samedi 20 septembre 2008

Notes de lectures - 4: "God is not Great"

(Mais que lisent donc les sceptiques?)

Note: 4/5.

Christopher Hitchens fait partie des "nouveaux athées", dont je vous ai déjà parlé précédemment sur ce blog.

Pour ceux qui auraient raté un épisode, il s'agit d'
un groupe d'auteurs qui ont tous publié récemment un best-seller critiquant les religions: Richard Dawkins, Daniel Dennett, Sam Harris et Christopher Hitchens. Cet été, j'ai eu la chance de trouver un des livres de ce dernier, "God is not Great - How Religion Poisons Everyting", dans une librairie où j'habite, au Japon, et en anglais. Cela démontre la popularité de son ouvrage!

Christopher Hitchens est vraiment un personnage médiatique. Il est d'origine britannique, même s'il habite aujourd'hui aux USA. Il est journaliste de profession et un redoutable orateur. Enfin, il n'est pas rare de le voir un verre de whisky ou une cigarette à la main... Tout cela ne l'a pas empêché de se faire torturer par la technique dites de la "torture par l'eau" (angl.: "Waterboarding"), afin de pouvoir en parler en connaissance de cause (voir à ce sujet mon billet: Christopher Hitchens se fait torturer)!

Christopher Hitchens critique plus les religions en tant que lieux de pouvoirs que l'hypothèse de l'existence d'un Dieu. Une des forces de "God is not Great" est qu'il ne se focalise pas uniquement sur les monothéismes abrahamiques, et aborde même les spiritualités orientales.

Si j'ai mis 4/5 à cet ouvrage et non le maximum, c'est à cause d'un défaut qui caractérise les "nouveaux athées" en général, et qui est l'idée que la religion serait la source de tous les maux (angl.: "The Root of All Evil"), pour reprendre l'expression de Richard Dawkins. Je suis d'accord pour dire que la religion est l'origine de beaucoup de problèmes, et de beaucoup de souffrances, mais lui attribuer tous les maux du monde est néanmoins quelque peu excessif.

Pour ne donner qu'un exemple, Christopher Hitchens discute du génocide au Rwanda (p. 227-231). Ce sujet m'intéresse particulièrement, parce que j'ai eu l'occasion de visiter ce pays en 2001, et de constater par moi-même les séquelles physiques et psychologiques de ces évènements. La religion n'a pas joué un rôle positif dans ce qui s'est produit. Il est clair que le pays était massivement chrétien avant les évènements, et ça n'a pourtant pas empêché les gens de s'y entretuer à la machette pendant trois mois. De plus, certaines victimes se sont réfugiées dans les églises, en espérant que le fait qu'elles soient "sacrées" les protégeraient, en vain. Néanmoins, les causes d'un génocide de cet ampleur sont diverses et variées, et tiennent à la situation spécifique de la région des Grands Lacs. La religion n'est pas la cause directe du génocide.

Un tel exemple illustre cependant parfaitement le problème de l'existence de la souffrance (angl.: problem of evil): comment expliquer ce genre d'évènement lorsqu'on croit en l'existence d'un Dieu d'amour? Je n'ai personnellement jamais lu une réponse convaincante à cette question, et ce même si les théologiens ont tenté de résoudre ce paradoxe via diverses théodicées.

"God is not Great" aborde beaucoup d'autres sujets (la situation en Israël, les compromissions du bouddhisme dans l'ultranationalisme japonais durant la seconde guerre mondiale, Mère Teresa, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, etc.). A lire sans modération!

3 commentaires:

jipihorn a dit…

Par rapport aux livres de Richard Dawkins et Sam Harris, celui-ci est plus difficile à lire car C. Hitchens utilise un vocabulaire beaucoup plus "riche" qui m'a valu à avoir souvent recours au dictionnaire, alors que je lis quotidiennement des publications en anglais. C'est un moyen utile et enrichissant d'améliorer son vocabulaire...

EspressoFrog a dit…

De mon cote je lis "The Gospel of the Flying Spaghetti Monster" qui montre une alternative au Intelligent Design et propose des solutions fantastiques et surealistes toutes aussi valides ;p

Jean-Michel Abrassart a dit…

Bonjour,

J'ai beaucoup aimé le style de Hitchens. Il a une façon d'écrire vraiment très prenante. Quant on ouvre le bouquin, on ne le lâche plus. Et dans les débats, c'est un orateur implacable...

Sceptiquement vôtre,