lundi 10 août 2009

L’hypothèse sociopsychologique : ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas

Un article inédit de Jacques Scornaux pour le blog "Scepticisme scientifique":

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L’hypothèse sociopsychologique : ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas

Introduction

Pendant longtemps, la négation de l’existence des ovnis en tant que phénomène physique original a été l’apanage de personnes extérieures au milieu ufologique, que les croyants aux ovnis pouvaient récuser avec quelque légitimité comme connaissant mal le dossier. Il faut reconnaître que les explications avancées par ces négateurs de la première heure étaient souvent simplistes et partielles, et les enquêteurs ufologiques de terrain avaient beau jeu de relever les insuffisances de leur argumentation et de les accuser de nier les ovnis a priori en raison de préjugés philosophiques. Ces « debunkers », comme les ufologues les appellent avec mépris, ne représentaient donc pas un réel danger pour les partisans d’hypothèses extraordinaires, qu’elles fassent appel à des visiteurs extraterrestres, à des voyageurs temporels, à des phénomènes paranormaux ou encore à des entités infra-, intra-, méta-, para- ou supraterrestres (tous les préfixes y sont pratiquement passés).

Or, depuis une trentaine d’années, c’est à une opposition bien plus sérieuse qu’ont affaire les tenants de ces hypothèses, car venue de personnes qui, nourries dans le sérail, en connaissent les détours. Certains ufologues qui avaient longtemps défendu eux aussi des hypothèses non conventionnelles en sont en effet venus à se demander si celles-ci étaient réellement nécessaires pour rendre compte des ovnis, et ont ainsi progressivement élaboré ce que l’on a appelé l’hypothèse sociopsychologique (HSP). C’est en 1977 que Michel Monnerie, qui n’était pas n’importe qui dans le milieu ufologique (il était membre du comité de la principale revue spécialisée française, Lumières dans la Nuit), osa poser, en titre de son premier livre, la question Et si les ovnis n’existaient pas ? Deux ans après, il récidivait avec un ouvrage, Le naufrage des extraterrestres, où le point d’interrogation avait disparu, ce qui lui a été beaucoup reproché. Ces deux pavés dans la mare ont suscité à l’époque des réactions violentes (Monnerie y a perdu beaucoup de ses amis, ou plutôt de ce qu’il croyait être des amis), mais ont initié, malgré leurs imperfections inhérentes à un travail de précurseur, un débat qui n’a pas cessé depuis.

Le présent texte a pour objet de dissiper quelques idées fausses sur ce qu’est réellement l’hypothèse sociopsychologique. Les ufologues croyants et leurs compagnons de route ont en effet coutume de déformer les positions des sceptiques, pas toujours sciemment d’ailleurs, car ils ne comprennent sincèrement pas pourquoi ceux-ci ont « perdu la foi » en l’existence des ovnis, existence qui pour eux demeure au delà de tout doute raisonnable.

Comment peut-on définir l’HSP ?

L’hypothèse sociopsychologique postule que toutes les observations dites d’ovni ont pour origine la perception d’un phénomène connu, naturel ou artificiel, qui n’a pas pu être identifié correctement en raison des conditions d’observation et de l’influence de facteurs socioculturels.

Son nom exprime-t-il bien ce qu’elle est ?

A mon sens non, car si l’HSP fait bien appel à la psychologie sociale, ce nom, ou sa variante « hypothèse psychosociologique » (que préfèrent les sociologues parce qu’elle donne la prééminence sémantique à leur discipline), peut faire penser que, pour ses partisans, « tout se passe dans la tête des témoins ». Or rien n’est plus faux. Les tenants de l’HSP sont d’accord avec tous les autres ufologues que seule une infime minorité des observations d’ovni correspondent à une vision sans objet (ou hallucination). Dans l’immense majorité des cas, il y a bien un stimulus matériel. Les partisans de l’HSP font simplement l’hypothèse que ce stimulus est dans tous les cas un phénomène connu mal interprété. L’un d’entre eux, Claude Maugé, a proposé de la renommer « hypothèse réductionniste composite » (HRC), ce qui est mieux : elle consiste effectivement à « réduire » les ovni à des phénomènes connus et elle est bien « composite », puisqu’elle fait appel à diverses explications, tant au niveau des phénomènes interprétés comme des ovnis qu’à celui des mécanismes psychologiques et sociaux qui induisent cette interprétation. Mais ce n’est pas encore tout à fait satisfaisant, car le mot « hypothèse » est lui aussi contestable. Il a en effet une connotation spéculative, alors que nous avons affaire à une théorie explicative ayant de solides fondements empiriques (mécanismes connus d’illusion perceptive et d’influence sociale, nombreux cas d’ovni qui ont pu être élucidés). Le croyant aux ovnis fait, lui, une pure hypothèse ! On peut donc souhaiter qu‘une dénomination comme « modèle réductionniste composite » se substitue à HSP ou HPS. Dans la suite de ce texte, je continuerai toutefois à utiliser le signe HSP, qui est consacré par l’usage.

Revient-elle à dire que « les ovnis n’existent pas » ?

