dimanche 19 mai 2013

Interview pour Grazia - L'humanoïde d'Atacama

J'ai été interviewé la semaine dernière par le magazine Grazia à propos de l'humanoïde d'Atacama (qui est très certainement un foetus entre 14 et 16 semaines). Vous pouvez lire l'interview en cliquant ici.

samedi 18 mai 2013

Pourquoi je kiffe la science-philosophie?

Une chaîne de billets s'est récemment propagée dans la blogosphère scientifique francophone, particulièrement du côté du c@fé des sciences. Le thème en est: Pourquoi je kiffe la science? Elle fut démarrée par Sirtin ici. J'ai dès le début eu envie d'y contribuer. Cependant, je me suis fait la réflexion que je ne kiffais pas uniquement la science: je kiffe ce que Massimo Pigliucci à surnommé la science-philosophie, ou Sci-Phi.

En effet, ma conviction profonde est que ce n'est qu'à travers la pratique des deux démarches (science et philosophie) que nous pouvons construire notre vision du monde. L'une ne va pas sans l'autre. Les deux domaines marchent main dans la main. Toujours selon moi, le scepticisme scientifique (ou rationnel) est justement une vision du monde qui relève de la Sci-Phi.

Il me semble extrêmement important d'avoir une réflexion philosophique sur la science. Par exemple, des principes comme le rasoir d'Ockham sont utilisés par les scientifiques, mais sont de nature éminemment philosophique. Il me semble tout aussi extrêmement important d'avoir sa réflexion philosophique fondée sur les savoirs élaborés par les sciences. Je sais bien que tout le monde ne partage pas cette conception des choses. Certaines personnes kiffent juste la science (et les aspects philosophiques qui traversent les pratiques scientifiques restent alors largement impensés) et d'autres personnes kiffent juste la philosophie (et ils développent alors des réflexions philosophiques déconnectées des savoirs scientifiques).

Mais moi, je kiffe la Sci-Phi.

Ma passion pour la science est née durant mon enfance en regardant l'émission de la RTBF Le jardin extraordinaire. Un été, ils décidèrent de passer le documentaire de Gerald Durrell Le naturaliste en campagne. Certains sceptiques ont découvert le scepticisme avec Cosmos de Carl Sagan, moi j'ai découvert la science avec Le naturaliste en campagne. J'étais accroché. Durant les années qui ont suivi, j'adorais aller visiter le Musée de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, tout particulièrement les iguanodons de la galerie des dinosaures. Pré-adolescent, lors de vacances en France, je me souviens avoir scié mes parents pour aller visiter l'Harmas de Jean-Henri Fabre.

Évidemment, c'était avant que le système scolaire ne m'explique que je n'étais visiblement pas assez intelligent pour étudier les langues modernes (je suis aujourd'hui professeur de japonais dans une école de cours du soir) et les sciences; et ne me force à aller apprendre la dactylographie dans une école pour les "mauvais élèves". En dernière année, quand j'ai dit que je voulais aller à l'université, mes professeurs m'ont regardé avec un drôle d'air en pensant très fort: mais aucun de nos élèves ne va jamais à l'université, c'est bien trop dur pour eux! Je ne les remercierai jamais assez de m'avoir donné ainsi la motivation pour étudier de toute mes forces et de rattraper mon retard - juste pour prouver qu'ils avaient tort!

Pour la philosophie, je pense que c'est d'abord passé par la case théologie chrétienne, et de très longues discussions durant les repas avec mon père pasteur protestant sur des questions théologiques. De la théologie, on passe facilement à la philosophie. C'est ce qui m'a amené à étudier tout d'abord la psychologie (du côté de la science) et ensuite la philosophie.

Ces éléments autobiographiques n'expliquent pas pourquoi je kiffe la science-philosophie. Je pense qu'il y a une partie qui est innée: je suis en quelque sorte un natural born skeptic. Une autre composante est que mon père m'a transmit la passion de l'érudition. Et que l'école, malgré tout ses efforts, n'a pas réussi à m'en dégoûter. J'étais heureusement un introverti qui adorait lire. J'ai passé mon adolescence à étudier des manuels de jeux de rôles, en commençant par Donjon et Dragon à douze ans. Cela m'a finalement bien préparé à étudier d'autres sujets par la suite...

Est-ce que tout cela explique pourquoi je kiffe la science-philosophie? Probablement pas. Il y a une partie qui relève juste du Parce que c'était lui parce que c'était moi. Je kiffe la science-philosophie parce que je kiffe la science-philosophie. C'est comme ça.

jeudi 16 mai 2013

Épisode (encore): Les illusions de la psychanalyse (retravaillé)

L'Épisode #48: “Les illusions de la psychanalyse” du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Jacques van Rillaer, co-auteur avec Nicolas Gauvrit de "Les psychanalyses : Des mythologies du XXe siècle ?".

mercredi 15 mai 2013

Épisode #60: Le Soi existe-t-il?

