mardi 13 octobre 2009

Rupert Sheldrake répond à Chris French

Alex Tsakiris, du balado psiphile "Skeptiko", a posté sur YouTube (en anglais, environ 5 minutes) une réponse de Rupert Sheldrake au commentaire fait par Chris French lors d'une précédente interview (voir: Interview de Chris French sur le balado "Skeptiko").

Sa réponse est très intéressante parce qu'elle est tout à fait typique du problème dont parlait justement Chris French dans cette même interview, qui est que les tenants en parapsychologie fonctionnent selon le système "Pile je gagne, face tu perds". Un tenant obtient des résultats positifs, cela va dans le sens de l'existence du Psi; mais si un sceptique (ou bien plutôt, comme c'est le cas ici, les élèves tenants d'un professeur sceptique) échoue à répliquer ces résultats, cela ne va pas dans le sens de l'inexistence du Psi, parce que cet échec s'explique par les raisons x ou y (insérer à la place de x ou y votre excuse préférée).

Dans le cas présent, selon Rupert Sheldrake, Chris French a échoué à répliquer les résultats du protocole des expériences de télépathie par téléphone parce que les contrôles mis en place étaient trop exigeants. On ne peut être que surpris par une telle remarque, parce qu'une méthodologie avec des contrôles stricts est bien entendu une excellente chose, afin de s'assurer que les résultats positifs, s'ils sont obtenus, sont bel et bien une anomalie. Mais ici, Rupert Sheldrake nous dit au contraire que la réplication a échoué parce que les contrôles étaient trop exigeants (!!!) et que cela à stressé les participants. L'hypothèse qu'il invoque ici est que les phénomènes Psi ne se produisent pas (aussi bien?) si les sujets sont dans un état de tension. Le problème est que bien entendu, si les contrôles avaient été moins serrés, les résultats auraient peut-être été positifs à cause de cela, et non à cause d'une intervention du Psi. De plus, il n'est pas scientifiquement prouvé que le Psi fonctionne mieux en état de détente. On pourrait par exemple mentionner les cas de communications télépathiques en situation de danger: est-ce que là il ne faudrait pas plutôt dire que c'est justement le stress que le sujet éprouve qui a "favorisé" le transfert d'informations anormales?

Bref, comme on peut clairement le voir, Rupert Sheldrake "sait" que le phénomène est réel. Du coup il trouvera toujours une explication pour justifier un échec de réplication, sans jamais considérer que cet échec provient du fait que - peut-être - le phénomène est question n'existe tout simplement pas.

A l'inverse, nul doute que si Chris French avait obtenu des résultats positifs malgré ses contrôles exigeants, Rupert Sheldrake aurait été parfaitement heureux de considérer que cette expérience apporte du poids à l'hypothèse de la réalité du phénomène...

"Pile je gagne, face tu perds!"

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