Elle postule certes que les observations d’ovnis ne témoignent pas de l’existence d’un phénomène physique nettement distinct de tous ceux déjà répertoriés par la science, mais elle ne nie évidemment pas l’existence des ovnis au moins en tant que phénomène sociétal de grande ampleur, qui exige en tout état de cause une étude. Car même si toutes les observations dites d’ovni n’étaient que des erreurs d’interprétation de phénomènes connus, leur nombre et leur persistance (plusieurs millions de témoins au minimum en un peu plus d’un demi-siècle), les systèmes de croyance qu’elles ont engendré et la prégnance du thème de l’ovni et de l’extraterrestre dans notre culture (littérature, cinéma, publicité, jeux, etc.) font qu’il y a largement de quoi justifier des recherches approfondies en sciences humaines. Peut-être aussi certaines observations d’ovni cachent-elles des phénomènes météorologiques ou géophysiques encore mal connus. Loin de vouloir étouffer l’étude réellement scientifique du phénomène ovni, les partisans de l’HSP souhaitent au contraire l’encourager.

L’HSP n’est-elle adoptée que par une minorité d’ufologues ?

En fait, TOUS les ufologues pratiquent (certains sans doute sans le savoir) l’HSP quand ils expliquent de manière prosaïque certaines observations d’ovni. Car tous conviennent qu’une grande majorité des cas relèvent de confusions avec des phénomènes connus. Ils divergent toutefois largement sur l’estimation de l’ampleur du reliquat inexpliqué (les chiffres vont de 1 à 10 % ou davantage…) et sur la composition de ce reliquat. Il est en effet très révélateur que si on demande à divers ufologues quels sont les cas les plus solides, on n’obtiendra jamais deux listes identiques, et il s’en trouvera toujours un, même parmi les plus convaincus de la nature extraordinaire des ovnis, pour expliquer de manière convaincante l’un ou l’autre cas que ses collègues considèrent comme un « grand classique ». Le problème, c’est que d’un ufologue à l’autre, les cas expliqués ne sont pas les mêmes… L’ufologue A démolit des cas auxquels croit l’ufologue B, qui lui-même démonte des cas défendus par l’ufologue C et ainsi de suite. En fin de compte, que reste-t-il ?

Il ne fait en tout état de cause aucun doute que l’HSP rend compte d’une très large part des cas d’ovni et mérite donc une étude scientifique approfondie. Les partisans de l’HSP, ou ufologues sceptiques, sont en fait ceux qui postulent que le reliquat actuellement inexpliqué relève en puissance lui aussi de l’HSP. Beaucoup d’ufologues, que l’on peut qualifier de « classiques » ou de « croyants », se refusent farouchement à envisager cette éventualité, et traitent avec mépris leurs adversaires de « socio-psychos ». En ufologie, ce n’est pas le premier pas qui coûte, mais le dernier…

Les partisans de l’HSP nient-ils a priori l’existence des extraterrestres ou du paranormal ?

Non, et leur itinéraire ufologique le prouve à suffisance. Tous ont commencé par croire qu’il fallait effectivement faire appel à des phénomènes encore inconnus de la science pour rendre compte des observations d’ovnis, l’hypothèse extraterrestre (HET) étant le plus souvent retenue. La plupart d’entre eux ont collaboré activement à des groupements ufologiques, ont mené des enquêtes, ont écrit des articles en faveur de l’existence des ovnis et certains ont même commis des livres allant dans ce sens. Ils n’ont donc pas grand chose en commun avec les négateurs a priori que les ufologues qualifient de « rationalistes » (appellation non contrôlée), c’est-à-dire avec des gens qui « savent » de science infuse que les visites d’extraterrestres ou le paranormal, cela ne peut pas exister. Sans doute parce que cela dérange leur conception philosophique du monde. Mes amis sceptiques et moi avons, pensons-nous, amplement prouvé que ce n’était pas notre cas. L’intérêt de certains d’entre nous a d’ailleurs débordé de la seule ufologie pour se porter aussi sur d’autres phénomènes dits parascientifiques comme la parapsychologie ou la cryptozoologie.

Leur évolution vers le scepticisme a-t-elle des raisons inavouées ?

Cette évolution apparaît tellement incompréhensible à ceux dont la foi en l’HET demeure intacte qu’ils en sont venus à échafauder diverses hypothèses pour expliquer notre revirement : nous serions-nous progressivement rendu compte à quel point l’HET entrait en contradiction avec nos propres croyances ? Aurions-nous pris peur d’une invasion extraterrestre ? Les autorités auraient-elles exercé des pressions sur nous ? Aurions-nous craint de perdre notre emploi ? Ou encore nous aurait-on achetés ?

Je vais essayer de montrer ici que tout cela est parfaitement ridicule, mais je suis conscient que rien ne pourra convaincre les croyants les plus fanatiques, que de telles hypothèses rassurent sans doute sur la légitimité de leurs propres convictions. En ce qui me concerne, je suis toujours aussi intéressé qu’auparavant par le thème de la vie extraterrestre, qu’il s’agisse de la quête de traces de vie sur la planète Mars ou le satellite Europe, ou de la recherche de signaux intelligents (projets SETI). Et je ne pense toujours pas que des visites d’extraterrestres sur terre soient impossibles. Mon opinion est qu’en l’état actuel de nos connaissances, la probabilité d’une telle visite n’est ni faible ni grande, mais tout simplement impossible à évaluer. Trop d’inconnues empêchent en effet d’estimer avec une quelconque précision la fréquence de la vie intelligente dans l’univers ou la faisabilité des voyages interstellaires. J’espère que l’on m’accordera le bénéfice de la sincérité quand je dis que je n’ai donc aucune objection théorique à formuler contre l’hypothèse que les ovnis seraient des engins extraterrestres. Et je pense pouvoir dire qu’il en va de même pour beaucoup de partisans de l’HSP.