L'Épisode #60: Le Soi existe-t-il? du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Il s'agit d'une interview de Charles Mougel.

samedi 11 mai 2013

Les sceptiques évitent-ils la question de la religion? - Une réaction au "divorce" de PZ Myers

Le biologiste américain PZ Myers (de la plate-forme freethoughtblogs ou FTBlogs) a annoncé récemment qu'il "divorçait" officiellement du mouvement sceptique. La raison invoquée derrière cette déclaration théâtrale est que le mouvement sceptique "exempterait" prétendument la religion de la critique, et ce pour des raisons stratégiques (de type accomodationnistes).

Une première remarque à faire est que (en tout cas pour moi) PZ Myers n'a jamais véritablement été un sceptique. Il est avant tout et surtout un athée militant - et non, ce n'est pas la même chose. Après tout, son grand moment de gloire médiatique vint en 2008 quand il jeta une hostie à la poubelle, ce qui est un acte blasphémateur pour les catholiques. La popularité de son blog avait à l'époque attiré l'attention des sceptiques, qui se mirent à l'interviewer sur leurs balados et à l'inviter à leurs conférences. Le point de rencontre principal était qu'il y critiquait les créationnistes, mais il fut d'emblée une figure controversée à cause de la question du "ton".

En effet, PZ Myers a toujours été un grossier personnage, se complaisant dans les attaques ad hominem. Au départ, cette agressivité fut concentrée sur les personnes religieuses. Sa popularité de l'époque dans la communauté des rationnels généra parmi les sceptiques des discussions sur la question du ton, qui culminèrent en 2010 avec la conférence de Phil Plait "Ne soyez pas un connard!" (angl. "Don't be a dick!"). Si PZ Myers avait ses fans, beaucoup n'appréciait pas son agressivité vis-à-vis de la religion. J'en faisais partie, étant moi-même plutôt de tempérament accomodationniste (dans la lignée de l'humanisme séculier de Paul Kurtz). Si mes souvenirs sont bons, il n'est pas nommé explicitement dans la conférence de Phil Plait, mais à mes yeux il était clair qu'elle avait été écrite en réaction au ton qu'il infusait dans l'ensemble de la communauté des rationnels.

On aurait pu penser que cela en resterait là, mais en réalité les choses n'allèrent qu'en s'aggravant avec le temps. L'ElevatorGate se produisit en 2011 et, à sa suite, une chasse au sorcière débuta dans la communauté des rationnels pour déterminer qui n'était pas "suffisamment" féministe (et bien entendu vous devez entendre par-là un type bien précis de féminisme, comme le démontra l'histoire du T-Shirt d'Harriet Hall). PZ Myers s'allia très rapidement à Rebecca Watson et ils instaurèrent des "tests de pureté idéologique" pour trier les bons athées (qui seraient acceptés dans la communauté A+) des mauvais. Richard Carrier (un autre membre de FTBlogs) expliqua sur son blog qu'on était soit "avec eux" soit "contre eux". Vous me permettrez ici de citer Star Wars: "Only A Sith Deals In Absolutes"! Ce qui allait devenir l'alliance skepchick/FTBlogs attaqua tout d'abord Richard Dawkins, puis Sam Harris, Michael Shermer, Justin Vacula, Thunderf00t, etc.

Ce qui nous amène aujourd'hui au "divorce" de PZ Myers avec le mouvement sceptique. La raison invoquée est que le mouvement sceptique "exempterait" prétendument la religion de la critique, mais je pense que l'historique que je viens d'évoquer joue aussi un grand rôle dans ce départ mélodramatique. Massimo Pigliucci ("PZ Myers quits skeptic movement, should we care?") et Daniel Loxton (“Testable Claims” is Not a “Religious Exemption”) ont déjà proposé d'excellentes réflexions à cette annonce de "divorce". Néanmoins, voici la mienne en quelques lignes.

Les sceptiques évitent-ils la question de la religion? La réponse est non. 

Nous sommes ici devant un argument d'épouvantail. Dès l'origine du mouvement les sceptiques se sont intéressés de très prêt à la question des miracles (voir par exemple "The Science of Miracles: Investigating the Incredible"de Joe Nickell), qui est bien entendu une question éminemment religieuse. De plus, les sceptiques défendent le naturalisme méthodologique (si pas philosophique), par exemple dans les débats avec les créationnistes ou encore autour de la "fin du paradigme matérialiste" appelée de leurs vœux par bon nombre de parapsychologues. D'ailleurs, j'en tiens pour preuve que les parapsychologues accusent souvent les sceptiques d'être des "apologistes du matérialisme". Dans mon billet "Les objectifs du mouvement sceptique", j'ai aussi explicité que la contre-apologétique relevait des dérivés du cœur du scepticisme.

