentaire : Saussure fut un exemple de scientifique type "science humaine structuraliste" qui publiait ce qui lui paraissait sûr et qui ne publiait pas le reste alors qu'il aurait très bien pu créer une science/école de pensée fortement interprétative sur la structuration de la poésie antique par la religion. Un bel exemple d'honnêteté.
Bonjour,
Jude a écrit sur le blog d'Old Cola:
"Cela dit je ne pense pas qu’il y ait un seul type de scientifique ni même un seul type de science et je conçois qu’on puisse être scientifique purement sceptique même si je fais partie des scientifiques “par émerveillement” et que j’ai dû mal à concevoir qu’on puisse avoir “l’endurance” nécessaire à l’approfondissement de nouvelles théories si on n’y “croit” pas un minimum (même si on sait qu’on peut se tromper)."
Les gens qui se passionnent pour un sujet tout comme les gens qui freinent des deux pieds en disant: "vous devriez prendre tout cela avec beaucoup plus de distance critique" sont utiles dans la méthode scientifique prise dans son ensemble. Je suis tout à fait d'accord avec ça. Les sceptiques défendent par définition des positions conservatrices. Il s'agit d'une dynamique, qui fait partie intégrante de la sociologie des sciences.
Ma propre psychologie me fait plus pencher naturellement dans le camp des empêcheurs de penser - ou de spéculer - en rond que de ceux qui se passionnent pour une hypothèse dans l'espoir qu'un jour il sera possible de prouver sa validité. Mais c'est juste moi. Je reconnais aussi l'utilité dans la dynamique de la méthode scientifique des gens qui sont attirés par les hypothèses à la frontière...
Sceptiquement vôtre,
Salut Jean-Michel,
Je dois avouer que ça ne me serait jamais venu à l'esprit de m'appuyer sur les commentaires de Pigliucci pour défendre un point de vue. Malgré ça je trouve qu'il présente des critiques qui sont pertinentes. La reponce que Blackmore a faite pointe les points faibles de l'attitude de Pigliucci. Malheureusement la réponse de ce dernier est derrière un paywall, vais pas pouvoir la lire de sitôt.
Il est évident que son approche n'a rien de constructif, pas plus sur ce sujet que d'habitude, mais on peut se servir de son incompreension pour aborder la question d'un autre angle.
J'ai fait le chemin et je vais essayer de récolter ses commentaires. Ça va attendre la nouvelle année, rien ne presse et j'aimerais avoir une meilleure rédaction pour pouvoir la soumettre en passant à Blackmore, Dennett et Dawkins, dont l'avis m'est plus précieux.
Quoi qu'il en soit, j'espère avoir répondu à une série de problèmes, dont :
- la définition du mème ne fait pas doublon avec un autre concept,
- elle n'est pas restreinte à des systèmes aptes d'imitation particuliers - pas d'anthropocentrisme et inclusion des systèmes artificiels,
- par de référence analogique aux réplicateurs biologiques,
- il y a distinction nette entre 'code(s)', effecteurs, phénotype,
- on peut définir des écotopes, prédire les domaines de propagation, évaluer les valeurs relatives de n mèmes en fonction de leur capacité à répondre à des critères de sélection/compétition dans des systèmes dont on maîtrise les variables.
Sur cette base je me sens libre de discuter des homologies avec l'évolution biologique sans susciter des réactions évoquant des "analogies" illégitimes.
Qu'en penses-tu ?
Bonjour Old Cola,
Honnêtement, je ne suis pas convaincu par tes spéculations, mais je n'ai pas non plus le désir d'aller plus avant pour l'instant dans une discussion stérile.
Je n'ai pas envie de te suivre dans ta fièvre mémétique, et poster des tonnes de choses sur le sujet sur mon blog (ou le tien). Tu as fait quoi là, une note chaque jour de la semaine sur ton blog et à la fin de la semaine tu penses réellement avoir résolu les problèmes que les autres méméticiens n'ont pas réussi à résoudre en 30 ans? Je te sens quelque peu prétentieux sur le coup. Mon hypothèse de travail est que tu crois avoir résolu les problèmes de la mémétique en une semaine parce que tu ne comprends pas réellement quels sont les problèmes liés à la mémétique.
Quoi qu'il en soit, je vais temporairement me retirer de la discussion, parce que comme je le disais je ne partage pas ton enthousiasme débridé et donc je n'éprouve absolument pas le besoin de blogger de manière logghoréique sur le sujet. J'ai dit ce que j'avais à dire dans mon billet ci-dessus, et je ne suis pas convaincu par tes spéculations sur ton blog.