Aucun d’entre nous n’a non plus été menacé de perdre son emploi ou de subir quelque autre sanction, ni n’a émargé à quelque fonds occulte. Personnellement, au moment où je commençais à devenir sceptique, j’avais même un chef de service qui croyait à fond aux extraterrestres. Alors, si j’avais voulu ménager ma carrière, j’aurais plutôt dû mettre la pédale douce sur mes nouvelles opinions… Quant aux rares livres écrits par les sceptiques, ils ne leur ont pratiquement rien rapporté.

Alors, pourquoi les sceptiques le sont-ils devenus ?

C’est tout simplement la pratique même de l’ufologie, et notamment la collaboration à des associations spécialisées, qui nous a fait réfléchir. Nous avons pu constater de l’intérieur, même dans les associations qui passent pour les plus sérieuses, le manque général de rigueur méthodologique, les erreurs de raisonnement, les vérifications non faites, etc. Et nous avons pu recueillir, en privé, bien des confidences révélatrices auprès de nos confrères ufologues. Le simple lecteur de livres et de revues ufologiques ne peut pas se rendre compte de tout cela, car il se voit présenter une version des faits qui est plus ou moins tronquée, déformée ou enjolivée, de façon qu’incohérences, doutes, contradictions et indices révélateurs de l’identité réelle du phénomène observé n’apparaissent plus. Bien davantage qu’à la malhonnêteté ou au manque de compétence – nombre d’ufologues ont une bonne formation intellectuelle et ne manquent pas de bon sens – cet état de fait tient à une irrésistible envie de croire à une origine non conventionnelle des ovnis. Même si les ufologues les plus sérieux veillent dans leur discours public à ne parler que d’hypothèses, il suffit de gratter un peu sous la surface pour voir apparaître la croyance qui obnubile leur esprit critique.

La vision intérieure que nous avons du milieu ufologique nous a notamment conduits à établir quelques constatations générales très gênantes pour les partisans d’hypothèses extraordinaires :

  1. la continuité entre l’ordinaire et l’extraordinaire : il y a une continuité parfaite entre les confusions les plus banales, où l’objet observé est parfaitement reconnaissable sous le vocable d’ovni dont l’a gratifié le témoin, et les cas les plus complexes avec apparition d’entités et effets physiques divers. Cette continuité incite fortement à penser que l’on a affaire, quand on passe à de plus hauts niveaux d’étrangeté, à des différences de degré d’un même phénomène d’interprétation erronée et non à des différences de nature
  2. l’indiscernabilité entre cas identifiés et non identifiés : les cas qui ont pu être identifiés de façon certaine, souvent d’ailleurs par des ufologues classiques, présentent à tous points de vue les mêmes caractéristiques que les cas qui demeurent non identifiés. La seule différence est la présence ou l’absence d’une explication. Pourquoi alors supposer que le résidu de cas inexpliqués relève d’un phénomène distinct ? D’autant plus que les ufologues reconnaissent que c’est parfois par pure chance qu’ils ont pu trouver l’explication, qui n’était a priori pas évidente du tout… Le désaccord entre croyants sur la composition du résidu inexpliqué offre aussi une belle confirmation de cette indiscernabilité.
  3. le non-resserrement des caractéristiques quand on sélectionne les « meilleurs » cas : les ovnis présentent des caractéristiques extrêmement variables d’un cas à un autre. Or quand on établit des critères de sélection des meilleurs cas non identifiés, en termes de nombre de témoins, d’évidences physiques, d’étrangeté, etc., on ne constate aucune convergence vers des caractéristiques plus précises : les cas dits « béton » présentent des aspects aussi variables que les cas moins bien attestés, ce qui ne serait pas le cas s’ils relevaient d’une cause distincte.
  4. La préexistence dans notre culture de toute la thématique ufologique : qu’il s’agisse des formes, prouesses et effets physiques des ovnis ou des types d’extraterrestres et de leurs comportements allégués, y compris les enlèvements de Terriens auxquels ils procéderaient, tout se trouvait déjà dans des productions culturelles récentes (science-fiction) ou anciennes (récits légendaires ou folkloriques). Pour être honnête, je dois préciser que les sceptiques ne sont pas à l’origine de ce dernier constat, car les croyants l’avaient fait avant eux, sciant ainsi allégrement la branche sur laquelle ils sont assis. Mais ils s‘étaient bien gardés d’en tirer les conclusions logiques : pour eux, l’intelligence responsable des ovnis adapte ses manifestations au contexte de l’époque et se manifeste par l’intermédiaire de notre culture. Ben voyons, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
C’est tout ce faisceau d’éléments qui nous a très progressivement (aucun d’entre nous n’a eu de révélation soudaine !) conduits à envisager que les ovnis n’étaient peut-être pas ce qu’on avait cru jusque là. Et ce n’est pas sans réticence que nous l’avons fait, car l’HSP est assurément moins exaltante que l’HET. Mais peu à peu, les hypothèses extraordinaires nous sont apparues inutiles pour rendre compte des observations d’ovni. J’ai bien dit inutiles, et non pas impossibles ! C’est là plus qu’une nuance, mais une différence capitale avec les « debunkers » auxquels les croyants aimeraient bien nous assimiler. Contrairement à eux, nous ne rejetons pas a priori l’éventualité qu’un vaisseau extraterrestre vienne un jour visiter la terre, ni que des phénomènes dits paranormaux puissent exister. Notre scepticisme résulte d’un examen des faits : il est empirique et non idéologique.