Au final, quand on y pense, les sceptiques engagent énormément la question de la religion, mais ils ne le font généralement pas de la même manière que les athées militants dans le style de PZ Myers. Le scepticisme scientifique (ou rationnel), c'est un processus (la pensée critique) et pas une conclusion (l'athéisme). Les sceptiques se concentrent sur les affirmations empiriques de la religion (comme les miracles ou le créationnisme), parce qu'il s'agit de celles qu'on peut légitimement réfuter scientifiquement. Ils engagent aussi le débat philosophique au niveau de la contre-apologétique (voir par exemple l'excellent balado "Reasonable doubts - Your skeptical guide to religion"). Ils font en général mieux la démarcation entre science et philosophie que les athées militants dans le style de PZ Myers, qui tendent bien trop souvent vers le scientisme. Ce que les sceptiques ne font pas, s'est casser du sucre sur le dos des religions (on revient ici au "Ne soyez pas un connard!" dont je parlais plus haut). Pour le dire autrement, les sceptiques tendent à être plus accomodationniste que confrontationniste.

De plus, les athées militants dans le style de PZ Myers ont une définition extrêmement limitée de ce qu'est la religion. Il s'agit des religions institutionnelles et de l'idée d'un Dieu monothéiste (ou de "l'hypothèse Dieu" si vous préférez). Mais la religiosité est très loin de se limiter à cela! Le mouvement Nouvel Age (dont les sceptiques critiquent les dérives pseudo-scientifiques), c'est aussi de la religiosité. Le soucoupisme (la croyance dans l'hypothèse extraterrestre pour expliquer le phénomène ovni), c'est aussi de la religiosité. Lorsque les sceptiques critiquent les médiums, ils engagent le débat avec la religion spirite (et oui, c'est aussi une religion!). Et ce ne sont que quelques exemples... La religiosité ne se limite pas aux religions institutionnelles, elle s'étend aux croyances dans le surnaturel et aux superstitions (comme la croyance dans l'astrologie, etc.).

Le problème de PZ Myers est que pour lui sa manière de faire est (par définition) la seule manière valide de faire les choses. Et quand des gens osent résister à sa tentative d'imposer ses pratiques (et son idéologie par la même occasion), il commence par une chasse aux sorcières et puis quand il constate que cela ne fonctionne pas (et que la popularité de son blog est en chute libre), il finit par proclament théâtralement qu'il "divorce" du mouvement sceptique. En ce qui me concerne, je trouve cela tout simplement pathétique. Ma réaction à son annonce a été: "bon débarras!". Le mouvement sceptique n'a pas besoin d'un PZ Myers. Et je pense que le mouvement des rationnels mérite des figures de proue bien plus éclairée que lui.

mercredi 8 mai 2013

Épisode #201: Lev Vygotski et Jerome Bruner

L'Épisode #201: Lev Vygotski et Jerome Bruner du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne. Nicolas Gauvrit y discute de la psychologie du développement (3ème partie).

mardi 7 mai 2013

Épisode #59: Hiroshima

L'Épisode #59: Hiroshima du podcast "Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison" est en ligne.

Parc de la paix:



Taiko:



Musée de la bombe atomique:

lundi 6 mai 2013

Résolution d'un double OVNI au-dessus d'Annecy : il fallait y PAN C ! (Thibaut Alexandre - Premier prix)

Note: ce billet est un article d'un auteur invité (Thibaut Alexandre) dans le cadre du concours organisé pour célébrer le numéro #200 du balado Scepticisme scientifique. Cet article a reçu le premier prix.


Résolution d'un double OVNI au-dessus d'Annecy : il fallait y PAN C !

Introduction
La casuistique du GEIPAN comporte de trop nombreux cas classés en PAN C, c'est-à-dire non identifiables par manque de données. Avec 37% des statistiques dynamiques (1) du GEIPAN en septembre 2012, il s'agit de la catégorie de PAN la plus répandue, celle des PAN B (cas probablement identifiés) la talonnant avec 35% des cas.
L'ufologie étant essentiellement basée sur des témoignages humains, il est normal de trouver autant de témoignages a priori sommaires : les descriptions ne sont jamais parfaites, les témoins interprètent souvent mal ce qu'ils voient, etc. Pourtant, à y regarder d'un peu plus près, nombreux sont les PAN C qui peuvent trouver des solutions évidentes ou probables. Des dizaines de ces cas demanderaient à être reclassés en PAN A ou B.
Depuis quelques mois, le GEIPAN commence à reclassifier d'anciens cas, souvent avec l'aide de quelques contributeurs anonymes. Nous ne pouvons que saluer cette excellente initiative.
Voici l'histoire de la reclassification de l'un d'entre eux : le cas d'Annecy (74), du 3 décembre 2002.