Ensuite j'aimerais bien me donner le temps de lire l'ouvrage de Dominique Guillo "La culture, le gène et le virus - La mémétique en question", puisqu'il semble y critiquer la mémétique de manière très similaire à moi. Mais évidemment cela va prendre un certain temps que je le commande, puis que je le lise, puis que j'assimile ce qu'il raconte... Certainement que je tenterai de l'inviter sur le balado en fin de processus...
Personnellement, je préfère me donner le temps de la réflexion sur le sujet. Rien ne presse. Ce n'est pas comme si la mémétique allait changer le monde demain de toute façon...
Old Cola a écrit:
Il (ntb: Massimo Pigliucci) est évident que son approche n'a rien de constructif, pas plus sur ce sujet que d'habitude, mais on peut se servir de son incompréhension pour aborder la question d'un autre angle.
Quant à l'argument que les sceptiques ne sont pas constructifs, les tenants me l'opposent sans arrêt. Je pense que tu devrais très sérieusement réfléchir avant d'adopter le même style de rhétoriques que les tenants des différentes sciences pathologiques que critiquent les sceptiques. Autant te dire qu'avec moi ce genre d'arguments tombe vraiment à plat. Les astrologues reprochent aussi aux sceptiques de ne pas leurs opposer des arguments "constructifs", après tout, avec un peu plus de recherches nul doute qu'on arriverait à prouver que les astres ont réellement un influence sur le comportement des gens...
Quant aux prétendues "incompréhensions" de Massimo Pigliucci, elles restent à prouver. Pour ma part, je pense qu'il comprend les choses mieux que toi sur ce sujet...
Sceptiquement vôtre,
Salut Jean-Michel,
Mes meilleurs voeux pour toi et tes projets pour 2010.
Dommage de te voir ne pas suivre une discussion que tu as lancée, par manque de temps et d'intérêt pour le sujet, apparemment.
Je me suis pas mal amusé avec la façon dont tu mets en dormance le sujet et je suis certain qu'il sera plus intéressant de le discuter avec des personnes qui souhaitent vraiment la discussion et qui proposeront autre chose qu'un argument d'incrédulité comme tu le fais : "je ne suis pas convaincu par tes spéculations, mais je n'ai pas non plus le désir d'aller plus avant pour l'instant dans une discussion stérile".
A minima on explique pourquoi on n'est pas convaincu, n'est-ce pas ?
Ton "hypothèse de travail", à savoir "que [je] crois avoir résolu les problèmes de la mémétique en une semaine parce que [je] ne comprends pas réellement quels sont les problèmes liés à la mémétique" est intéressante, mais elle n'est rien de plus qu'un deuxième argument d'incrédulité.
Il se peut que Pigliucci ou Guillo soient des interlocuteurs plus intéressants pour le sujet, on verra si et combien ça les intéresse eux.
Quand je discute un sujet j'ai toutes les prétentions du monde : de celle de me montrer génial et novateur à celle d'échouer lamentablement.
Et dans les deux cas je prends plaisir à la discussion.
Bonsoir,
Sur ton blog tu parlais d'un potentiel protocole expérimental sur lequel tu travaillais pour tester l'hypothèse mémétique. Je t'ai demandé (toujours sur ton blog) de poster le lien où je pourrais lire ce protocole quand celui-ci serait prêt. Mais après tu viens sur mon blog, mais au lieu de poster un lien vers un protocole expérimental, tu viens me ressortir les arguments classiques des tenants lorsque les sceptiques critiquent leurs dadas.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que je suis extrêmement déçu par toute cette discussion.
Le jour où tu auras élaboré un protocole expérimental pour tester l'hypothèse mémétique (et je parle bien de l'hypothèse mémétique, et pas de tester une sous-hypothèse du style que l'apprentissage par imitation existe ou je ne sais trop quoi encore, parce que ça c'est l'activité classique de la psychologie), poste le lien ici, et je le lirai. En attendant, désolé, mais j'ai d'autres choses plus intéressantes à faire qu'à lire tes spéculations spéculatives. Je suis certain que tu es un biologiste très compétent, mais en terme de philosophie, tu n'es pas une de mes références, désolé... Devrais-je te rappeler le risque que les scientifiques courent lorsqu'ils quittent leur domaine d'expertise légitime?
Et oui, je suis incrédule devant tes spéculations. Proposes-moi un protocole expérimental pour tester l'hypothèse mémétique, et puis faisons le test, là je serais peut-être impressionné par les résultats. Si la mémétique arrivait à prédire certains phénomènes culturels, il est clair que je serai nettement moins incrédule. En attendant...
Sceptiquement vôtre,
Deux questions, ravivées par ton dernier commentaire :
Est-ce que l'apprentissage par imitation de systèmes informatiques relèvent du domaine de la psychologie ?
Est-ce que la production de connaissances (observation, hypothèse, conception des manips pour tester l'hypothèse) par des systèmes informatiques relèvent de la psychologie (ou de l'informatique) ?
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