Pour nous définir, l’un de nous, Thierry Pinvidic, a proposé le nom de « sceptiques pragmatiques », qui me paraît bien choisi. En effet, nous n’avons aucune certitude, ne proclamons aucun dogme, nous avançons simplement une hypothèse. Et celle-ci répond au critère de réfutabilité de Popper : il suffit de trouver des cas non réductibles qui soient parfaitement documentés. Autrement dit, nous exigeons simplement des preuves dignes de ce nom !

Les partisans de l’HSP ne refuseraient-ils pas toute preuve de la présence d’extraterrestres qu’on pourrait leur présenter ?

Non, il disent simplement que les preuves avancées jusqu’à présent ne sont pas concluantes. Mais que pourrait être une preuve concluante de la présence d’extraterrestres ? On a invoqué parfois la présence, après un atterrissage d’ovni, de débris ou d’objets d’une pureté chimique inaccessible sur Terre. Outre que cela s’est en l’occurrence révélé faux, ce type de preuve est peu concluant et le sera de moins en moins avec les progrès des techniques. Atteindre une extrême pureté est plus souvent une question de prix que de possibilité matérielle. Une preuve plus convaincante serait la découverte d’un objet dont certains éléments constitutifs auraient une composition isotopique nettement différente de celle observée sur terre, à l'état naturel ou du fait de l'activité humaine. Les allégations en ce sens qui ont été faites ne se sont pas confirmées à ce jour. Une preuve meilleure encore serait de trouver un engin faisant appel à une technologie inconnue ou des entités présentant une constitution biologique différente de la nôtre. Ceux qui croient qu’un ovni s’est écrasé en 1947 près de Roswell (Nouveau-Mexique) affirment qu’une telle preuve existe, mais leur conviction ne repose que sur des témoignages recueillis longtemps après et qui se contredisent allégrement tant sur l’aspect de l’engin et des entités que sur la localisation de l’événement. La preuve la plus incontestable serait bien sûr un atterrissage « officiel » des extraterrestres, devant nos autorités, mais les ufologues croyants eux-mêmes ont fait couler des tonnes d’encre pour expliquer, de manière plutôt convaincante d’ailleurs, pourquoi un tel événement leur paraissait improbable.

Les partisans de l’HSP pratiquent-ils une généralisation abusive ?

Il s’agit certes de l’une des erreurs de raisonnement les plus répandues au monde. Mais trois des constatations que nous avons faites plus haut – continuité entre l’ordinaire et l’extraordinaire, indiscernabilité entre cas identifiés et non identifiés et non-convergence des caractéristiques des « meilleurs » cas – concourent à autoriser la conclusion que la généralisation des conclusions sceptiques aux cas demeurant inexpliqués n’est pas abusive.

Les partisans de l’HSP passent-ils sous silence les éléments d’une observation qu’ils ne peuvent pas expliquer ?

Ce reproche a été fait, avec quelque justification, aux négateurs a priori qui connaissaient mal le dossier des ovnis. Mais on ne peut pas l’étendre aux sceptiques pragmatiques, qui n’ont pas hésité à prendre à bras le corps même les cas les plus complexes et apparemment les mieux attestés.

Bien des causes peuvent par exemple expliquer l’observation d’humanoïdes extraterrestres : il s’est agi dans certains cas de l’équipage d’un hélicoptère, d’une équipe d’entretien d’une voie ferrée, de divers animaux (singes, rapaces nocturnes), de cauchemars (cas des entités apparaissant la nuit dans la chambre du témoin), de canulars dont les témoins sont auteurs ou victimes… et même d’automobilistes sortant de leur voiture ! Car il n’est pas nécessaire qu’un objet vole pour qu’il soit qualifié d’ovni : il suffit qu’une observation au sol et une lumière vue dans le ciel peu avant ou après soient considérées par les témoins comme deux phases d’un même phénomène.

Les traces ou effets allégués peuvent aussi avoir de multiples origines, souvent indépendantes du phénomène qui est à l’origine de l’observation d’ovni proprement dite. Une trace relevée par les témoins après le départ de l’ovni peut très bien s’être trouvée là auparavant (je me souviens d’un cas où elle était due à un silo agricole) et être rattachée indûment, mais de bonne foi, à l’observation. Certains effets sur les témoins peuvent être dus à la frayeur ressentie à la vue d’un phénomène perçu comme inexplicable. Cette même frayeur peut entraîner une fausse manœuvre, d’où le calage des moteurs de voitures, et être perçue par les animaux familiers, d’où le comportement anormal de ceux-ci.

Quant aux cas à forte étrangeté qui ont des témoins multiples, ou bien ces témoins sont ensemble ou se connaissent et peuvent, toujours en toute bonne foi, s’influencer l’un l’autre (effet de consensus, bien connu en psychologie sociale), ou bien ils sont réellement indépendants, mais dans ce cas, on constate qu’un seul témoin ou groupe de témoins décrit les aspects les plus fantastiques, les autres se contentant de confirmer qu’ils ont vu un vague phénomène bizarre qui peut être n’importe quoi.