Description du cas
Le 3 décembre 2002 vers 18h00, un couple de témoins observe durant cinq minutes environ deux points lumineux blancs, de forme allongée, se déplaçant de concert et en ligne droite d'Ouest en Est.
Le cas était classé PAN C par le GEIPAN :

Le témoignage est assez court, et tient sur une page de PV de gendarmerie. En voici une copie d'écran, avec caviardage des noms de lieux (2) :


Le témoignage est court, nous l'avons dit, mais pas inexploitable.

Recherche de pistes explicatives
Si le cas s'était déroulé de nos jours et non il y a dix ans, la lecture du témoignage pourrait légitimement faire penser à un vol de lanternes thaïlandaises : objets silencieux qui se suivent, durée d'observation de quelques minutes, aspect arrondi.
Oui mais voilà : le cas se déroule en 2002, bien avant la popularisation des lanternes thaïlandaises en France, opérée en 2007 ou 2008. Cet argument n'est pourtant pas rédhibitoire : inconnues dans le ciel français avant la fin des années 2000, les lanternes thaïlandaises sont des objets traditionnels en Extrême-Orient depuis près de 2000 ans.
Les témoins d'Annecy décrivant la météo comme étant claire et sans vent, rien ne pourrait donc s'opposer à un lâcher de lanternes thaïlandaises. Malheureusement, aucune station météo proche d'Annecy n'a enregistré de données durant la journée du 3 décembre 2002 (3), ce qui aurait permis de vérifier si les deux OVNI observés se déplaçaient dans le sens du vent.
Autre argument en défaveur d'un vol de lanternes : le mouvement « trop parfait » des deux objets. Les témoins parlent bien de deux objets se déplaçant en ligne droite, avec un mouvement régulier (« ils n'ont effectué aucune évolution particulière ») et « toujours avec la même distance entre eux ». Dans l'absolu, rien de totalement incompatible avec des lanternes volantes, mais dans la pratique, il est extrêmement difficile d'obtenir un tel résultat, tant ces objets flottant en l'air sont soumis au moindre souffle de vent.

Alors, lanternes thaïlandaises ou autre chose ?
Peut-être bien ! Les amateurs de passages de satellites artificiels auront remarqué que les deux OVNI se déplaçaient en ligne droite de l'Ouest vers l'Est pendant environ cinq minutes, étaient blancs et brillants, et étaient totalement silencieux. Si l'objet avait été unique, voilà qui aurait fait irrésistiblement penser à un passage de l'ISS, la Station Spatiale Internationale. Par rapport aux lanternes thaïlandaises, l'ISS a ici au moins l'avantage d'être connue dans le ciel français depuis quelques années, puisque ses premiers éléments ont été lancés à la fin de l'année 1998.
Sauf qu'ici, l'OVNI est double. L'hypothèse semble donc coincée, mais... Car il y a un « mais ». Il faut savoir que les différents modules de l'ISS ont été essentiellement assemblés à l'aide des navettes spatiales américaines, qui vues du sol avaient le même aspect que l'ISS : blanches, brillantes et déplacement satellitaire (c'est-à-dire régulier et silencieux).
Or, pour les missions de navettes à destination de l'ISS, il faut savoir que les amateurs appréciaient grandement ce qu'ils appelaient des « double flybys » : la veille de l'amarrage avec l'ISS et surtout durant une poignée de jours après le désamarrage, les navettes spatiales volaient à seulement plusieurs dizaines de km de la Station spatiale, ce qui visuellement se traduisait par deux points blancs et brillants se déplaçant de concert de l'Ouest vers l'Est, et ce, durant une période de cinq minutes environ. Exactement ce que nous retrouvons dans le témoignage d'Annecy. Coïncidence ou avons-nous trouvé la solution exacte ?

Vérifications
L'hypothèse explicative étant posée, il ne reste plus qu'à la vérifier. Mais cela nécessite un peu plus de recherches que pour une simple méprise astronomique : si des logiciels comme Stellarium donnent automatiquement l'aspect du ciel à une date et une heure données, c'est en revanche un peu plus compliqué de retrouver les anciens passages de satellites artificiels, tant les orbites de ces objets sont soumises à des modifications au fil du temps.
Le cas d'Annecy semblant relever d'une méprise astronautique bien spécifique (ISS + navette juste avant l'amarrage ou juste après le désamarrage), nous pouvons procéder par des vérifications par étapes, en nous posant les questions suivantes :
- y avait-il un vol de navette au moment des faits ?
- si oui, cette navette allait-elle s'amarrer à la Station Spatiale Internationale, ou venait-elle de se désamarrer ?
- si oui, l'ISS (et a fortiori la navette qui l'accompagne) était-elle visible le soir au moment des faits ?
- si oui, le passage de l'ISS et de la navette spatiale se faisait-il vers 18h00, a priori à une hauteur angulaire importante (« elles sont passées au-dessus de moi »), vu depuis Annecy ?

On peut le deviner, un simple non à l'une des questions permet d'éliminer définitivement l'hypothèse explicative. Le « pari » est donc risqué, mais le résultat n'en sera que plus beau si effectivement il s'avère que le cas d'Annecy relève bien d'une méprise ISS + navette spatiale. Répondons maintenant aux questions posées.

