Le numéro novembre-décembre 2008 (vol. 44, n°10) de la revue
"Cortex" est un numéro spécial consacré à la
"Neuropsychology of Paranormal Experiences and Beliefs" (traduction:
"Neuropsychologie des expériences et croyances paranormales"). Les papiers qui y furent publiés relèvent du champ de la psychologie des expériences inhabituelles. Un abstract concernant la personnalité des personnes prétendument enlevées par les extraterrestres a particulièrement attiré mon attention. Je vous en propose la lecture, et une traduction. Il s'agit d'une étude de Chris French & co.:
"Psychological aspects of the alien contact experience" (traduction:
"Aspects psychologiques de l'expérience de contact avec des extraterrestres"). Je cite:
Previous research has shown that people reporting contact with aliens, known as “experiencers”, appear to have a different psychological profile compared to control participants. They show higher levels of dissociativity, absorption, paranormal belief and experience, and possibly fantasy proneness. They also appear to show greater susceptibility to false memories as assessed using the Deese/Roediger–McDermott technique. The present study reports an attempt to replicate these previous findings as well as assessing tendency to hallucinate and self-reported incidence of sleep paralysis in a sample of 19 UK-based experiencers and a control sample matched on age and gender. Experiencers were found to show higher levels of dissociativity, absorption, paranormal belief, paranormal experience, self-reported psychic ability, fantasy proneness, tendency to hallucinate, and self-reported incidence of sleep paralysis. No significant differences were found between the groups in terms of susceptibility to false memories. Implications of the results are discussed and suggestions are made for future avenues of research.
Traduction:
Les recherches antérieures ont montré que les personnes rapportant des contacts avec des extraterrestres, surnommées "expérienceurs", semblent avoir un profil psychologique différent comparé à des participants contrôles. Ils montrent un haut degré de dissociativité, d'absorption, de croyance dans le paranormal et d'expériences inhabituelles, et peut-être un engagement plus important dans l'imaginaire. Ils semblent aussi montrer une plus grande susceptibilité aux faux souvenirs, évalué en utilisant la technique Deese/Roediger–McDermott. Cette étude est une tentative de répéter ces résultats précédents, ainsi que d'évaluer la tendance à halluciner et le nombre de paralysies du sommeil auto-rapportées dans un échantillon de 19 expérienceurs britanniques et un groupe contrôle équivalant en terme d'âges et sexes. Nous avons trouvé que les expérienceurs montrent un haut degré de dissociativité, d'absorption, de croyance au paranormal, d'expériences paranormales, de capacités prémonitoires auto-rapportées, d'engagement dans l'imaginaire, de tendance à halluciner, et de paralysies du sommeil auto-rapportées. Aucune différence significative entre les groupes ne fut trouvée en ce qui concerne la susceptibilité aux faux souvenirs. Les implications des résultats sont discutés et des suggestions sont faites pour de futures recherches.
2 commentaires:
En fait ils ont une tendance à la folie. Comment ça, non ?
Agnès
Bonjour,
Je vais répondre sérieusement, même si je me rends bien compte que le ton de la remarque est léger. Néanmoins, c'est un reproche que l'on fait régulièrement aux sceptiques.
Pour qu'il y ai "folie" il faut soit que a. le sujet soit en souffrance psychologique et/ou b. soit un danger pour lui même et/ou pour les autres, et il faut que le sujet soit capable d'avoir un intégration sociale minimale.
Ces critères reviennent encore et encore dans le DSM-IV (le manuel statistique de critères diagnostiques qu'utilisent les psychologues). Si le sujet ne souffre pas, n'est un danger ni pour lui-même ni pour les autres, et peut maintenir une certaine qualité de fonctionnement dans la société, et bien il n'est pas "fou": il s'agit juste d'une variation par rapport à la normale...
Entre la "normalité" et la "folie", nous sommes face à un continuum, pas à d'un côté des gens parfaitement saint d'esprit et de l'autre des gens complètement dérangés.
Sceptiquement vôtre,
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