D’une manière générale, on peut dire que les cas d’ovni complexes naissent d’un amalgame, qui semble logique aux témoins et ensuite aux ufologues, entre des éléments disparates proches dans le temps et dans l’espace mais d’ayant pas de rapport réel entre eux.

L’HSP traduit-elle un mépris des témoins d’ovni ?

Certains se sont risqués à avancer un argument éthique contre l’HSP, qui traduirait un mépris envers les témoins de la part d’experts élitistes. Pour ces derniers, les témoins seraient des gens incompétents qui prendraient des vessies pour des lanternes. Encore une fois, ce reproche pouvait se comprendre dans le cas des négateurs de la première heure, qui étaient souvent des universitaires, mais il ne s’applique absolument pas aux sceptiques pragmatiques. Ceux-ci, qui n’appartiennent de loin pas tous aux élites intellectuelles, ne prennent aucunement les témoins pour des imbéciles, et ne mettent en doute ni leur bon sens ni leur bonne foi. Ils disent simplement que tout un chacun, y compris eux-mêmes, peut un jour se trouver dans des conditions physiques ou psychologiques d’observation où il serait amené à commettre de grossières erreurs d’interprétation. Loin de mépriser les témoins, les enquêteurs sceptiques ont parfois passé un long temps avec eux, les ramenant sur les lieux dans des circonstances analogues à celles de l’observation et s’attachant à leur expliquer comment un phénomène prosaïque a pu être mal interprété. Ne jouent-ils pas ainsi auprès des témoins un modeste rôle pédagogique ?

On peut bien plus légitimement se poser la question du mépris des témoins à propos des ufologues croyants. En effet, le témoin ne parle souvent pas initialement d’ovni. Même s’il emploie ce terme aujourd’hui très connu, ce n’est qu’un mot plaqué sur ce qu’il a vu, qui est loin de toujours rentrer au départ dans le moule ufologique : il décrit simplement quelque chose qui lui a paru bizarre. C’est l’enquêteur convaincu d’avance qui, par ses questions souvent biaisées et par l’ascendant qu’il exerce sur le témoin, pour qui il est l’expert en la matière, va transformer ce phénomène bizarre en un cas d’ovni dûment estampillé. Car ce que l’ufologue cherche généralement dans une enquête, c’est plutôt à conforter sa croyance préalable aux ovnis qu’à déterminer sans préjugé quelle peut être la nature de ce qu’a observé le témoin. Alors, qui manifeste en fin de compte le plus de mépris pour les témoins ? Plutôt que les sceptiques, ne sont-ce pas en fait les ufologues classiques, qui instrumentalisent les témoins pour renforcer leurs propres convictions ?

L’HSP conduit-elle à mettre en doute l’intégrité mentale ou l’honnêteté des témoins ?

C’est totalement faux, car il y a au moins un point sur lequel ufologues croyants et sceptiques sont parfaitement d’accord : l’immense majorité des témoins d’ovni sont honnêtes et équilibrés. Une petite minorité des témoins présente certes des troubles psychiatriques, et les croyants le reconnaissent. Comme eux-mêmes le disent, pourquoi les malades mentaux seraient-ils les seuls à ne pas voir d’ovnis ? Cela étant bien précisé, quelques trop rares travaux universitaires de psychologie ont été menés sur des témoins d’ovni et de phénomènes paranormaux afin de déterminer si ces personnes se distinguaient en quelque manière de la population générale. La seule différence – légère – que certaines de ces études ont mise en évidence est que ces témoins tendaient à avoir une imagination un peu plus vive que la moyenne, ce qui pourrait conduire à enjoliver un peu les choses dans certaines circonstances, mais n’est en rien pathologique. C’est même à bien des égards une qualité, notamment pour de nombreuses professions faisant appel à la créativité.

Si dans certains cas extrêmes de contact avec des extraterrestres ou d’enlèvement par ceux-ci, on peut soupçonner un aspect pathologique, cela ne permet aucunement de parler d’aliénation mentale. Seules peuvent à mon sens être qualifiées d’aliénées les personnes qui ne sont pas capables de mener une vie familiale, professionnelle et sociale normale, ce qui n’est généralement pas le cas des témoins des observations d’ovni les plus extraordinaires. Pour les psychologues, il n’y a d’ailleurs pas les « fous » d’un côté et les gens « sains d’esprit » de l’autre, mais un continuum de troubles plus ou moins graves et plus ou moins temporaires dont nul n’est totalement exempt, et la limite entre le normal et le pathologique est forcément arbitraire et influencée par la culture. Quant aux canulars, leur proportion est évidemment plus grande dans les cas à haute étrangeté (atterrissage d’ovni, vision d’entités) : un farceur ne se contente pas d’inventer un simple point lumineux passant dans le ciel !

L’HSP fait-elle appel à des phénomènes psychologiques et sociologiques extraordinaires ?