- y avait-il un vol de navette au moment des faits ?
Certainement la question la plus simple à répondre. Il suffit de consulter un site spécialisé offrant une chronologie des lancements satellitaires au cours de l'année 2002.
Prenons par exemple Gunter's Space Page (« la page spatiale de Gunter »), un excellent site d'un amateur allemand : http://space.skyrocket.de/
Il suffit simplement de consulter la chronologie des lancements effectués au cours de l'année 2002 en allant dans la rubrique « Chronology » puis en cliquant sur l'année « 2002 ».
Les vols de navettes sont désignés par des sigles STS (Space Transport Shuttle) dans la colonne « Payload(s) » et par Shuttle dans la colonne « Launch Vehicle ».
A la fin de l'année 2002, une piste semble très intéressante. Nous pouvons en effet voir que le 23 novembre a eu lieu le lancement de la mission STS 113 à destination de l'ISS, avec comme charge utile les éléments ITS-P1, MEPSI 1A et 1B. La navette spatiale concernée était Endeavour, qui effectuait ici son 19ème vol dans l'espace (« F19 », qui peut se traduire par Flight 19).
Les vols de navettes spatiales durant en général entre 10 jours et deux semaines, cela paraît cohérent avec une observation de l'ISS juste après le désamarrage d'Endeavour. Est-ce le cas ? Passons à l'étape suivante.

- si oui, cette navette allait-elle s'amarrer à la Station Spatiale Internationale, ou venait-elle de se désamarrer ?
Comme nous venons juste de la voir, nous serions ici a priori juste après le désamarrage de la navette d'avec l'ISS. Le site Gunter's Space Page ne propose malheureusement pas de résumé détaillé des missions des navettes spatiales.
Consultons par exemple la page Wikipedia consacrée à cette mission de navette : http://fr.wikipedia.org/wiki/STS-113
Dans le chapitre « Amarrage à la station spatiale internationale », une information essentielle saute aux yeux !
La fin de l'amarrage (autrement dit, le désamarrage) à eu lieu le 2 décembre 2002 à 20h50 UTC, soit 21h50 heure de Paris. C'est-à-dire la veille même de l'observation.
La réponse à la deuxième question de vérification est donc : OUI. La navette venait de se désamarrer de l'ISS au moment des faits. Nous pouvons donc aisément passer à la question suivante.

- si oui, l'ISS (et a fortiori la navette qui l'accompagne) était-elle visible le soir au moment des faits ?
L'ISS étant très brillante, elle est appréciée des amateurs de passages de satellites artificiels, qui ne manquent pas de signaler régulièrement leurs observations. En connaissant les bons sites, il est facile de savoir si l'ISS était visible le soir, le matin ou pas du tout au moment des faits.
Consultons par exemple les archives de la liste Seesat, un regroupement international d'observateurs de satellites artificiels, pour le mois de décembre 2002.
Agréable surprise, quasiment en haut de page, nous pouvons remarquer qu'une alerte « navette spatiale à proximité de l'ISS » était lancée dès le 1er décembre 2002 par Ted Molczan : http://www.satobs.org/seesat/Dec-2002/0003.html
Le texte est très encourageant par rapport à notre hypothèse explicative : « Observers at mid Northern and Southern hemisphere latitudes will have an excellent opportunity to observe STS 113 in close proximity to ISS after undocking on Monday 2002 Dec 02 UTC. ». Bon, cela ne nous renseigne sur le fait de savoir si l'ISS était visible le soir ou non au moment des faits, mais voilà déjà un bon début.
La consultation des messages suivants nous permet d'apprendre que quelques observateurs nord-américains ont pu observer deux points lumineux blancs se déplaçant de concert au cours des soirées des 2 et 3 décembre 2002. Intéressant, mais tout cela se passe de l'autre côté de l'Atlantique. La situation est-elle identique en Europe ?
Autre message très intéressant, écrit par Markus Mehring le 3 décembre 2002 : http://www.satobs.org/seesat/Dec-2002/0047.html
« European observers may want to check for some nice obs opportunities. ». Détail intéressant : l'ISS et la navette seraient donc observables depuis l'Europe. Oui, mais quand ? Dans le ciel du matin ou du soir ?
C'est le message suivant, écrit par Kevin Fetter, qui peut largement nous donner l'eau à la bouche : http://www.satobs.org/seesat/Dec-2002/0054.html
« I did a check, they planned to dump supply/waste water between 17:30 UT and 18:00 UT. ». La purge des eaux usées de la navette, qui serait a priori depuis l'Europe, aurait donc lieu entre 17h30 TU et 18h00 TU, soit entre 18h30 et 19h00, heure légale française. De là à penser que l'ISS et la navette Endeavour étaient effectivement visibles le soir, il n'y a qu'un pas !

