
En cette période pascale, j'ai envie de partager avec vous mon film préféré consacré à la vie de Jésus: "La dernière tentation du Christ" de Martin Scorsese (avec une superbe musique de Peter Gabriel), tiré du roman du même titre de l'écrivain grec Nikos Kazantzakis (1883-1957).
Dans cette interview sur The Reason Driven Podcast, Robert M. Price discute de l'hypothèse que Jésus ne soit pas un personnage historique, ou Thèse mythiste. Il défend l'idée que si un personnage historique nommé Jésus a réellement existé, il est aujourd'hui complètement perdu dans les abysses de l'histoire. Seul une machine à voyager dans le temps pourrait véritablement trancher la question...
Malgré tout, Robert M. Price explique aussi dans cette interview qu'il aime toujours aller à l'église pour la liturgie et parce qu'il apprécie la mythologie biblique. Il cite Carl Gustav Jung et Joseph Campbell, deux auteurs qui ont défendu l'hypothèse que les mythes mobilisent notre psyché d'une manière unique.
C'est pour cette raison que j'apprécie autant l'oeuvre de Nikos Kazantzakis, et particulièrement son roman "La dernière tentation du Christ" dans lequel il réécrit complètement la vie de Jésus. Il y donne sa vision de ce récit, en proposant un nouvel évangile. Ce faisant, il mobilise la mythologie christique pour le 20e siècle, sans jamais prétendre faire un travail d'historien.
Le thème central de "La dernière tentation du Christ" est la double substance du Christ: à la fois humain et divin. Le roman insiste sur son humanité, et particulièrement sur son désir de vivre une vie normale (avoir des relations sexuelles, se marier, avoir des enfants, etc.).
Le 23 octobre 1988, un groupe fondamentaliste catholique avait incendié la salle de cinéma "Saint Michel" à Paris pour protester contre la projection du film. Il faut dire que l'extase mystique présentée dans le film, durant laquelle Jésus imagine avoir des relations sexuelles avec Marie de Magdala, avait scandalisé plus d'un chrétien.
Ce genre d'actions pose bien évidemment la question de la liberté d'expression. Nikos Kazantzakis était croyant, et son oeuvre le démontre parfaitement bien, mais de toute manière la religion ne devrait pas être un domaine off limite, que nous ne pourrions pas critiquer au nom du politiquement correct.
Nul domaine n'est off limite pour la pensée critique.
La bande-annonce (en anglais):

1 commentaires:
je trouve ce commentaire de l'oeuvre de kazantzakis éclairant et pertinant. En effet, dans le domaine du religieux, on a tendance à oublier la sécularisation. Chaque religion s'inscrit dans le siècle qui la vit. Elle concerne des êtres humains et non des personnages abstraits crées par l'imagination de fanatiques. Dans son livre sur Spinoza, le philosophe Gilles Deleuze montre bien que parfois ce sont les hommes qui crée Dieu, pour leurs propres intérêts.Je mets le lien sur mon blog : pluralismes.wordpress
DL
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