D’aucuns ont insinué que, pour rendre compte de certains cas d’ovni, les sceptiques devaient faire appel à des phénomènes rares et mal connus, et que l’HSP n’était donc pas réellement plus simple ou plus « économique » que les hypothèses non conventionnelles. En fait, comme le montre la continuité entre l’ordinaire et l’extraordinaire évoquée plus haut, il n’y a le plus souvent qu’une différence quantitative et non qualitative entre les confusions banales et les cas les plus fantastiques. Le mécanisme qui fait voir un ovni est le même que celui qui, lors d’une promenade en forêt, fait prendre de loin une branche d’arbre pour un animal ou qui, dans la rue, nous fait d’abord reconnaître de loin un ami alors qu’il s’agit d’une personne inconnue. Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, les erreurs de perception de type ovni ne sont pas non plus de nature différente de celles qui peuvent se produire dans le milieu scientifique ou médical, par exemple lorsque, malgré trois contrôles successifs, le produit injecté au malade n’est pas le bon…

La différence entre ce qui est perçu et la réalité est certes souvent plus forte dans le cas d’une confusion de type ovni que dans d’autres circonstances, mais cela s’explique très bien par le contexte culturel. Depuis les années trente en effet, les romans populaires puis le cinéma et la télévision ont largement diffusé non seulement l’idée des visites d’extraterrestres, mais toutes les caractéristiques des observations d’ovni, de la forme des engins aux enlèvements de Terriens. Il n’est dès lors pas étonnant que, lors de la perception d’un stimulus non reconnu dans le ciel, de nombreuses personnes depuis un demi-siècle, surtout si elles ont une imagination un peu fertile, aient été tentées d’y voir un véhicule extraterrestre. D’autant plus que la presse à sensation et les écrivains avides de mystère ont rapidement fait une large propagande aux observations dites d’ovni, du moins dans la civilisation occidentale : dans les peuples du tiers monde, les seules personnes qui rapportent des observations d’ovnis sont celles qui ont été en contact avec notre culture.

Et si, dans certains cas, il faudrait peut-être faire appel à des mécanismes sociopsychologiques encore mal établis, voire nouveaux, la complexité de ceux-ci resterait en tout état de cause immensément moindre que celle qu’impliquent les hypothèses extraterrestre ou parapsychologique. En effet, si de telles hypothèses devaient se confirmer, ce sont de vastes domaines radicalement nouveaux qu’elles ouvriraient : une intelligence étrangère issue d’une lignée évolutive distincte et des modes de déplacement interstellaires encore inconnus de nous, dans le cas de l’HET, et des modes de transmission d’information et d’énergie irréductibles à ce qui est connu dans le cas de l’hypothèse parapsychologique.

Le phénomène de vague, c’est-à-dire de concentration d’un grande nombre d’observations sur une durée et un territoire limités, met bien en lumière le caractère culturel des ovnis. Les vagues commencent par une observation particulièrement frappante qui est largement évoquée par les médias. A la suite de quoi les gens qui vivent sur le territoire touché par les médias en question observent le ciel avec plus d’attention et tendent davantage à interpréter comme ovni les phénomènes qu’ils y observent. La presse rapporte également ces nouveaux cas et l’affaire fait boule de neige, jusqu’au jour ou médias et population se lassent et le soufflé retombe. Cette structure est notamment bien visible lors de la vague américaine de 1947 (déclenchée par la célèbre observation de Kenneth Arnold), de la vague française de 1954 (qui a pris son essor après l’observation très médiatisée d’humanoïdes à Quarouble) et de la vague belge de 1989-91. Dans ce dernier cas, une première série d’observations supposées très fiables (il y avait des gendarmes parmi les témoins principaux) est rapportée par toute la presse du lendemain. Tout Belge qui lit un journal savait dès lors à quoi devait ressembler ce qu’il allait voir, et les observations analogues se multiplient dans les semaines qui suivent. Si cette vague a atteint une ampleur et une durée exceptionnelles, c’est parce qu’à l’action des médias s’est ajoutée celle d’un groupement ufologique particulièrement bien organisé et dynamique, la SOBEPS, qui par des communiqués et conférences de presse a su relancer plusieurs fois l’intérêt. Il est symptomatique que l’aire couverte par les observations a très peu débordé de la partie francophone de la Belgique, là où la SOBEPS est la plus active. En France, il y a eu des cas dans le département du Nord, où les journaux en ont parlé et où on regarde la télé belge, mais pas dans le département des Ardennes, où le relief empêche de capter la télé du pays voisin. Et si nombre d’ovnis ont été vus en Belgique près de la frontière allemande, rien n’a été remarqué de l’autre côté de cette frontière…

Les partisans de l’HSP récusent-ils le travail accompli par les ufologues « classiques »?

Oui et non. Il convient certes de rendre hommage à l’immense travail effectué depuis des décennies, avec des moyens réduits, par d’innombrables bénévoles qui n’ont pas ménagé leur peine. Le dévouement et le désintéressement de la plupart d’entre eux ne peut être mis en doute (très peu de personnes ont pu – ne fût-ce que partiellement – gagner leur vie en s’occupant d’ovni). Beaucoup ont aussi manifesté de réelles compétences dans divers domaines. Rappelons que la plupart des observations qui ont pu être expliquées l’ont été par des ufologues croyants et non par des sceptiques. Les ufologues ont donc su faire preuve d’une réelle sagacité.

Le problème est que, trop souvent, leur travail d’enquête est entaché d’erreurs méthodologiques qui traduisent pour la plupart un biais en faveur d’hypothèses extraordinaires : absence de vérification systématique des diverses causes prosaïques possibles du phénomène observé, questions fermées où la réponse souhaitée figure déjà, témoins multiples interrogés ensemble, non-vérification de l’acuité visuelle du témoin, absence d’enquête de voisinage, etc. Il est en outre symptomatique que l’on ne trouve pratiquement aucun psychologue, policier ou magistrat parmi les enquêteurs ou parmi les rédacteurs des « manuels d’enquête » qu’ont établis divers groupes ufologiques. On y trouve en revanche physiciens et chimistes… qui n’ont aucune compétence particulière pour interroger des témoins !