En fait, la solution peut être trouvée facilement en consultant le site Spaceweather, à la date du 3 décembre 2002 :
Une alerte pour l'observation de deux vaisseaux (« TWO SPACESHIPS ») était lancée pour les observateurs américains... et européens ! Mieux, l'observation était possible le soir : « Yesterday, NASA's space shuttle Endeavour undocked from the International Space Station and now the pair are circling Earth nearly side-by-side. The two ships will be easy to see from many European and North American cities after sunset on Dec. 3rd as they soar overhead in tandem. ».
Que nous pouvons traduire comme suit : « Hier, la navette spatiale Endeavour de la NASA s'est désamarrée de la Station Spatiale Internationale et maintenant la paire est en train de tourner autour de la Terre côte à côte. Les deux vaisseaux seront facilement visibles par beaucoup d'observateurs des cités européennes et nord-américaines après le coucher du Soleil le 3 décembre, montant dans le ciel en tandem. »
La troisième étape de vérification est donc encore une fois franchie avec succès : oui, l'ISS (et a fortiori la navette) était visible le soir du 3 décembre 2002.
Reste maintenant l'ultime vérification...

- si oui, le passage de l'ISS et de la navette spatiale se faisait-il vers 18h00, a priori à une hauteur angulaire importante (« elles sont passées au-dessus de moi »), vu depuis Annecy ?
A ce stade, c'est sûrement la question la plus stressante : après toutes ces vérifications franchies avec succès, ce serait bête d'avoir maintenant à prouver que non, finalement, le cas ne peut pas se résoudre par une méprise ISS + navette. Néanmoins, si tel est le cas, nous ne pourrons qu'accepter de reconnaître notre erreur : la mécanique céleste est implacable.
C'est aussi la question qui demande le plus de moyens pour trouver une réponse.
Pour connaître la position d'un satellite à un jour et une heure donnés plusieurs années après, il nous faut disposer des éléments orbitaux du dit satellite à l'époque concernée. Les spécialistes les appellent les TLE (Two Lines Elements), puisqu'en deux lignes, ils donnent les paramètres orbitaux permettant de calculer la trajectoire d'un satellite. Ces paramètres sont très précis, puisqu'ils donnent les désignations internationales de l'objet, son inclinaison sur l'équateur, l'excentricité de son orbite et autres joyeusetés (argument du périgée, ascension droite du nœud ascendant, etc) qu'il serait vain de détailler ici même.
Connaissant les TLE concernés, il ne reste plus qu'à les soumettre à des logiciels spécialisés (nous utiliserons ici le logiciel JsatTrak (4) afin de vérifier la position du satellite désiré au jour et à l'heure voulus.

Il est possible de récupérer les TLE d'époque de l'ISS en consultant des archives de Space-Track
(https://www.space-track.org/perl/login.pl). Il suffit de demander les TLE datant du 3 décembre 2002 pour l'objet n°25544, l'ISS (tout du moins son premier module) étant le 25544ème objet satellisé autour de la Terre depuis le lancement de Spoutnik 1 le 4 octobre 1957.
Nous utiliserons ici les TLE suivantes :
1 25544U 98067A   02337.84216352 +.00030181 +00000-0 +41810-3 0 0438
2 25544 051.6355 281.1538 0003238 231.2383 222.1446 15.5681320323043

Ce faisant, il ne reste plus qu'à vérifier où était l'ISS le 3 décembre 2002 à 18h00, heure de Paris, sur le logiciel JsatTrak.
L'image suivante parle d'elle-même :


A l'heure indiquée par les témoins, l'ISS était au-dessus du Sud-Est de la France (n'ont-ils justement pas dit que les deux objets leur sont passés au-dessus?) et largement visible depuis l'ensemble de l'Europe (cercle vert). Il ne reste plus maintenant qu'à nous souvenir que deux vaisseaux étaient visibles l'un près de l'autre ce jour-là pour imaginer la vision insolite qu'ont eue ces deux témoins.

Conclusion
L'hypothèse explicative avancée (méprise ISS + navette) colle parfaitement avec la description fournie par les témoins :
- l'ISS et la navette spatiale Endeavour étaient visibles côte à côte dans le ciel ce 3 décembre 2002 vers 18h00, vu d'Annecy.
- l'aspect visuel des deux vaisseaux spatiaux colle parfaitement avec ce que disent les témoins (deux points lumineux et blancs)
- la trajectoire est également parfaitement cohérente : de l'Ouest vers l'Est, le tout effectué en ligne droite et en silence, avec deux objets se déplaçant de concert (« ils se suivaient toujours avec la même distance entre eux »)

Pour bien se rendre compte de ce qu'ont pu voir les témoins, il suffit de faire quelques recherches sur des sites de vidéos en ligne, en tapant par exemple « ISS space shuttle flyby ». Un très joli exemple pour être visionné ici : http://www.youtube.com/watch?v=3z8uAmzZaSE&feature=related

Après vérifications, le GEIPAN a décidé de reclasser ce cas en PAN A, c'est-à-dire parfaitement expliqué par une méprise ISS + navette spatiale. Vous le voyez, des cas classés PAN C, soit disant par manque de données, peuvent pourtant être parfaitement exploitables.
Loin d'être parfait, le témoignage des deux témoins d'Annecy permet pourtant d'identifier les objets qu'ils ont observés. Combien de ces PAN C méritent largement d'être reclassés, ceci afin d'épurer la casuistique ? Au moins plusieurs dizaines ! C'est dire s'il reste encore beaucoup de travail devant nous. Mais la récente reclassification de plusieurs PAN C par le GEIPAN (5) est un signe encourageant de sa bonne volonté.
Enfin, nous pouvons noter qu'une bonne connaissance des phénomènes célestes est un atout majeur pour élucider ce cas, et par extension pour étudier avec sérieux et pragmatisme la casuistique en général. En effet, les méprises ISS + navette spatiale demandent, ou plutôt demandaient puisque les navettes spatiales sont maintenant retirées du service, des conditions très spécifiques pour être observées. Conditions qui sont loin d'être bien connues du grand public. Notons également au passage que des amateurs éclairés avaient anticipé cette observation et lancé des alertes, informations qui ont visiblement été manquées par le SEPRA à l'époque.

Remerciements
Tous mes remerciements vont à « Nablator » (membre du forum Ufo Scepticisme) pour avoir le premier vérifié la position de l'ISS au moment de l'observation suite à ma suggestion, et également à Xavier Passot, directeur du GEIPAN, pour avoir pris le temps de lire mon analyse et d'avoir fait les vérifications nécessaires.

(1) camembert dynamique du GEIPAN : http://www.cnes-geipan.fr/index.php?id=197
(2) à l'heure où j'écris ces lignes (avril 2013), le témoignage n'est plus visible sur le site du GEIPAN. Il sera normalement de nouveau en ligne lors d'une prochaine mise à jour.
(4) pour télécharger ce logiciel (gratuit) : http://www.gano.name/shawn/JSatTrak/
(5) outre le cas d'Annecy, ce sont trois autres PAN C qui viennent d'être récemment reclassifiés : Menton (06), le 10 avril 2010 (http://www.cnes-geipan.fr/index.php?id=202&cas=2010-04-02831) , Marseille (13), le 31 juillet 1994 ( http://www.cnes-geipan.fr/index.php?id=202&cas=1994-07-01716 ) et Gimont (32), le 18 août 2007 ( http://www.cnes-geipan.fr/index.php?id=202&cas=2007-08-01805 ).

dimanche 5 mai 2013

Qu’est-ce qu’être sceptique? (Nima Yeganefar - Deuxième prix)

Note: ce billet est un article d'un auteur invité (Nima Yeganefar) dans le cadre du concours organisé pour célébrer le numéro #200 du balado Scepticisme scientifique. Cet article a reçu le deuxième prix


 Qu’est-ce qu’être sceptique?