Mais n’oublions pas, comme tenait à le préciser Michel Monnerie, « père » de l’HSP en France, que si les sceptiques ont pu trouver l’explication de certains cas jusque là considérés comme inexplicables, c’est grâce à la minutie des détails qui figuraient dans les enquêtes relatives à ces cas, et le travail d’élucidation du sceptique constitue donc un hommage, paradoxal certes, au travail d’enquête de l’ufologue.

Les partisans de l’HSP sont-ils des ufologues en chambre qui connaissent mal la réalité du terrain et des témoignages ?

C’est ce que les ufologues classiques voudraient faire croire. Certains sceptiques ont certes fait moins d’enquêtes que la moyenne des ufologues, mais tous ont eu l’occasion de rencontrer des témoins, et de juger que ceux-ci étaient en général sincères et équilibrés. Ce n’est donc pas leur manque de connaissance du terrain qui les a amenés à douter. Le piège dans lequel tombent des ufologues qui ont fait de nombreuses enquêtes est de conclure qu’il n’est pas possible que tant de gens normaux se soient trompés à un tel point. Si les témoins étaient si peu fiables, argumentent-ils souvent, il y aurait bien plus d’erreurs judiciaires que ce n’est le cas. Pourquoi croirait-on les gens quand ils sont témoins d’un délit et pas quand ils voient un ovni ?

Cet argument peut paraître très convaincant, mais repose en fait sur une erreur de raisonnement. Pour le comprendre, partons du fait que les ufologues croyants eux-mêmes admettent que plus de 90 % des cas d’ovni sont des confusions avec la lune, des avions, des satellites, etc. Or tous les jours, ce sont des centaines de millions de personnes, en ne comptant que les pays développés, qui voient des astres, des aéronefs, etc. Seule une infime minorité d’entre eux les interprètent comme un ovni. J’ai calculé que si, chaque jour, une personne sur un million faisait une confusion de type ovni, cela suffisait pour rendre très largement compte du nombre allégué d’observations. Bien des types d’erreurs de perception et de troubles psychologiques sont plus fréquents que cela…

Les témoins d’ovni ne peuvent donc logiquement pas être comparés à l’ensemble des témoins qui déposent en justice, mais bien à l’ensemble des mauvais témoins, ceux qui n’ont pas bien interprété ce qui se passait. « Mauvais » ne doit pas en l’occurrence être interprété trop péjorativement : le témoignage peut être médiocre en raison des conditions d’observation, de la fatigue du témoin, etc. On peut donc douter de l’existence des ovnis sans mettre systématiquement en cause la fiabilité des témoignages ni donc le fonctionnement de la justice…

Conclusion

Les pages qui précèdent n’ont eu d’autre but que de montrer que l’on peut, sans remettre en cause l’honnêteté et le bon sens de la plupart des témoins, estimer inutile de recourir à des hypothèses non conventionnelles pour rendre compte des observations d’ovni. L’hypothèse sociopsychologique est une simple application du principe d’économie des hypothèses, élément essentiel de la méthode scientifique qui invite à ne pas multiplier sans raison les hypothèses et à ne choisir des hypothèses complexes que si des hypothèses plus simples ont échoué à rendre compte des phénomènes observés. Certes, les hypothèses extraordinaires font davantage rêver. Comme le disait un autre ufologue devenu sceptique en désignant son estomac, « les extraterrestres, ça vous prend là ! » Mais alors on ne fait plus de la science. Et que l’on ne dise pas que les scientifiques sont timorés ou paresseux en choisissant les hypothèses les plus simples. Dans l’état actuel d’avancement des sciences, l’hypothèse la plus simple est déjà souvent assez complexe, et il faudrait vraiment être masochiste pour choisir sans raison impérieuse de creuser d’abord une hypothèse encore plus compliquée ! Si les ufologues entendent contester valablement l’HSP, ils n’ont qu’une seule solution à leur disposition : c’est de retrousser leurs manches, d’affiner très sérieusement leur méthodologie et de chercher une preuve réellement convaincante qu’une hypothèse non conventionnelle s’impose pour rendre compte des ovnis. En toute logique, c’est aux partisans de l’existence d’un phénomène original d’en apporter les preuves, car il n’existe pas de preuve négative.

Jacques Scornaux

BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE

Robert Alessandri, 5 novembre 1990 : le creux de la vague, éd. INH Evidence, 1995.

Comment la rentrée atmosphérique d’un étage de fusée devient une vague de centaines de cas d’OVNI…

Gérard Barthel et Jacques Brucker, La grande peur martienne, ou enquête sur une année au dessus de tout soupçon, Nouvelles Editions rationalistes, 1979.

Contre-enquêtes sur des cas de la grande vague d’observations d’OVNI de 1954 en France. Certaines maladresses ont malheureusement fourni un prétexte aux « croyants » pour minimiser la valeur de ce travail.

Gérard Barthel, Jacques Brucker et Michel Monnerie, GEPAN donc je suis !, Science et Vie n°751, avril 1980, pp.27-34.