« Quel piètre sceptique vous faites! » me lançait un détracteur pensant gagner l’argument par une attaque personnelle. Il n’avait peut-être pas tout à fait tort finalement, un sceptique n’est-il pas censé douter de tout? Et au fond, c’est quoi « être sceptique »?
Sceptique ou scientifique?
Parlons d’abord de ce terme. Le terme « sceptique » dont je parle fait référence au scepticisme scientifique - à ne pas confondre donc avec le scepticisme philosophique. Ce terme, qui en France est souvent remplacé par « zététique », désigne tout simplement quelqu’un qui défend la science et la méthode scientifique. On peut alors se demander quel est le lien avec le scepticisme au sens de douter de tout… le lien n’est effectivement pas direct. Il s’agit ici de toujours appliquer la méthode scientifique pour faire la balance entre un scepticisme stérile et non productif qui annule toute certitude et une crédulité sans limite envers toute affirmation. L'état d'esprit est donc celui de quelqu'un d'ouvert et de curieux mais toujours attentif aux éléments scientifiques avancés. N'est-ce pas là la définition du scientifique? Pourquoi alors ne pas tout simplement se déclarer comme tel? Je vois d’abord dans la démarche sceptique une pointe de militantisme qu’on ne retrouve pas forcément chez le scientifique. Ensuite, défendre la méthode scientifique revient de fait à étudier des sujets aux frontières de la science, d’où le scepticisme.
Le sceptique finit donc par devenir un spécialiste de ce qui est scientifique et de ce qui en a les parures mais qui n’en est pas, ce que l’on appelle communément pseudoscience. Cette expertise a même fini par déboucher sur un "baloney detection kit", une sorte de boite à outils qui reprend les bases de la méthodologie scientifique et donne des armes contre les biais cognitifs, principaux obstacles pour tendre vers une certaine vérité scientifique. Ce kit indispensable permet de ne pas céder au chant des sirènes des pseudosciences.
Le sceptique, au final, est quelqu’un qui juge l’état des connaissances scientifiques en fonction des preuves qui sont avancées à un moment donné de l’histoire. Il peut changer d’avis suivant les avancées scientifiques et cherche constamment à répondre à la question de savoir quels sont les faits qui lui permettent de défendre une position donnée.
Le scepticisme: une nouvelle forme de nihilisme?
Pour en revenir à la critique formulée en introduction de cet article, on peut effectivement se demander – comme nous l’avons rapidement évoqué au début – si être sceptique ne signifie pas « douter de tout » ou, dit autrement, être « sans aucune certitude ». Le rejet de toute autorité, la défiance généralisée en France contre les institutions notamment scientifiques n’est-elle pas justement le triomphe du scepticisme? Non, bien au contraire, car cette attitude n’a rien à voir avec le scepticisme scientifique que je viens d’exposer.
Détruire toute forme de vérité officielle peut effectivement être important mais malheureusement derrière cette déconstruction, il ne reste généralement plus rien ou pire encore, chacun peut y mettre à peu près ce qu’il estime être une vérité. Le sceptique peut, quant à lui, effectivement contester les vérités officielles mais il le fait avec méthode. Cela implique de comprendre le fonctionnement de sa propre pensée et en premier lieu, de se méfier de ses propres intuitions. Le droit au doute doit s’accompagner d’un devoir de reconstruction scientifique.
Pourquoi avons-nous besoin des sceptiques?
Dans une société où la science est en première ligne dans de nombreux débats, certains n’hésitent pas à réclamer une place encore plus importante de la culture scientifique dans le cursus scolaire. Je pense personnellement que c’est dans ce contexte que le scepticisme montre sa supériorité et l’urgence de sa popularisation. Car ce n’est pas de plus de sciences dont nous avons besoin, mais d’expliquer plus clairement la méthode scientifique : comment se forge le savoir, comment élimine-t-on les biais. Le « baloney kit » dont je parlais plus haut devrait être la boite à outils de tous les écoliers dès le plus jeune âge!
Plusieurs arguments fondamentaux sont à la base de cette idée. En premier lieu, la science est devenue tellement complexe qu’apprendre plus de concepts scientifiques à l’école ne permettrait pas de mieux comprendre les enjeux sous-jacents. Pensez par exemple aux nanotechnologies ou au nucléaire, dossiers très techniques et complexes qui touchent pourtant tout un chacun. Il faudrait au moins une thèse dans chacun de ces domaines pour suivre techniquement le débat. En revanche, donner des outils pour permettre à tous de comprendre comment les scientifiques en sont arrivés à telle ou telle conclusion, quelle est la fiabilité des preuves avancées, comment ne pas se laisser piéger par notre propre intuition souvent trompeuse, me semble primordial.
En second lieu, intégrer le scepticisme dans le cursus déjà existant des sciences est possible et même plutôt aisé. Cela demande bien sûr pour les enseignants une formation plus spécifique sur ces méthodes mais je ne considère pas vraiment cela comme un obstacle. De nombreux thèmes déjà abordés dans le cursus pourraient être une formidable introduction à la démarche sceptique : la théorie de l’évolution, la théorie de Newton… Le très populaire Cédric Villani, dans l’une de ses conférences, profite d’une question simple – comment a-t-on découvert l’âge de la Terre ? – pour faire un véritable exposé sur la démarche scientifique et les méthodes qui permettent d’aboutir à une connaissance donnée de la nature. Cette démarche, si elle était largement généralisée, est indispensable si l’on veut se défendre intellectuellement contre les charlatans et éviter d’avoir un jugement biaisé sur une question donnée.
Extraordinary claims require extraordinary evidence
Je ne pouvais finir cette présentation du scepticisme scientifique sans faire référence à son mot d’ordre de ralliement : « Des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires ». Ce slogan est une première étape pour s'immuniser contre les discours souvent complexes de nombreuses pseudosciences: plus le discours vous semble incroyable plus vous êtes en droit d'être sceptique et d'exiger des preuves irréfutables. Finalement, le scepticisme ne serait-il pas un nouveau vaccin contre le charlatanisme? À généraliser d'urgence! 

samedi 4 mai 2013

Résultats du concours

Voici les résultats du concours organisé pour célébrer le numéro #200 du balado Scepticisme scientifique.
  • Le deuxième prix revient à "Qu’est-ce qu’être sceptique?" de Nima Yeganefar;
  • Et le premier prix revient à "Résolution d'un double OVNI au-dessus d'Annecy : il fallait y PAN C !" de Thibaut Alexandre.
Les deux textes seront publiés ici-même (sur ce blog) dans les jours qui viennent. Un tout grand merci à Nima Yeganefar et à Thibaut Alexandre pour leurs excellentes contributions à ce concours!