Les lacunes du GEPAN, service officiel français d’étude des OVNI, qui dépend du CNES

CNEGU, Opération SAROS (1976-1994) – Des OVNIS reproductibles, une hypothèse vérifiée, éd. CNEGU (Comité Nord-Est des Groupes Ufologiques), 1994

Contre-enquêtes sur des observations suscitées par la lune.

CNEGU, site Internet : http://cnegu.info/

La rubrique « Contre-enquêtes » est dévastatrice pour plusieurs « grands classiques » de l’ufologie.

Allan Hendry, The UFO Handbook – A guide to investigating, evaluating and reporting UFO sightings, éd. Sphere Books Limited, 2000.

Pas à proprement parler un livre sceptique, puisque l’auteur laisse certains cas non identifiés, mais qui explique de nombreux cas parfois tout aussi complexes. On peut penser que l’auteur a fini par comprendre ce qu’il en était, mais sans vouloir faire de vagues, car il a peu après disparu du milieu ufologique…

Renaud Leclet, Kelly-Hopkinsville – Un classique bien trop chouette, Les mystères de l’Est, n°6, 2001, pp.53-78 et La chouette histoire de deux cas jumeaux, pp.79-84 (articles repris sur le site Internet du CNEGU : http://cnegu.info/)

Deux célèbres RR3 américaines (rencontres rapprochées avec des entités humanoïdes supposées extraterrestres) sont expliquées par l’observation de rapaces nocturnes.

Renaud Leclet, La vague belge de 1989 à 1992 – Une hypothèse oubliée, http://cnegu.info/, rubrique Contre-enquêtes.

Propose l’hypothèse d’hélicoptères pour expliquer certains cas de la fameuse vague belge.

Magonia (rédacteur en chef : John Rimmer)

Cette excellente revue ufologique britannique a publié de nombreuses études de tendance sceptique. Elle a malheureusement cessé de paraître avec son numéro 99 (avril 2009) et même son site Internet a hélas fermé… Son supplément électronique Magonia Supplement (62 numéros) peut encore être téléchargé depuis le site www.users.waitrose.com/~magonia/contents.htm.

Claude Maugé, OVNI-OVI, sur un certain état de la question, Inforespace n°63, juin 1983, pp.2-12 et Inforespace Hors Série n°7, décembre 1983. Repris dans : Thierry Pinvidic (sous la direction de), voir ci-dessous.

Excellent exposé des caractéristiques du phénomène OVNi qui contribuent à légitimer un « scepticisme pragmatique ».

Michel Monnerie, Et si les OVNIS n’existaient pas ?, éd. Les Humanoïdes Associés, 1977.

Michel Monnerie, Le naufrage des extraterrestres, Nouvelles Editions rationalistes, 1979.

Dans ces deux livres assez maladroits – Monnerie reconnaît bien volontiers qu’il n’est pas un écrivain – l’auteur ouvre, parfois au détour d’une phrase, bien des pistes fructueuses qu’il a laissé à d’autres le soin de poursuivre.

Thierry Pinvidic (sous la direction de), OVNI – Vers une anthropologie d’un mythe contemporain, éd. Heimdal, 1993

Ouvrage collectif rassemblant des contributions d’une vingtaine de « sceptiques pragmatiques ».

Jenny Randles, Andy Roberts et David Clarke, The UFOs that never were, éd. London House, 2000.

Belle illustration de l’indiscernabilité entre les cas identifiés et non identifiés.

David Rossoni, Eric Maillot et Eric Déguillaume, Les OVNI du CNES – 30 ans d’études officielles 1977-2007, éd. book-e-book.com

Les naïvetés des enquêtes officielles françaises, menées par le service compétent du CNES, successivement dénommé GEPAN, SEPRA puis GEIPAN.

Jacques Scornaux, Et si Michel Monnerie n’avait pas tout à fait tort ?, Inforespace (organe de la SOBEPS), n°39 à 42, 1978 et Lumières dans la Nuit, n°177, août-sept. 1978 et n°178, oct. 1978.

Jacques Scornaux, Du « monnerisme » et de son bon usage, INFO OVNI n°7-8, 1981.

Critiques respectivement du premier et du second livres de Michel Monnerie.

Jacques Scornaux, L’hypothèse sociopsychologique : commencement de la fin ou fin du commencement ?, Inforespace n°65 et 66, 1984.

Paolo Toselli, S’il n’y a pas d’OVNI, on le crée, Inforespace n°62, 1983.

Wim Van Utrecht, The Belgian 1989-1990 UFO Wave, dans : Hilary Evans et Dennis Stacy (sous la direction de), UFOs 1947-1997 – Fifty years of flying saucers, éd. John Brown Publishing Ltd., 1997, pp.165-174.


1 commentaire:

Gilles. F. a dit…

Bonsoir,

D'abord plein d'encouragements à Jean-Michel pour ce blog : une mine d'infos que ton blog, infos très rares en langue française.

Le tout, alors que tu as d'autres choses très prenantes dans la vie et que ce n'est pas ton "gagne pain" !

Quel sérieux ! Et investissement dans un blog "hobby".

Bravo ! Incontournable pour mon entourage !

Cet article inédit de Jacques Scornaux, "sorti du placard", est un monument IMHO en langue française.

Superbe article, qui devrait devenir aussi un incontournable pour quiconque s'intéresse sérieusement au phénomène OVNI.

Merci à toi, de relayer ces informations.

Merci, bien sûr, à Jacques Scornaux.

Amitiés Sceptiques et Sincères,